IV. La Reine Mab ou la Fée des songes.
Scherzo.
orchestre seul.
V.
deuxième prologue. — petit chœur.
Récitatif harmonique.
Plus de bal maintenant, — plus de scènes d’amour !
La fête de la mort commence.
Chez le vieux Capulet, le deuil règne à son tour.
Juliette !… elle est morte ! — Et la foule en démence
S’interroge. — Écoutez ! — Ses sœurs, en ce moment,
Blanches, à travers les ténèbres,
En murmurant des cantiques funèbres,
S’en vont déposer saintement
La jeune trépassée en son froid monument.
Roméo que personne encore
Dans l’exil n’a pu prévenir,
Croit morte celle qu’il adore ;
Rien ne peut plus le retenir :
Il vole à Vérone, il pénètre
Dans le sombre tombeau qui dévora son cœur,
Et, sur le sein glacé dont vivait tout son être,
Il boit la mortelle liqueur !…
Juliette s’éveille !
Elle parle !… ô merveille !
Oublieux de sa propre mort,
Roméo, comme dans un rêve,
Pousse un cri délirant, cri d’extase d’abord,
Qu’aussitôt l’agonie achève !!…
Et Juliette au cœur se frappe sans remord.
Un bruit vague et fatal remplit la ville entière.
La foule accourt au cimetière,
Appelant : Juliette ! appelant : Roméo !
Les deux familles ennemies,
Dans les mêmes fureurs si longtemps affermies,
D’un saint moine, devant ce lugubre tableau,
Entendent la parole austère,
Et sur les corps, objets d’amour et de douleurs,
Abjurent, en ses mains, la haine héréditaire
Qui fit verser, hélas ! tant de sang et de pleurs.
FIN DU DEUXIÈME CHŒUR-PROLOGUE.
Convoi funèbre de Juliette.
chœur et orchestre.
chœur des capulets pendant la marche funèbre.
Des fleurs ! jetez des fleurs sur la vierge expirée !…
Suivez jusqu’au tombeau notre sœur adorée !…