X
Maintenant, où allons-nous? L'Homme de Bronze venait de frapper onze heures... Et nous dîmes:
-- Il faut aller faire un tour aux Aliscamps.
Nous prenons les Lices d'Arles, nous contournons les remparts, et, au clair de la lune, nous voilà descendant l'allée de peupliers qui mène au cimetière du vieil Arles romain. Et, ma foi, en errant au milieu des sépulcres éclairés par la lune et des auges mortuaires alignées sur le sol, voici que, gravement, nous répétions entre nous l'admirable ballade de Camille Reybaud:
_Les peupliers du cimetière Ont salué les trépassés. As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière!_
MOI
_Des blancs lombeaux du cimetière Le couvercle s'est renversé._
TOUS
_As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière._
MOI
_Sur le gazon du cimetière Tous les défunts se sont dressés._
TOUS
__As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière._
MOI
_Frères muets, au cimetière Tous les morts se sont embrassés.
TOUS
__As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière._
MOI
_C'est la fête du cimetière, Les morts se mettent à danser._
TOUS
__As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière._
MOI
_La lune est claire: au cimetière, Les vierges cherchent leurs fiancés._
TOUS
__As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière._
MOI
_Leurs amoureux, au cimetière, Ne sont plus là, si empressés.
TOUS
__As-tu peur des pieux mystères? Passe plus loin du cimetière._
MOI
_Oh! ouvrez-moi le cimetière, Mon amour va les caresser..._