XXIX.
GARNISSAIRE. Soldat qui loge chez le débiteur du gouvernement; dites, garnisaire subs. masc., du mot garnison. Nous devons cette expression au régime révolutionnaire; avant cette époque on se servait du mot séquestre. Il est à désirer qu'on supprime ce mot qui devient inutile, puisque nous en avons un équivalent.
Il s'en faut bien que séquestre soit l'équivalent de garnisaire. La signification de ces deux mots est absolument différente. Séquestre, subs. masc., est un terme de droit dont on se sert pour désigner une personne quelconque, à la garde de laquelle sont confiées les choses séquestrées par ordre de la justice. On s'assure de la probité et de la solvabilité d'un séquestre, avant de l'employer en cette qualité. Le garnisaire, comme le dit fort bien M. Molard, n'est qu'un soldat qui loge chez le débiteur du Gouvernement. Il n'a aucune fonction à remplir; rien n'est confié à sa surveillance et à sa garde. C'est un hôte forcé dont la présence incommode n'a d'autre but que de contraindre celui chez lequel il est, d'obéir à la loi, et d'acquitter sa dette.