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XLIX

Les fées et les chapelles

La chapelle de Hirel en Ruca (Côtes-du-Nord) a été bâtie par les fées en une seule nuit. Elles avaient l'intention de la faire plus grande et de la joindre à l'église de Ruca. La nuit suivante, elles allèrent au Port-à-la-Duc chercher les pierres qu'il leur fallait pour cela. L'une d'elles revenant avec son fardeau rencontra sur le chemin une pie morte. Elle ne savait pas ce que c'était, et elle s'adressa à une bonne femme qui passait sur la route.

--Qu'est-ce que cet oiseau qui ne bouge point?

--'Est eune pie morte, répondit la bonne femme.

La fée surprise demanda:

--Mais, est-ce que nous mourrons tous ainsi?

--Vère, ben sûr.

Quand la fée entendit cela, elle dénoua son tablier et jeta sa «devantelée» de pierres, puis elle courut bien vite dire à ses compagnes de ne pas continuer, parce qu'elles mourraient toutes comme la pie.

Les énormes pierres que l'on voit auprès du moulin de Saint-Gilles, sont celles que la fée laissa tomber de sa devantière.

(Recueilli par M. Charles Sébillot).

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À Saint-Alban, commune assez voisine de Ruca, se trouve une chapelle de saint Jacques le Majeur, intéressante au point de vue architectural. Son portail fut, dirent à Habasque vers 1835, des femmes du voisinage, élevé par l'enchantement des fées; mais elles ne le terminèrent point, parce qu'elles rencontrèrent le cadavre d'une pie morte.

(Notions historiques, t. III, p. 70.)

Suivant une autre légende, pendant qu'elles ramassaient des pierres pour cette chapelle, elles virent Gargantua qui se promenait par Saint-Alban, en le voyant si grand, elles crurent qu'il était plus puissant qu'elles; elles prirent peur et laissèrent leur ouvrage inachevé.

Ce sont aussi les fées qui ont construit la chapelle de Notre-Dame-du-Haut en Trédaniel.

(PAUL SÉBILLOT, Gargantua, p. 70. Revue des Trad. pop., t. II, p. 438.)

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À Pleslin les anciens racontent que les fées portant les pierres du Champ-des-Roches pour la construction du grand Mont Saint-Michel, et les trouvant trop lourdes, les déposèrent à Pleslin et les alignèrent sur un espace de quatre à cinq cents mètres.

(ERNOUL DE LA CHENELIÈRE, Inventaire, p. 10).

[Illustration]

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