Chapitre 2
La soirée était tiède et superbe ; jamais la fin de mai n’avait apporté d’aussi beaux jours. Marine resta quelques instants appuyée sur le parapet, à l’endroit où Breuil l’avait entrevue ; quelque chose de mystérieux se passait en elle, et elle avait eu peur.
Peur d’elle-même, peur de l’avenir. Peur de celui qu’elle venait d’agréer pour fiancé ? Non. Elle craignait peut-être au fond d’elle-même de ne pas en avoir assez peur, de ne pas éprouver pour l’homme qui serait son époux ce respect mêlé d’une certaine crainte qui est le fond de tout véritable amour : la crainte de déplaire, l’effroi de ne pas savoir se faire aimer et comprendre est le sentiment qui accompagne dans le cœur de toute femme vraiment digne et pure la première aube de l’amour. Marine n’éprouvait rien de semblable en pensant à Breuil. Elle savait qu’il l’aimait, qu’il la considérerait toujours comme un être supérieur à lui-même, et c’est précisément ce qui la troublait et lui causait une sorte de gêne. Elle eût aimé reconnaître en lui le maître, le maître aimé, celui qu’il faut respecter parce qu’il est plus sage et plus instruit…
Cette vague terreur d’un avenir inconnu se dissipa peu à peu. Pendant qu’elle regardait la douce obscurité envahir le ciel pâle, elle sentait la joie et la paix pénétrer dans son âme. Il l’aimait avec une tendresse qu’elle avait devinée depuis longtemps. Louis Breuil n’était point habile à se répandre en paroles ; mais elle sentait, elle, que son amour avait des racines profondes. Ce qu’il éprouvait pour elle était une sorte d’adoration confiante. Quoi qu’elle fît, il trouverait qu’elle avait raison, elle en était sûre. Que pouvait-elle désirer de plus ?
Elle avait dix-neuf ans ; l’homme qu’elle aimait venait de demander sa main ; elle ne prévoyait pas d’obstacles ; rien entre elle et le bonheur…
Elle regarda le ciel pur, où les étoiles apparaissaient déjà comme des perles d’or, et, pressant ses deux mains sur son cœur, qui battait vite :
— Heureuse ! se dit-elle pendant que deux larmes délicieuses tremblaient au bord de ses cils.
Le gravier de l’avenue cria sous un pas agile et ferme ; elle se retourna, et, à la faible lueur qui flottait dans l’espace, elle reconnut Marc Dangier. Les mains de la jeune fille retombèrent à son côté, et elle éprouva la singulière sensation d’un être qui vient de rêver qu’il rêvait et qui ne sait trop, à demi éveillé, si c’est le rêve qui est la réalité.
— Marine, dit Marc, vous êtes seule ?
— Oui, répondit-elle, encore mal en possession d’elle-même.
— M. Breuil est parti ?
— Oui, fit-elle encore.
La voix du jeune homme ne tremblait pas, mais il garda le silence un instant. Le silence, chez lui, était le grand remède aux émotions violentes.
— Marine, reprit Marc, il faut que je vous parle sincèrement, aujourd’hui même. Nous sommes seuls, pour un moment… et d’ailleurs je ne puis remettre.
Elle le regarda avec une supplication muette dans les yeux ; mais il détournait son visage et ne la vit pas. D’ailleurs, il l’eût vue qu’il eût parlé néanmoins, il ne reculait jamais devant ce qu’il considérait comme une nécessité.
— Voilà bien des années que je vous connais, dit-il ; on prétend que ces longues amitiés ne laissent point de place aux illusions… Je ne sais pas si vous avez des illusions sur mon compte, Marine ; moi, je n’en ai point sur le vôtre.
Sa voix franche et toujours de bonne humeur n’avait point de solennité inaccoutumée, pas plus que ses paroles, et pourtant Marine savait bien ce qu’il allait lui dire.
— Je vous connais : ferme, droite et fière, voilà ce que vous êtes, Marine. Vous regardez le devoir en face, et vous faites votre devoir. Il y a des gens que cela ennuie ; ceux-là ne vous aiment pas assez, ou plutôt ne sont pas dignes de vous aimer…
— De qui parlez-vous ? demanda la jeune fille en relevant la tête.
— De personne en particulier, répondit Marc, avec franchise. Vous savez que lorsque j’attaque, c’est toujours en face. Je dis simplement que, telle que vous êtes, vous courez le risque de n’être pas appréciée à votre juste valeur par tout le monde. Est-ce vrai ?
— C’est possible, répondit-elle en détournant son regard.
— Moi, Marine, je vous connais ; je sais ce que vous serez lorsque vous aurez quelques années de plus. Je sais quelle épouse et quelle mère vous vous montrerez. Parlons de moi maintenant. Je crois avoir une âme loyale ; vos parents m’aiment et m’estiment ; je ne suis pas riche, mais je travaillerai avec courage pour vous donner l’aisance et peut-être un peu de luxe…
— N’achevez pas ! dit-elle en étendant la main vers lui.
— Pourquoi ? fit-il sans oser prendre cette main, dont le geste était à la fois un ordre et une prière.
— Parce qu’il ne faut pas me parler de votre fortune…
— De ma pauvreté, voulez-vous dire ?
— Ni de l’une ni de l’autre. Il ne faut pas me parler de cela du tout.
— Ces choses ont pourtant une importance, et, si vous m’acceptez…
Marine laissa retomber sa main avec un geste d’angoisse et involontairement leva les yeux vers les étoiles ; mais les étoiles ne s’occupaient pas d’elle et ne vinrent pas à son secours.
— Pourquoi n’accepteriez-vous pas ? reprit-il.
Sa voix était toujours ferme et franche, mais il parlait plus bas et un peu plus lentement.
— Je ne suis plus libre, répondit-elle aussi courageusement qu’il lui parlait lui-même.
— Ah ! fit-il frappé au cœur.
Il s’assit sur le banc de pierre qui garnissait l’intérieur du petit bastion ; elle s’assit non loin de lui, comme si leur conversation commençait là seulement.
— J’aurais voulu vous épargner cela, dit Marine sans fausse honte et sans embarras, quoique sa voix fût profondément émue ; je n’ai pas su ou je n’ai pas pu… J’espérais que vous ne parleriez pas… Vous comprenez maintenant pourquoi tout à l’heure je vous disais qu’il ne fallait pas parler de fortune…
— Je comprends,… je vous remercie, fit-il.
Elle reprit, voyant qu’il y aurait de la charité à ne point la forcer de répondre longuement :
— Si j’avais été sûre…
— Vous pouviez bien le voir ; je ne l’ai jamais caché !
— Ce n’est pas cela que je veux dire. Je ne pensais pas il y a quelques jours que vous pouviez…
— Vous aimer ? Est-ce que je pouvais faire autrement ?
— Je ne le savais pas, je vous le jure.
— C’est que vous aviez l’esprit ailleurs.
— J’en conviens.
Ils se parlaient sans amertume, avec une grande tristesse et un découragement profond. Mais ni l’un ni l’autre ne semblaient penser que leur vie pût être bouleversée par les paroles qu’ils venaient d’échanger.
— Alors, vous épousez Breuil ?
— Oui.
— Vous auriez dû me le dire. J’aurais gardé le silence.
— Je ne le savais pas. Pouvez-vous penser que je vous aurais laissé l’ignorer ?…
— C’est tout à l’heure alors ?
— Oui.
Marc se leva, fit deux ou trois pas et revint devant Marine.
— De sorte que si j’étais venu une heure plus tôt au lieu de vous laisser ici avec lui, vous auriez été libre encore ?
— Oui.
— Et vous auriez pu m’agréer si j’avais parlé ?
— Non. Je l’aime.
— Vous l’aimez ? cela ne se peut pas, Marine. Vous avez pitié de lui, vous le trouvez aimable et bon ; mais vous ne l’aimez pas ! On aime ce que l’on croit supérieur à soi… Cet homme-là n’est votre égal en rien !
Marine se tut.
— Je vous remercie, dit-elle au bout d’un instant, de ne pas m’avoir dit qu’il est riche et que cette raison…
— Vous savez bien que je ne le pense pas ! que jamais pareille idée n’a pu m’entrer dans la tête !
— Je le sais, et je vous remercie de ne pas l’avoir pensé.
Elle parlait lentement, avec l’expression d’une douleur concentrée.
— Alors c’est irrévocable ? Nous ne serons jamais rien l’un pour l’autre ?
— Si fait. Tout ce que nous avons été jusqu’à présent,… et quelque chose de plus. Croyez-vous que je n’aie pas pour vous maintenant plus d’estime et d’affection qu’il y a une heure ? Dites, Marc, pensez-vous que vous ne me soyez pas plus cher, pour la tendresse que vous éprouvez et pour la manière dont vous supportez votre chagrin ?
Il s’était rapproché et lui prit les deux mains, qu’il serra fortement.
— Je sais, continua-t-elle sans se défendre, je sais que de pareils discours et de pareilles actions sont en dehors de tous les usages ; mais vous avez dit tantôt que j’étais ferme, droite et fière. C’est vrai. Vous ne l’êtes pas moins que moi. Est-ce parce que vous vous élevez au-dessus du vulgaire que je dois vous retirer mon estime et mon amitié ? Que serions-nous alors, Marc, si nous cessions d’avoir confiance l’un en l’autre au moment où nous agissons le plus honnêtement ?
Marine serrait les mains qui la tenaient, et leur étreinte était celle de deux frères d’armes. Ils se quittèrent cependant et restèrent debout, très émus.
— Alors, vous voulez que rien ne soit changé entre nous ?
— Rien. Je crois même que nous aurons plus de plaisir à nous voir, plus de joie à causer ensemble.
Il resta silencieux.
— Vous voulez que je continue à vous voir ? après ce que je vous ai dit ?
— Je le désire. Si vous vous éloignez, vous me ferez beaucoup de chagrin. Vous êtes, après mes parents, ma plus ancienne amitié, Marc, et la plus chère…
— Vous savez que c’est absurde, ce que vous me demandez là ! D’abord c’est absurde, et puis c’est inconvenant ; cela ne se fait pas !
— Oh ! cela m’est bien égal ! fit la jeune fille avec un geste de dédain.
— Vous voulez que je sois votre ami après avoir voulu être votre époux ?… Et votre mari, lui, que dira-t-il de cela ?
— Vous serez son ami autant que vous êtes le mien. Vous savez qu’il n’a pas notre énergie ; vous me seconderez dans les situations difficiles.
— Il me semble que nous commençons précisément par une situation difficile ! Si c’est cela qu’il vous faut, vous êtes servi à souhait. Voyons, Marine, vous ne parlez pas sérieusement !
Il la regardait attentivement à la faible lueur des étoiles ; le visage étrange et charmant exprimait la plus ferme confiance.
— Ô pureté ! pensa le jeune homme. Elle ne sait pas que c’est difficile, que c’est périlleux ; elle ignore le danger, elle ignore le mal. Ou plutôt elle n’ignore point, mais elle n’y croit pas !… Vous ne pensez donc pas, reprit-il à haute voix, que je puisse oublier un jour que vous m’avez ordonné le silence ! Et si j’allais plus tard troubler votre paix par des paroles insensées…
— Si vous faisiez cela, je ne vous estimerais plus, et je ne vous reverrais jamais. Mais cela ne peut pas arriver ; c’est que vous ne seriez plus vous-même !
— Ô Marine ! se dit Marc, quelle vie de bonheur nous aurions passée ensemble !… Alors, dit-il, vous l’aimez ?
— Je l’aime.
— Vous espérez être heureuse ?
— J’espère surtout le rendre heureux. Est-ce qu’on pense à soi quand on aime ?
— C’est vrai, vous l’aimez, je le vois. Non, Marine, on ne pense pas à soi quand on aime, vous l’avez dit ; mais on ne pense pas aux autres non plus ; on ne pense qu’à celui qu’on aime. Vous n’exigerez pas que je sois témoin de son bonheur, puisque c’est de son bonheur qu’il s’agit ?
— Vous voulez parler du mariage ? Non ! Pourquoi seriez-vous forcé d’y assister, si cela vous déplaît ?
— C’est toujours cela ! fit-il avec un soupir. Marine, tout ceci m’a l’air d’un mauvais rêve. C’est bien vrai ? J’ai compris ? Vous épousez Louis Breuil, et vous voulez que je reste votre ami ?
— Je vous en supplie ! dit la jeune fille d’une voix douloureuse. Vous me faites un chagrin tel que je ne sais plus que vous dire. Je ne croyais pas vous aimer à ce point. La pensée que vous souffrez m’est odieuse, et je me deviens odieuse à moi-même parce que je vous fais souffrir… Mon ami, mon plus ancien et plus cher ami, soyez généreux, n’ajoutez pas à ma peine !
Marc prit la main de Marine et la porta respectueusement à ses lèvres.
— Pour tout ce que vous m’avez témoigné d’estime, et pour ces dernières paroles, je vous remercie, dit-il. Adieu !
— Adieu ?
— Non, à demain. Je viendrai vous apporter votre tulle bleu. J’avais déjà pris congé de vos parents ; je vous laisse.
— À demain, fit-elle avec regret.
Ils se secouèrent la main à l’anglaise, et Marc partit, comme Breuil l’avait fait une heure auparavant.
Le jeune homme regagna son hôtel à travers les rues paisibles où son pas éveillait un écho. La façade du Grand Monarque dormait comme le reste de la ville. Il entra sans troubler ce silence, prit une lumière et monta dans la chambre qu’il occupait d’ordinaire quand il venait à Châteaudun. La grande fenêtre entrouverte laissait passer l’air du soir à travers les rideaux de mousseline blanche. Tout était tranquille, presque mystérieux sous le haut plafond ; la clarté vacillante de son flambeau faisait danser des ombres sur le mur. Marc s’approcha de la cheminée et déposa sa bougie, et prit sur la commode un petit carton blanc aux angles dorés, dont il enleva le couvercle avec un soin méticuleux.
Au fond du carton reposait un grand morceau de tulle bleu pâle, d’une nuance très douce, et, sur le tulle, un frêle bouquet de jasmins artificiels, si parfaits qu’on les eût dit naturels. Il les regarda un instant avec une sorte d’attendrissement dont il sourit lui-même.
— Ces jasmins, se dit-il, cela ressemble à des fleurs d’oranger ; je les avais choisis pour elle ; elle va me les refuser à présent…
Il prit la branche souple et fit un pas vers la fenêtre.
— Pourquoi ? dit-il, se ravisant. Elle ne refusera pas mes fleurs, puisqu’elle garde mon amitié…
Il replaça soigneusement le fragile hommage sur le fond bleu qui lui prêtait tant d’éclat, et, abritant ses yeux de la main, resta longtemps en contemplation devant ce petit carton qui représentait pour lui tout le bonheur d’une vie évanoui, dispersé comme une brume du matin… Ses yeux cuisants ne versèrent pas de larmes, mais il n’en souffrit que plus cruellement.
L’horloge de l’hôtel de ville, en face de lui, de l’autre côté de la place, sonna lentement onze coups.
— Onze heures seulement, pensa-t-il ; il y a deux heures, j’étais plein d’espoir ; il me paraissait impossible qu’elle refusât. Si j’avais parlé le premier, qui sait ?… Elle a promis maintenant. C’est fini ! Et pourtant ce n’est pas possible qu’elle l’aime !…
Et ce moment même, Marine s’était assise près du lit de sa mère, comme elle le faisait tous les soirs avant de regagner sa chambre. Cette heure de causerie leur était très précieuse à toutes deux.
— M. Breuil viendra demain, mère, dit la jeune fille.
Madame Sérent l’interrogea du regard.
— Il vous demandera ma main, ma mère bien-aimée, continua Marine.
— Il faut la lui accorder, n’est-ce pas ? fit l’heureuse mère en souriant.
— Je vous en prie, maman.
Madame Sérent attira sa fille sur son cœur.
— Tu seras heureuse ? tu as bien réfléchi ?
Une ombre passa sur le clair visage de la jeune fiancée.
— J’ai bien réfléchi, maman. Si j’avais pensé qu’il pût vous déplaire…
— Non, ma chère enfant ; c’est un excellent jeune homme, et j’espère que tu seras heureuse avec lui.
— Oh ! moi ! dit le geste de Marine.
Mais ses lèvres demeurèrent closes. Elle embrassa sa mère et se retira chez elle. Sa sœur, qui occupait la pièce voisine, l’appela à demi-voix ; la jeune fille entra.
— Eh bien, il s’est passé quelque chose ce soir ? fit Pauline, qui avait l’ouïe fine et les yeux vigilants.
— Oui. J’épouserai Louis Breuil.
— Louis Breuil !… J’aurais préféré Marc Dangier.
Marine rougit.
— Pourquoi parles-tu de Marc quand je te parle de M. Breuil ?
— Parce que Marc te conviendrait cent fois mieux. Mais si tu ne l’aimes pas, je n’ai rien à dire !
Marine ne se hasarda point à entamer une polémique avec sa sœur, et l’embrassa tendrement, ce qui la dispensait de répondre.
— Enfin ! conclut Pauline, si tout le monde est content, je suis contente aussi. Il est très gentil, un peu vague, un peu flou, comme dit mon mari, qui s’entête à parler peinture quand il n’y entend rien… Mais toi, petite fille, tu as de la volonté pour deux, et même pour un plus grand nombre en cas de besoin. Je te souhaite tous les bonheurs, ma chérie. Qu’est-ce que Marc dit de ce mariage ?
— Il en est satisfait, répondit Marine. Comment sais-tu que Marc en a connaissance ?
— C’est bien simple ! Breuil est parti sans rien nous dire, ainsi qu’il convenait à un homme que son bonheur écrase. Tu as vu Marc ensuite, puisqu’il nous a quittés en annonçant qu’il allait te dire bonsoir… Tu vois comme c’est simple !
— Oh ! ma sœur ! fit Marine en souriant, comme tu serais dangereuse si l’on avait quelque chose à cacher ! Tu es plus fine que maman !
— Je crois bien ! dit Pauline ; maman a autre chose à faire ! Moi, je suis en vacances… Je regarde !
Marine regagna sa chambre, et, seule devant son petit miroir, en tressant ses cheveux pour la nuit, elle repassa dans sa mémoire les deux conversations de cette mémorable soirée.
— Pauvre Marc, se dit-elle, le cœur serré. Comme il a l’âme grande ! Est-ce vraiment si difficile, ce que je lui ai demandé ? Enfin… je ne sais pas !
Elle s’endormit tard. Sa résolution était prise : Louis Breuil, qui l’aimait, serait heureux par elle ; elle passerait sa vie auprès de lui, heureuse aussi… N’est-on pas toujours heureux quand on veille au bonheur de ceux qu’on aime ? Mais au milieu de ses rêves flottants revint plus d’une fois la pensée douloureuse : Pauvre Marc !
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