‹ Lettres à l'AmazoneChapitre 14 sur 23 · IX

IX

Le baiser sur la bouche ouvre la bouche. Le baiser sur les yeux ferme les yeux. Les yeux veulent encore que je les contemple et que je les écoute, car ils sont inépuisables. Les yeux ont des caprices. Ils jouent à cache-cache. Ils regardent à droite, à gauche, en haut,

En bas et en dedans ou ne regardent pas du tout et fixent dans l’espace le peloton des rêves qui se déroulent. Mais surtout je n’ai pas dit comme les yeux sont pleins d’esthétique. Ils aiment les courbes, les sphères et les colonnes, ce qui monte et ce qui s’enroule,

Les enlacements et la fuite des horizons, l’eau qui coule et le navire qui se balance, les coupes, les croupes et la géométrie subordonnée du corps humain. Ils se reposent sur la mollesse

Des vallons et la mollesse des femmes. Ils s’y attendrissent. C’est là qu’ils construisent des maisons séductrices et déposent l’écheveau enfin démêlé, loin des pattes de velours de la destinée, dans un creux.

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