‹ Petite légende dorée de la Haute-BretagneChapitre 20 sur 77 · XX

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La Pierre de saint Lyphard

Au temps où saint Lyphard habitait le bord de la Brière, un dragon monstrueux désolait la contrée; déjà onze jeunes filles avaient été dévorées, lorsque que le monstre réclama la fille du saint. Lyphard saisit alors son épée, et pour en essayer la trempe, il asséna un coup sur une pierre plantée près de là, et qui devint la pierre fendue, puis dégageant la lame prise dans cette fente, il court au monstre et lui tranche la tête.

On voyait encore, il y a peu d'années, cette roche fendue dont l'ouverture béante était assez large pour qu'un homme pût y passer; sur la paroi nord étaient marqués les quatre doigts et le pouce du saint qui s'étaient enfoncés, dans l'effort qu'il fit pour dégager sa lame.

(PITRE DE LISLE DU DRENEUC, Saint-Nazaire, p. 131).

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La chapelle de saint Lyphard en Thourie était jadis le lieu de réunion d'une assemblée le Vendredi-Saint de chaque année. Elle a été détruite vers 1830. On venait de fort loin prier saint Lyphard, ou comme on le prononce saint Liphord, «pour la vie ou pour la mort,» c'est-à-dire que l'on invoquait le saint, pour qu'il obtint une guérison immédiate du malade ou une prompte mort, afin d'abréger les souffrances du moribond.

(P. BÉZIER, Supplément, p. 74).

[Illustration]

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