Premier tableau
Monsieur rentre après une journée de fatigues et d’ennuis. Il s’est disputé avec des sinistrés. Ses chefs l’ont presque traité d’idiot.
Complètement esquinté, le pauvre homme n’a d’autre aspiration que celle du bon dodo où il va joncher son abrutissement.
Madame ne trouve pas naturelle cette dépression physique et morale.
D’un ton spécialement grincheux qui n’appartient qu’à elle :
« Qu’est-ce que tu as donc fait dans la journée, dit-elle, pour être dans cet état-là ?
— Ma chère amie, j’ai beaucoup travaillé…
— Travaillé !… Je le connais, ce genre de travail : tu as passé ta journée chez tes cocottes.
— Je te jure bien, ma pauvre amie…
— Eh bien, retournes-y, chez tes cocottes ; ce n’est pas moi qui t’en empêcherai ! »
Et Madame, claquant fort la porte, va s’enfermer dans son appartement.