‹ Précis historique du droit romainChapitre 9 sur 9 · 08

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Tel était l’état de la jurisprudence romaine à la fin du 18 siècle.

Bientôt une révolution terrible éclata. Son premier effort se porta sur les lois. Les anciennes institutions furent détruites ; les écoles de droit furent fermées ; les lois romaines réduites au silence, ainsi que nos vieilles lois françaises, et le tout remplacé par une foule de lois qui se succédaient sans suite, et se multipliaient sans raison. Corruptissimâ republicâ, plurimæ leges. Tacit. annal. 3, 27.

Mais un siècle plus heureux commence :

Magnus ab integro sœclorum nascitur ordo.

L’ordre succède au chaos, un gouvernement ferme sort du sein de l’anarchie, des fondemens solides s’élèvent du milieu des ruines ; tout renaît, et la France devenue maîtresse de l’Europe par la force de ses armes, affermit son empire par la sagesse de ses lois. Les écoles de droit sont rouvertes, et la foule des élèves s’y précipite. On y enseigne le Code Napoléon ; mais un de ses rédacteurs avait fait pressentir qu’on ne saurait jamais ce code, si l’on n’étudiait que lui seul ; et l’on arrête que les lois romaines feront partie de l’enseignement. « Lois aussi étendues que durables (peut-on dire avec le chancelier d’Aguesseau), toutes les nations les interrogent encore à présent, et chacune en reçoit des réponses d’une éternelle vérité. C’est peu pour les jurisconsultes romains d’avoir interprêté la loi des XII tables, et l’édit du préteur ; ils sont les plus sûrs interprètes de nos lois mêmes ; ils prêtent, pour ainsi parler, leur esprit à nos usages, leur raison à nos coutumes ; et par les principes qu’ils nous donnent, ils nous servent de guides, lors même que nous marchons dans une route qui leur était inconnue. » Tome i, p. 157.

« Au reste, (dirons-nous avec Bossuet), si les lois romaines ont paru si saintes que leur majesté subsiste encore malgré la ruine de l’Empire, c’est que le bon sens, qui est le maître de la vie humaine, y règne partout, et qu’on ne voit nulle part ailleurs, une plus belle application des principes de l’équité naturelle. » Hist. univ. p. 579.

Travaillez donc, jeunes élèves, à vous pénétrer de ces règles précieuses ; faites servir l’étude des lois romaines à l’intelligence des lois nationales, et au développement des principes constitutionnels : travaillez, montrez-vous habiles, et rendez-vous capables d’être utiles à votre pays, à vos amis, à vous-mêmes. Pergite, ut facitis, Adolescentes ; atque in id studium, in quo estis, incumbite, ut et vobis honori, et amicis utilitati, et reipublicæ emolumento esse possitis. Cic. I. de Orat.

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