LIVRE IV
LES RÉFORMES PROPOSÉES ET LES RÉFORMATEURS
CHAPITRE PREMIER.--Les réformateurs. La transformation des professeurs. La réduction des heures de travail. L'éducation anglaise 138
§1. Les Réformateurs.--Les rapports de la Commission d'enquête s'étendent longuement sur la nullité de notre enseignement universitaire, mais sont très brefs et très vagues sur les moyens de le remplacer.--Faible valeur de la plupart des réformes proposées.--Raisons générales de leur inutilité.--Examen des principales réformes proposées.--§2. Transformation du professorat.--Nécessité pour les professeurs de passer par le répétitorat.--Cette réforme, plusieurs fois proposée devant la Commission d'enquête, serait la plus importante de celles proposées, mais elle est irréalisable avec les préjugés latins.--Pourquoi les répétiteurs pourraient donner un enseignement supérieur à celui des professeurs.--§3. La réduction des heures de travail.--Côté illusoire de ce projet de réforme.--Les élèves sont maintenus assis douze heures par jour simplement parce que parents et professeurs ne savent qu'en faire.--Absurdité de la longueur des classes.--Leur durée en Allemagne.--§4. L'éducation anglaise.--Elle n'est nullement adaptée aux besoins des Latins et ne serait jamais acceptée par les parents.--Le mur des facteurs moraux.
CHAPITRE II.--Les changements de programmes 151
Modifications de programmes proposées par la Commission et votées par le Parlement.--Confusion de ces nouveaux programmes.--Persistance de l'erreur latine sur la puissance des institutions, des constitutions et des programmes.--Impossibilité actuelle de toute réforme sérieuse avec les idées régnantes.--Ce sont les méthodes, les professeurs et non les programmes qu'il faudrait réformer.--Tous les programmes sont bons quand on sait s'en servir.--Les motifs de l'insuffisance de l'Université échappent entièrement aux réformateurs.
CHAPITRE III.--La question du grec et du latin 157
§1. L'utilité du grec et du latin.--Toute discussion sur l'utilité de ces langues est sans objet, puisque les élèves n'en connaissent que quelques mots.--Opinions des universitaires les plus autorisés sur les langues anciennes.--Les prétendues vertus éducatives du latin.--Pourquoi les langues modernes possèdent la même vertu éducative.--Ce que les élèves connaissent en matière de langues après sept années d'études.--La question du grec et du latin en Allemagne.--§2. L'opinion des familles sur l'enseignement du grec et du latin.--Les familles sont tout à fait opposées à la suppression de l'enseignement du grec et du latin.--Cette opposition a été partagée par les Chambres de commerce.--Résultats de l'enquête sur les exigences des familles.--Raisons psychologiques des idées de la bourgeoisie sur les avantages de l'enseignement du latin.--§3. L'enseignement du grec et du latin avec les préjugés actuels.--Nécessité de conserver la façade gréco-latine pour satisfaire les préjugés des familles.--Une heure de latin par semaine suffirait.--Comment avec cette heure bien employée les élèves sauraient beaucoup plus de latin qu'aujourd'hui.--Le prestige du latin ne disparaîtra qu'avec son introduction dans l'enseignement primaire.
CHAPITRE IV.--La question du baccalauréat et du certificat d'études 175
§1. La réforme du baccalauréat.--Les maux attribués au baccalauréat.--Le projet de réforme proposé au Sénat.--Après avoir supprimé le diplôme du baccalauréat on propose aussitôt de le remplacer par un autre ne différant du premier que par le nom.--Enfantillage de la réforme.--Les examens dits de passage et leurs conséquences.--Le baccalauréat est un effet et non une cause.--§2. L'opinion des universitaires sur le baccalauréat.--Violence de la campagne menée contre le baccalauréat par des professeurs les plus éminents de l'Université.--L'examen du baccalauréat.--Absurdité des questions posées.--Le hasard seul préside aux admissions.--Principes qui dirigent les examinateurs.--Conclusions sévères du Président de la Commission.
CHAPITRE V.--La question de l'enseignement moderne et de l'enseignement professionnel 183
§1. L'enseignement moderne.--Histoire de cet enseignement.--Pourquoi, avec des programmes excellents, il a abouti à des résultats pitoyables.--L'opposition de l'Université.--Opinion du Ministre de l'Instruction publique sur le sort des déclassés créés par l'Université et sur l'impuissance de cette dernière à préparer à la vie économique et à l'action.--§2. L'enseignement professionnel.--Il est donné en France par les méthodes universitaires, c'est-à-dire par l'emploi exclusif des démonstrations au tableau et des manuels.--Les préjugés des classes dirigeantes.--L'évolution économique actuelle du monde leur échappe entièrement.--Importance de la technique.--Insuffisance complète de l'enseignement professionnel en France et son développement en Allemagne.--État misérable de notre enseignement industriel et agricole.--Extraits des rapports.--Ce sont surtout les préjugés de l'opinion qui entravent l'évolution des sociétés latines et les obligent à procéder par bonds désordonnés qui ne font, le plus souvent, que les ramener en arrière.--La tyrannie des morts.
CHAPITRE VI.--La question de l'éducation 202
§1. Incertitude des principes universitaires en matière d'éducation.--L'Université ne s'est pas montrée plus apte à donner une bonne éducation qu'une instruction convenable.--Elle proclame bien haut les bienfaits d'une bonne éducation, mais est encore à la recherche des méthodes.--Pauvreté des rares projets d'éducation formulés devant la Commission.--La plupart des professeurs n'ont aucune idée bonne ou mauvaise en matière d'éducation.--§2. La discipline universitaire comme base unique de l'éducation universitaire.--En pratique, toute l'éducation universitaire se borne à la lourde discipline du lycée, destinée principalement à maintenir le silence dans les salles où se trouvent les élèves.--Illusions de quelques auteurs de l'enquête sur l'utilité de s'adresser à la raison des élèves.--Résultats obtenus par les éducateurs anglais en s'adressant à l'intérêt de l'élève et non à sa raison.--Motifs de l'impuissance des parents français à éduquer convenablement leurs enfants.--C'est à l'éducation universitaire que les Latins doivent en partie leur égoïsme individuel.--C'est à leur éducation que les Anglais doivent l'égoïsme collectif qui est un des grands facteurs de la puissance politique de l'Angleterre.