XXXV.)
[60] Montaigne I, XI, t. I, p. 54.
[61] Bacon, Essai XV.
[62] Montaigne I, XXII, t. I, p. 149. Il est clair qu'il serait facile de multiplier les rapprochements de cette sorte: bon nombre d'idées morales sont communes aux deux auteurs. Je n'ai retenu que les plus significatives, celles qui ont quelque chance d'avoir été suggérées à Bacon par Montaigne. On trouvera d'autres rapprochements, qui me paraissent superflus, dans les ouvrages ci-dessus mentionnés, de Reynolds, de Dieckow et de miss Grace Norton.
[63] Ce sont le mépris des gymnosophistes indiens pour la douleur, les contestations qui dans certains pays s'élèvent entre les veuves à qui aura l'honneur d'être brûlée avec le corps du mari défunt, l'endurance des jeunes garçons de Sparte, qui se laissent fouetter devant l'autel de Diane sans pousser un cri. Cf. Bacon, Essai XXXIX Of Custom and education; Montaigne I, XIV et II, XXXII. Il faut ajouter toutefois que Cicéron avait réuni ces exemples dans ses Tusculanes V, 26.
[64] Bacon, Essai XXXVIII.--Montaigne I, XXVI, t. II, p. 34.
L'idée sans doute n'est pas très originale, si je la note néanmoins c'est qu'elle était moins banale au XVIe siècle qu'aujourd'hui, c'est aussi qu'il y a dans les termes dont use Bacon un mot qui rappelle très précisément Montaigne: «Si vous ne la formez de bon heure, dit Montaigne, la langue ne se peut plier» au langage des nations voisines, et Bacon: «We see, in languages, the tongue is more pliant to expressions and sounds... »
[65] Essai XXIV, éd. Spedding, t. IV, p. 433.
[66] A noter toutefois que dans une pensée comme celle-ci, Bacon considère la question tout à fait au même point de vue que Montaigne dans son essai De la vanité: «Il est vrai que ce qui est établi depuis longtemps et enraciné par l'habitude peut, sans être très bon en soi-même, être du moins plus convenable, et que les choses qui ont longtemps marché ensemble se sont ajustées et, pour ainsi dire, mariées les unes aux autres, au lieu que les institutions nouvelles ne s'ajustent pas si bien aux anciennes, et, quelque utiles qu'elle puissent être en elles-mêmes, elles sont toujours un peu nuisibles par ce défaut de convenance et de conformité.» (Essai XXIV, fin). Voir aussi Novum organum, livre I, aphorisme 90.
[67] Bacon, Essai I.
«Therefore Montaigne saith prettily, when he inquired the reason, why the word of the lie should be such a disgrace and such an odious charge? Saith he, If it be well weighed, to say that a man lieth, is as much to say, as that he is brave towards God and a coward towards men. (Essai I.)
[68] Bacon, Essai XVIII.
[69] «Travel, in the younger sort, is a part of education; in the elder, a part of experience.» (Essai XVIII.)
[70] Montaigne, Essais I, XXVI, t. II, p. 33.
[71] Montaigne, Essais III, IX, toute la première moitié du chapitre.
[72] Voici par exemple ce mot de Platon que peu d'athées sont assez fermes dans leur athéïsme pour qu'un danger pressant ne suffise à les ramener à la religion. Bacon, Essai XVI, Montaigne II, XII, t. III, p. 182.--Montaigne avait dit en français ce mot répété par Cicéron dans ses Tusculanes et son de Finibus que ceux mêmes qui écrivent du mépris de la gloire mettent leur nom en tête de leur ouvrage et sacrifient ainsi au désir de la réputation (Livre I, Essai XLI). Bacon cite en latin le passage de Cicéron. Essai LIV (Of vain glory).--Montaigne avait rappelé le mot d'Agésilas que «l'amour et la prudence ne peuvent ensemble». (Essais, III, V, t. VI, p. 32). Bacon semble bien y faire allusion lorsqu'il dit dans son essai de l'amour, p. 260, traduct. Riaux: «Aussi a-t-on raison de dire qu'il est impossible d'être en même temps amoureux et sage».--Le Hoc age que l'on rencontre plusieurs fois chez Montaigne se retrouve au XXe essai de Bacon.--Voir aussi de part et d'autre une allusion à l'île fabuleuse dont Platon parle dans son Timée, sous le nom d'Atlantide: Montaigne I, XXXI, début; Bacon, Essai LVII.
[73] La première partie des Essais de Cornwallis parut en 1600, la seconde partie en 1601. Tous étaient donc publiés antérieurement à la traduction des Essais de Montaigne par Florio, qui date seulement de 1603. Mais de son aveu même Cornwallis avait lu en manuscrit cette traduction de Florio. Je reviendrai ailleurs sur les Essais de Cornwallis et sur leurs emprunts à Montaigne.