I. — POÈTES ET AUTEURS DRAMATIQUES - I
PIERRE CORNEILLE. Concetti, Cacophonies et Calembours. Galimatias simple et Galimatias double. Vers de Corneille qu’on rencontre dans Nicole et dans Godeau. Épître à la Montauron: éloges outrés. Traduction de l’Imitation de Jésus-Christ. — THOMAS CORNEILLE. Le plus grand succès dramatique de tout le dix-septième siècle.
ROTROU. — THÉOPHILE DE VIAU. — DUMONIN. — PIERRE DU RYER. — JEAN CLAVERET: l’unité de lieu. — «Mourra-t-il ou Ne mourra-t-il pas?» — Napoléon Ier et A.-V. Arnault. — Crébillon le Tragique, Corneille et Racine.
RACINE. Critiqué par Chapelain. Réminiscence. Remarque de Méry. Le mot «diligence». Changement de visage. Cacophonies. Un auteur de sept ans. Athalie lue par pénitence. Racine déclaré «grossier et immodeste», «ni poète ni chrétien», etc. Mort et enterrement de Racine.
MOLIÈRE. Son style. Acceptions des mots flamme, cœur, main, etc. Singularités de prosodie. Anachronismes. Cacophonies. Locutions favorites de Molière. Vers de Molière qu’on rencontre dans Corneille et dans La Fontaine. L’Avare de Molière. Remarque de Sainte-Beuve.
Chez nos plus grands écrivains, on rencontre des négligences ou inadvertances de style: errare humanum est.
Tout le monde connaît la turlupinade commise, bien à son insu, par CORNEILLE (1606-1684) dans Polyeucte (I, 1), qu’aurait enviée Tabarin, et dont je me borne à rappeler les premiers mots:
Et le désir s’accroît quand...
Non moins connu est ce pléonasme du grand Corneille (Pompée, II, 3):
Il en coûta la vie et la tête à Pompée.
Dans Mélite (I, 4), Philandre dit à Cloris, sa maîtresse:
Regarde dans mes yeux, et reconnais qu’en moi On peut voir quelque chose aussi parfait que toi.
Et Cloris de répondre:
C’est sans difficulté, m’y voyant exprimée.
Philandre reprend:
... Mon cœur... Afin de te mieux voir, s’est mis à la fenêtre.
Dans Clitandre (IV, 1 et 2), comédie d’intrigue très embrouillée, nous voyons Dorise «crever, avec son aiguille», l’œil de Pymante, son «amoureux dédaigné», et, au lieu d’appeler au secours et de se faire soigner, Pymante se met, comme si de rien n’était, à nous débiter une tirade de deux pages, pleine de pathos et de concetti:
Où s’est-elle cachée? où l’emporte sa fuite?... La tigresse m’échappe...
Il est de Corneille encore (Pompée, I, 2) ce vers à calembour:
Car c’est ne régner pas qu’être deux à régner,
qui a trouvé de l’écho dans un hémistiche attribué, mais à tort, paraît-il, au vicomte D’ARLINCOURT (1789-1856):
... On l’appelle à régner[15].
[15] Et Alexandre Dumas (Mémoires, t. VII, p. 8): «Je ne demande qu’une chose, c’est, si Dieu m’appelle à régner sur la France...»
C’est à tort également, et par une erreur persistante, disons-le en passant, que nombre d’ouvrages (par exemple: STAAFF, La Littérature française, t. II, p. 1046; — Gustave MERLET, Tableau de la littérature française, 1800-1815, t. I, p. 524; — LAROUSSE, art. Arlincourt; — etc.) attribuent audit vicomte et à sa tragédie Le Siège de Paris, représentée au Théâtre-Français en 1826, les alexandrins suivants:
Mon père, en ma prison, seul à manger m’apporte. J’habite la montagne, et j’aime à la vallée.
Ou bien, il faudrait admettre que le texte de cette tragédie a subi des remaniements avant l’impression, contrairement à ce qui est dit dans l’avant-propos du volume.
Voici ce qu’on lit dans une lettre jointe à cet avant-propos (p. X et