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Chapitre 19

Il y a à Saint-Pierre une superbe et royale porte de la Mort : c’est un portique de marbre noir, sur lequel s’enlèvent de travers les tibias envolés d’un squelette doré soulevant la solide portière, la tenture écrasante qui lui retombe sur le crâne, et fait un masque aveuglé à l’image du Trépas dressant en l’air, au-dessus du passant, avec le bout de ses phalanges d’os, le sablier du Temps éternel.

Dans une de ses visites de l’après-midi aux églises, Mme Gervaisais sortait par cette porte de la sacristie de la basilique, lorsque lui apparut une chapelle qui n’avait point encore arrêté ses yeux, au milieu des chapelles sans nombre de Saint-Pierre. Elle s’arrêta involontairement devant les treize confessionnaux qui étaient là comme les oreilles et les bouches de la pénitence chrétienne pour toutes les langues du monde catholique, avec les inscriptions sur leurs frontons :

Pro Gallica lingua

Pro Graca lingua

Pro Hispanica lingua

Pro Lusitana lingua

Pro Anglica lingua

Pro Polonica lingua

Pro Illyrica lingua

Pro Flandrica lingua

Pro Germanica lingua

Pro Italica lingua

Attirée, sans qu’elle sût pourquoi, elle restait à épeler ce latin englobant le monde, quand, tirée par sa robe, elle se retourna vers son fils : l’enfant lui montrait au-dessus du baldaquin, dans un bleu de lumière, le rayonnement de la voûte, l’or des mots : Petrus et super hanc petram œdificabo… qui semblaient en ce moment écrits en lettres de feu sur le bandeau de la coupole.

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