LETTRE CLVIII 482.
…… Il se fit ensuite lire la liste de ceux qui étaient venus le voir ; et comme on lui lut M. le curé de Saint-Sulpice. — « Comment dites-vous cela, interrompit-il, recommencez ». Il se fâcha de ce qu’on n’avait pas laissé entrer le curé, et ordonna à chacun de ses gens en particulier de laisser entrer M. le curé à quelque heure qu’il vint.
Le curé y est allé ce matin 484 vers les huit heures. Le curé lui a décoché en patelin son compliment. Le Président a répondu que son intention était de faire tout ce qui convenait à un honnête homme dans la situation où il se trouvait. Le curé lui a demandé s’il avait dans Paris quelque homme de confiance dont il voulût se servir. Le Président a répondu que dans ces sortes de choses il n’y avait personne en qui il eût jamais eu plus de confiance qu’en son curé ; que, cependant, puisqu’il lui laissait sa liberté, il y avait une personne à Paris en qui il se confiait beaucoup, qu’il l’enverrait chercher, et qu’il ferait demander le saintsacrement après qu’il se serait confessé.
Le curé s’est retiré, et le Président a envoyé chercher, — qui croiriez-vous ? — le Père Castel, jésuite, qui est arrivé avec son second. « Père Castel, lui a dit le Président, en l’embrassant, je m’en vais devant. » Après quoi le Père Caslel a laissé le Président seul avec le jésuite.
Il s’est confessé, et M. le curé de Saint-Sulpice lui a porté le bon Dieu vers les trois heures. Le curé tenant l’hostie entre les mains, lui a demandé : « Croyez-vous que c’est là votre Dieu ? » – « Oui, oui, a répondu le Président, je le crois, je le crois. » – « Faites-lui donc un acte d’adoration. » – Il s’est assis sur son lit, a tiré son bonnet : – « Faites un acte d’adoration, » a dit le curé. – Alors le Président a levé vers les cieux ses regards et la main droite dont il tenait son bonnet ; il a communié. Après quoi, le bon Dieu, le curé et les jésuites sont revenus très-contents, chacun chez eux. Quant au Père Castel, il ne se sent pas de joie. Il croit avoir plus fait que François Xavier, qui prétendait avoir converti douze mille hommes dans une île déserte 485.
« Le citoyen d’Arcet, qui assista aux derniers moments de la vie de Montesquieu, avec Mme d’Aiguillon, sa courageuse amie, M. de Fitz-James, fils du maréchal de Berwick, M. Dupré de Saint-Maur, et M. de Nivernais, nous a confirmé qu’il avait été excédé par les jésuites. Le célèbre P. Castel avait été adjoint au P. Routh. « Tâchez, dit Montesquieu à M. d’Arcet, de me débarrasser de ces moines ; il faudrait pour leur plaire, faire leur volonté, et je suis accoutumé à ne faire que la mienne. »
Avant de donner le viatique au malade, le curé de Saint-Sulpice, se tournant vers le confesseur, lui demanda « si le malade avait satisfait ». — « Oui, lui répondit le P. Routh, comme un grand homme. » — Le curé lui dit alors : « Monsieur, vous comprenez mieux qu’un autre combien Dieu est grand. » — « Oui, Monsieur, reprit Montesquieu, et combien les hommes sont petits. »
En effet, les jésuites s’étaient conduits dans sa maison avec un grand scandale ; pendant les jours qu’ils y passèrent, ils firent des orgies indécentes, dont le médecin Bouvard témoigna son indignation. »
(Note transmise aux éditeurs (des Œuvres posthumes) par le citoyen d’Arcet.
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1.J’en ai eu entre les mains quatre autres éditions de 1767, une est datée de Londres, une autre de Rome (suivant toute apparence elle a été faite en Italie) ; les deux dernières sont sans indication de lieu. A juger par le caractère de l’impression, l’une est de Suisse, et l’autre de Paris.
2.Il existe quelques exemplaires d’une édition sans indication de lieu (celle méme que j’ai indiquée plus haut comme étant de Paris), d’où l’on a fait disparaître les pages 237-238, qui contiennent ces fameuses lettres. On s’est contenté de mettre à la fin un Avisoù il est dit que « cette édition ayant été faite un peu à la hâte, il s’est glissé deux fautes : la première, c’est qu’après le folio 236 on a mis 250, la seconde, est qu’ensuite de la Lettre LIII on a mis LVIII Ce qui ferait croire qu’il y a une lacune dans l’ouvrage, tandis qu’il n’y en a qu’une dans l’attention du correcteur. » Le mensonge était trop grossier, c’est ce qui décida sans doute â faire la NOUVELLE ÉDITION
3.Il faut cependant mentionner les Lettres originales de Montesquieu au chevalier d’Aydie, publiées à Paris, chez Ch. Pougens, an V (août 1797). C’est une plaquette de 16 pages, qui contient huit lettres.
4.L’abbé de Guasco, à qui un grand nombre de ces lettres sont adressées.
5.Fontenelle.
6.L’abbé Trublet.
7.Voltaire.
8.Ces notes sont désignées dans notre édition par un G.
9.Tirée des archives de M. de Ravignan.
10.Sur le père Desmolets, voyez la lettre à l’abbé de Guasco, datée de Paris, 1740.
11.L’académie de Bordeam. Suivant l’éloge de d’Alembert, Montesquieu fut reçu le 3 avril 1716.
12.V. ci-dessus le discours de Montesquieu, prononcé le 1er mai 1716, pour sa réception à l’académie de Bordeaux.
13.Le mot est écrit Banieresdans l’original.
14.Allusion à la chambre de Justice instituée dans les premières années de la Régence.
15.M. de Navarre, conseiller au parlement de Bordeaux, un des ancêtres de M. de Ravignan, dans la ligne maternelle.
16.L’original porte les motsou ces mots.
17.L’original porte : Vous ne sauriez, etc.
18.Écrit Clorisdans l’original.
19.La date de la lettre est fixée par la mention de la réception à l’Académie et du discours à prononcer le 1er mai 1716. La lettre est donc du 4 avril 1716.
20.Le duc de La Force, protecteur de l’académie de Bordeaux. V. sup. son éloge fait par Montesquieu.
21.Nous n’avons pas cette copie.
22.Actions de la banque de Law.
23.Barbot, président de la cour des aides de Guyenne, et grand ami de Montesquieu. Il est souvent question de lui dans la correspondance.
24.Lettres persanes.
25.Cette lettre a été publiée dans le Bulletin de l’académie de Bordeaux, et reproduite dans le Bulletin du Bouquiniste, 2e année, 1858, p. 301. Elle n’est pas datée, mais la mention des nouvelles actions, de la peste, et de la seconde édition des Lettres persanes, permet d’en fixer la date à l’année 1721.
26.Communiquée par M. Céleste.
27.Collection de M. E. Charavay.
28.Femme du procureur général au parlement de Bordeaux.
29.Publiée par M. Vian, Hist. de Montesquieu, p. 76.
30.M. Vian suppose que ce billet et les deux suivants sont adressés à Mlle de Clermont, pour qui Montesquieu écrivit le Temple de Gnide.Ces billets, dont nous n’avons que les brouillons, auraient donc été écrits vers 1725. Mais avons-nous le droit de mettre une adresse à ces billets anonymes ? Nous ne savons ni à qui ils sont écrits, ni même s’ils sont écrits à une personne vivante, et, malgré les bruits du temps, nous ne pouvons pas affirmer que le président de Montesquieu ait jamais eu le droit d’écrire sur ce ton à une princesse du sang.
31.Les mots mis entre crochets sont surchargés dans l’original. (Vian.)
32.Archives de la Gironde, tome VI. Cette lettre est tirée des archives du baron de Rarignan, à Cadiaujac.
33.Si la date est exacte, il ne peut être question que de l’académie de Bordeaux et d’une nomination de président.
34.Cette lettre qui fait partie de la collection Bérard, a été publiée pour la première fois dans l’Isographie française, t. III.
35.Pierre-Joseph Thoulier, abbé d’Olivet (1682-1708), membre de l’Académie française, éditeur et traducteur de Cicéron. On lui doit une Histoire de l’Académie française, 2 vol. in-12.
36.Avis d’une mère à son fils, Avis d’une mère à sa fille, Paris, 1728, in-12.
37.Ces Élogessont de Fontenelle.
38.Le cardinal de Fleury (1653-1743), précepteur de Louis XV, et à l’âge de soixante-treize ans (1726), son premier ministre.
39.Germain-Louis de Chauvelin (1685-1762), nommé en 1727 garde des sceaux et secrétaire d’État au département des affaires étrangères.
40.Vauvenargues, lui aussi, demanda à être employé dans la diplomatie et n’eut pas plus de succès que Montesquieu. Il semble, cependant, qu’aucun des deux n’eût déshonoré le métier.
41.Collection Alf. Sensier.
42.James, comte de Waldegrave, petit-fils par sa mère, de Jacques II et d’Arabella Churchill, neveu du duc de Berwick, eût toute la confiance de sir Robert Walpole. Ambassadeur à Paris, il fut envoyé avec le même titre à la cour de Vienne, où il resta de 1725 à 1710. Il mourut en 1711.
43.Les mots entre parenthèses sont barrés dans le manuscrit.
44.Collection de M. Badin.
45.Au dos est écrit : « Réponses à des lettres écrites à moi, ou copie de quelques lettres de moi écrites de Vienne et Italie en 1728, et d’Angleterre en 1730. »
46.Cette lettre a été publiée dans le Cabinet historique, tome III, pages 28 et 29.
47.Les mots entre crochets sont couverts d’un trait dans l’original.
48.Montesquieu a exhalé sa mauvaise humeur contre Gênes dans les Adieux à (a) Gênes, qu’on trouve dans ses poésies, sup. p. 198.
49.Gaspard Cerati, né à Parme en 1690, mort à Florence le 19 juin 1769. (RAVENEL.)
50.Jésuite revenu de la Chine avec M. Mezzabarba. Ce missionnaire s’était déclaré contre les rites chinois, et en avait parlé au pape selon sa conscience. Comme, après cette déclaration, il fit sentir à Sa Sainteté que l’air du Collége ne lui convenait plus, Benoit XIII le fit évêque in partibuset le logea en Propaganda.M. de Montesquieu l’avait beaucoup connu chez M. le cardinal de Polignac, et eut depuis avec lui une négociation pour la résignation, en faveur de l’abbé Duval, son secrétaire, d’un bénéfice que ce prélat avait en Bretagne. (G.)
51.Les difficultés que M. Fouquet faisait naître coup sur coup au sujet de la pension qui devait être stipulée, faisaient dire à M. de Montesquieu que l’on voyait bien que Monseigneur n’avait pas encore secoué la poussière. (G.)
52.Ce traité, conclu à Séville le 9 novembre, entre la France, l’Angleterre et l’Espagne, confirmait la quadruple alliance et les anciens traités. L’Espagne renonçait à Gibraltar et à Port-Mahon, et, de son côté, l’Angleterre consentait à voir les places fortes de Toscane, de Parme et de Plaisance gardées par six mille Espagnols. L’empereur s’opposa à cette dernière clause. (RAVENEL.)
53.Fils de Philippe V, roi d’Espagne, appelé à la succession de la Toscane par la mort du dernier des Médicis, roi des Deux-Siciles en 1734, roi d’Espagne le 10 août 1759 sous le nom de Charles III, mort le 14 décembre
54.Ce qui avait donné lieu à cette mauvaise plaisanterie des Anglais, était de voir autant d’empressement dans M. le cardinal de Rohan à procurer ( ?) tous les amusements imaginables pendant qu’il résidait dans son diocèse de Saverne[^55] où il figurait comme prince, que de zèle pour la religion à Paris, où il se piquoit de figurer comme chef des anti-jansénistes et défenseur des bonnes doctrines. (G.)
55.Il avait été secrétaire de l’auteur ; ce fut lui qui porta le manuscrit des Lettres persanesen Hollande, et l’y fit imprimer ; ce qui coûta à leur auteur beaucoup de frais sans aucun profit. Il obtint en sa faveur la résignation du bénéfice que M. Fouquet avait obtenu de la cour de Rome en Bretagne, et il s’agissait ici de la pension que M. Duval devait payer à ce prélat. (GUASCO.)
56.Nicolas Coscia, cardinal et archevêque de Bénévent, confident et favori du pape Benoît XIII. Après la mort de son maître, arrivée le 25 février 1730, Coscia fut accusé de prévarications nombreuses. Clément XII le fit enfermer au château Saint-Ange, d’où il ne sortit que sous le pontificat de Benoit XIV ; il mourut à Naples en 1755. Sur sa conduite et son procès, voyez les Mémoires et Lettresde Marais, t. IV, pages 128, 410 et 490.
57.Évangile de saint Matthieu, XI, 18.
58.Ce fut le cardinal Corsini (Clément XII), qui fut nommé.
59.Les Réflexions morales sur le Nouveau Testamentdu père Quesnel, célèbre janséniste, livre qui fut l’occasion de la bulle Unigenitus, et de toutes les divisions de l’Église de France au XVIIIe siècle.
60.Bianchini (François. 1662-1729), astronome et antiquaire. Il a fait de curieuses observations sur les taches de la planète Vénus.
61.Tirée d’un Mémoire imprimé qui est à la bibliothèque de Bordeaux, ainsi que les deux lettres suivantes.
62.Nous donnons ces lettres d’affaires, d’abord parce qu’elles furent écrites de la main de Montesquieu, et en outre parce que ce procès avec la ville de Bordeaux, qui aboutit à lui reconnaître la propriété de mille arpents de lande, joue un certain rôle, dans la vie du Président.
63.Assise est synonyme de jugement.
64.Journaux de terre.
65.1. Le 13 août 1731, aussitôt après la première lettre écrite à M.Maignol (sup., lettre IX), Montesquieu fit un acte de protestation devant Giraudeau, notaire à la Brède, qu’il ne fit cependant signifier que le 27 mars 1733. Il accompagna cette signification de la lettre à M. Maignol que nous donnons ici.
66.Cette lettre est tirée des Mémoires et correspondances inédits(1726, 1816), publiés par Charles Nisard. Paris, 1858, in-12.
67.Le père Castel, jésuite, a été un des amis les plus chers de Montesquieu ; c’est lui que le Président demanda dans sa dernière maladie. Il le consultait sur ses écrits, pour éviter les difficultés avec le clergé. Cette lettre, qui a pour objet les Considérations sur la grandeur et la décadence des Romains, est aussi curieuse par les détails qu’elle nous donne sur le livre, que par ce qu’elle nous apprend de la docilité et de la modestie de Montesquieu.
68.Collection Feuillet de Couches.
69.François-Augustin Paradis de Moncrif, né à Paris vers 1688, mort en 1770. C’était un de ces hommes du monde comme il y en a dans tous les siècles, qui se disent littérateurs, et qui ont le talent de se faire accepter comme tels par les académiciens de leur temps. Il avait eu l’idée singulière d’accoler un roman de sa façon, les Ames rivales, au Temple de Gnide.V. notre tome II, préface, page 7.
70.Le libraire ordinaire de Montesquieu.
71.Le Temple de Gnide.
72.Antoinette-Madeleine Des Bordeaux, comtesse de Fontaine-Martel, née vers 1662, mourut à Paris entre les bras de Voltaire, le 22 janvier 1733. (RAVENEL.)
73.Tiré des Archives de Sir William Ffolkes.
74.Martin Ffolkes (1690-1754), mathématicien et antiquaire, président de la Société Royale de Londres, après la mort de Sir Hans Sloane, qui avait succédé à Newton.
75.Extrait de la Galerie française, 1823, in-4o t. III. p. 140.
76.Giraudeau était notaire à La Brède. Sup.lettre VII, note 1.
77.Ce savant Italien, d’une maison de condition de Cortone, avait été envoyé en France par le chapitre de Saint-Jean-de-Latran, comme vicaire de l’abbaye de Clérac, que Henri IV conféra à ce chapitre après son absolution. Pendant nombre d’années qu’il séjourna en France, il travailla à plusieurs dissertations sur l’histoire de son pays, pour l’académie de Bordeaux à laquelle il fut agrégé, et à des poésies, entre autres au Triomphe de la France littéraire, et à la traduction du poëme de la Religionde M. Racine. Il mérita par là une gratification du roi en quittant la France pour passer à la prévôté de Livourne, que l’Empereur lui conféra comme grand-duc de Toscane. (GUASCO.)
78.Il fut le premier qui nous donna une relation de la découverte d’Herculanum, avec un détail des antiquités qu’on y avait trouvées de son temps. Il a eu aussi la plus grande part à l’établissement de l’académie étrusque de Cortone, qui nous a donné sept volumes in-4o d’excellents mémoires sur des sujets d’histoire et d’antiquités. (G.)
79.Tiré des Archives de Sir William Ffolkes.
80.Peut-être faut-il lire Lanezin ou Lanezan.
81.Pierre Coste (1668-1747), traducteur de Locke, de Shaftesbury, de Newton, etc.
82.De la collection de M. le marquis de Fiers.
83.Sur cet ami de Montesquieu, voyez la note 1 de la lettre XXV1I.
84.Le ministère lorrain, suivant toute apparence. Voyez la même note.
85.Le nom est écrit Cheraty dans l’original.
86.Tiré des Archives de Sir William Ffolkes.
87.Le nom est illisible, ou pense naturellement à Prault ou à Huart, libraires ordinaires de l’auteur.
88.L’abbé marquis de Nicolini, un des plus chers et des plus illustres amis que l’auteur ait eus en Italie, se lia avec lui à Florence. Après avoir demeuré longtemps à Rome sous le pontificat du pape Corsini (Clément XII), dont il était parent, il s’est retiré dans sa patrie, uniquement occupé des lettres, de la philosophie et des vues du bien public. Il a voyagé dans les pays étrangers, et y a été lié avec les plus grands hommes. Lorsque sous le ministère lorrain, dont il était médiocre admirateur, il eut ordre de ne point rentrer en Toscane, M. de Montesquieu s’écria, en apprenant cette nouvelle : « Oh ! il faut que mon ami Niccolini ait dit quelque grande vérité. » (GUASCO.)
89.C’était la dame de Florence qui brillait le plus par son esprit et sa beauté. La meilleure société s’assemblait chez elle. L’auteur lui fut fort attaché pendant son séjour à Florence. A mon passage dans cette ville elle vivait encore, mais dans un état d’infirmité. (G.)
90.OVIDE, Métamorphoses, IV, 689.
91.Les Indes occidentales, c’est-à-dire l’Amérique.
92.Collection de M. Chambry ; la lettre n’a pas de suscription.
93.Peut-être faut-il lire mars.Voyez la lettre du 6 mars 1740.
94.Tiré des Archives de Sir William Ffolkes.
95.La copie porte : à Paris.
96.Cette lettre, écrite de la main de Montesquieu, mais non signée et sans suscription, fait partie de la collection de M. Feuillet de Couches. Nous ne savons pas à quoi elle fait allusion.
97.C’est-à-dire sans risquer, sans rien compromettre.
98.Le texte a été revu sur l’original qui faisait partie de la collection de M. Rathery, conservateur de la Bibliothèque nationale.
99.A peine M. l’abbé Venuti eut-il pris l’administration de l’abbaye de Clérac, qu’il s’éleva à Rome un parti contre lui dans le Chapitre qui l’avait envoyé, travaillant à le faire rappeler, et se servant, pour cet effet, du canal de M. le cardinal de Tencin, pour le desservir. Le principal grief qu’on avait contre lui était que les remises des revenus de l’abbaye n’étaient pas assez abondantes : faute qu’on mettait sur son compte, et qui provenait des grosses décimes dont l’abbaye était surchargée, des frais de réparation et de procès auxquels une partie des revenus devait être employée. Outre ces raisons, il n’était pas regardé de bon œil par les missionnaires jésuites, chargés dès le temps de Henri IV de prêcher toutes les fêtes et dimanches dans l’église abbatiale de cette ville, qui, malgré cela, a continué d’être presque entièrement habitée par des protestants, sans qu’on puisse citer d’exemple de la conversion d’un seul huguenot. (GUASCO.)
100.Collection de M. Badin.
101.Octavien de Guasco, né à Pignerol en 1712, mort à Vérone le 10 mars 1781. (RAVENEL.)
102.Cet ami de M. de Montesquieu avait passé quelques années à Paris où il était allé pour une maladie des yeux. Son père étant mort, il fut obligé de retourner à Turin, pour l’arrangement de ses affaires domestiques. En passant par cette ville, j’ai oui dire qu’ayant besoin de l’intervention du ministre pour arranger quelque intérêt, il ne put jamais obtenir audience de M. le marquis d’Orméa, par une suite d’une ancienne inimitié de ce ministre avec son père. C’est aussi par une suite de cette inimitié que ses deux frères avaient pris la résolution de se transplanter dans les pays étrangers, se vouant au service de la maison d’Autriche, où ils n’ont pas eu lieu de se repentir du parti qu’ils avaient pris. (GUASCO.)
103.Ambassadeur de la cour de Sardaigne en France.
104.Victor-Amédée-Marie, plus tard, en 1773, roi de Sardaigne sous le nom de Victor-Amédée III, mort en 1796.
105.Il lui avait fait présent de cet ouvrage lorsqu’il prit congé de lui en partant pour Turin, sans lui dire qu’il en était l’auteur. Il le lui apprit depuis en lui disant que c’était une idée à laquelle la société de Mlle de Clermont, princesse du sang, qu’il avait l’honneur de fréquenter, avait donné occasion, sans autre but que de faire une peinture poétique de la volupté. (G.)
106.C’est probablement le prince de Cantimir, ambassadeur de la cour de Russie à celle de France. (RAVENEL.)
107.Il s’était fort lié avec lui dans le voyage que le comte de Guasco fit à Paris, en 1742, à son retour de Russie. (GUASCO.)
108.Mme de Tencin, sœur du trop célèbre cardinal Tencin, qui lui devait, disait-on, sa fortune et son chapeau, figura beaucoup dans Paris par les charmes de sa beauté et de son esprit. Elle fut pendant cinq ans religieuse dans le couvent de Montfleury en Dauphiné, mais elle rentra dans le monde en réclamant contre ses vœux. Après bien des aventures, elle parvint, sans être jamais riche, à avoir dans Paris une maison de la meilleure compagnie. Il était de bon ton d’être admis dans sa société ; les seigneurs de la cour, les gens de lettres et les étrangers les plus distingués briguaient également pour y être introduits. Comme ceux qui faisaient le fond ordinaire de cette société étaient les beaux esprits et les savants les plus connus de France, Mme de Tencin les appelait par ironie ses bêtes.Elle était souvent consultée par eux sur les ouvrages d’agrément qu’on voulait publier et s’intéressait avec chaleur pour ses amis. M. de Montesquieu, qui était un de ceux qu’elle considérait le plus, en avait procuré la connaissance au comte de Guasco, homme également doué des connaissances littéraires que ( ?) de la science militaire (G.)
109.Le jour de la mort de Mme de Tencin, en sortant de son antichambre il dit au frère du comte de Guasco, qui était avec lui : « A présent vous pouvez mander à M. votre frère, que Mme de Tencin est l’auteur du Comte de Cumminges, et du Siège de Calais, ouvrages qui ont été crus jusqu’ici de M. de Pont de Vesle, son neveu. Je crois qu’il n’y a que M. de Fontenelle et moi qui sachions ce secret. » (G.)
110.Actuellement lieutenant général, et ci-devaut commandant de Dresde pendant la dernière guerre. (G.)
111.Ambassadeur de France à la cour de Russie ; mort en 1758.
112.Charles VII, électeur de Bavière.
113.Comme durant la guerre qui venait de se terminer entre les cours de Vienne et de Turin les comtes de Guasco avaient fait toutes les campagnes au service de la dernière, en quittant ce service ils crurent ne devoir pas fournir au marquis d’Orméa l’occasion de noircir cette démarche en entrant alors au service de la cour de Vienne, de peur d’attirer par là de nouveaux chagrins à leur père qui vivait encore. Ils prirent en conséquence la résolution de passer en Russie, puissance sous laquelle ils ne se trouveraient jamais dans le cas de porter les armes contre leur souverain et qui, en ce temps-là, offrait beaucoup d’avantages aux étrangers qui voudraient entrer à son service. Mais la dureté du climat et les révolutions dont ils furent témoins, les déterminèrent à profiter de la guerre survenue en Allemagne, à la suite de la mort de l’empereur Charles VI, pour suivre leur première inclination pour le service de la maison d’Autriche. (G.)
114.Sous son ministère, la cour de Turin, dans la guerre précédente, avait abandonné l’alliance avec la cour de Vienne, et était devenue alliée de la France. On prétend que le marquis d’Orméa, dans cette occasion, avait proposé, pour prix d’une négociation avec la cour de Vienne, qu’il passerait à son service et qu’il y aurait une charge considérable ; de quoi l’empereur Charles VI avertit le roi de Sardaigne, en envoyant, sous d’autres prétextes, à Turin, le prince T… qui devait faire connaître la chose au roi. sans que le ministre se doutât de sa commission. (G.)
115.Bibliothèque de M. Cousin, à la Sorbonne.
116.Sur le président Barbot, ami intime de Montesquieu, voyez la lettre à l’abbé Venuti, du 30 octobre 1750.
117.A l’académie de Bordeaux.
118.La place de bibliothécaire. V. sup.la Lettre XXXIII.
119.Célèbre médecin de Bordeaux, dont sans doute le président Barbot devait faire l’éloge.
120.Mlle de Clermont.
121.Quel est ce roman ? Arsace et Isménien’étaient probablement pas commencés. Reste le Métempsycosiste, gardé en manuscrit, ou le Voyage a Paphos, si l’ouvrage est de Montesquieu.
122.Tiré des Archives de Sir William Ffolkcs. Envoi de M. Masson.
123.Martin Ffolkes venait d’être nommé à l’Académie des Sciences de Paris, en remplacement de Halley.
124.Un mot illisible.
125.Martin Ffolkes avait (avoir) succédé en 1741 à Sir Hans Sloane comme président de la Société Royale de Londres.
126.Tiré des Archives de Sir William Ffolkes. Envoi de M. Masson.
127.Archives de Sir William Ffolkes. Envoi de M. Masson.
128.La philosophie naturelle est le nom donné par les anglais à l’étude des sciences naturelles.
129.Collection Charavay.
130.C’est le brouillon de la lettre que devait écrire le frère de Montesquieu, M. de Secondat, doyen de Saint-Seurin, de Bordeaux, nommé par le roi à l’abbaye de Nisors en Comminges, le 23 février 1743. Montesquieu a fait lui-même ce brouillon et a mis en note : Il faudra m’adresser cette lettre, je la porterai.C’était chez lui une habitude de se charger des affaires de son frère l’abbé. Il avait de l’esprit pour deux.
131.Archives de sir William Ffolkes. Envoi de M. Masson.
132.Après avoir passé un an à Turin, il était revenu à Paris et s’était voué aux fonctions de son état ; mais voyant qu’elles ne feraient que l’exposer au fanatisme qui régnait alors en France à cause des disputes théologiques, il y renonça, se livrant exclusivement à la culture des lettres et à la société des savants, dans la vue d’obtenir une place à l’Académie royale des inscriptions et belles-lettres, où il fut depuis reçu en qualité d’un des quatre honoraires étrangers. (GUASCO.)
133.On peut voir ce qui en est dit dans sa Vie, qui est à la tête de la traduction en français de ses Satires russes, par un anonyme, que l’on croit être l’ami à qui M. de Montesquieu écrit cette lettre. (G.)
134.L’Esprit des lois.
135.Thomas Sydenham (1624-1689), savant médecin anglais.
136.L’Esprit des lois. (GUASCO.)
137.L’un de ceux qui assistait à cette lecture m’a dit que dès qu’on relevait quelque chose, il ne faisait pas la moindre difficulté de la corriger, de la changer ou de l’éclaircir. (G.)
138.Il s’agit ici d’une petite pièce de poésie, envoyée pour étrennes de la nouvelle année à Mlle de Montesquieu. Cette poésie a été imprimée dans le Mercurede janvier 1745, avec la traduction en français par M. Le Franc de Pompignan. (G.)
139.Comme il est souvent parlé dans ces lettres de Mmc la comtesse de Pontac, il est bon de remarquer ici que c’est une des dames de Bordeaux qui brille autant par son esprit et par ses liaisons avec les gens de lettres, qu’elle a brillé par sa beauté. Il est parlé d’elle dans quelques poésies de M. l’abbé Venuti. (G.)
140.Elle se nommait Denise. Il venait de la marier à M. de Secondat d’Agen, gentilhomme d’une autre branche de sa maison, dans la vue de conserver ses terres dans sa famille, au cas que son fils, qui était marié depuis plusieurs années, continuât de n’avoir point d’enfants. Mlle de Montesquieu fut d’un grand secours à son père dans la composition de l’Esprit des lois, par les lectures journalières qu’elle lui faisait pour soulager son lecteur ordinaire. Les livres même les plus ingrats à lire, tels que Beaumanoir, Joinville et autres de cette espèce, ne la rebutaient point ; elle s’en divertissait même, et égayait fort ces lectures en répétant les mots qui lui paraissaient risibles. (GUASCO.)
141.Titre des premiers magistrats de la ville de Bordeaux ; ils firent ce présent à M. l’abbé Venuti pour lui marquer la reconnaissance de la ville pour les inscriptions et autres compositions qu’il avait faites à l’occasion des fêtes données à Bordeaux, au passage de Mmc la Dauphine, fille du roi d’Espagne. (G.)
142.Ce sont les mêmes dont il est parlé dans la lettre du 10 février 1745. (G.)
143.L’Esprit des lois.
144.Montesquieu dictait la plupart de ses lettres, pour ne pas fatiguer sa vue fort affaiblie.
145.Archives de la Gironde, tome VI.
146.Louis-Urbain-Aubert de Tourny. intendant de Bordeaux. (1694-1760.)
147.Grande amie de Montesquieu dont il sera souvent question dans ces lettres.
148.C est-à-dire : de trente livres de l’Esprit des loisje vous en donnerai vingt-six.
149.Il y a apparence qu’il est ici question des Satires russes, du prince Cantimir, avec la vie de l’auteur, imprimées en Hollande et à Paris, 1 vol. in-12, 1750. (GUASCO.) Le prince Cantimir fit connaître à la Russie les Lettres persanes, La pluralité des mondes, et d’autres bons livres. (Note de l’édition Dalibon, 1827.)
150.Ce seigneur étant venu à Paris, durant la guerre, on l’avait mis à la Bastille. (G.)
151.Dans le chapitre général tenu par la congrégation de l’Oratoire, on déclara la guerre à l’appel de la bulle Unigenituset aux perruques de poil de chèvre dont quelques-uns se servaient au lieu de grandes calottes. Plusieurs membres quittèrent plutôt que de se soumettre à ces duretés. Le père Desmolets était bibliothécaire de la maison de Saint-Honoré (l’Oratoire), et un des plus anciens amis de l’auteur. Lui ayant montré son manuscrit des Lettres persanespour savoir si cela serait débité, il lui répondit : « Président, cela sera vendu comme du pain. » (G.)
152.Claude Annet, chevalier d’Apcher, lieutenant général, décoré de l’ordre du Saint-Esprit le 2 février 1746. Né vers 1693, mort à Paris le 12 février 1753. (RAVENEL.)
153.L’Esprit des lois.
154.Cabinet B. Fillon.
155.M. Trudaine peut-être. Voyez M. Vian, Histoire de Montesquieu, p. 163.
156.Ayant appris de Paris que l’Académie des inscriptions et belles-lettres avait décerné le prix à la dissertation, M. de Montesquieu fit faire une couronne de laurier, et pendant qu’on était à table, il la fit mettre par mademoiselle sa fille sur la tête du vainqueur, qui ne s’attendait pas à cette surprise. (GUASCO.)
157.Cette dissertation a été publiée à Avignon, en 1748, in-8o. Elle porte pour titre : Dissertation sur l’autonomie des villes et des peuples soumis à une puissance etrangère.
158.Ce correspondant de M. de Montesquieu avait composé autrefois un traité sur l’usure, suivant le système des théologiens, système contraire à celui de VEsprit des lois, et impraticable dans les pays de commerce. (G.)
159.Chef des manœuvres de la campagne de M. de Montesquieu. (G.)
160.Il avait eu bien de la peine à persuader à ces paysans de faire aller l’eau dans un pré attenant au château de la Brède, qu’il avait entrepris d’améliorer ; les paysans s’opposant par la grande raison banale que ce n’était pas la coutume du pays. (G.)
161.C’est toujours de l’Esprit des loisque parle Montesquieu.
162.Il s’agit ici de l’affaire d’Asti, où neuf bataillons français furent faits prisonniers par le roi de Sardaigne. (G.)
163.Ils regardaient l’histoire de Clément Goût, qui fut évéque de Comminges, archevêque de Bordeaux, et ensuite pape. (G.)
164.Cette histoire n’a pas encore paru, et on croit que le mauvais état où se trouve la vue de l’auteur ne lui permettra pas de l’achever. On a su qu’il en lut le premier livre à l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1749, et que cette lecture fit souhaiter de voir l’ouvrage achevé. (G.)
165.Le tombeau de ce pape est dans la collégiale d’Useste, prés de Bazas, où il fut enterré dans une seigneurie de la maison de Goût. (G.)
166.Quelques historiens ont avancé que Brunissende, comtesse de Périgord, était la maîtresse de Clément, lorsqu’il était archevêque de Bordeaux et qu’il continua de la distinguer durant son pontificat. (G.)
167.La médaille décernée par l’Académie des inscriptions.
168.Jean le Nain. (1698-1750.)
169.Cette lettre est tirée de l’Eloge de Montesquieu, publié par Maupertuis. Cet éloge est imprimé en tête de notre premier volume.
170.Pierre-Louis Moreau de Maupertuis, de l’Académie française et de l’Académie de Berlin, né à Saint-Malo en 1698, mort à Baie en 1759.
171.L’Académie de Berlin, dont Maupertuis était président.
172.Frédéric II.
173.Étienne-René Moreau de Maupertuis, député du commerce de Saint-Malo, mort à Paris en 1745. (RAVENEL.)
174.L’un et l’autre était vrai. Lorsque je passais à Turin, on me dit que ce ministre s’apercevant que son crédit était fort baissé, tomba dans une maladie lente, et qu’il mourut au milieu des douleurs et des rugissements. (GUASCO.)
175.Sur le médecin Gendron, voyez inf.Lettre à Mgr Cerati, du 28 mars 1748, note 1.
176.L’abbé le Beuf, chanoine d’Auxerre, et depuis membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, remporta deux ou trois prix à cette académie. Ses dissertations sont pleines d’utiles recherches, mais fort pesamment écrites. (G.)
177.Joseph-Gaspard Gilbert de Chabannes.
178.Alors secrétaire perpétuel de l’Académie. (GUASCO.)
179.C’est à elle qu’il avait dédié la traduction des Satires russesdu prince Cantimir sous le nom de Mad. øøø, parce qu’elle était fort liée avec le prince Cantimir, et que c’est à sa réquisition que l’on avait fait la traduction française de ses satires. (G.)
180.Le chevalier Caldwel, Irlandais, s’étant arrêté à Toulouse, s’amusait à aller prendre des petits oiseaux hors de la ville. Comme on le voyait sortir tous les matins de bonne heure, et rôder autour de la ville avec un petit garçon, tenant souvent du papier et un crayon en main, les Capitouls soupçonnèrent qu’il pourrait bien s’occuper à en lever le plan, dans un temps où l’on était en guerre avec l’Angleterre. On l’arrêta en conséquence ; et comme, en fouillant dans ses poches, on lui trouva un dessin, qui était celui de la machine avec laquelle il apprenait à prendre les oiseaux, et plusieurs cartes avec un catalogue de mots qui étaient les noms des oiseaux qu’on n’entendait pas parce qu’ils étaient écrits en anglais, on ne douta pas que tout cela n’eût rapport à l’entreprise supposée, et on le mit aux arrêts, jusqu’à ce qu’il eût fait connaître son innocence, la bêtise du soupçon, et jusqu’à ce que quelqu’un eût répondu de lui. Nota, que Toulouse n’est point fortifiée. (G.).
181.Premier président de la Cour des aides de Montpellier, conseiller d’État et de l’Académie des sciences, qui trouva le secret de faire filer des toiles d’araignée, d’en faire des bas. et d’en extraire des gouttes égales à celles d’Angleterre contre l’apoplexie. Il découvrit aussi le moyen de rendre utiles les marrons d’Inde, pour en nourrir des pourceaux et en faire de la poudre ; il avait un cabinet d’antiquités fort curieux. (G.) Né à Montpellier en 1678. mort à Narbonne en 1761.
182.Intendant du Languedoc. (G.)
183.L’Esprit des Lois.
184.Le sujet du prix proposé par l’Académie était d’expliquer en quoi consistait la nature et l’étendue del’autonomie dont jouissaient les villes soumises à une puissance étrangère.(GUASCO.)
185.L’Esprit des Lois.
186.Ce fut M. Sarasin, résident de Genève, qui s’en retournait dans son pays, dont l’auteur profita pour envoyer le manuscrit de l’Esprit des Loisau sieur Barillot, imprimeur de cette ville. M. le professeur Vernet fut chargé de présider à l’édition, dans laquelle il se crut permis de changer quelques mots, qu’il ne croyait pas français, parce qu’ils n’étaient pas en français de Genève, ce dont l’auteur fut fort piqué, et il les fit corriger dans l’édition de Paris. (GUASCO.)
187.Formey (Jean-Henri-Samuel, 1711-1797), né à Berlin, d’une famille de réfugiés français, fut membre et secrétaire de l’Académie de Berlin. Il a écrit des ouvrages aujourd’hui oubliés sur la philosophie de Wolf ; on recherche encore son Histoire de l’Académie de Berlin, et ses Éloges des académiciens de Berlin.
188.Il fait voir dans ce chapitre la nécessité d’un stathouder, comme partie intégrale de la constitution de la république. L’Angleterre venait de faire nommer le prince d’Orange, ce qui ne plaisait point à la France, actuellement en guerre, parce qu’elle profitait de la faiblesse du gouvernement acéphale des Hollandais, pour pousser ses conquêtes en Flandre (GUASCO.)
189.Le Temple de Gnide, qu’il lui avait fait demander. (GUASCO.)
190.Ceci a rapport à la difficulté que celui-ci montrait toujours à croire, lorsqu’on débitait quelque aventure galante, soutenant qu’on était fort injuste à l’égard des femmes. Quelqu’un qui a beaucoup vécu avec ces deux amis, m’a dit que M. de Montesquieu le plaisantait souvent là-dessus, lui donnant par cette raison le titre de protecteur du beau sexe. Disputant un jour ensemble avec quelque chaleur, au sujet d’un conte de galanterie qui courait et que ce dernier s’efforçait d’excuser, un de leurs amis communs entra, et M. de Montesquieu se tournant subitement vers lui : « Président, lui dit-il, voilà un abbé qui croit qu’on ne f… point. (G.)
191.Le sujet proposé était l’État des lettres en France, sous le règne de Louis XI.Le conseil de M. de Montesquieu ayant été suivi, son correspondant remporta un troisième prix à l’Académie. Nous ne connaissons pas cette dissertation, qui n’est point imprimée dans l’édition faite à Tournay des dissertations de cet auteur. (G.)
192.A mesure qu’il composait, il jetait au feu les mémoires dont il avait fait usage ; mais son secrétaire fit un sacrifice plus cruel aux flammes. Ayant mal compris ce que M. de Montesquieu lui dit, de jeter au feu le brouillon de son histoire de Louis XI, dont il venait de terminer la lecture de la copie tirée au net, il jeta celle-ci au feu : et l’auteur ayant trouvé, en se levant, le brouillon sur sa table, crut que le secrétaire avait oublié de le brûler et le jeta aussi au feu, ce qui nous a privés de l’histoire d’un régne des plus intéressants de la monarchie française, écrite par la plume la plus capable de le faire connaitre. Le malheur n’est point arrivé dans sa dernière maladie, comme l’a avancé M. Fréron, dans ses feuilles périodiques, mais en l’année 1739 ou 1740, puisque M. de Montesquieu conta l’accident qui lui était arrivé à un de ses amis, à l’occasion de l’impression de l’Histoire de Louis XI, par M. Duclos, qui parut quelque temps après, l’an 1740. (G.) Il reste tout au moins dans les papiers conservés à La Brède, une Introduction au règne de Louis XI.Voyez la Biographie universelle, art. MONTESQUIEU, par Walckenaer.
193.Étant parti de Bordeaux, il profita de l’absence de M. de Montesquieu pour parcourir en détail les provinces méridionales de France, d’une mer à l’autre, et jusqu’au centre des Pyrénées, pour y connaître les savants, les académies, les bibliothèques, les antiquités, les ports de mer, les productions propres à chaque province et l’état du commerce et des fabriques, ce dont il a conservé des mémoires intéressants. (G.)
194.Lettre publiée par Maupertuis dans son Éloge âe Montesquieu.
195.Il parlait sans doute de l’abbé de Rothelin, éditeur de ce poëme après la mort du cardinal. (D’ALEMBERT.)
196.Voulait-il désigner par là M. Lebeau. chargé par l’abbé de Rothelin de la révision de l’Anti-Lucrèce ? (D’ALEMBERT.)
197.Il y a apparence qu’il parle ici de M. du Mairan, grand panégyriste de l’Anti-Lucrèce.
198.Le Temple de Gnide.
199.Ceci a rapport à la traduction italienne du poëme de la Religion(par l’abbé Venuti), dont nous avons parlé dans une note précédente. (GUASCO.)
200.Plaisanterie fondée sur ce que ce voyageur étant arrivé en Languedoc précisément dans le temps que les Autrichiens et les Piémontais avaient passé le Var, à la question que quelqu’un lui lit de quelle partie d’Italie il était, répondit en plaisantant : « De la république de Saint-Marin, qui n’a rien à démêler avec les puissances belligérantes. » Cette réponse avait été prise au sérieux par quelques personnes conjecturant bonnement qu’il était venu sans doute en France pour négocier en faveur des intérêts de la république. (G.)
201.Ancien médecin de M. le Régent et le meilleur oculiste qu’il y eût en France. Il s’était retiré à Auteuil, dans la maison de M. Despréaux, son ami, qu’il avait achetée après sa mort. C’est par allusion à ces deux hôtes, que M. de Montesquieu, se promenant un jour avec M. Gendron, fit ces deux vers, qu’il faudrait mettre, dit-il en badinant, sur la porte :
202.Il était allé à Bordeaux pour y passer un hiver, et la compagnie de M. de Montesquieu l’y retint trois ans, l’un et l’autre s’occupant beaucoup à l’étude et s’amusant à l’agriculture. (G.)
203.Femme de M. Geoffrin, entrepreneur des glaces, qui par le caractère de son esprit et par l’état de sa fortune, est parvenue à attirer chez elle une société de beaux esprits, de gens de lettres et d’artistes auxquels elle donne à diner deux fois par semaine, se rendant par là une manière de dictateur de l’esprit, des talents, du mérite et de la bonne compagnie. Sa maison est aussi le rendez-vous de plusieurs seigneurs et dames, qui s’arrangent pour aller souper chez elle. La société que l’on trouve dans cette maison, fait que les étrangers cherchent à y être introduits. La maîtresse du logis ne néglige pas d’attirer ceux qui peuvent lui donner du relief. Elle est très-officieuse pour ceux qui lui conviennent, et sans miséricorde pour ceux qui ne lui plaisent pas. Elle dit qu’elle tient toujours sur sa table une aune pour mesurer ceux qui se présentent chez elle pour la première fois, et c’est par cette aune qu’elle juge, dit-elle, à l’œil, s’ils peuvent devenir des meubles qui conviennent à sa maison. On prétend néanmoins que cette aune est quelquefois fautive. Tout cela lui a mérité de jouer un rôle dans la comédie des Philosophes, dont on dit qu’elle n’a pas été fort flattée. (GUASCO.)
204.Fils du prince de Craon et depuis maréchal de France.
205.L’Esprit des Lois.
206.C’est le livre XXVIII qui n’a pas moins de XLV chapitres et qui forme un ouvrage complet.
207.Ce sont les livres XXX et XXXI.
208.Cette lettre s’est trouvée en Italie, entre les mains d’un des correspondants de M. de Montesquieu. (GUASCO.)
209.V. sup. la Lettre à l’abbé de Guasco du 28 mars 1748.
210.Par les avantages que ce prince avait remportés contre l’armée anglaise dans son expédition d’Écosse. (G.)
211.Publiée dans les Œuvres posthumesde Montesquieu, Paris, 1796.
212.Montesquieu lui recommandait la candidature de l’abbé à l’Académie des inscriptions.
213.Claude Helvétius, né à Paris le 20 janvier 1715, mort en cette ville le 26 décembre 1771, grand ami de Montesquieu.
214.Bernard-Joseph Saurin, célèbre par sa tragédie de Spartacus, né à Paris le 5 mai 1706, mort le 7 novembre 1781.
215.Marie-Thérèse de Brancas, née à Paris le 1er avril 1716, épousa en 1736 le comte de Rochefort. Devenue veuve, elle se remaria en 1782 au duc de Nivernais et mourut le 4 décembre de la même année. Les amateurs de raretés bibliographiques recherchent un petit volume qu’on prétend n’avoir été tiré qu’à cinquante exemplaires et qui a pour titre : Opuscules de divers genres, par Madame la comtesse de Rochefort, depuis duchesse de Nivernais.Paris, Didot ainé, 1781, in-18 de 179 pages. (RAVENEL.) M de Loménie a publié un intéressant volume sur Mme de Rochefort et ses amis.
216.Le chevalier d’Aydies est connu surtout par sa passion pour Mlle Aissé. Il était de la société de Mme Du Deffand, qui a fait son portrait. La correspondance inédite du chevalier a été publiée en 1874, par M. Bonhomme, chez Didot.
217.Dans les Œuvres posthumesde Montesquieu, tout ce paragraphe fait partie de la lettre précédente, datée de La Brède, en 1718.
218.Cet éloge de Fontenelle justifie une autre appréciation publiée dans les Pensées diverseset qui a scandalisé Sainte-Beuve : « Fontenelle autant au-dessus des autres hommes par son cœur qu’au-dessus des hommes de lettres par son esprit. »
219.Sur M. d’Aube, voyez notre Introduction à l’Esprit des Lois, tome III, page xxvi.
220.C’est-à-dire les Anglais.
221.L’original est dans la collection de M. Chaper, ancien député, donné par M. le comte d’Hespel.
222.HORAT., I, Epist., X, v. 24.
223.Voyez les Pensées diverses, sup. p. 161.
224.Lettres originales de Montesquieu au chevalier d’Aydice.Paris, 1797, chez Ch. Pougens.
225.Sur tous ces personnages qui composaient la société de Mme Du Deffand, on trouvera des détails curieux dans la Correspondance inédite de Madame Du Deffand, Paris, 1818, 2 vol. in-8o.
226.Le président Hénault.
227.Œuvres posthumes, p. 245. « Pourquoi les gens d’affaires se regardent-ils comme attaqués ? »
228.Esprit des Lois, livre XI, chapitre XVIII.
229.Antoine-Maurice Solar, grand prieur de Lombardie, ne en 1682, mort en 1762. Après avoir pris une part très active aux négociations avec la France, pour l’accession de l’Espagne au traité de Turin de 1733, poursuivies jusqu’à la conclusion des préliminaires du 3 octobre 1735, le grand prieur Solar fut nommé ambassadeur de Sardaigne près S. M. T. C. (SCLOPIS.)
230.Il était alors marquis, et fut fait duc et pair après son ambassade d’Angleterre. (GUASCO.)
231.J’ai appris à Turin que lorsque celui-ci (M. de Solar), eut lu la première fois l’Esprit des Lois, il dit : « Voilà un livre qui opérera une révolution dans les esprits en France. » C’est une des preuves que ses jugements étaient justes. (G.)
232.Mazarini-Mancini, duc de Nivernais (1716-1798), était alors ambassadeur de France à Rome.
233.Auteur de la Vie de Charlemagneet de plusieurs ouvrages faits pour le théâtre, tels que la comédie des Mécontents(et trois opéras intitulés les Voyages de l’Amour, Dardanus, Érigoneet le Prince de Noisy. ) Il mourut en 1755, de la petite vérole, à Rome, où il était resté chargé des affaires de France et fut extrêmement regretté de tout le monde. (Il avait le privilége du Mercure de France[^235].)
234.Collection Feuillet de Couches.
235.Titon du Tillet, conseiller au Parlement de Paris (1677-1762), éleva aux poëtes et aux artistes un petit monument de bronze appelé le Parnasse français.Il en a publié la description sous le même titre.
236.Tiré des Œuvres complètesde Hume.
237.L’Esprit des Lois.
238.Esprit des Lois, livre VI chapitre III. Montesquieu en a changé le texte dans l’édition de 1758.
239.Archives de la Gironde, tome VI. Lettre tirée des archives de M. Gérard West, et communiquée par M. Tamisey de la Roque.
240.Gratien de Secondat, mort à Agen en 1786, à l’âge de soixante-seize ans. Il était fils de Godcfroy de Secondat de Roques, baron de Roquefort et de Louise de Raymond. Il eut quatre filles : la première épousa le comte Joseph de Raymond, la seconde M. de Godailh, la quatrième M. West, la troisième ne fut point mariée.
241.M. de Rastignac (né en 1683, mort au château de Véretz, le 3 août 1750), un des plus illustres prélats de France, de son temps. (GUASCO.)
242.Veretz, prés de Tours.
243.Le comte Colbert d’Estoutevilles, petit-fils du grand Colbert, homme d’esprit, mais tourné à la singularité, conçut le projet de traduire le Danteen français ; il avait depuis longtemps exécuté ce projet par une traduction en prose, sur laquelle il se réservait de consulter quelque Italien ; cette traduction n’a pas été imprimée[^249]. (GUASCO.)
244.Elle a paru en 1796 ; c’est la première traduction complète de la Divine Comédie.Moutonnet et Rivarol n’avaient traduit que l’Enfer.
245.Ce traducteur avait inséré beaucoup de pensées et de choses, tirées des commentaires de ce poëte, et il n’était pas toujours docile dans les corrections à faire ; ce qui avait fait abandonner cette lecture. (G.)
246.Elle est fort singulière et fort courte. Il dit que, dans son enfance, sa mie lui a souvent parlé de paradis, d’enfer et de purgatoire, sans lui en donner aucune idée ; qu’avancé en âge, ses précepteurs lui ont souvent répété les mêmes choses sans l’éclairer davantage ; que, dans l’âge mûr, il a consulté différents théologiens et qu’ils l’ont laissé dans la même obscurité ; mais qu’ayant fait un voyage en Italie, il a trouvé que le premier poête de cette nation était le seul qui l’eût satisfait sur la nature de ces trois demeures de l’autre monde ; ce qui l’avait déterminé de le traduire en français pour être utile à ses concitoyens. (G.)
247.Middleton (1(583-1750), auteur d’une Vie de Cicéron, qui a eu une grande réputation.
248.Le Stuart de la lettre LXIV.
249.Cabinet du M. Moulin, avocat genéral.
250.La lettre porte en marge : « Accueillie favorablement. »
251.Histoire naturelle générale et particulière avec la description du Cabinet du roi.Paris, 1749, 3 vol. in-4o.
252.Essai de Philosophie morale.Berlin, 1749, in-8o.
253.Lettres originales de Montesquieu au chevalier d’Aydie.Paris, an V (août 1797). chez Ch. Pougens.
254.Œuvres posthumes, « les opéras et comédies ».
255.Œuvres posthumes, « de comédies et de bals ».
256.Œuvres posthumes : « On prétend que le jour qu’il doit donner son Catilina, au lieu de donner un Catilina, il donnera une Électre. »
257.C’est le premier ouvrage qui a été fait sur les découvertes d’Herculanum.(GUASCO.) Descrizione delle prime scoperte dell’ antica cita d’Ercolano.Venise, 1743, in-8o.
258.C’était, des académiciens de Bordeaux, celui qui fournissait plus fréquemment des mémoires. (G.)
259.La comtesse de Pontac.
260.Milord Albemarle était alors ambassadeur du roi d’Angleterre à la cour de France.
261.Richmond.
262.On appelle toste, en Angleterre, les santés des personnes absentes, que l’on se porte réciproquement, et que l’on ne peut refuser sans impolitesse. (Note de l’édition de Paris 1767.)
263.Le roi de Prusse, Frédéric II.
264.Thomas Nugent. V. inf.la lettre du 18 octobre 1750, qui lui est adressée.
265.Cette lettre a été publiée pour la première fois par M. Patris dans ses Opuscules en prose et en vers, Paris, 1810, in-12, p. 124. En 1813 on a changé le titre de l’ouvrage pour celui de Poésies fugitires de Patris Dubreuil ;c’est la même édition.
266.Grosley, une des célébrités de la Champagne, né à Troyes le 18 novembre 1718, mort le 6 novembre 1785.
267.N.-B. Les endroits guillemetés contiennent les objections de Grosley. Son manuscrit en renferme encore d’autres auxquelles Montesquieu n’a pas répondu et que voici :
268.Dans l’édition de 1758, Montesquieu a fait de ce passage le chapitre IX du livre XV.
269.M. l’abbé Venuti, après s’être retiré de l’abbaye de Clérac, avait fixé son séjour à Bordeaux, attaché à l’académie des sciences et belles-lettres de cette ville ; mais l’Empereur l’ayant nommé prévôt de Livourne, il fut obligé d’en partir et son départ fut regardé comme une grande perte pour l’académie. Pendant son séjour à Livourne, il a continué d’enrichir la république des lettres de différentes bonnes dissertations. Le mauvais état de sa santé vient de l’obliger de renoncer à sa place pour se retirer à Cortone dans sa famille. (GUASCO, 1707.)
270.Dame de Bordeaux qui aimait les lettres, et surtout l’histoire naturelle, dont elle rassemblait (ressemblait) une collection. (G.)
271.L’original de cette lettre est à Ratisbonne dans la bibliothèque de l’Empereur. M. de Stainville la lui avait fait passer dès le 30 mai 1750. Le bibliothécaire avait écrit sur la lettre d’envoi de l’ambassadeur : « Lettre de M. le marquis de Stainville, en lui envoyant une lettre du célèbre Montesquieu au sujet du faux bruit qui avait couru que l’Esprit des Loisavait été prohibé à Vienne. » (MILLIN, Magasin encyclopédique, 1799, t. I, p. 393.) L’édition Dalibon (Paris, 1827), dit que l’original de cette lettre était dans la bibliothèque du prince de la Tour et Taxis.
272.Ce bruit était faux.
273.Marie-Thérèse.
274.Communiquée par M. le comte Sclopis.
275.Le cardinal Passionei (1682-1761), savant antiquaire, un des hommes les plus érudits du siècle dernier. Sur la protection qu’il accorda à Montesquieu, voyez notre Introduction à l’Esprit des Lois, tome III, pages xxxiv et suivantes.
276.La Défense de l’Esprit des Lois.
277.Cette édition n’a pas paru du vivant de l’auteur. Mais si l’on veut comparer le texte primitif avec celui de l’édition de 1758, on verra, en effet, que Montesquieu a essayé d’adoucir un certain nombre de passages concernant la religion.
278.Sur Jacob Vernet,et ses relations avec Montesquieu, voyez notre Introduction à l’Esprit des Lois, t. III, p. xxii et suiv.
279.Boileau, Épitre VIII.
280.Le Nouveau Testament, traduit en français selon la Vulgate, 1697-1703. 2 vol. in-12.
281.Tirée des Œuvres Posthumesdu duc de Nivernais. Paris, Maradan. 1807.
282.Louis Jules Mancini Mazarini, duc de Nivernais (1710-1798).
283.C’était le Gazetier ecclésiastiquesi l’on on croit ce qui est dit dans l’Élogedu duc de Nivernais, placé en tête des Œuvres Posthumes.
284.La Défense de l’Esprit des Lois :
285.C’était une maxime de nos libertés gallicanes que les décrets de la Congrégation de l’Indexn’étaient point reçus en France. Voyez le discoursde l’abbé Fleury sur les libertés gallicanes.
286.Languet de Gergy, historien de Marie Alacoque et membre de l’Académie française.
287.Publiée pour la première fois dans l’édition Dalibon, Paris, 1827.
288.Thomas Nugent, traducteur de l’Esprit des Lois, est auteur d’un Dictionnaire portatif français-anglaiset anglais-français, qui a eu de nombreuses éditions. Il est mort à Londres le 27 avril 1772.
289.Cette lettre a été publiée pour la première fois dans l’édition parisienne des Lettres familières(Florence-Paris), 1767.
290.Ce ne fut en effet qu’après le voyage que M. de La Condamine fit à Londres, peu d’années après, qu’on vit, à Paris, les premiers essais de l’inoculation. Cet académicien ne se borna pas à faire verbalement des rapports de ses observations sur cette pratique ; mais il les mit par écrit et les communiqua au public, le mettant par là en état d’y réfléchir, et de se persuader de la réalité des avantages qu’on retirerait de cette pratique, néanmoins encore combattue par la déraison du préjugé, et la cabale de bien des médecins. (Note de la première édition.)
291.L’ouvrage de M. l’abbé Venuti, dont parle M. de Montesquieu, est intitulé, il Trionfo litterario della Francia(le Triomphe littéraire de la France). Rappelé dans sa patrie, M. l’abbé Venuti craignit qu’on ne l’accusât d’ingratitude, si, en quittant la France, il ne laissait aucun monument de sa reconnaissance pour tous les agréments qu’il y avait trouvés, et de son admiration pour les grands génies qu’elle renferme dans son sein. C’est dans cette vue qu’il a composé son poëme en plusieurs chants, où il donne des éloges auxquels l’amitié a bien autant de part que le vrai mérite. Quoi qu’il en soit, on ne refuse pas de souscrire à ce qu’il dit de M. de Montesquieu : « Si une âme aussi grande, dit-il, se fût trouvée dans le sénat latin, la liberté romaine vivrait encore à la honte des tyrans. Son nom surpassera la durée du roc Tarpéien ; et sa gloire ne périra point tant que Thémis dictera ses oracles sur les bancs français, et que les dieux conserveront à l’homme le den de la pensée. » Tel est le sens du compliment que l’abbé Venuti a fait à M. de Montesquieu dans son poëme italien, et dont M. de Montesquieu le remercie dans cette lettre. (Édition parisienne de 1767.)
292.L’un des premiers commis du bureau des affaires étrangères, et fort savant académicien de Paris, le même qui essuya depuis tant de mortifications, pour avoir, en qualité de censeur royal, donné son approbation pour l’impression du livre de l’Esprit. (GUASCO.)
293.Le poëme de l’abbé Venuti était dédié à M. de Puylsieux, alors ministre des affaires étrangères.
294.Virg., Eci., IX, 32.
295.Secretaire perpétuel de l’académie de Bordeaux, homme d’un esprit trés-aimable, et d’une vaste littérature, mais très-irrésolu lorsqu’il s’agit de travailler et de publier quelque chose : ce qui fait que les mémoires de cette académie sont fort arriérés, et que nous sommes privés d’excellents morceaux de cet écrivain, qui sont enfouis dans son vaste cabinet.(GUASCO.)
296.Il entend parler des affaires littéraires, parce que ce secrétaire de l’académie n’avait jamais voulu se donner la peine de réduire ses mémoires, et en faire part au public. (GUASCO.)
297.Archives de la Gironde, t. VI.
298.Sur l’absence d’une loi d’expropriation dans notre ancienne législation, voyez l’Esprit des Lois, livre XXVI, ch. XV.
299.Publiée pour la première fois dans l’édition parisienne, 1767, p. 208.
300.M. de Tourny.
301.HORAT. Epist., lib. I, ep. XVIII, v. 86.
302.La duchesse d’Aiguillon.
303.Bibliothécaire du cardinal de Rohan à l’hôtel de Soubise, chez qui s’assemblaient, un jour de la semaine, plusieurs gens de lettres, pour converser sur des sujets littéraires. Montesquieu, dans le premier voyage qu’il fit à Paris, fréquentait cette société, mais, trouvant que le Père Tournemine y voulait dominer, et obliger tout le monde à se plier à ses opinions, il s’en retira peu à peu, et n’en cacha pas la raison. Depuis lors, le Père Tournemine commença à lui faire des tracasseries dans l’esprit du cardinal de Fleury, au sujet des Lettres persanes.On a entendu conter à Montesquieu que, pour s’en venger, il ne fit jamais autre chose que de demander à ceux qui lui en parlaient : Qui est-ce que le P. Tournemine ? je n’en ai jamais entendu parler :ce qui piquait beaucoup ce jésuite, qui aimait passionnément la célébrité. (Note de la première édition.)
304.On a plusieurs volumes de fort bons mémoires littéraires lus dans cette société, recueillis par ce bibliothécaire de l’Oratoire, chez qui s’assemblaient ceux qui en sont les auteurs. Les jésuites, ennemis des PP. de l’Oratoire, ayant peint ces assemblées, quoique simplement littéraires, comme dangereuses, à cause des disputes théologiques du temps, elles furent dissoutes, non sans un préjudice réel pour le progrès de la littérature. (Note de la première édition.)
305.Le marquis d’Argenson, ci-devant ministre des affaires étrangères, après sa démission, donnait à dîner à ses confrères tous les jours d’assemblée d’académie, se dédommageant ainsi de son désœuvrement avec les gens de lettres, et M. l’abbé de Guasco, qui venait d’être reçu à l’académie des inscriptions, avait été mis au nombre des convives. (GUASCO.)
306.Plaisanterie allusive à l’étude particulière qu’un seigneur de Languedoc a faite de la généalogie de toutes les familles, et qui fait le sujet ordinaire des entretiens qu’il a avec les gens de lettres. L’abbé Bonardi. dans sa tournée, avait été visiter ce seigneur dans son château, et s’était fort enrichi d’érudition généalogique, dont il ne manquait pas de faire étalage à son retour à Paris ; et il allait quelquefois en favoriser M. de Montesquieu : ce qui l’ennuyait beaucoup, et lui faisait perdre des heures précieuses. (G.)
307.Savant Anglais, entièrement aveugle, excellent poëte latin, qui, pendant le séjour qu’il fit à Paris, entreprit la traduction du Temple de Gnideen vers latin », mais dont il ne donna que le premier chant et une partie du second. (GUASCO.)
308.Ouvrage de M. l’abbé Venuti (GUASCO). Il a été fait une autre traduction en italien du Temple de Gnide, par M. Vespasiano ; celle-ci a été imprimée avec le texte original en regard à Paris en 1766, in-12, chez Prault.
309.Ce portrait en vers, fait par Montesquieu, se trouve parmi les poésies. L’abbé Venuti a traduit cette pièce en vers italiens. (V. sup. p. 197.)
310.On a déjà parlé, dans une note, de cet écrivain fort versé dans l’histoire de la littérature moderne de France, mais fort prolixe dans ses écrits et dans ses lettres. Il est mort en laissant quantité de manuscrits sur les auteurs anonymes et pseudonymes, ouvrage qu’il entreprit après qu’il fut exclu de la Sorbonne avec quantité des plus éclairés docteurs de ce corps, pour la cause de l’appel au sujet de la bulle Unigenitus. (GUASCO.)
311.Comme cette lettre n’est point datée, nous l’avons mise à la fin de l’année 1750 ; mais comme il est question de l’entrée de Guasco à l’Académie des inscriptions, entrée qui eut lieu à la fin de 1749 , la lettre est peut-être des premiers mois de l’année 1750.
312.Œuvres posthumes du duc de Nivernais.Paris 1807. 2 vol in-8o.
313.Benoît XIV.
314.La Défense de l’Esprit des Lois.
315.Œuvres Posthumesde Montesquieu, in-12, p. 203.
316.Considérations sur les Mœurs de ce siècle.
317.Extrait des procès-verbaux de l’Académie fondée à Nancy, par Stanislas, roi de Pologne, t. I, p. 139.
318.M. de Solignac était secrétaire de la Société littérairede Nancy, secrétaire de cabinet du Roi, et son historiographe.
319.En lui envoyant le Lysimaque.
320.Le Lysimaquefut lu dans l’assemblée publique de la Société littérairele 8 mai 1751. A la même séance, le primat de Lorraine prononça un discours conservé dans les procès-verbaux de la Société, t. 1, p. 241, et dans lequel se trouve le passage suivant, qui prouve que Montesquieu n’avait pas que des ennemis dans le clergé français.
321.Extrait des Œuvres posthumes du duc de Nivernais.
322.Tiré des Tablettes de Bordeaux, par Bernardau, in-12. Bordeaux, 1810.
323.Sur M. Risteau, voyez mon Introduction à l’Esprit des Lois, t. III, p. XXXVIII.
324.Tiré de la Correspondance inéditede Mme du Deffand. Paris, 1809. 2 vol in-8o ; t. I. p. 20.
325.Le président Hénault.
326.Dans la Correspondance inédite de Mme du Deffand, quelques-unes de ces lettres portent des dates reculées de dix ans ; ce qui est évidemment une erreur, puisqu’il y est parlé d’événemens arrivés postérieurement à ces dates. (Note de l’édition Dalibon. Paris, 1827.)
327.Tiré de la Correspondance inéditede Mme du Deffand ; t. I. p. 22.
328.Le président Hénault.
329.Son portrait, sans doute, suivant la mode du temps.
330.Le père Palène.
331.Discours préliminaire de l’Encyclopédie, paru en 1751.
332.Collection d’autographes de la bibliothèque royale de Berlin, lettre M. Je donne le texte d’après M. Matter, Lettres et pièces rares et inédites.Paris, 1846, in-8o.
333.A l’Académie de Berlin.
334.Ambassadeur de Sardaigne à Paris, qui y fut fort estime. (GUASCO.)
335.En Piémont, par les constitutions du pays, les ecclésiastiques ne peuvent point posséder des fiefs, ni en prendre le titre. Les deux frères étant exposés aux périls de la guerre, il pouvait arriver que, venant à manquer, le fief qui donne le titre à leur maison retombât à la couronne, ou dans une maison étrangère. D’ailleurs, comme il était établi en Allemagne, où les ecclésiastiques ne sont pas sujets à la même loi, il demanda au roi de l’investir aussi lui-même de ce fief ; grâce que le roi lui accorda par une patente particulière, avec le titre, juridiction et prérogatives de la comté de sa famille, dérogeant à cet effet à l’article des constitutions sur ce sujet. (GUASCO.)
336.Ou de Cornbury, dernier descendant du célèbre chancelier Hyde, fort aimé en France, où il demeurait depuis quelques années, et où il mourut de consomption, très-regretté de tous ceux qui connaissaient son excellent caractère et son esprit. (GUASCO.)
337.Véretz près Tours, résidence de la duchesse d’Aiguillon.
338.Le grand prieur du Solar.
339.Ancienne ville d’Industria, dont on a découvert des ruines près des bords du Pô en Piémont, mais dont la découverte n’a pas produit beaucoup de richesses antiques ; les morceaux les plus précieux qu’on ait trouvés, sont un beau trépied de bronze, quelques médailles, et quelques inscriptions. (GUASCO.)
340.De ne point repondre aux critiques de l’Esprit des Lois.
341.L’abbé de La Porte fut le premier qui osa critiquer l’Esprit des Lois, dans ses feuilles periodiques. On disait dans le public qu’il y avait été induit par M. Dupin, fermier général, qui commençait à escarmoucher par des troupes légères envoyées en avant. (GUASCO.)
342.Ce fermier général fit ensuite imprimer, à ses frais, une critique presque aussi étendue que l’Esprit des Lois, qu’il distribua à ses connaissances, à condition de ne point la prêter. On ne manqua pas cependant de faire passer un exemplaire de cette critique entre les mains de M. de Montesquieu, et dès qu’il eut parcouru quelques parties de cette rapsodie, il dit qu’il ne valait pas la peine de lire le reste, se reposant sur le public. En effet, la mauvaise foi qu’on découvrit dans les citations des passages mutilés, à dessein de rendre l’auteur de l’Esprit des Loisodieux au gouvernement, ainsi que les mauvais raisonnements, l’indignèrent au point que M. Dupin crut devoir retirer les exemplaires distribués, sous prétexte d’en faire une nouvelle édition, pour corriger des fautes qui s’étaient glissées ; mais cette nouvelle édition ne parut jamais. (G.)
343.Actes de l’Académie de Bordeaux.
344.Publiée par Ch. Pougens. Paris, an V (août 1797).
345.Œuvres posthumes, p. 248. « Vous n’avez point dit à vos nièces, etc. »
346.Célèbre médecin de Bordeaux.
347.Œuvres posthumes : « et moi je dis qu’il est très-difficile de faire l’amour avec le cœur et avec l’esprit. »
348.Milord Hyde de Cornbury, sup. lettre CX.
349.Communiquée par M. Vian.
350.Médecin à Mézin, prés de Nérac, qui lui avait envoyé une Ode à la louange du duc d’Aiguillon.
351.Communiquée par M. Vian.
352.Il lui avait envoyé un éloge en vers.
353.Tiré des Tablettes de Bordeaux par Bernardau, in-12. Bordeaux, 1810, p. 199.
354.M. de Tourny. Voir la lettre du 8 août 1752.
355.Des biens, sous la seigneurie d’Aiguillon, causaient un procès qui durait depuis longtemps, au sujet du franc-aleu :procès qui avait failli le brouiller avec madame la duchesse d’Aiguillon, son ancienne amie, et qui lui tenait, par cette raison, fort à cœur de le voir terminé. (GUASCO.)
356.Il arrive souvent à Bordeaux que des gentilshommes cherchent à épouser des filles des habitants de l’Amérique dans l’espérance d’en avoir beaucoup de biens ; M. de Montesquieu désapprouvait ces sortes de mariages, faits pour de l’argent, qu’il disait abâtardir les sentiments de la noblesse, et sur lesquels on était souvent trompé, parce que les fortunes prétendues des lies se réalisaient rarement. (GUASCO.)
357.Publié pour la première fois dans le Nouveau Manuel épistolaire, imprimé à Caen en 1785, chez S. Le Roi, imprimeur du Roi.
358.Il demandait à Montesquieu de le proposer pour remplir une place à l’Académie de Bordeaux.
359.Le texte imprimé porte : Je vois.
360.Tiré des Tablettes de Bordeaux, par Bernardau, Bordeaux, 1810, p. 197.
361.Alors commissaire d’Angleterre pour les affaires de la barrière à Bruxelles, et ensuite ministre plénipotentiaire à Berlin ; homme de beaucoup d’esprit et d’un caractère fort aimable. M. Ayrolles était ministre de la même cour à Bruxelles. (GUASCO.)
362.M. Risteau, alors négociant, plus tard un des directeurs de la Compagnie des Indes. Montesquieu faisait très grand cas de cette réponse, mais il n’y eut aucune part. Il avouait même qu’il eût été fort embarrassé de répondre à certaines objections que son jeune défenseur avait réfutées de manière à ne laisser aucun lieu à la réplique.
363.Il ne faut pas être surpris que l’auteur parle souvent de son vin à cet ami, car le vin était son principal revenu, et ils avaient beaucoup travaillé ensemble à l’amélioration des vignes. (GUASCO.)
364.Subside que la cour de Vienne s’était engagée de payer aux Hollandais, pour les garnisons des places de la Barrière. (G.)
365.Marie-Thérèse.
366.C’est sans doute un remerciement à Grosley, à propos des Recherches sur l’histoire du droit français, publiées par ce dernier en 1752.
367.Supra, Lettre LXXXIV.
368.Après avoir tenu longtemps l’Esprit des Loissur les fonts, la Sorbonne jugea à propos de suspendre sa censure. C’est, peut-être, une des plus sages démarches qu’elle ait faites depuis longtemps. (GUASCO.)
369.Barnabite, alors professeur à l’université de Turin, et maintenant précepteur du prince de Piémont, homme de beaucoup de mérite, et qui s’est évertué à critiquer des grands hommes tels que Locke, Montesquieu et Jean-Jacques Rousseau. (G.) Voyez notre Introduction à l’Esprit des Lois, p. XLVII.
370.Horace, I, Od.XXXVIII.
371.Le doyen de la vieille collégiale de Saint-Surin de Bordeaux était Joseph Secondat de Montesquieu, frère du président, qui devint en 1743 abbé de Nizor. (Montesquieu à l’abbaye de Nisor, par M. F. Sacaie, dans les Mémoires de l’Académie des Jeux floraux.)
372.Nisor, ou Nizor, nommée aussi Benedictio Deiou Bénissons Dieu, était une abbaye cistercienne, située dans le pays de Comminges, sur les bords de la Sesse, entre Blajan et Boulogne. Elle avait été fondée en 1184 par des moines venus de l’abbaye de Bonnefont. (Voyage littéraire de deux religieux de la Congrégation de Saint-Maur.(Martenne et Durand, t. I.)
373.Dame qui fonda le premier prix des jeux floraux dans le XVIe siècle, sur laquelle ce correspondant de M. de Montesquieu a donné des éclaircissements dans la Dissertation sur l’état des lettres sous le règne de Charles VI et Charles VII, qui a remporté le prix à l’Académie de Paris en 1741. On conserve sa statue avec honneur à l’hotel de ville, et on la couronne de fleurs tous les ans. (GUASCO.)
374.Femme d’un trésorier de France, qui cultivait la poésie, et qui a écrit une épitre en vers à cet ami de M. de Montesquieu. (G.)
375.M. de Tourni, intendant de Guienne, à qui Bordeaux doit les embellissements de cette ville. Pour suivre un plan des édifices qu’il entreprit, et faire un alignement, il venait de masquer le bel hôtel de l’académie : elle s’y opposa, et obtint de la cour gain de cause contre monsieur l’intendant. (G.)
376.Correspondance inédite de Mme Du Deffand, t. I, p. 27.
377.Peut-être s’agit-il du chancelier Lorenzi. On peut voir dans la correspondance de Grimm le récit des naïvetés divertissantes de ce chevalier. (RAVENEL.)
378.Louis de Froullay, bailli de l’ordre de Malte.
379.Il faut supposer que cette lettre est mal datée, puisque dans la lettre suivante, datée du mois d’octobre, Montesquieu est à l’abbaye de Nisor, avec son frère, le doyen.
380.L’auteur disait qu’il n’avait jamais oui dire à ce prince que ce qu’il fallait dire sur le sujet dont on parlait, même lorsqu’en quittant de temps en temps sa partie, il se mélait de la conversation. Dans un petit écrit que Montesquieu avait fait sur la Considération, en parlant du prince Eugène, il avait dit qu’on n’est pas plus jaloux des grandes richesses de ce prince qu’on ne l’est de celles qui brillent dans les temples des dieux. I.e prince, flatte de ces expressions, fit un accueil très-distingué à Montesquieu à son arrivée à Vienne, et l’admit dans sa société la plus intime. (GUASCO.)
381.La singularité de ce château mérite une petite note. C’est un bâtiment hexagone, à pont-levis, entouré de doubles fosses d’eau vive, revêtu de pierres de taille. Il fut bati sous Charles VII pour servir de château-fort ; et il appartenait alors à la maison de La Lande, dont la dernière héritière épousa un des ancêtres de M. de Montesquieu. L’intérieur du château n’est effectivement pas fort agréable, par la nature de sa construction ; mais M. de Montesquieu en a fort embelli les dehors par les plantations qu’il y a faites (G.)
382.Ambassadeur de Sardaigne à Paris, homme de beaucoup d’esprit, et plus véridique qu’on ne souhaite dans les sociétés. (G.)
383.Chez les Trudaine.
384.Il disait d’elle, qu’elle était également bonne à en faire sa maîtresse, sa femme, ou son amie. (G.)
385.Cette dame étant un jour en habit d’amazone, à la campagne, à Montigny, il en avait fait le portrait dans un sonnet. Ce sonnet ayant été lu à milord Éliban, qui ne la connaissait pas, il dit que ce ne pouvait être qu’un portrait flatté ; et ayant depuis fait connaissance avec elle, il reprochait à l’auteur de n’en avoir pas assez dit. (G.)
386.L’auteur de cet écrit, in-12, Berlin, 1751, était la Beaumelle. On l’attribua faussement à Montesquieu. Il y a une lettre de lui qui dément cette imputation. V. sup., t. VI, page 248.
387.Ce fut lui qui, à force de sollicitations, lui arracha, comme malgré lui, l’unique réponse qu’il ait faite aux critiques sous le titre de Défense de l’Esprit des Lois, que le public a reçue avec tant d’applaudissement. (G.)
388.Il a dit à quelques amis que, s’il avait eu à donner actuellement ces Lettres, il en aurait omis quelques-unes, dans lesquelles le feu de la jeunesse l’avait transporté ; qu’obligé par son père de passer toute la journée sur le Code, il s’en trouvait le soir si excédé, que, pour s’amuser, il se mettait à composer une lettre persane, et que cela coulait de sa plume sans étude. (G.)
389.Il était alors général-major au service d’Autriche. Il fut choisi dans la dernière guerre pour quartier-maître général de l’armée de Bohême ; il eut part, en cette qualité, à la victoire de Planian ; et la réputation qu’il s’est faite dans les défenses mémorables de Dresde et de Schwenitz, prouve que M. de Montesquieu se connaissait en hommes. Il mourut d’apoplexie à Kœnigsberg, où il était prisonnier de guerre, dans le grade de général en chef d’infanterie, et chevalier grand’croix de l’ordre militaire de Marie-Thérèse. Elle honora par des regrets très-marqués la perte de ce général, auquel l’ennemi même rendit les honneurs les plus distingués durant sa captivité et à sa mort ; mort qu’il eût peut-être évitée, si les témoignages honorables que le roi de Prusse rendit à sa capacité après le siége de Schwenitz eussent été accompagnés de la grâce de pouvoir aller prendre les bains, suivant la convention faite verbalement avec le général ennemi, lors de la reddition de la place. (GUASCO.)
390.Manuel épislolaire, Caen, 1785.
391.La date de la lettre prouve que novembreest ici une erreur. C’est sans doute septembre qu’il faut lire.
392.D’après un manuscrit de M. de Secondat.
393.Montesquieu était directeur de l’Académie française en 1752, lorsque Piron se présenta pour remplir la place vacante par la mort de l’archevêque de Sens. Les suffrages se réunissaient en sa faveur, lorsque le directeur reçut ordre de se rendre à Versailles, où le Roi lui dit qu’il ne voulait pas que Piron fut élu. Après avoir reçu cet ordre et en avoir rendu compte à l’Académie, Montesquieu, quoique sans liaison d’aucune espèce avec le malheureux Piron, et ne consultant que son cœur, écrivit la lettre ci-dessus à Mme de Pompadour.
394.P. 227 du t. II, de la septième série des Mémoires de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 1870. Le petit document est publié d’après l’autographe conservé dans la collection de M. N. Joly, à la suite d’un article de ce dernier intitulé : Notice sur deux livres rarissimes qui font partie de ma bibliothèque.
395.C’est-à-dire, de sa bibliothèque particulière, homme d’autant plus estimable, que, né dans un état bien éloigné de la culture des lettres, il est parvenu à les cultiver, sans secours, par la seule force du talent. (GUASCO).
396.Il savait que c’était à lui que les libraires de Vienne devaient la liberté de pouvoir vendre l’Esprit des lois, dont la censure précédente des jésuites empechait l’introduction à Vienne ; car M. le baron Van-Swieten n’est pas seulement l’Esculape de cette ville impériale. Par sa qualité de premier médecin de la Cour, il est encore l’Apollon qui préside aux muses autrichiennes, tant par sa qualité de bibliothécaire impérial, charge qui, par un usage particulier à cette Cour, est unie à celle de premier médecin, que par celle de président de la censure des livres, et des études du pays, de sorte qu’il pourrait être en même temps le médecin des esprits, comme il l’est des corps, si le despotisme sur le Parnasse n’était pas trop effrayant pour les Muses, et si la sévérité, lorsqu’elle est trop scrupuleuse, ne rendait pas plus ingénieux dans la contrebande des livres dangereux, comme elle prive quelquefois de ceux qui sont d’une utilité relative aux différentes professions. Quoi qu’il en soit, maigre la satire qu’on lit dans les Dialoguesde M. de Voltaire, portant également sur les fonctions des deux ministères de ce savant médecin, Vienne lui doit déjà quelques changements utiles au bien des études ; et ce poëte célèbre lui doit surtout, que son histoire universelle soit, contre toute attente, entre les mains de tout le monde dans ce pays-là. (G.)
397.Ce nom n’a pas pu se lire, l’écriture étant effacée. (G.)
398.Il (Montesquieu) avait été intimement lié avec M. le marquis de Breil, M. le commandeur Solarson frère, et M. le marquis de Saint-Germain, tous les trois ambassadeurs de Sardaigne ; le premier à Vienne, les deux autres à Paris ; tous les trois hommes du premier mérite. (G.)
399.Étant question de l’Esprit des Loisà un diner d’un ambassadeur, S. E. prononça qu’il le regardait comme l’ouvrage d’un mauvais citoyen. « Montesquieu mauvais citoyen ! s’écria son ami ;pour moi je regarde l’Esprit des Loismême comme l’ouvrage d’un bon sujet ; car on ne saurait donner une plus grande preuve d’amour et de fidélité à ses maîtres, que de les éclairer et les instruire. » (G.)
400.Il venait de paraître un ouvrage intitulé : Le Tombeau de la Sorbonne, fait sous le nom de l’abbé de Prade. (G.)
401.Le roi Stanislas les avait fait agréger à son académie de Nancy. (G.)
402.Communiqué par M. E. Charuvay.
403.Le Roi Stanislas.
404.L’usage de la Cour de Vienne est de ne point donner, comme dans plusieurs autres, un précepteur en chef aux princes de la maison ; mais seulement des instructeurs, dont chacun est chargé d’enseigner la partie de littérature qu’on leur fait apprendre, et, dans le choix de ceux qu’on nomme pour ces différents départements, on ne consulte que la capacité, sans avoir égard à la condition des personnes. (Cette note se trouve dans l’errata de l’édition de Florence (Paris), 1767.)
405.Collection de M. de la Sicotière.
406.Le chevalier de Jaucourt, un des principaux rédacteurs de l’Encyclopédie, était un des grands amis de Montesquieu, et l’assista à ses dernier moments.
407.M. de Trudaine, conseiller d’État, intendant des finances.
408.M. de Jaucourt ?
409.L’Impératrice venait d’accorder (à la sollicitation de l’abbé de Guasco) une croix de distinction, portant l’aigle impériale, avec le chiffre du nom de Marie-Thérèse, au chapitre de Tournai, le plus ancien des Pays-Bas, et le seul où l’on entre, faisant preuves de noblesse. (GUASCO.)
410.En vertu d’une bulle de Martin V, ce chapitre, comme plusieurs autres d’Allemagne, doit être composé de deux classes de chanoines : de nobles et de gradués. Des gens intéressés à tenir ce corps dans leur dépendance, faisaient fréquemment des brèches à la maxime établie, pour y faire entrer de leurs créatures, propres à seconder leurs vues ; c’est pour obvier aux suites des altérations faites contre l’esprit de sa constitution, que ce chapitre chargea ce député d’obtenir un diplôme de S. M. l’Impératrice, qui arrêta le cours de cet abus en fixant d’un coté les degrés de noblesse qu’on doit prouver pour être reçu dans la classe des nobles, et prescrivant de l’autre qu’il ne suffirait pas que les licenciés et docteurs eussent une patente de ces grades, qu’on achetait souvent, mais qu’ils ne seraient considérés pour tels qu’après avoir fait un cours d’étude en règle pendant cinq ans à l’université de Louvain, disposition également utile à l’encouragement des études de cette université, et au chapitre, qui en ressent déjà les effets salutaires, par le nombre de sujets distingués, qui s’y accroît tous les jours depuis. (G.)
411.Voyez la lettre CXXXI.
412.Cet ami lui avait mandé qu’il avait été fort choqué de deux propositions qu’il avait entendues. La première était, qu’à l’occasion d’un ouvrage qu’il avait fait imprimer, un seigneur lui dit qu’il ne convenait point à un homme de condition de se donner pour auteur. La seconde était d’un militaire du premier rang, dite à son frère à propos des lectures assidues qu’il faisait des livres du métier : « Les livres, lui fut-il dit, servent peu pour la guerre ; je n’en ai jamais lu, et je ne suis pas moins parvenu aux premiers gardes. » (G.)
413.Ceci a rapport à son départ de Berlin et à sa fâcheuse aventure de Francfort. (G.)
414.Publiée par Pougens, an V, août 1707.
415.Voy. sup.Lettre CVU.
416.Dans son poëme de Philotanus.
417.Tiré des Œuvres posthumesde d’Alembert. Paris , 2 vol. in-12, an. VII.
418.Allusion aux Mondesde Fontenelle.
419.De l’Encyclopédie.
420.Horat. ad Pisones.C’est en effet l’article Goût qu’il entreprit d’écrire pour l’Encyclopédie. V. sup., page 113 et suiv.
421.Collection de M. de Metz.
422.Imprimeur de ses ouvrages à Paris. (G.)
423.L’Esprit des Lois.
424.Cette lettre, ainsi que celle du 6 mai 1754, que l’on trouvera plus loin, est conservée à la Bibliothèque de Genève dans le t. II du Recueil des lettres écrites à Bonnet, nos 75 et 76. Toutes deux ont été publiées par M. le comte Sclopis dans ses Recherches sur l’Esprit des Lois.Turin, 1857. p. 27.
425.Charles Bonnet, célèbre naturaliste et philosophe, né à Genève (1720-1793) d’une famille calviniste d’origine française. Quant à l’influence que l’Esprit des Loisexerça sur lui, V. Revue des Deux mondesdu 1er octobre 1855.
426.Publiée par Pougens, an V. (Août 1797.)
427.Correspondance inédite de Mmedu Deffand. La lettre est du 28 février 1754.
428.Œuvres posthumes, p. 248 : « à présent que je vieillis à vue d’œil, et surtout à la vue de mon œil, je me retire, etc. »
429.Œuvres posthumes, p. 249 : « vient d’avoir son régiment. »
430.Représentée pour la première fois au Théâtre-Français, le 11 mars 1754 : elle eut assez de succès. L’auteur était M. de Châteaubrun, maître d’hôtel du duc d’Orléans, qui fut le successeur de Montesquieu à l’Académie française.
431.Œuvres posthumes, p. 250. « Il y a de très-beaux et de très-grands morceaux. »
432.Ibid. « et le commencement du cinquième aussi. »
433.M. de Maurepas, qui était alors exilé.
434.Benoît XIV, l’ayant fait agréger à l’Académie de l’histoire romaine, il avait lu une dissertation sur le Préteur des Étrangersen présence de Sa Sainteté qui assistait régulièrement aux assemblées qu’il faisait tenir dans le palais de sa résidence. Cette dissertation fut imprimée à Rome, et est insérée dans les Mémoires de l’Académie du Cortone, t. VII. (GUASCO.)
435.Alors ministre impérial à Naples. et actuellement ministre plénipotentiaire des États de Lombardie à Milan, admirateur des ouvrages de M. de Montesquieu, et ami des gens de lettres de tous les pays. (G.)
436.Bibliothécaire du Collège romain et garde du cabinet des antiquités que le père Kircher laissa à ce collége. (G.)
437.Ce jésuite avait à Rome beaucoup de part dans les affaires de la constitution Unigenitus, et brocantait des médailles. On connaissait son projet d’un nouveau saint Augustin, pour l’opposer à l’Augustin de Jansenius :ses principes là-dessus étaient tels que les paradoxes du père Hardouin n’eussent fait que blanchir ; et le pélagianisme se serait renouvelé dans toute son étendue. (G.)
438.Herculanum.
439.Il s’était alors élevé une dispute entre la cour de Naples et l’ordre de Malte, au sujet des droits de la monarchie de Sicile, qu’on pretendait s’étendre sur cette île. (G.)
440.Horace, II Serm., VI, 60.
441.Il gagna un procès contre la ville de Bordeaux, qui lui porta onze cents arpents de landes incultes, où il se mit à faire des plantations de bois et des métairies : l’agriculture faisant sa principale occupation dans les moments de relâche. Il avait fait présent de cent arpents de ces terres incultes à son ami, pour qu’il pût exécuter librement des projets d’agriculture ; mais son départ et ses engagements ailleurs ont fait rester ce terrain en friche. (GUASCO.)
442.V. les notes de la lettre adressée au même Charles Bonnet le 20 février 1754. Sup., p. 424.
443.Extrait d’une gazette anglaise, du 16 août.
444.Collection de M. de Chateaugiron. La lettre a été publiée dans la Revue rétrospective, 2e série, 6e vol., avril-juin 1836.
445.Discours politiques de Hume, traduits de l’anglais, 1754, in-12.
446.La lettre de Montesquieu à Hume (sup. CXXXIII) ferait croire qu’il faut lire ici Wallaceet non Walter.
447.Vir., Ecl.III, v. 108 :
448.La médaille gravée par Dassier.
449.Chez Madame Du Deffand.
450.Sa Sainteté lui avait dit avoir entre ses mains une lettre par laquelle ce monarque promettait à Clément XI de faire rétracter son clergé de la délibération, touchant les quatre propositions du clergé de France de 1682 ; que cette lettre lui avait tenu si fort à cœur que, pour la tirer des mains du cardinal Annibal Albani camerlingue, qui faisait difficulté de la livrer, il avait été obligé de lui accorder, non sans quelque scrupule, disait-il, certaines dispenses que ce cardinal exigeait. (GUASCO.)
451.Pierre Doyenart fut laquais du fils de Montesquieu, pendant qu’il était au collège de Louis-le-Grand : ayant appris un peu de latin, il se sentit appelé à l’état ecclésiastique ; et, par l’intercession d’une dame, il obtint de monseigneur l’évêque de Bayonne, dont il était diocésain, la permission de prendre l’habit. Devenu prêtre et bénéficier dans l’église de Bayonne, il vint à Paris demander à M. de Montesquieu sa protection auprès de M. le comte de Maurepas, pour avoir un meilleur bénéfice qui vaquait ; le priant, à cet effet, de se charger d’une requête pour le ministre. Elle débutait par ces mots : Pierre Doyenart, prêtre du diocèse de Bayonne, ci-devant employé par feu M. l’évêque à découvrir les complots des jansénistes, ces perfides qui ne connaissent ni pape ni rat, etc.M. de Montesquieu, ayant lu ce début, plia la requête, la rendit au suppliant, et lui dit : « Allez, monsieur, la présenter vous-même, elle vous fera honneur et aura plus d’effet ; mais auparavant passez dans ma cuisine, pour déjeuner avec mes valets » : ce que M. Doyenart n’oubliait jamais de faire dans les visites fréquentes qu’il faisait à son ancien maître. Il parvint, quelque temps après, à la dignité de trésorier, dans un chapitre d’une cathédrale en Bretagne. (GUASCO.)
452.Il ne semble pas que cette traduction ait paru.
453.L’ouvrage a été publié sous le titre de : De l’usage des Statues chez les anciens, essai historique.Bruxelles, 1768, in-4o.
454.Irlandaise, concierge de la maison qu’il tenait à Paris, fort zélée pour le prétendant. (GUASCO.)
455.Étienne Bertolini de Pontremoli, jurisconsulte distingué qui succéda à Jules Ruccelai dans la place d’Auditore segretario del R. dirito ; il fut un de ceux qui appuyèrent le plus vigoureusement les réformes dans les matières ecclésiastiques sous Pierre-Léopold. (SCLOPIS.)
456.Ce magistrat éclairé de Florence a fait un ouvrage, dans lequel il prouve que les principes de l’Esprit des Loissont ceux des meilleurs écrivains de l’antiquité. Cet ouvrage n’a point été imprimé, et la république des lettres a droit de le lui demander. Le discours préliminaire de cet ouvrage est actuellement sous presse, et je crois que le public me saura gré de lui en avoir fait part. (GUASCO.)
457.L’article a été retranché.
458.La Reine de Hongrie, l’Impératrice Marie-Therèse.
459.Comme cette tracasserie courut tout Paris, dans le temps, il ne sera pas indifferent d’en dire quelque chose. Les raisons que madame Geoffrin disait avoir pour rompre avec cet étranger, qui avait été de sa société, étaient : 1o que lui ayant donné une commission d’un service de faience, pendant qu’il était en Angleterre, il le lui avait fait rembourser en trois paiements différents, des fonds qu’il avait à Paris, au lieu de lui envoyer une lettre de change du total ; 2o qu’il avait manqué au ton de la bonne compagnie, en parlant un jour chez elle, dans le moment qu’on allait diner, d’une colique dont il était tourmenté, et qui l’obligea de se retirer ; 3o qu’il tenait à trop de sociétés ; 4o qu’elle le soupçonnait d’être un espion des cours de Vienne ou de Turin, puisqu’il était tant lié avec les ministres étrangers. Mais à ces raisons, sans doute véritables, des gens ont ajouté malicieusement : 1o que cet étranger ayant contracté plus de liaisons dans Paris qu’il n’en eut d’abord, et n’allant plus journellement chez elle, elle se crut négligée ; 2o qu’ayant fait la vie du prince Cantimir, et parlé des personnes avec qui il était en liaisons, il ne l’avait pas nommée ; 3o que lui ayant fait espérer la connaissance de M. le marquis de Saint-Germain, ambassadeur de Sardaigne, homme trés-estimé, qu’elle ambitionnait beaucoup de voir chez elle, la chose n’eut pas lieu, parce que cet ambassadeur ne s’en souciait pas, et que ce fut là l’époque du refroidissement. Quoi qu’il en soit, une avanie qu’elle lui fit un jour chez elle, décida de la rupture totale ; elle chercha ensuite à la justifier par bien des voies, jusqu’à viser à indisposer M. de Montesquieu contre lui ; mais leur amitié était à toute épreuve. (GUASCO.)
460.Son esprit cultivé par une infinité de belles connaissances, sa façon de penser élevée, et ses manières obligeantes, ont toujours attiré chez elle la meilleure compagnie de Paris, tant des gens de lettres que des étrangers les plus distingués ; c’était la maison dans laquelle M. de Montesquieu vivait habituellement. (G.)
461.Messieurs Trudaine.
462.Ce roman n’a été imprimé qu’après la mort de l’auteur. V. sup.le second volume de notre édition, p. 382 et suivantes.
463.Il hésitait s’il réduirait les mémoires de ses voyages en forme de lettres, ou en simple récit : prévenu par la mort, nous sommes privés jusqu’ici de l’ouvrage d’un voyageur philosophe qui savait voir là où les autres ne font que regarder. (G.)
464.En 1719, Fontenelle, désirant de publier ses comédies, en fit lecture dans la société de madame de Tencin, pour savoir s’il devait les faire paraître. Elles furent jugées au-dessous de la grande réputation de leur auteur, et madame de Tencin fut chargée de le détourner de les faire imprimer, ce à quoi Fontenelle déféra ; mais l’amour paternel s’étant réveillé, il voulut avoir l’avis d’une autre société, qui lui persuada de vider le sacde tous ses manuscrits, et cet avis l’emporta ; mais le public ne fut pas si indulgent pour ses comédies. (G.)
465.Collection Cousin, à la Sorbonne.
466.Lysimaque.
467.V. sup.la lettre à M. de Solignac, datée de Paris, 31 mars 1753.
468.C’est-à-dire se prononcerait, prendrait parti en faveur d’un des deux rivaux.
469.Mme Geoffrin.
470.Après avoir remporté le prix trois ans de suite, il obtint avec unanimité des voix la place d’un des quatre honoraires étrangers, qui vaquait par la mort de M. le marquis Capponi, fourrier-major du pape. (GUASCO.)
471.Le baron de Secondat, fils de Montesquieu, est mort à Bordeaux en 1795. Il avait cultivé les sciences toute sa vie.
472.Pierre Michaut, secrétaire du duc de Charolois, et poëte du temps de Louis XI, composa une poésie sous ce titre. Voyez les Mémoiresde l’Académie des belles-lettres, t. IX, in-4o, p. 749). (GUASCO.)
473.On sait de bonne part qu’il dit à quelqu’un qu’il était si indigné, qu’il ne mettrait plus les pieds chez elle ; ce qui ne fut malheureusemeni que trop vrai, puisqu’il tomba malade quelques jours après, et mourut à Paris, d’une fièvre maligne qui l’enleva en peu de jours. Il est sùr que cette rupture eût été en même temps l’apologie et la vengeance la plus complète de son ami.
474.Ce conseil a été suivi peut-être trop à la lettre, car au lieu de faire imprimer ce recueil à son retour à Paris, il s’est pressé de le livrer à un imprimeur àTournay, que l’on dirait n’avoir jamais imprimé d’autres livres que des catéchismes et des almanachs, car cette édition se ressent fort de l’ignorance du pays ; elle est en deux volumes in-8o ; l’absence de l’auteur l’empêcha d’y veiller. (GUASCO.)
475.De l’Académie des sciences et de l’Académie française, très-connu par des ouvrages excellents, et par l’honnêteté et la douceur de son caractère. Ces deux savants n’étaient pas du même avis sur quelques points qui regardaient les Chinois, sur lesquels M. de Mairan était prévenu par les lettres du P. Parennin, jésuite, et dont M. de Montesquieu se méfiait. Lorsque le voyage de l’amiral Anson parut, il s’écria : « Ah ! je l’ai toujours dit, que les Chinois n’étaient pas si honnêtes gens qu’ont voulu faire croire les Lettres édifiantes. » (GUASCO.)
476.Conseiller d’État et intendant des finances, qui vit beaucoup avec les hommes de lettres les plus distingués, et s’occupe avec zèle de l’encouragement des arts ; il était un des amis les plus intimes de M. de Montesquieu. (G.)
477.Voy. aussi la lettre de la duchesse d’Aiguillon à Maupertuis, à la fin de l’Éloge de Montesquieu, sup., t. I, page 25.
478.Sa Majesté envoya, outre cela, chez lui, un seigneur de la cour (le duc de Nivernais) pour avoir des nouvelles de son état. (Guasco.)
479.Cette assistance ne fut pas inutile au repos du malade, et on lui devra peut-être un jour quelque nouvelle richesse littéraire de cet homme illustre, dont le public aurait été probablement privé ; car on a appris qu’un jour, pendant que Mmc la duchesse d’Aiguillon était allée dîner, le P. Routh, jésuite irlandais, qui l’avait confessé, étant venu, et ayant trouvé le malade seul avec son secrétaire, fit sortir celui-ci de la chambre, et s’y enferma sous clef. Mme d’Aiguillon, revenue d’abord après dîner, trouva le secrétaire dans l’antichambre, qui lui dit que le P. Routh l’avait fait sortir, voulant parler en particulier à M. de Montesquieu. Comme, en s’approchant de la porte, elle entendit la voix du malade qui parlait avec émotion, elle frappa, et le jésuite ouvrit : Pourquoi tourmenter cet homme mourant ?lui dit-elle alors. M. de Montesquieu, reprenant lui-même la parole, dit : Voilà, madame, le père Routh qui voudrait m’obliger de lui livrer la clef de mon armoire pour enlever mes papiers.Mme d’Aiguillon fit des reproches de cette violence au confesseur, qui s’excusa en disant : Madame, il faut que j’obéisse à mes supérieurs ;et il fut renvoyé sans rien obtenir. (GUASCO.)
480.Mme Dupré de Saint-Maur.
481.Ce gentilhomme, fort ami de M. de Montesquieu, a fait une étude particulière de la médecine, et l’exerce simplement par goût et par amitié. C’est celui qui a fourni le plus d’articles à l’Encyclopédie.(G.)
482.Publiée dans les Matinées littérairesde Ménechet, Paris 1847, t. IV.
483.Ménechet dit Mme de Saint-Marc ;ce doit être une erreur. Il n’y avait pas de dame de Saint-Marc, au lit de mort de Montesquieu.
484.Montesquieu est mort le 10 février 1755 ; la lettre de Mme Dupré de Saint-Maur est, suivant tout apparence, du 7 ou du 8.
485.Pour en finir avec ces détails sur la mort de Montesquieu je citerai en note le récit suivant, publié en 1794 dans les Œuvres posthumes ;je dois faire remarquer qu’à quarante ans de distance, d’Arcet, précepteur du fils de Montesquieu, ne pouvait pas avoir des souvenirs aussi présents que lu duchesse d’Aiguillon, ou Mme Dupré de Saint-Maur, quand elles écrivaient.
Une édition
Achevé d'imprimer en France le 5 Novembre 2016.