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Chapitre 90

Avec un entier secret, elle s’ingéniait à trouver des souffrances, des supplices pour son corps, ce pauvre corps malade, que ses confesseurs eux-mêmes avaient défendu contre elle, ne voulant pas lui permettre de le macérer et de le tourmenter. Elle était arrivée à s’inventer toutes sortes de privations recherchées et rares. Elle ne se coupait plus les ongles des pieds, elle les usait avec une brique. Et c’étaient toutes sortes d’imaginations pareilles et de raffinements de dureté. Si douce à sa personne autrefois, elle s’ingéniait à mettre, à sa toilette avare, des austérités, des rudesses, qui rappelaient ces pénitentes des premiers siècles de l’Église, haineuses à leur corps.

Depuis quelque temps, Honorine s’étonnait de trouver, sans pouvoir deviner d’où pouvait venir cela, dans les chemises de sa maîtresse, des taches de sang au bout de brindilles d’arbuste : Mme Gervaisais avait, sur le refus du P. Sibilla de lui laisser porter un cilice, pris l’habitude de coudre, sur la toile qui couvrait sa poitrine, de petites branches de rosier dont les épines lui déchiraient la peau.

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