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Rome formée, pour ainsi dire, par alluvion, et composée dans son origine d’un ramas de brigands, qui en faisaient un repaire plutôt qu’une ville, n’eut d’abord aucune loi écrite.
L’usage seul gouvernait les affaires : à son défaut, on recourait au roi, dont la volonté était, en quelque sorte, une loi vivante et animée, viva ac spirans lex.
Cette volonté se manifestait par des édits.
Mais, soit que cette forme de gouvernement dégénérât dès-lors en arbitraire, soit qu’elle déplût naturellement à ce peuple toujours avide d’une liberté dont il ne savait jamais jouir, il demanda des lois.
De ce moment, les rois commencèrent à consulter le peuple, et le résultat de la volonté générale faisait loi.
Les rois même devaient s’y soumettre, comme Tacite le remarque de Servius Tullius, qui præcipuus sanctor legum fuit, queis etiam reges obtemperarent. Annal., lib. 3, cap. 26.
Tarquin-le-Superbe osa le premier changer cette constitution : il porta sur les lois ses mains sacriléges, accoutumées à tout violer : mais, s’il fut le premier tyran des Romains, il fut aussi leur dernier roi ; et le peuple, redevenu libre, se donna lui-même des lois.