Deuxième tableau
Monsieur a fait une bonne journée. Tout a marché à souhait. Il croit pouvoir compter sur un avancement prochain.
Bref, il est content !
Avant de monter, il a pris, avec un de ses amis, une bonne petite absinthe qui lui a mis encore plus de joie au cœur.
À peine rentré, il se précipite sur sa femme, l’embrasse très tendrement, l’embrasse encore, lui prodigue mille caresses plus ardentes, peut-être, que ne le comporte l’austère décor de la salle à manger.
Mais Madame se dégage vivement. Son visage se renfrogne.
D’un ton spécialement grincheux, qui n’appartient qu’à elle :
« D’où sors-tu donc, pour être excité comme ça ?
— Ma chère amie, je sors du bureau…
— Du bureau !… Je le connais ce bureau-là !… Tu sors de chez tes cocottes.
— Je te le jure bien, ma pauvre amie…
— Eh bien, retournes-y, chez tes cocottes. Moi, je ne me charge pas d’éteindre les flammes allumées par ces demoiselles. »
Et Madame, claquant fort la porte, va s’enfermer dans son appartement.