‹ Nouvelles Tome IChapitre 20 sur 27 · Chapitre 12 Pourparler.

Chapitre 12 Pourparler.

Fanchonnette,la femme de chambre de madame Éliante, entre sur la pointe du pied, s’avance timidement jusqu’auprès du lit, et voyant qu’Éliante ne dort plus :
Madame…

Éliante. – Eh bien ! Fanchonnette, qu’y a-t-il ? est-ce que le feu est à la maison ? tu as l’air tout effaré.

Fanchonnette. – Non, madame, le feu n’est pas à la maison, c’est pis que cela : M. le duc Alcindor qui fait pied de grue depuis deux heures, et qui voudrait entrer.

Éliante. – Il faut lui dire que je ne suis pas visible, que j’ai une migraine affreuse, que je n’y suis pas.

Fanchonnette. – Je lui ai dit tout cela, il ne veut pas s’en aller ; il prétend que, si vous êtes sortie, il faudra bien que vous rentriez, et que, si vous êtes chez vous, il faudra bien que vous finissiez pas sortir. Il est décidé à faire le blocus de votre porte.

Éliante. – Quel homme terrible !

Fanchonnette. – Il va se faire apporter une tente et des vivres pour s’établir définitivement dans votre salon. La démangeaison qu’il a de vous parler est si grande, qu’il escaladera plutôt la fenêtre.

Éliante. – Quelle étrange fantaisie ! cela est d’une folie qui ne rime à rien ! Que peut-il donc avoir à me dire ? Fanchonnette, comment suis-je aujourd’hui ? je me trouve d’une laideur affreuse ; il me semble que j’ai l’air de madame de B…

Fanchonnette. – Au contraire, madame n’a jamais été plus charmante ; elle a le teint d’une fraîcheur admirable.

Éliante. – Rajuste un peu ma cornette, et va dire au duc que je consens à le recevoir.

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