‹ Mes Origines; Mémoires et Récits de Frédéric MistralChapitre 38 sur 39 · X

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Maintenant, où allons-nous? L'Homme de Bronze venait de frapper onze heures... Et nous dîmes:

-- Il faut aller faire un tour aux Aliscamps.

Nous prenons les Lices d'Arles, nous contournons les remparts, et, au clair de la lune, nous voilà descendant l'allée de peupliers qui mène au cimetière du vieil Arles romain. Et, ma foi, en errant au milieu des sépulcres éclairés par la lune et des auges mortuaires alignées sur le sol, voici que, gravement, nous répétions entre nous l'admirable ballade de Camille Reybaud:

_Les peupliers du cimetière Ont salué les trépassés. As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière!_

MOI

_Des blancs lombeaux du cimetière Le couvercle s'est renversé._

TOUS

_As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière._

MOI

_Sur le gazon du cimetière Tous les défunts se sont dressés._

TOUS

__As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière._

MOI

_Frères muets, au cimetière Tous les morts se sont embrassés.

TOUS

__As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière._

MOI

_C'est la fête du cimetière, Les morts se mettent à danser._

TOUS

__As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière._

MOI

_La lune est claire: au cimetière, Les vierges cherchent leurs fiancés._

TOUS

__As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière._

MOI

_Leurs amoureux, au cimetière, Ne sont plus là, si empressés.

TOUS

__As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière._

MOI

_Oh! ouvrez-moi le cimetière, Mon amour va les caresser..._