‹ Lettres à une inconnue, Tome Premier Précédée d'une étude sur P. Mérimée par H. TaineChapitre 146 sur 168 · CL - CLI

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Vendredi soir, 1er mai 1852.

Ma bonne mère est morte; j'espère qu'elle n'a pas trop souffert. Elle avait les traits calmes et l'air doux qui lui était ordinaire. Je vous remercie de tout l'intérêt que vous lui avez témoigné.

Adieu; pensez à moi et donnez-moi vite de vos nouvelles.

Paris, 19 mai 1852.

Ce beau temps ne vous dit-il rien? Il me renouvelle, à ce qu'il me semble. Je vous attendais presque hier, je ne sais pourquoi; il me semblait que vous auriez dû savoir que je vous attendais. Venez donc au plus vite; j'ai quantité de choses à vous dire. Je ne sais si l'on veut me prendre ou non, et l'on me dit à ce sujet tantôt blanc, tantôt noir. Ce qui me rend très _fidgetty_, c'est la pensée d'une cérémonie publique[1] devant la fleur de la canaille et trois imbéciles en robe noire, roides comme des piquets et persuadés qu'ils sont quelque chose, auxquels on ne peut songer à dire le profond mépris qu'on a pour leur robe, leur personne et leur esprit.

Adieu; répondez-moi un mot.

[1] L'audience pour l'article poursuivi concernant Libri.