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Chapitre 41 Le sénateur Guévremont

Un modèle en fait d’ingéniosité de husting, c’était le sénateur Guévremont. Il avait le don du paradoxe et du sophisme au suprême degré.
Un jour, il bataillait contre J. X. Perreault, qui fut député de Richelieu avant la confédération, et lui reprochait ses absences de la Chambre dans les termes les plus sévères.

— Où étiez-vous, s’écriait-il, quand on a voté sur telle et telle question ? Monsieur se promenait probablement dans les rues, la canne à la main.

— C’est mon affaire, ça, répondait Perreault ; j’avais pairé.

— Ah ! s’écriait Guévremont, il avait pairé !… Savez-vous ce que c’est que pairer ? je vais vous faire comprendre ça par une comparaison. Vous êtes habitant, vous, monsieur, bon ! Vous engagez un homme pour faire vos foins. Votre voisin, qui a aussi du foin à faire, suit votre exemple, loue un homme, et voilà nos deux engagés à faucher. Tout à coup, l’un des deux crie à l’autre :

— Écoute donc, Baptiste, tu trouves pas qu’il fait chaud ?

— Joliment.

— Je commence à être pas mal fatigué, moi.

— Moi étout.

— Si on parait…

— Pairons !

Et voilà nos deux paresseux toute l’après-midi sur la clôture, les bras croisés. C’est cela, messieurs les électeurs, ce que les membres du parlement appellent pairer. Et c’est comme ça que M. Perreault a fait vos foins. Ce n’est pas Perreault qu’il devrait s’appeler, c’est paireux.

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