‹ Madame Sans-Gêne, Tome 2, La MaréchaleChapitre 14 sur 35 · XIV

XIV

VIEUX SOUVENIRS

Il y avait, sous les murs de Dantzig et entre les tranchées françaises, aux jours où le canon se taisait, un échange permanent de relations rapides et non prévues par les autorités, des allées et venues de débitants, de femmes colportant l'eau-de-vie et les nouvelles, de brocanteurs suspects et de trafiquants équivoques. Dans tous les sièges qui se prolongent, ces suspensions d'armes s'établissent par le fait des choses. De là un certain mouvement de passants d'un camp à l'autre, en ces courts instants de trêve.

C'est un de ces moments-là qu'avait choisi La Violette pour tenter de pénétrer avec la maréchale dans la ville assiégée.

Mis au courant des projets de Catherine, La Violette avait juré qu'il l'aiderait à sauver Henriot.

Ayant dépouillé son brillant costume de tambour-major, La Violette s'était affublé d'une large houppelande crasseuse achetée à un de ces nombreux mercantis juifs, venus du Levant ou sortis des steppes russes, qui escortaient les armées, et il s'était présenté à l'une des portes de la ville, suivi de la maréchale habillée en femme de la campagne des environs de Kœnigsberg.

La Violette parlait l'allemand et la maréchale, originaire d'Alsace, pouvait se faire comprendre de tous les pays germaniques.

An chef de poste, La Violette expliqua que, surpris par l'arrivée des Français, ils n'avaient pu, sa compagne et lui, se rendre à la ville où se trouvaient des parents à eux, fort inquiets sur leur sort. Ils sollicitaient l'autorisation d'entrer dans la ville et de les voir.

Le chef de poste les prévint que s'il les laissait entrer, ils ne pourraient probablement plus sortir:

—Eh! bien, répondit gaiement La Violette, nous attendrons que ces maudits Français soient battus... nous supporterons le siège avec vous!...

Ayant obtenu la permission de franchir le pont-levis, hésitants, le cœur serré d'angoisse, isolés dans une ville pleine de soldats, encombrée de blessés, d'artillerie, de magasins et de baraquements, où toute une population affolée s'était réfugiée, craignant d'être reconnus à chaque pas sous leur déguisement, ils erraient indécis, n'osant demander aucun renseignement, cherchant à s'informer par les yeux, de peur qu'une indiscrète interrogation ne les trahît.

La Violette cependant ayant avisé une cantine installée en plein air, où des soldats et des habitants buvaient et échangeaient des nouvelles, s'approcha et, se mêlant aux propos, écouta.

On parlait d'un espion français surpris, un officier déguisé en autrichien, qu'on venait de juger et qu'on devait fusiller le lendemain matin.

La Violette respira. Il était temps encore. Henriot n'était pas perdu, on pouvait encore le sauver.

La maréchale, de son côté, était entrée dans un magasin, et sous prétexte d'acheter de la mercerie, adroitement, s'était informée du logis du consul général d'Autriche. Elle avait, disait-elle, une nièce au service de la femme du consul.

Renseignée, elle retrouva La Violette et tous deux se dirigèrent vers le consulat.

Les portes en étaient soigneusement closes, on ne surprenait aucune animation dans le palais. Personne à qui parler aux abords.

Tous deux firent anxieusement le tour du bâtiment du consulat.

—Rien!... Rien!... tout est bouclé! fit La Violette hochant la tête avec un tortillement d'épaules qui ne signifiait rien de bon.

Tout à coup il leva les bras en l'air,—ses bras qui atteignaient à un premier étage:

—Cette fenêtre!... dit-il joyeusement.

—Tu veux entrer par la fenêtre? murmura la maréchale effrayée.

—Une fenêtre vaut une porte quand on peut y poser le pied... et je le pose! répondit La Violette.

En même temps il saisit l'appui de la fenêtre entr'ouverte, se hissa à la force du poignet, jeta un coup d'œil dans l'intérieur, se laissa retomber à terre et ajouta, avec sa tranquillité habituelle:

—Il n'y a personne dans la place, nous pouvons nous y introduire...

—Tu veux pénétrer chez le consul par la fenêtre?...

—Dame! puisqu'il nous refuse sa porte... Allons! m'ame Catherine... je veux dire m'ame la maréchale... un peu de courage et de la vigueur! dit La Violette se pliant, s'arc-boutant, tendant son dos...

—Que veux-tu que je fasse, bon Dieu?

—Montez!...

—Sur quoi donc?

—Sur moi... oh! n'ayez crainte, l'escalier est solide...

Et, se courbant de plus en plus, le géant attendit que la maréchale se perchât sur ses reins robustes.

Une fois là, il se releva à demi, très doucement, lentement, et Catherine se trouva insensiblement portée à la hauteur de la fenêtre.

—Entrez! dit La Violette, prenant pour la première fois de sa vie le ton du commandement.

Et il ajouta aussitôt:

—Pardon! Excuse! m'am' Cath... non! m'am' la maréchale, il s'agit de la vie d'Henriot!... montez! je vous rejoins!...

Bravement, la maréchale, retroussant ses jupes, enjamba la barre d'appui et sauta dans la pièce.

Une seconde après, la Violette était auprès d'elle.

—Ça sert quelquefois d'avoir une belle taille! dit-il avec simplicité, comme s'il s'excusait de sa stature démesurée. A présent, ne perdons pas une minute... tombons sur le consul!...

Et poussant la première porte qui se trouvait devant lui, il entraîna la maréchale dans un corridor sombre, silencieux, inquiétant par sa tranquillité même.

Ils avancèrent avec précaution, s'orientant, prêtant l'oreille, sondant les obscurités du logis.

Un bruit de voix leur arriva. On distinguait comme des sanglots étouffés. Une voix d'homme et deux voix de femmes, qui semblaient supplier.

—Nous y sommes! dit La Violette... c'est là!... Ah! j'aimerais mieux cent fois monter à l'assaut derrière le maréchal! fit-il avec un soupir.

—Entrons! dit résolument Catherine, je reconnais la voix d'Alice...

Elle saisit le bouton de la porte, et brusquement ouvrit...

Un cri de surprise s'échappa à cette apparition inattendue.

Le comte de Neipperg, dans un salon de cérémonie dont les meubles étaient recouverts de housses, s'avança vivement:

—Qui êtes-vous? Que voulez-vous?... demanda-t-il avec autorité.

Deux femmes, l'une pâle, grave, triste avec de grands bandeaux noirs encadrant l'ovale de son visage harmonieux, l'autre jeune, gracieuse, couronnée de cheveux blonds, se tenaient auprès de lui, également stupéfaites.

La maréchale regarda un instant les deux femmes, puis courant à la jeune fille:

—Alice!... mon Alice! ne me reconnais-tu pas? dit-elle avec émotion.

La jeune fille, un instant interdite, s'écria aussitôt:

—Vous... ma bonne mère!... ici!... que venez-vous faire?

—Je viens sauver Henriot! répondit avec dignité la maréchale.

—Oh! mère!... joignez vos supplications aux nôtres... M. le comte est inflexible!

Catherine se tourna vers Neipperg abasourdi, prêt à appeler ses gens, s'étonnant de la façon dont ces intrus avaient pénétré dans son palais.

—Ne me reconnaissez-vous pas, comte de Neipperg? dit-elle gravement.

—Non, madame, et je me demande vraiment qui a pu vous permettre d'entrer ici sans avoir été annoncée...

—Je suis Catherine Lefebvre!

—La maréchale Lefebvre, ici!... Ah! mon Dieu! est-ce que la ville est prise? dit-il avec terreur.

—Non... pas encore!... Je devance mon mari, voilà tout, pour arracher Henriot, mon fils adoptif—vous entendez bien, monsieur le comte, je dis mon fils adoptif—à la mort qui l'attend...

—Je n'y puis rien, madame la maréchale, répondit Neipperg avec embarras... le commandant Henriot s'est introduit ici, dans une ville investie, à la faveur d'un déguisement, et se servant de mon nom, à couvert sous mon pavillon... Je sais quels liens l'attachent à mademoiselle Alice... Croyez bien que si j'avais pu, j'aurais intercédé auprès du gouverneur de la ville... Mais mon intervention ne ferait que hâter son exécution... On supposerait que l'Autriche a un intérêt quelconque à préserver un officier que les apparences font considérer comme espion...

—Alors vous ne croyez pas pouvoir agir auprès des autorités prussiennes? dit la maréchale.

—Non... je ne le crois pas... je ne puis intervenir... le commandant Henriot devra subir les lois de la guerre... je le regrette vivement... si je pouvais...

—Vous pourrez! dit avec autorité la maréchale.

Neipperg eut un mouvement d'impatience.

—Voulez-vous prier ces deux dames de nous laisser seuls un instant.

—Pourquoi?... je n'ai rien de caché... toutes deux m'ont supplié... Madame la comtesse de Neipperg, touchée par les pleurs de mademoiselle Alice, m'a engagé à tenter une démarche suprême, j'ai cru devoir m'abstenir...

—Vous sauverez le commandant Henriot! reprit la maréchale. Veuillez m'écouter... je parlerai donc devant vous et devant Alice... Mais prenez garde que vous ne regrettiez de m'avoir forcée à une confidence grave... très grave...

—Madame la comtesse et vous, Alice, laissez-nous! dit le comte, impressionné par l'accent de la maréchale.

Les deux femmes sortirent; Alice, soutenue par la comtesse de Neipperg, chancelait et semblait prête à s'évanouir. La comtesse lui murmurait des paroles d'espérance.

—La maréchale Lefebvre, lui disait-elle, n'aurait pas traversé les lignes sans espoir d'arracher Henriot au supplice. Le comte de Neipperg lui avait de grandes obligations; quant à elle-même, reconnaissante envers Catherine Lefebvre, qui jadis avait été au service de son père, le marquis de Laveline, elle ferait tout pour seconder ses efforts.

Alice reprit courage, et les pleurs qui mouillaient ses beaux yeux se séchèrent un peu, tandis que la maréchale et le comte poursuivaient leur entretien.

La Violette, sur un signe de Catherine, s'était éloigné en disant:

—Je suis de planton à la porte... si madame la maréchale a besoin de moi... suffit!

Et, redressant sa haute taille, il avait paru prendre la mesure du consul général, comme pour déclarer:

—S'il bronche, je le mets dans ma poche, ce bout de cigare autrichien!...

—Eh bien! madame la maréchale, parlez, nous sommes seuls... fit Neipperg en montrant un fauteuil à Catherine.

Elle s'assit et dit avec émotion:

—Il y a longtemps que nous ne nous sommes vus, monsieur le comte... depuis Jemmapes, que de choses se sont passées!...

—Je suis heureux du changement qui s'est surtout produit pour vous, répondit courtoisement le comte, je vous avais quittée cantinière, mariée à un sergent...

—Un lieutenant faisant fonction de capitaine, pardon!...

—Le lieutenant a marché vite... maréchal de France, l'un des plus glorieux chefs de la première armée du monde, ami de Napoléon: je vous adresse toutes mes félicitations et je vous prie de transmettre, à votre rentrée au camp, tous mes compliments au maréchal...

—Si j'ai rappelé ces vieux souvenirs, monsieur le comte, ce n'est pas dans un but de gloriole et pour établir une comparaison entre la cantinière de Jemmapes et la femme du maréchal qui commande devant Dantzig... Monsieur le comte, dans ce château de Lowendaal, où nous nous sommes vus pour la dernière fois, vous avez pu arracher à un misérable, qui voulait la contraindre à une déplorable union, une jeune femme digne de votre amour, mademoiselle Blanche de Laveline...

—Aujourd'hui la comtesse de Neipperg...

—Oh! je l'ai bien reconnue, mais l'émoi où me plonge la terrible situation du commandant Henriot m'a empêchée de lui renouveler l'expression de ma reconnaissance pour ce qu'elle fit autrefois pour moi... N'est-ce pas elle qui m'a établie, qui m'a acheté le fonds de blanchisserie de mademoiselle Lobligeois, et ainsi m'a permis d'épouser mon Lefebvre?... Si je suis aujourd'hui la maréchale Lefebvre, c'est à votre belle et digne compagne que je le dois, monsieur le comte! Oh! je ne suis pas une ingrate, moi, et je n'attends qu'une occasion de vous prouver à tous les deux ma gratitude!... Malheureusement, actuellement, c'est moi qui viens encore solliciter...

Le comte eut une inclinaison de tête polie, semblant attendre l'explication que lui avait annoncée la maréchale et qui tardait.

Catherine fit un effort sur elle-même et dit lentement:

—Quand vous m'avez empêchée d'être fusillée avec ce brave La Violette, qui tout à l'heure était là et ne vous a pas reconnu, lui,—vous vous souvenez? dans cette chapelle où le mariage de mademoiselle Blanche de Laveline était sur le point d'être célébré... lorsque M. de Lowendaal déjà s'apprêtait à emmener à Bruxelles ou à Coblentz celle que le marquis de Laveline lui donnait pour épouse... savez-vous quel motif puissant m'avait poussée à franchir les avant-postes et à m'aventurer jusque dans les positions occupées par les troupes autrichiennes?...

Le comte de Neipperg laissa échapper un mouvement de vague assentiment et dit:

—Je ne me souviens pas très bien...

—Je vais aider votre mémoire... J'avais, dans ma modeste chambre de blanchisseuse, le matin du 10 Août, pris un engagement sacré vis-à-vis de mademoiselle de Laveline... vous l'avez oublié, vous?...

—Oh! non... fit le comte avec une expression douloureuse... je ne veux pas penser à ces lointaines années... c'était vous, madame Lefebvre, qui deviez chercher à Versailles mon enfant et le conduire auprès de sa mère, à Jemmapes... Ah! vous rouvrez là une blessure mal cicatrisée... Continuez, je vous en prie ou plutôt parlez-moi du présent... je n'ai pas besoin d'évoquer ce passé... vous avez risqué de grands dangers pour pénétrer jusque dans cette ville, dans le but louable de sauver un officier français auquel vous vous intéressez, sans doute parce qu'il est le protégé de votre mari, le fiancé d'Alice, que vous avez élevée... Parlez-moi du commandant Henriot... et permettez-moi d'oublier ce malheureux enfant que sa mère et moi regrettons toujours!

—Vous parler d'Henriot, c'est parler de votre passé! dit Catherine avec un accent profond qui fit tressaillir Neipperg.

—Que voulez-vous dire?... Je ne comprends pas...

—Que croyez-vous, monsieur le comte, qu'il soit advenu de cet enfant confié à la mère Hoche à Versailles et que je m'étais engagée à vous remettre à Jemmapes?...

—Cet enfant est mort, hélas!

—Qui vous l'a dit?

—Le marquis de Laveline... et un homme de confiance au service du baron de Lowendaal. L'enfant a été enseveli sous les ruines du château, bombardé, miné, démoli par les obus...

—L'enfant a été retiré vivant des décombres, monsieur le comte!

—Que dites-vous?... c'est impossible... Oh! parlez, madame la maréchale, vite, mais sur quel indice se fonde cette supposition, hélas! bien invraisemblable...

—L'enfant a vécu... il a grandi... il est aujourd'hui fort, vaillant, un beau jeune homme, digne d'être aimé...

Neipperg, en proie à une indicible angoisse, très pâle, murmura:

—J'ai peur de deviner...

—Vous commencez à comprendre!... Votre enfant, monsieur le comte, a été élevé par Lefebvre et par moi... il est devenu un brave officier français...

—N'achevez pas!...

—Comte de Neipperg, dit avec une solennité impressionnante la maréchale, se levant, laisserez-vous les Prussiens fusiller votre fils?...

Neipperg, accablé, s'était jeté dans un fauteuil, le front caché dans les mains, murmurant:

—Oh! c'est affreux!... cet enfant si longtemps pleuré, retrouvé vivant, sauvé par un miracle, et perdu, livré par moi à la justice terrible des cours martiales...

—Il faut le sauver...

—Oui, je le sauverai... mais comment?... c'est le moyen que je cherche, dit Neipperg avec vivacité...

—Cherchons à nous deux...

—Surtout pas un mot à la comtesse... cette secousse la tuerait...

—Il faut se hâter... l'exécution est-elle fixée?...

—A demain! au lever du soleil...

—Nous avons quelques heures à peine...

—Bien employées, c'est suffisant...

—Proposez au gouverneur un échange... Lefebvre donnera pour la vie d'Henriot ce qu'on exigera... dix, vingt, trente officiers... cinquante soldats, s'il le faut!... car nous en avons des prisonniers de chez vous! dit avec une orgueilleuse intonation la maréchale.

—On refusera l'échange...

—Que faire alors?...

—J'ai trouvé! dit tout à coup Neipperg.

—Parlez!... que faut-il faire?... puis-je vous seconder?

—Seul, je suffirai!... je vais sur-le-champ me rendre au palais du gouvernement et là je réclamerai le commandant Henriot comme sujet autrichien. Protégé par le pavillon d'Autriche, il devient inviolable... il sera gardé ici, prisonnier chez moi, jusqu'à ce que régularisation soit faite de sa nouvelle nationalité...

—Comment pouvez-vous faire considérer Henriot comme sujet autrichien?

—N'est-il pas mon fils?... il suivra la nationalité de son père, c'est le droit des gens... Mais vous, madame la maréchale, il faut vous éloigner immédiatement. Si vous tardez, je ne réponds plus de votre sécurité!

La maréchale ne répondit rien. Elle craignait de soulever une objection qui arrêtât le comte dans ses bonnes dispositions. Elle ne pouvait séjourner dans la ville sans compromettre peut-être plus grandement le sort d'Henriot.

—Allez donc, monsieur, dit-elle avec abandon, et puissiez-vous réussir et nous ramener Henriot!...

Munie d'un sauf-conduit du consulat autrichien, elle réussit à sortir de la ville avec le fidèle La Violette, sans éveiller de soupçons.

Elle regagna le camp, le cœur gros à la pensée que son Henriot allait devenir soldat de l'Autriche. «Acceptera-t-il au moins?» se demanda-t-elle en racontant à Lefebvre ce qui s'était passé avec le comte de Neipperg.

Lefebvre réfléchit un instant, puis s'écria, comme emporté par un élan subit:

—Ma foi! tant pis! les ingénieurs diront ce qu'ils voudront, ils se plaindront à l'Empereur si ça leur plaît... mais, je vais, moi, donner l'ordre d'attaquer!...

Et il sortit de sa tente en disant à Catherine:

—Rassure-toi, femme, ils ne fusilleront pas encore notre Henriot!... j'ai Oudinot avec ses grenadiers... c'est moi qui marcherai à leur tête, et nom d'un nom!... c... qui se dédit, ce soir même je prendrai Dantzig!...

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