Chapitre 18 Un pari
Notre interlocuteur pouvait avoir la cinquantaine.
Nous venions d’apprendre qu’il était Canadien, né à Lévis ; mais qu’il habitait la Louisiane depuis l’âge de quinze ans.
— Non, messieurs, dit-il, prenez-en ma parole, personne n’a le droit de se croire inaccessible à la peur. Je ne suis pas né poltron, je vous prie de le croire. J’ai fait toute la guerre de Sécession ; j’y ai conquis le grade de colonel ; j’ai été quelquefois cité à l’ordre du jour ; eh bien, regardez là, derrière mon oreille, vous y trouverez la preuve qu’on peut avoir les nerfs d’un homme brave, sans pour cela être exempt de cet affolement fiévreux qu’on appelle la peur.
— En effet, fîmes-nous en nous penchant pour regarder une mèche toute blanche dans la chevelure noire !
— J’étais jeune, il est vrai… ajouta l’homme avec un soupir.
— Si c’est une histoire, contez-la-nous !
— Volontiers, messieurs ; je n’en fais pas un mystère.
Nous étions assis sur le pont du Québec, par une belle nuit d’été, au clair de lune magnifique ; et la voix du conteur se détacha bientôt, grave et vibrante, sur les murmures confus de la conversation générale et le chant monotone des grandes roues du steamer plongeant dans la vague.
— En 1849, commença-t-il en se balançant sur sa chaise, les mains dans les poches de son vaste cache-poussière, je suivais les exercices préparatoires à la première communion, à l’église de Saint-Joseph de Lévis, cette gracieuse petite paroisse qu’on aperçoit à une lieue en aval de Québec, sur la rive sud du fleuve, droit en face de la chute de Montmorency.
On m’avait mis, pour cela, en pension chez une brave femme, dont l’indulgence avait réduit mon règlement à un seul et unique article obligatoire : Du moment que je rentrais à neuf heures sonnantes, tout était dans l’ordre.
Actif et turbulent à l’extrême, je ne pouvais qu’abuser plus ou moins de cette liberté toute nouvelle pour moi.
Je devins bientôt le plus infatigable joueur de barres, le plus habile sauteur à cloche-pied, le plus intrépide chevaucheur à dos de vache qu’il y eût dans les environs.
Ma réputation n’eut plus de rivale en tout ce qui exigeait quelque hardiesse ou quelque témérité.
Un exemple.
À quelque dix minutes du village, sur la grève, il y avait alors un campement d’Indiens montagnais, d’à peu près une huitaine de familles.
C’était là, pour la marmaille dont je faisais partie, un grand sujet de curiosité.
Mais notre bande avait toujours la précaution de se tenir à distance, et détalait comme les écureuils du bois voisin, sitôt qu’une figure rébarbative faisait seulement mine d’apparaître à l’orée des wigwams.
Un jour, au grand ébahissement de mes camarades, je portai l’audace, non seulement jusqu’à m’approcher du campement, mais jusqu’à m’aventurer sous une des huttes d’écorce, au milieu des sauvages.
J’en sortis, la casquette sur l’oreille, avec un arc et des flèches qui m’avaient coûté l’énorme somme de deux sous.
Cet exploit mit le comble à mon prestige.
Mais, en revanche, il me fit un jaloux dans la personne d’un de mes camarades qu’on appelait Magloire, et qui ne me pardonna jamais ce surcroît de popularité.
Si puérils qu’ils soient, messieurs, j’insiste sur ces détails, parce que c’est justement cette passion pour les aventures qui fut cause de mon malheur.
C’est à cette ambition absurde d’éclipser les autres par mes bravades que je suis redevable d’avoir passé six années de ma jeunesse entre la vie et la mort, sans aucune lueur de raison, tombant plusieurs fois par jour dans des convulsions épileptiques, et – ce qui fera le regret éternel de ma vie – d’avoir causé la mort de la douce et sainte femme dont j’étais l’unique enfant.
Ici le narrateur s’interrompit, tira un cigare de sa poche, l’alluma d’une main fébrile, et se mit à fumer avec énergie, lançant d’énormes bouffées blanches, que la marche du steamer faisait tourbillonner au loin derrière nous, comme des flocons d’ouate flottante, vaguement éclairés par les reflets métalliques de la lune.
Il était évident que l’homme à la touffe de cheveux blancs cherchait à maîtriser son émotion.
Après un moment de silence, il sembla faire un effort sur lui-même, et reprit le fil de son récit :
— À Saint-Joseph de Lévis, le cimetière est attenant à l’église ; ou du moins l’était-il à l’époque dont je parle.
Il s’étendait du côté nord, entouré par un mur de clôture haut de quatre à cinq pieds environ.
La partie ouest de l’enclos, qui faisait une légère saillie sur la façade de l’église, était bordée par un vaste terre-plein gazonné et planté çà et là de jeunes érables qui alternaient de distance en distance avec de forts poteaux surmontés généralement d’un petit anneau en fer auquel les paroissiens attachaient leurs chevaux, le dimanche, avant d’entrer dans le temple.
C’était là le principal théâtre de nos ébats, notre champ de batailles et notre hippodrome.
Pauvres vieux poteaux, que de fois leurs têtes déchiquetées par la dent hargneuse des chevaux n’ont-elles pas porté la preuve irrécusable des terribles solutions de continuité qu’un œil scrutateur aurait pu découvrir ailleurs qu’à nos jabots, et que, pour sa part, ma bonne ménagère s’efforçait de faire disparaître chaque soir avec un courage et une patience dignes d’une meilleure cause !
Les nombreuses brèches se réparaient toujours, mais avec un tel luxe et une telle variété de couleurs, qu’au bout de deux semaines, il eût été très difficile, même pour un regard exercé, de constater quelle avait été la nuance primitive de mon pantalon, – chose dont je me souciais, du reste, comme un poisson d’une pomme.
Or, précisément à cette époque de ma première communion, il se faisait dans la partie Est du cimetière, je ne sais trop quelle excavation.
On creusait un charnier, je crois.
Et – chose qui sembla étrange d’abord, mais qui s’expliqua facilement par la suite – bien qu’aucune inhumation ne parût avoir été faite dans cette partie de l’enceinte, les travailleurs découvraient chaque jour quelques ossements humains et parfois des squelettes entiers, qu’ils éparpillaient çà et là dans les hautes herbes du cimetière.
Ce fut à cet endroit, et justement dans cette circonstance, que fut exhumée la fameuse cage de la Corriveau, dont vous connaissez l’histoire.
Enfin, grâce à tout cela, les personnes qui s’aventuraient dans le cimetière de Saint-Joseph de Lévis, à cette époque, couraient le risque de trébucher sur quelque tibia blanchi, ou de glisser sur quelque crâne humain perdu dans le trèfle et le sainfoin.
Grand sujet de terreur pour notre cercle.
Pour les autres, j’entends, car quant à moi, j’étais – on le sait – un esprit fort.
J’aurais fait la nique à la statue du commandeur.
Hélas !…
Un soir, un de ces beaux soirs d’été calmes et sereins, où toute la nature semble se concerter pour prodiguer ses enivrements, épuisée par une partie de barres acharnée, pendant laquelle les échos du vieux cimetière avaient plus d’une fois retenti de nos cris de triomphe et de nos altercations, la petite troupe se reposait.
Notre couvre-feu allait sonner ; et, avant de nous envoler vers nos pénates respectifs, nous devisions sur les amusements du lendemain.
Le soleil s’était caché derrière les hauteurs de Charlesbourg en caressant de reflets vermeils la gracieuse coupole qui surmontait alors le palais législatif de Québec.
Un crépuscule splendide déployait au couchant son éventail d’or et de pourpre, et ses dernières lueurs se jouaient amoureusement dans le vitrail de l’église.
Les ombres s’allongeaient, immenses, derrière les peupliers de l’ancien presbytère qu’on dit être remplacé aujourd’hui par un magnifique pensionnat de jeunes filles…
Nous attendions le coup de canon de neuf heures pour nous disperser.
Or, je ne sais trop à quel propos, inspirée probablement par la tombée de la nuit et par le voisinage du champ de mort, la conversation se prit à rouler sur les fantômes et les revenants.
Chacun tira de son sac son petit conte à ma grand’mère, et chasse-galeries, loups-garous, goules, vampires et âmes en peine d’aller leur train.
Naturellement, j’affichai mon scepticisme.
J’affirmai carrément que toutes ces histoires avaient été inventées pour effrayer les enfants peureux ; que les loups-garous n’avaient existé que dans l’imagination des ignorants, et que les morts ne revenaient jamais.
— C’est à savoir ! fit Magloire.
— Comment, tu crois aux morts qui reviennent, toi !
— Pourquoi pas ?
— Ha ! ha ! ha !… fis-je en éclatant de rire.
— Tu as beau faire le fanfaron, dit Magloire, tu y crois toi-même aux morts qui reviennent.
— Pour ça, jamais de la vie !
— Non ? alors pourquoi tremblerais-tu à traverser le cimetière dans ce moment-ci ?
Traverser le cimetière en ce moment ! Cette parole eut un effet magique.
À la seule idée d’aller fouler les tombes à cette heure avancée, notre petit groupe avait frémi, et chacun s’éloigna instinctivement du mur fatal où nous étions à moitié appuyés.
— Je ne tremblerais pas, répliquai-je fièrement.
— Tu mens ! reprit Magloire, et bien que tu affirmes que les morts ne reviennent pas, je parie que, malgré ta prétendue bravoure, tu n’irais pas te coucher un instant sur cette tombe, là-bas, près de l’érable, en face de la grande croix !
Ce défi n’avait rien de bien attrayant pour moi.
J’aimais les fanfaronnades, comme je viens de vous l’avouer ; mais la pensée d’aller braver ainsi la mort, à pareille heure et dans son propre domaine, me causait un certain malaise bien naturel à mon âge.
Les crânes et les ossements dénudés, que nous avions entrevus dans les marguerites et les boutons d’or, me revinrent à l’esprit.
Une froide souleur me passa dans le dos.
Je ne répondis pas.
— Il a peur ! dit Magloire.
— Il n’ira pas, va ! crièrent mes camarades toujours prêts à se ranger du côté du plus fort.
Le défi était narguant, pressant, positif.
Il fallait relever le gant, ou perdre ma réputation.
— J’irai ! dis-je tout simplement.
Et d’un bon je fus sur le mur.
Au moment où j’allais sauter à l’intérieur du cimetière, le canon de la citadelle de Québec vomit un éclair, et son lourd grondement, cent fois répété par les échos de cette limpide soirée, alla s’éteindre, comme un tonnerre lointain, dans les gorges profondes des Laurentides.
— Neuf heures ! me dis-je à moi-même ; l’heure de la rentrée.
Et la conscience d’une désobéissance ajoutant encore à mon émotion, j’hésitai un moment.
— Ah ! le capon, il n’ira pas ! ricana Magloire ; j’ai gagné mon pari !
Il avait à peine lâché le mot, que je marchais la tête haute dans les broussailles touffues du cimetière, enjambant lestement les tumulus formés par les tombes, osant à peine regarder autour de moi… me hâtant fiévreusement…
Il y a aujourd’hui plus de quarante ans, messieurs, que ce que je vous raconte s’est passé, et rien qu’à me rappeler les terribles circonstances de cette soirée fatale, j’en frissonne encore malgré moi.
À mesure que j’avançais et que je sentais s’étendre autour de moi l’imposante solitude de la mort, l’effroi me gagnait.
Toutes ces pierres tumulaires dressées devant moi, projetant sous les lueurs mourantes du crépuscule d’immenses traînées d’ombre, me semblaient autant de fantômes sortant de terre pour me barrer le passage.
Les fenêtres de l’église, qui s’assombrissaient de plus en plus, m’apparaissaient comme de gigantesques orbites qui me regardaient d’un air menaçant.
J’aurais juré que la grande croix noire, vers laquelle je m’avançais, se penchait vers moi, en étendant ses longs bras décharnés, comme pour m’embrasser dans une inexprimable étreinte.
Enfin, tout ce que j’entrevoyais dans la demi-obscurité dont j’étais entouré revêtait mille formes effrayantes et fantastiques.
La tête me bourdonnait.
Il me semblait entendre des voix souterraines murmurer je ne sais quelle indéfinissable et monotone phraséologie où je croyais distinguer confusément ces paroles psalmodiées sur un ton d’ironie farouche et lugubre :
— Les morts ne reviennent point ! les morts ne reviennent point !
Le bruit de mes pas se mêlait vaguement à tout cela ; et les froufrous du foin que je foulais sous mes pieds résonnaient à mes oreilles comme un écho lointain et monstrueux du ricanement sarcastique de Magloire.
Le cœur me battait comme un roulement de tambours.
Je l’avoue, messieurs, je ne puis dire si c’était un pressentiment de ce qui m’attendait, mais pour la première fois de ma vie, j’eus peur – une vraie peur à vous secouer de la tête aux pieds.
L’orgueil avait le dessus, cependant.
J’avançais toujours.
Mais, quand j’arrivai près du lieu désigné, et que je me pris à songer qu’il fallait m’étendre sur cette tombe, je sentis le vertige s’emparer de moi tout à fait.
J’allais même m’enfuir avec épouvante, lorsqu’en me retournant j’aperçus, au-dessus du mur d’enceinte, à l’endroit d’où j’étais parti, les huit ou dix têtes de mes compagnons qui me suivaient des yeux.
Le maudit Magloire était même à genoux sur le chaperon, pour mieux s’assurer si j’accomplissais fidèlement toutes les conditions du pari.
Je le reconnus à sa maigre silhouette qui se détachait, sombre et moqueuse, sur les lointaines lueurs de l’horizon de plus en plus estompé.
Cette vue me donna du courage.
Par un héroïque effort sur moi-même, je commençai à m’agenouiller sur le tertre, lentement, lentement, le dos tourné à la planche qui servait de pierre tombale et qui pouvait avoir – ce détail a son importance – deux pieds et demi à trois pieds de hauteur.
Mon genou avait à peine effleuré la terre, que je m’arrêtai tout à coup, terrifié.
Un léger bruit venait de se faire entendre tout près de moi.
Ce qui se passa alors, messieurs, défie toute narration.
Là, droit en face de moi, presque à portée de ma main, une tête de mort grimaçante me regardait dans l’ombre avec ses grands yeux sans prunelle, et – pour comble d’horreur – s’avançait vers moi par petits soubresauts convulsifs et irréguliers…
Le narrateur était si visiblement impressionné, et paraissait s’exprimer avec un accent de si profonde conviction, que, malgré toute l’invraisemblance de son récit, et le sourire d’incrédulité qu’il amena sur nos lèvres, aucun de nous ne songea à l’interrompre.
Exactement comme aux endroits les plus solennels des romans, la lune venait de se cacher derrière un nuage, et, l’obscurité ajoutant je ne sais quelle mise en scène mystérieuse à cette narration fantasmagorique, nous resserrâmes involontairement notre cercle autour de l’intéressant conteur, qui continua d’une voix émue :
— Vous avez peut-être rêvé, messieurs, que vous étiez entraîné tout à coup dans un précipice.
La tête vous tourne, vos extrémités se glacent, vos cheveux se dressent d’épouvante, vous sentez courir sur votre épiderme une horripilation fiévreuse, tout le sang vous reflue jusqu’au cœur, le cauchemar vous saisit à la gorge ; il vous semble que vous roulez éperdus dans d’insondables abîmes.
Voilà à peu près quelles furent mes sensations en apercevant cette chose formidable que j’avais devant les yeux, et qui s’approchait toujours.
Je ne m’évanouis pas, cependant.
Réunissant tout ce qui me restait de forces, et me cramponnant dans un effort de suprême énergie à la planche qui se trouvait debout derrière moi, j’essayai de me relever, lorsque je me sentis saisir tout doucement aux cheveux par quelque chose comme une patte monstrueuse armée d’un million de petites griffes acérées…
C’en était trop.
La commotion nerveuse me foudroya.
Je poussai un cri d’inénarrable angoisse…
J’avais perdu connaissance.
En conteur habile, l’homme à la touffe de cheveux blancs s’interrompit de nouveau, ralluma son cigare, qu’il avait laissé s’éteindre, et se prit à fumer avec plus d’entrain que jamais.
— Et après ? demandâmes-nous, impatients de connaître la fin de cette étrange histoire.
— Après ? reprit le voyageur ; je ne me souviens plus de quoi que ce soit.
Pendant six longues années, je n’ai eu connaissance de rien de ce qui s’est passé.
Quand les premières lueurs de raison me revinrent, je me trouvais avec mon père, à bord d’un vaisseau longeant les côtes de la Floride.
J’étais couché sur un pliant de voyage, la tête enfoncée dans un oreiller, doucement caressé par la brise de la mer.
Le soleil venait de disparaître à l’horizon en teintant de rose le firmament et les vagues.
Je ne sais à quel propos, on venait de tirer un coup de canon.
— Neuf heures ! dis-je, il faut rentrer.
Et je m’éveillai comme d’un long rêve.
J’appris plus tard ce qui s’était passé, et en particulier la mort de ma mère qui n’avait pu survivre au choc douloureux que lui avait fait éprouver la perte de ma santé et de mes facultés mentales.
Les médecins avaient conseillé à mon père de me faire voyager ; et, après un assez long séjour dans divers pays de l’Europe où j’avais été soumis aux traitements des hommes de science les plus en renom, nous revenions en Amérique.
Rien ne nous attachait au Canada ; et comme les climats méridionaux semblaient plus favorables à ma faible constitution, mon père se fixa à la Nouvelle-Orléans, où j’ai toujours demeuré depuis.
Maintenant, messieurs, j’ai fini ; j’espère que je ne vous ai pas trop ennuyés.
— Mais cette touffe de cheveux blancs ? demandai-je avec curiosité.
— Ah ! c’est juste, j’oubliais.
Eh bien, c’est précisément à cet endroit de la tête que je m’étais senti saisir par ces griffes étranges dont je vous ai parlé.
Les cheveux sont restés tout blancs depuis.
— Quelle singulière hallucination.
— Comment, une hallucination ?
— Allons donc, prétendriez-vous…
— Messieurs, tout ce que je viens de vous raconter s’est passé à la lettre.
— Ah ! bah !… Et ce crâne ?
— Ce crâne qui se mouvait de lui-même, il y avait un crapaud dessous.
— Et cette patte ?
— Ces griffes qui me saisirent par les cheveux n’étaient autre chose que des fleurs de bardane, plante connue ici sous le nom vulgaire de rapace.
Ces fleurs, que nous appelions, dans notre langage d’enfants, des toques, ont une jolie corolle purpurine.
Et, comme, grâce aux innombrables pointes à crochets dont elles sont hérissées, ces fleurs adhèrent fortement les unes aux autres, les petites filles, qui – avant les travaux dont j’ai parlé – jouaient quelquefois dans le cimetière, en faisaient des couronnes qu’elles suspendaient aux croix de bois qui surmontaient alors presque toutes les tombes canadiennes.
Voilà tout le mystère.
À ce moment, le sifflet du bateau retentit.
— Sorel ! dit le capitaine Labelle.
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