IX
La porte de la triste maison Où sabrita le rêve des ans Sest close aux neiges de la saison Dont frissonnent les nouveaux enfants.
La route ne connaît plus les rois Qui passaient dans des bruits de tambours, Ni les prêtres droits sous leurs orfrois, Ni les bouffons et les troubadours.
Vainement les pauvres impotents, Leurs pieds sur le seuil, chantent en choeur Dimportunes chansons du vieux temps Sous le houx qui saigne comme un coeur.
Celle et celui qui leur donnaient lor Sont morts davoir eu peur de lhiver Dans la maison où lhorloge encor Marque, sans le savoir, l'heure dhier.
Le jardin se perd vers les confins De la forêt interdite au jour Qui hérisse en menace ses pins Autour des trois croix du carrefour.
Et contre le crépuscule roux Lon voit fuir sous les corbeaux du sort, Comme une horde noire de loups, Les vengeurs qui hurlent à la mort.