‹ L’Héroïne du ColoradoChapitre 75 sur 75 · Épilogue

Épilogue

Les deux bandits, une fois leur coup de revolver tiré et après avoir vu s’affaisser la silhouette de l’homme qu’ils avaient visé dans la véranda, ne purent retenir un cri de joie féroce.
— Ça y est. L’homme est éteint. Le patron va être content.

— Dix mille dollars chacun, vieux Bill, et ça n’a pas donné trop de mal.

— Maintenant, je crois qu’il est inutile de nous attarder ici pour attendre les compliments.

— À l’auto !

Les deux gredins franchirent en quelques bonds les massifs qui les séparaient de la route où ils avaient laissé leur torpédo.

D’un élan ils sautèrent sur la voiture après l’avoir mise en marche.

Bill était au volant.

La puissante voiture s’ébranla et fila sur la route en quatrième vitesse.

Cependant, le premier moment de confusion passé, Helen avait reprit son sang-froid.

— C’est du jardin qu’on a tiré, dit-elle vivement à Storm, ceux qui ont fait le coup ne doivent pas être loin.

Les deux jeunes gens, sans faire attention à Hamilton qui leur criait de l’attendre, s’élancèrent vers le garage du cottage.

Quelqu’un les avait prévenus.

Le brave Spike, qui rodait dans la cuisine où il sirotait de temps à autre un verre de punch à la santé des fiancés, s’était jeté dehors aussitôt qu’il avait entendu les coups de feu.

Il avait vu une auto filer sur le chemin qui conduisait à Las Vegas et aussitôt, obéissant à son vieil instinct, il avait couru préparer la puissante machine de course de M. Hamilton ; quand les jeunes gens arrivèrent devant la remise, ils n’eurent qu’à sauter dans l’auto.

— Par là ! par là ! guidait Spike qui était monté avec eux. Bientôt, on put apercevoir la torpédo des bandits.

— Nous les tenons ! s’écria Storm.

Depuis un instant, Ward et Bill avaient compris qu’ils étaient poursuivis, et Ward, penché en dehors de la voiture, déchargeait avec rage sur nos amis toutes les balles de son revolver.

Tout à coup, Ward eut un hurlement de frayeur.

— C’est Helen Holmes ! C’est encore cette damnée fille qui est derrière nous.

Tout à coup un sifflet lointain se fit entendre.

— L’express d’Oceanside, dit Bill en serrant les dents. Si nous passons avant lui au passage à niveau de Bail Cairu nous sommes sauvés.

Et, se penchant sur ses leviers, il fit rendre à sa machine toute sa vitesse.

— Va, mais va donc ! hurlait Ward, ils nous gagnent.

— Je ne peux pas faire plus.

Le grondement du train était proche.

— Nous passerons, nous passerons, grondait Bill qui, cramponné à sa direction, le cou tendu, semblait vouloir lui infuser la volonté de fer qui le guidait.

À un tournant de la route, le passage à niveau apparut.

La voiture des deux bandits arrivait comme une trombe.

Mais au moment où elle atteignait le rail, une masse formidable vint s’abattre sur elle.

Il y eut deux cris d’agonie.

L’auto de Dixler, prise en écharpe, avait été broyée sous la machine.

Maintenant le train stoppait.

Des employés, des voyageurs sortaient des wagons affolés.

L’auto de Hamilton avait pu freiner à quelques mètres de la voie.

Helen, suivie de Storm et de Spike, s’était précipitée la première vers les débris de la torpédo.

Mais, après un regard, la jeune fille se rejeta en arrière.

— C’est trop affreux ! murmura-t-elle.

Parmi un amas fondu et fumant de bois et de ferraille, les deux corps déchiquetés gisaient.

Par un hasard extraordinaire, les visages étaient presque sans blessures.

— Oh ! regardez, regardez, monsieur George, s’écria Spike qui s’était penché… Bill et Ward… Dieu les a punis.

Helen, palpitante, s’était réfugiée dans les bras de George qui la rassurait.

— Nous n’avons plus rien à craindre désormais, ma bien-aimée, disait-il, nos ennemis sont morts… Notre amour sera fait de bonheur…

— Et vous l’aurez rudement gagné, conclut Hamilton qui, avec quelques-uns de ses hôtes, venait d’arriver sur le lieu de l’accident.

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Une édition

Achevé d'imprimer en France le 5 Novembre 2016.

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