Scène XVI
PAILLARDIN, dans la chambre de droite, dormant.
MAXIME, VICTOIRE et BASTIEN, sur le palier.
Bastien. — Tenez, monsieur, par là !
Maxime, à Victoire. — Mademoiselle ! C’est bien grave ce que nous faisons là !
Victoire. — Ah ! bah ! laissez donc !
Bastien, très mielleux. — Je vois ce qu’il faut à monsieur et à madame ! Un petit nid charmant où la jolie dame sera très bien !… Elle est bien mignonne, monsieur ! bien mignonne !
Maxime, très troublé. — Ah ! oui !… Vous croyez ?
Bastien. — Je recommanderai à monsieur et madame le 9. (Il l’indique.) C’est dans cette chambre que la princesse héritière de Pologne a fait son voyage de noces avec son premier chambellan !
Victoire. — La chambre d’une princesse !
Bastien. — Oh ! mais, madame, vous êtes dans un hôtel très bien !
Victoire. — Oui ! je sais ! Nous avons lu le prospectus ! Eh ! bien, c’est ça ! Nous prenons le 9.
Bastien. — C’est très bien ! C’est très bien !
Il les regarde en riant.
Maxime, très ému. — Mademoiselle ! le garçon, il rit !… il rit en me regardant !…
Victoire. — Eh ! bien, laissez-le rire !…
Bastien, qui est allé allumer un bougeoir. — Si monsieur et madame veulent entrer ?
Victoire essaye d’entraîner Maxime.
Maxime. — Mademoiselle… vous savez… vous savez… je ne sais pas où je m’engage.
Victoire. — Oui ! oui ! C’est bon !
Maxime, entrant dans la chambre de Chervet. — Heureusement que j’ai repassé mon Descartes !
Bastien les suit. Nuit sur le palier.