XX
Saint Convoyon et la roche aboyante
La roche aboyante est un menhir à demi-renversé que l'on voit dans la commune de Bains. On dit que c'est en cet endroit que saint Convoyon, abbé de Redon, et saint Fiacre, qui habitait Trobert, village de Renac, aimaient à se reposer et à converser lorsqu'ils se visitaient. Un jour qu'ils étaient importunés par les aboiements d'un chien de berger du voisinage et qu'ils ne pouvaient obtenir son silence, ils le maudirent, et aussitôt l'animal fut changé en la Roche Aboyante.
Près de là se trouve un sentier sur lequel Dieu, dit-on, n'a pas voulu qu'il poussât un brin d'herbe qui pût effacer la trace du passage des saints.
(P. BÉZIER, Inventaire, p. 159).
Voici sur ce dernier sentier d'autres récits:
Entre la Lande de Guerchomin et le village de Trobert, en Carentoir, se trouve un sentier toujours dénudé qui se dirige vers la limite de Renac en passant par le village de Boëd'hors en Bains. «Jamais de mémoire d'hommes un brin d'herbe n'y a poussé et cela, disent les gens du pays, par la permission toute spéciale de Dieu, qui n'a pas voulu que, même un brin d'herbe, pût effacer les traces du grand saint Convoyon qui passait toujours par là pour aller visiter saint Fiacre dans son ermitage de Trobert.»
Il n'y a plus aucune trace de l'ermitage de saint Fiacre, mais sur la limite de Renac, près d'une source réputée miraculeuse, se voit encore la chapelle de saint Fiacre d'où l'on vient de fort loin pour se guérir de la colique et de la dyssenterie.
(DESMARS, Redon et ses environs, 1869, et traditions locales communiquées par le marquis de l'Estourbeillon).
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Saint Victor de Campbon passe pour avoir eu des rapports fréquents avec un autre solitaire voisin, saint Laumer, en l'honneur duquel fut élevée une chapelle encore subsistante. Chaque jour ils se rencontraient pour converser et prier, à une fontaine toujours vénérée. On montre le sentier qu'ils suivaient, et tout ce qu'on sème des deux côtés de la voyette, pousse, prétend-on, plus vigoureusement que dans le reste du champ.
(R. OHEIX, Bretagne et Bretons, p. 53).