‹ Relation d'un voyage dans la Marmarique, la Cyrénaïque, et les oasis d'Audjelah et de MaradèhChapitre 33 sur 35 · L. ~ΚΘ~. Τῖτος Πετρώνιος

L. ~ΚΘ~. Τῖτος Πετρώνιος

Καπίτων, ἐτῶν ~ΔΚ~.

Βαιόν σοι τὸ μεταξὺ βίου θανάτοιό τ’ ἔθηκε

καὶ τύμβου, Καπίτων, καὶ θαλάμοιο, Τύχη,

Νύκτα μίαν ψεύϛιν, καὶ ἀνηλέα, τὴν ἄνις αὐλῶν,

τὴν δίχα σοι παϛῶν, τὴν ἄτερ εἰλαπίνης·

Αἲ, Αἲ τὴν ἐπὶ πέπλα, καὶ εἰς ἀμύριϛα πεσοῦσαν

ϛέμματα, καὶ βίβλους σεῖο, πρόμοιρε, τέφρην.

Οἲ θρήνοισι βοητὸν ὑμήναον· οἲ προκελεύθους

λαμπάδας ὑϛατίου καὶ κενεοῖο λέχους.

L’an XXIX. Titus Petronius Capiton, âgé de 24 ans.

La Fortune, Capiton, n’a mis pour toi, entre la vie et la mort, entre l’hymen et la tombe, que l’intervalle d’une seule nuit, trompeuse, impitoyable, sans instrumens de fête, pour toi sans lit nuptial, sans festin. Infortuné jeune homme ! La poussière est tombée sur tes vêtemens de noce, tes bandelettes non encore parfumées, tes couronnes de biblus. Ah ! des gémissemens ont été ton chant d’hyménée ! Ah ! Hélas ! les flambeaux t’ont conduit à la couche dernière, que personne ne doit partager.

Selon l’usage des inscriptions funéraires qu’on trouve en Cyrénaïque, on a exprimé la date de la mort en années du règne du prince, mais sans indiquer le nom de ce prince. Cet usage singulier, et dont je ne puis m’expliquer le but, jette beaucoup d’obscurité sur l’époque de ces monumens. Ici, il n’y a point d’incertitude ; les noms Titus Petronius annoncent l’époque romaine, et l’année 29 ne peut convenir qu’à Auguste, puisque le règne d’aucun autre empereur n’a duré 29 ans. Le monument est donc de l’an 3 de notre ère.

L’épitaphe suit l’énoncé de la date. Les lettres numérales ~ΔΚ~ sont placées en sens inverse, comme dans les inscriptions de Syrie. J’en ai vu plusieurs exemples parmi celles de la Cyrénaïque ; je n’en connais pas un seul sur les monumens de l’Égypte. Si j’en ai bien compris les détails, Titus Petronius Capiton est mort la nuit même qui devait être celle de ses noces. De là une opposition assez touchante entre les cérémonies nuptiales et les cérémonies funèbres. Il y a dans l’Anthologie une épigramme de Méléagre sur une jeune fille, morte aussi la veille de son mariage[395] ; elle l’emporte en grace et en correction ; mais je ne sais si l’inscription de Cyrène n’est pas d’une tournure plus ingénieuse.

Il n’y eut qu’une _seule nuit_ (νὺξ μία), faible intervalle (βαιὸν τὸ μεταξὺ) entre l’hymen et la tombe (θαλάμου καὶ τύμβου) : les épithètes ψεύϛιν [_trompeuse_] et ἀνηλέα [_impitoyable_] semblent convenir mieux à la _fortune_, auteur du mal, qu’à la _nuit_, qui n’en a été que le témoin. La forme ψεῦϛις, pour le féminin de ψεύϛης, n’est pas connue ; on ne trouve que ψεύϛρια ou ψεύϛειρα. Cette nuit malheureuse fut ἄνις αὐλῶν _sine tibiis_, c’est-à-dire, qu’on n’entendit pas retentir le son des flûtes (αὔλημα τὸ γαμήλιον) qui accompagnait la marche des jeunes époux le jour de la noce[396] ; aussi la veille de ce jour s’appelait- elle προαύλια[397] ; et c’est pour cela que Philippe de Thessalonique dit de Vénus qu’elle aime λιγυρῶν αὐλῶν ἡδυμελεῖς χάριτας[398].

Τὴν δίχα σοι παϛῶν. Le παϛὸς était proprement l’alcôve du lit, ou l’ensemble des rideaux qui l’enveloppaient[399] ; ce mot est ici pris comme synonyme de θάλαμος ; et δίχα παϛῶν est pour δίχα παϛοῦ : le pluriel est commun en ce cas. Ainsi, Méléagre, dans son épigramme déja citée : καὶ θαλάμων ἐπλαταγεῦντο θύραι[400] ; dans une adespote, on lit : πρόσθεν ἐμῶν θαλάμων[401] ; dans une de Persès : ὡραίους ἤγαγεν εἰς θαλάμους[402] ; ailleurs les deux mots sont réunis : ἐκ δ’ ἐμὲ παϛῶν νύμφην κἀκ θαλάμων ἥρπασ’ ἄφνως Ἀΐδας[403] ; enfin, dans une épigramme d’Agathias le scholastique : οὐδ’ ἐπὶ παϛοὺς ἠγάγετο[404]. C’est ce vers qui montre que Capiton était mort avant d’avoir conduit sa nouvelle épouse au domicile conjugal où se donnait le banquet de noces.

Αἲ, αἲ τὴν... τέφρην. Ainsi Méléagre : Αἲ, αἲ τὰς μαϛῶν ψευδομένας χάριτας[405] ; et Philippe de Thessalonique : αἲ, αἲ πέτρον ἐκεῖνον[406]. Les leçons πεσοῦσαν et βίβλους pour βίβλου me semblent certaines ; et le pronom σεῖο se rapporte aux mots qui précèdent, et non pas à τέφρην.

Voilà pour la syntaxe de ces deux vers ; mais les mots et le sens présentent plus d’une difficulté. Qu’est-ce que la _cendre_ TOMBÉE _sur ses voiles, ses bandelettes ou guirlandes_, etc. Cela se rapporte-t-il à quelque usage inconnu ! Je ne le pense pas. Il n’y a là, je crois, qu’une impropriété d’expression.

D’abord, il me semble que πέπλα, ϛέμματα et βίβλοι σεῖο, désignent les vêtemens et les ornemens que portait Capiton. Nous voyons dans Chariton[407], que Callirhoé, nouvelle mariée, fut mise dans la tombe, couverte de toute sa parure de noce et de la couronne qui avait orné son front le jour de son mariage ; ce qui rappelle l’usage encore subsistant en Épire, où les époux sont parés, le jour de l’enterrement, de leurs couronnes nuptiales, quand ils n’ont pas changé de lien[408]. C’est, je pense, la parure de noce de Capiton que désignent les mots πέπλα, ϛέμματα et βίβλοι. Le premier désigne, par une expression spécifique, le vêtement en général, la ϛολὴ ou ἐσθὴς νυμφικὴ de Chariton, la γαμικὴ χλανὶς d’Aristophane[409], la robe préparée pour la noce, et que Chariton n’avait pu revêtir. Admète, dans Euripide, emploie le même mot, quand, après les funérailles d’Alceste, il rentre seule dans son palais : il compare les habits de deuil, μέλανες ϛολμοὶ, qu’il porte maintenant, aux vêtemens blancs, λευκὰ πέπλα, qui le paraient le jour qu’il y conduisit son épouse chérie[410]. Les ϛέμματα pourraient être des guirlandes ; je crois plutôt que ce sont les _bandelettes_ (λημνίσκοι, _infulæ coronarum_) des couronnes qui devaient parer la tête de Capiton ; et βίβλοι doit désigner ces couronnes elles-mêmes : les mots ταινίαι et ϛέφανοι se trouvent souvent ensemble[411]. Il y avait une espèce de _biblus_ appelée ϛεφανωτρὶς, dont on tressait des couronnes. Agésilas, en Égypte, s’en était servi au témoignage de Théopompe[412] ; et Appien dit de Pharnace : βίβλον τις πλατεῖαν φέρων ἐξ ἱεροῦ ἐϛεφάνωσεν αὐτὸν ἀντὶ διαδήματος[413]. La fleur du biblus était-elle, en Cyrénaïque, employée spécialement aux couronnes nuptiales ? je l’ignore. Βίβλοι signifie donc ϛέφανοι ἐκ βίβλου, comme λωτοὶ, dans Méléagre[414], signifie des _flûtes_, αὐλοὶ ἐκ λωτοῦ, parce qu’on faisait avec le lotus une espèce de flûtes qu’Euripide appelle λίβυς λωτὸς[415], et qu’il nomme ailleurs λίβυς αὐλός[416]. L’épithète ἀμύριϛα jointe à ϛέμματα annonce qu’on n’avait pas eu le temps de parfumer ni les bandelettes, ni les couronnes ; ce qui s’explique par un passage d’Aristophane, où l’on voit qu’on ne les parfumait qu’au moment de conduire la mariée.... οὔτε μύροισιν μυρίσαι ϛακτοῖς ὁπόταν νύμφην ἀγάγησθον[417].

Maintenant que signifie : « Hélas ! la cendre _tombée_ sur les vêtemens, les bandelettes, etc. ! » Cela ferait-il allusion à quelque usage inconnu, pour nous, de jeter de la cendre sur le linceul et les ornemens du mort ! L’expression πεσοῦσα me fait croire que τέφρη, cendre, par une impropriété d’expression peu surprenante dans cette épitaphe, a le sens de κόνις, employé souvent pour γῆ ou χθών. Ainsi : κούφη τοι γὰρ ἐμοὶ πέλεται κόνις[418] ; et ἀλλὰ τὰ [sc. ὀϛέα] μὲν κεύθει μικρὰ κόνις ἀμφιχυθεῖσα[419]. Le mot κόνις étant un synonyme de τέφρη, dans l’acception de _cendre_, le poète a cru que τέφρη pouvait se prendre pour un synonyme de κόνις dans le sens de _poussière_. Si τέφρη est pris ici pour κόνις, on voit que ἡ ἐπὶ πέπλα πεσοῦσα τέφρη revient à ἡ ἐπὶ π. πεσ. χθὼν ou γῆ et se rapporte à la _terre_, à la _poussière_ qui _tombe_, que l’on _jette_ sur le cadavre du mort, ce qui est exactement analogue à l’expression d’Euripide : κούφα σοι | χθὼν ἐπάνω ΠΈΣΕΙΕ, γύναι[420] ; et à cet autre du même : κακοῖς δ’ ἔφ’ ἔρμα ϛερεὸν ῈΜΒΆΛΛΟΥΣΙ γῆς[421]. Je crois que c’est là le sens que notre poète a donné à ces deux vers.

Οἲ θρήνοισι βοητὸν ὑμήναον : le poète, ayant besoin d’un dactyle, a suivi ; pour ce mot, une orthographe singulière, en écrivant ὑμήναον au lieu de ὑμέναιον. On peut citer, pour son excuse, un passage de Sapho, cité par Héphestion, où de bons critiques ont laissé ὑμήναον[422]. On ne connaît que les composés ἀμφιβόητος, διαβόητος, ἐπιβόητος, περιβόητος et ἀβόητος[423]. Le simple βοητὸς ne s’est encore trouvé nulle part ; mais il n’a rien d’illégitime. L’expression rappelle le βοάσατ’ εὖ τὸν ὑμέναιον, ὦ, | μακαρίαις ἀοιδαῖς | ἰακχαῖς τε νύμφαν d’Euripide[424]. Quant à la pensée, on en retrouve l’équivalent dans le θρῆνος ὀ ὑμέναιος d’Achilles Tatius[425], le εἰς δὲ γόους ὑμέναιος ἐπαύσατο de Parménion[426] et le θρῆνος δ’ εἰς ὑμέναιον ἐκώμασεν de Philippe[427]. Mais ici la tournure est plus vive et plus expressive. L’_hyménée_ se chantait surtout après le festin de noce, lorsque les deux époux étaient conduits dans l’appartement conjugal[428] ; et de là, cette ingénieuse expression, dans l’épitaphe d’une jeune fille : οὐ δ’ ὑμέναιον | ᾖσέ τις οἰνοχαρὴς πρόσθεν ἐμῶν θαλάμων[429]. Capiton, conduit, non pas au lit nuptial, mais à la tombe, a eu des gémissemens pour chant d’hyménée.

Il y a encore dans la dernière phrase une dilogie ingénieuse qui repose sur ce que la marche des jeunes époux, comme le cortége funéraire, était précédée par des flambeaux, désignés ici d’une manière pittoresque par les mots προκέλευθοι λαμπάδες λέχους. Les flambeaux d’hymen conduisaient au lit nuptial ; les flambeaux funèbres, à la couche dernière, idée exprimée dans l’épigramme de Méléagre : αἱ δ’ αὐταὶ καὶ φέγγος ἐδᾳδούχουν παρὰ παϛῷ | πεῦκαι, καὶ φθιμένᾳ νέρθεν ἔφαινον ὁδόν.

Il se pourrait que κενὸν (λέχος) signifiât simplement _vain, inutile, stérile_, comme κενεαὶ ὠδῖνες dans Méléagre[430], et κενεὸς τάφος dans Grégoire le théologien[431]. Mais je crois que l’auteur lui a donné le sens propre de _vide, désert, solitaire_ ; Euripide fait dire à Admète : πέμπουσί μ’ ἔσο λέκτρων κοίτας ἐς ἐρήμους[432] ; et à la place du mot ἔρημος, il emploie κενὸς, un peu plus bas, γυναικὸς εὐνὰς εὖτ’ ἂν εἰσίδω κενάς[433]. Au lieu d’être conduit au lit nuptial, où devait se trouver la jeune mariée, Capiton est porté au lit funèbre qu’il occupe tout seul. D’ailleurs, s’il avait été marié, ce lit funèbre aurait été partagé un jour par sa femme, parce que la femme et le mari étaient le plus souvent renfermés dans le même tombeau : mais la couche dernière de Capiton est et sera toujours solitaire. C’est ce double sens qui me paraît compris dans le mot κενός.

No 2. C’est la seule peut-être de toute la collection qui soit antérieure aux Lagides ; elle ne contient malheureusement que des noms propres, sans même qu’on sache à quelle affaire ils se trouvent liés, et quel est l’objet du monument.

PL. LXIII.

No 1. Fragment d’inscription latine destinée, à ce qu’il paraît, à mentionner la dédicace ou l’érection d’un portique faisant partie d’un _Cesareum_, ou monument consacré à Jules César : l’inscription doit être du règne d’Auguste. (V. le voyage, p. 219 et suiv.)

No 2. Cette inscription est placée au-dessus d’une fontaine d’Apollon ; il faut la lire :

L. ~ΙΓ~ Διονύσιος Σώτα, ἱερειτεύων[434] τὰν κράναν ἐπεσκεύασε. « L’an XIII. Dionysius, fils de Sotas, exerçant la prêtrise, a réparé la fontaine. »

Cette fontaine est tout près de ruines considérables qui ont appartenu à un temple. Ce sont la fontaine et le temple d’_Apollon_, si célèbres à Cyrène[435] ; les doutes à cet égard sont levés par le fragment de dédicace impériale. (no 10 de cette même pl.) M. Pacho l’a copié d’après sur une bande de marbre blanc, courbée comme l’arc d’un hémicycle et dont il occupe la courbe intérieure. Je soupçonne que ce bloc faisait partie du dossier d’un _exèdre_ qui a dû être fort grand ; car le bloc qui a deux pieds de long, est très-légèrement courbé. Cet édifice fut élevé en face du temple d’Apollon, avec l’argent fourni par les prêtres, comme le dit l’inscription dont il ne reste que ceci.

·------------------------------------------------+ · ΤΩ ΣΕΒΑΣΤΩ ΑΡΧΙΕΡΕΩΣ ΣΩΤΕΡΙΑΣ ΚΟΙΝΤΟΣ ΛΟΥΚΑΝΙΟ | · | · ΤΟ ΣΕΚΤΑΣΙΩΝ ΤΩ ΑΠΟΛΛΩΝΟΣ ΙΕΡΕΩΝ ΕΠΙΔΟΣΙΟ | · | · ΑΝΕΘΗΚΕΝ. | ·------------------------------------------------+

Les mots ΤΩ ΣΕΒΑΣΤΩ ΑΡΧΙΕΡΕΟΣ qui commencent la seconde ligne annoncent qu’il s’agit d’Auguste. La place du mot ἀνέθηκεν qui a dû correspondre au milieu de l’inscription indique qu’il manque aux deux lignes précédentes trente-deux à trente-quatre lettres. Ces indications suffisent pour rétablir la première ligne ; quant à la seconde, cela est tout-à-fait impossible, puisque la lacune a dû être remplie par les titres de Quintus Lucanus qu’on ignore, et par le nom de l’édifice qu’on ne connaît pas davantage. Voici la lecture de ce qui existe encore, et la restitution de ce qu’il est possible de rétablir sans arbitraire.

+-------------------------------------+--------------------------------+ |Ὑπὲρ τῆς αὐτοκράτορος Καίσαρος, θεῶ ὑ|ιῶ, Σεβαϛῶ, ἀρχιερέως, σωτηρίας,| | |Κόϊντος Λουκάνιος | | | | |. . . . . . . . . . . . . . . . . . .|. . . ἐκ τᾶς τῶν Ἀπόλλωνος | | |ἱερέων ἐπιδόσιος | | | | | |ἀνέθηκεν. | +-------------------------------------+--------------------------------+

« Pour le salut de l’empereur César, fils du dieu [César], Auguste, grand pontife, Quintus Lucanius [. . . . . . . . a élevé ce . . . . . . . .], avec la contribution fournie par les prêtres d’Apollon. »

Le seul changement que je me sois permis, c’est de faire un ι du τ au commencement de la première ligne, pour avoir la fin du mot υἱῶ (dor. pour υἱοῦ). Le mot ἐπίδοσις a le sens de _erogatio publicè facta_.

No 3. Κλαυδία Βενόστα Κλαυδίου Καρτισθένους Μελίορος θυγάτηρ τὰν Κόραν καὶ τὸν ναὸν ἐκ τῶν ἰδίων ou bien ἐκ τῶν ἰδίων καὶ τὸν ναόν. « Claudia Venusta, fille de Claude Cartisthène Melior, [a élevé] à ses frais [la statue de] Proserpine en ce temple. »

Inscription du temps de l’empereur Claude ou de Néron. L’expression τὰν Κόραν pour τὸ τᾶς Κόρας ἄγαλμα a été expliquée ailleurs[436]. Claudia Venusta avait fait élever à ses frais et _la statue et le temple_. Ainsi dans une inscription de Syrie[437] ... τὸν ναὸν καὶ τὸ ἄγαλμα ἐκ τῶν ἰδίων ἀνέθηκεν. Ce qui distingue celle de Cyrène, c’est que le verbe manque, sans qu’il en résulte la moindre équivoque.

La même observation s’applique à celle du No 4, qui constate que la même _Claudia Venusta_ avait élevé une _statue et un temple_ à Bacchus. Κλαυδία Βενόστα Κλαυδίου Καρτισθένους Μελίορος θυγάτηρ Διόνυσον ἐκ τῶν ἰδίων σὺν τῷ ναῷ.

Νo 5. Κλαυδίαν Ἀρατὰν Φιλίσκω θυγατέρα, φύσει δὲ Εὐφάνους, ματέρα Κλαυδίας Ὀλυμπιάδος, αἰωνίω γυμνασιαρχίδος, ἀρετᾶς ἕνεκα, Κυραναῖοι. « Les Cyréneens [ont honoré par ce monument], à cause de sa vertu, Claudia Arété, fille de Philiscus par adoption, d’Euphanès par nature, mère de Claudia Olympias gymnasiarque perpétuelle. »

Cette inscription est du même temps que les deux précédentes. Ἀρατὰ pour Ἀρετή, dorisme comme Ἄρταμις, τράχω, ἅτερος pour Ἄρτεμις, τρέχω, ἕτερος.

Φύσει δὲ, _par nature_, ce qui indique que Philiscus n’était que père adoptif. La même formule se lit ailleurs[438]. D’autres fois, on nommait le premier le père naturel, comme ἐπὶ ἱερέως Μέμονος τοῦ Ὀρεστείδου, κατὰ δὲ ποίησιν Εὐωνύμου[439].

La fonction de gymnasiarque était aussi exercée par les femmes[440] ; mais la forme γυμνασίαρχος sert ordinairement pour les deux genres.

No 7. Le nom propre est estropié : il paraît être celui d’une femme, Σαλυΐα, _Salvia_. L’inscription n’est remarquable que par le monogramme qu’on pourrait prendre pour celui du Christ, puisqu’il offre réellement les lettres ΧΡ, ce qui, avec les trois autres lettres ΑΙΝ, donne le mot χάριν (εὐνοίας). C’est le seul exemple que j’en connaisse.

No 8. Fragment de l’inscription funéraire de Lucius Vibius Cattabus, fils de Lucius (Vibius Cattabus) ; il paraît y avoir eu [_faciendum_] _coeravit_ (pour _curavit_) : la même inscription était répétée en grec au bas. Il paraît y avoir Λεύκιος ὁ ὑὸς Λευκίου Κάτταβος... ὃς ἐποίησε. Ce n’est pas la seule fois que _faciendum curavit_ a été rendu par ἐποίησε.

No 9. Inscription chrétienne d’un bas temps, pleine de fautes d’orthographe : κῖτε pour κεῖται, est fréquent dans les monuments de cette époque, de même que κὲ pour καὶ, τέθικαν pour τέθεικαν, iotacisme ; θεῶ pour θεοῦ, reste de dorisme.

Διμιτρία θυγάτηρ Γαίου τοῦ ὠνησαμένου τὸ μνῆμα τοῦτο ἐνθάδε κῖτε μετὰ τοῦ υἱοῦ αὐτῆς θεῶ δούλου· οὗτοι ἐτελεύτησαν ἐπὶ.... Μαξίμου γενομένου· τέθικαν αὐτοῖς Κάλλιππος ὁ ἀνὴρ αὐτῆς κὲ υἱὸς αὐτοῦ Γαῖος κὲ γαμβρὸς αὐτοῦ Πανύβουλος καὶ μνήθητο αὐτῶν· ἐντὸς πηχῶν.

Démétria, fille de Gaius, qui a acheté ce monument, repose ici, avec son fils, serviteur de Dieu.

Ils sont morts sous . . . . ., Maxime . . . . . et y ont été déposés par Callippe, son mari ; par Caïus, fils de ce dernier, et Panybule, son gendre. Accordez-leur un souvenir . . . . . coudées en dedans.

PL. LXIV.

No 1. Tombeau avec deux noms propres estropiés ; il semble que ce soit Κοῖρος ou Κοῖτος Ἀριϛοκλίδα. « Cœrus ou Cœtus, fils d’Aristoclide. »

Au-dessous Ἰάσονος τόπος. « Lieu de sépulture de Jason. »

No 2. Ces inscriptions, trouvées dans un sanctuaire, ont été écrites par les gens qui venaient le visiter : ce sont des noms, ou tout seuls, ou suivis de ἥκω ou de ἦλθε.

Διοσκουρίδης.

Δίων ἥκω.

Ἕλεξ ἥκω.

Πρόθυμος ἥκω.

Ἴασος (?) ἥκω.

Ἀγαθοκλέα. Ἀγαθοκλῆ.

Σωσιϛρατίου. Ἀγαθοκλέους.

Ἰδουμαῖος.

ἦλ θε.

D’autres _Iduméens_ y ont écrit leurs noms, probablement à la même époque ; ce sont :

Κοσβάρακος (?) puis........

Μαλίχου[441]. Κράτερος.

Ἰδουμαῖος. et Σύμμαχος.

Ἰδουμαῖος.

On lit dans une autre : Τιβέριος Κλαύδιος Ἴϛρος τοῖς θεοῖς ἀπέδωκε θυσίαν. « Tibère Claude a fait un sacrifice aux dieux [adorés dans ce sanctuaire]. »

On pourrait à la rigueur lire : πρὸς τοῖς θεοῖς, et entendre ici πρὸς dans le sens de παρὰ, si fréquemment employé dans ces sortes de locutions προσκύνημα παρὰ τῷ θεῷ ἐποίησε. Mais il manque un nom après _Tibère Claude_ ; je ne doute pas que M. Pacho n’ait passé deux lettres, et qu’il faille lire : Ἴστρος.

PL. LXV.

Inscriptions sans intérêt, ne renfermant que des noms propres.

Le No 3 est un fragment de _dédicace_ romaine ; on y distingue PONT. MAX. TRIB. [POTEST.]

Le No 9 seul mérite quelque attention.

Καλῇ τύχῃ. L. ~Ν.~ _à la bonne fortune_. L’an LV. (καλῇ τύχῃ, pour ἀγαθῇ τύχῃ).

Πυραμαῖος Πυραμαίου, Pyramée, fils de Pyramée. Ἰλῖνε καλοκαγαθὲ Σέκονδε..... _Adieu, vertueux..... Ilinus secondus_.

La même un peu plus haut.

Ἀριϛοτέλης Σώσιος Ίαρεὺς Ἀπόλλωνος· μηθένα ἐντίθῃ.

« Aristote, fils de Sosis, prêtre d’Apollon. Qu’on ne mette personne [dans ce tombeau]. »

La formule μηθένα ἐντίθη est elliptique : il faut entendre sans doute la défense, si souvent répétée, d’enterrer dans le tombeau une autre personne qu’Aristote fils de Sosis. ΤΑΡΕΥΣ doit être ΙΑΡΕΥΣ pour ΙΕΡΕΥΣ, dorisme, comme ἱαρὸς pour ἱερὸς dans les tables d’Héraclée, et Ἱάρων pour Ἱέρων dans l’inscription du Casque trouvé à Olympie.

PL. LXVI.

Noms propres.

PTOLÉMAÏS.

PL. LXXIII.

Cette inscription qui commence par ces mots : Αὐτοκράτωρ Καῖσαρ Ἀναϛάσιος ἀνίκητος..... σεβαστὸς Αὔγουστος[442], est un rescript de l’empereur Anastase relatif au service militaire. Ce rescript mérite d’occuper les loisirs d’un philologue exercé : mais la restitution en est bien difficile. (voir le voyage, page 178.)

PL. LXXIV.

Il n’y a sur cette planche que trois inscriptions qui offrent de l’intérêt et méritent quelque attention.

Les deux premières sont intéressantes surtout par la place qu’elles occupent. En effet, les pierres sur lesquelles elles sont gravées font partie du soubassement d’un temple ; l’une d’elles est même dans une situation renversée, et même tronquée, pour donner à la pierre les dimensions dont on avait besoin. Il est évident que ces pierres ont servi comme matériaux dans la construction de l’édifice. Avant de connaître cette particularité, et à la seule vue du dessin représentant les ruines de ce temple (Pl. LXVIII.) j’avais dit à M. Pacho que cet édifice n’était pas antérieur à la domination romaine. La présence de ces inscriptions met le fait hors de doute, comme on va le voir.

Celle qui est dans une situation renversée est disposée ainsi :

+----------------------------+ |ΒΑΣΙΛΙΣΣΑΝ ΑΡΣΙΝΟΗΝΘΕΑ | | | |ΤΗΝ ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ ΚΑΙ ΒΕΡΕΝΙΚΗΣ| | | | ΗΠΟΛΙΣ | +----------------------------+ [Note du transcripteur : Cette inscription entière est à l'envers dans la source]

Il est facile de voir que les deux premières lignes ont été tronquées, par le motif indiqué plus haut : il serait impossible de les rétablir si l’on ne pouvait savoir quelle a été leur longueur. Heureusement cette circonstance capitale se déduit de la position des mots Η ΠΟΛΙΣ qui forment à eux seuls la troisième leçon, puisqu’on ne peut douter qu’ils n’occupassent à très-peu près le milieu de l’inscription. On en conclut avec certitude qu’il manque seulement de huit à dix lettres aux deux lignes tronquées.

Maintenant, si nous cherchons, dans la série des princes lagides, quelle est la _reine Arsinoë_, fille de Ptolémée et de Bérénice, nous ne trouverons que la seconde femme de Ptolémée Philadelphe, et sa sœur, fille de Ptolémée Soter et de Bérénice. L’inscription entière était donc :

+-----------------------------+ · · · · · · · | Βασιλίσσαν Αρσινόην, θεὰ|ν Ἀδελφὴν · | | · | τὴν Πτολεμαίου καὶ Βερενίκης|θεῶν Σωτήρων · | | · | ἡ πόλις. | · +-----------------------------+ · · · · · · ·

« La ville [de Ptolémaïs honore par ce monument] la reine Arsinoë, déesse sœur, fille de Ptolémée et de Bérénice, dieux sauveurs. » C’est une dédicace qui fut probablement placée entière sur la base d’une statue, érigée peut-être à l’époque et à l’occasion du mariage d’Arsinoë avec son frère, en 276 avant J. C.

L’autre inscription est entière, sauf quelques erreurs de copie faciles à corriger. La voici :

+-----------------------------------+ | ΒΑΣΙΛΕΑ ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΝ ΤΟΝ ΒΑΣ...Ε. Σ | | | | ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ ΚΑΙ ΒΑΣΙΛΙΣΣΗΣΚ.. ΕΟ | | | | ΠΑΤΡΑΣ ΑΔΕΛΦΟΝ,ΘΕΟΝ ΟΙΛΟΜΗΤΟΡΑ | | | | ΗΠΟΛΙΣ | +-----------------------------------+

Βασιλέα Πτολεμαῖον, τὸν βασιλέως

Πτολεμαίου καὶ βασιλίσσης Κλεο

πάτρας ἀδελφὸν, θεὸν φιλομήτορα

ἡ πόλις.

« La ville [de Ptolémaïs honore par ce monument] le roi Ptolémée frère de Ptolémée et de la reine Cléopatre, dieux Philométor. »

C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un roi lagide est désigné, dans une inscription, par les mots FRÈRE _de tel et de telle_, au lieu de FILS _de tel roi et de telle reine_. Mais cette désignation s’explique facilement, ce me semble, et sert à donner la date précise de l’inscription.

Le roi dont Philométor est ici qualifié le frère, est Évergète II, fils comme lui de Ptolémée Épiphane. La reine Cléopâtre ne peut être que la Cléopâtre, sœur de tous les deux, d’abord femme de Philométor, et qui, après la mort de son premier mari, en 147, fut épousée, en 146, par son autre frère Évergète II, et partagea le trône avec lui. Il est donc certain que l’inscription est postérieure à la mort de Philométor, en 146. Mais comme on est également sûr que, l’année suivante, Évergète II répudia cette _sœur_ Cléopâtre, pour épouser la fille de cette princesse et de son frère[443], on a l’année précise de la dédicace, c’est-à-dire, l’an 145 avant notre ère. Cette dédicace est donc un hommage rendu à Philométor par les habitants de Ptolémaïs, peu de temps après la mort de ce prince. Sans doute la ville lui avait décrété une statue de son vivant : mais sa mort étant survenue avant qu’elle ne fût terminée, on dut le désigner nécessairement par le titre de _roi_, de _dieu Philométor_, en y ajoutant celui de _frère_ des deux princes qui occupaient alors le trône.

Il est clair que des statues en l’honneur d’Arsinoë Philadelphe et de Ptolémée Philométor n’ont pas été détruites tant qu’a duré la dynastie des Lagides. Ce ne peut être qu’après leur domination que ces statues, ainsi que les dédicaces qui contenaient le nom des princes, ont pu être renversées, et les fragments des piédestaux employés dans la construction d’un édifice. Cette observation, indépendamment du caractère de l’architecture, prouve donc que le temple de Ptolémaïs dont M. Pacho a dessiné les ruines, appartient au temps de la domination romaine.

La troisième est un fragment gravé sur une pierre encastrée dans le mur de Kasr-el-Askar à Ptolémaïs :

----------------------- · ΕΒΑΣΤΟΣ ΑΝΤΟΝΙΑΚΑΛΥ · · · · ΚΑΙΣΑΡΟΣΘΜ · -----------------------

Ce fragment n’est que le milieu d’une inscription en deux lignes. Il s’agit d’en retrouver le commencement et la fin ; quelque hardie que puisse paraître la restitution que je vais hasarder, je crois cependant que, comme elle satisfait aux conditions qu’exige l’état du monument, elle porte un assez grand caractère de certitude.

D’après ce qui a été dit plus haut, la petite ligne qui commence par ΚΑΙΣΑΡΟΣΘΜ a dû se trouver au milieu de la grande ; c’est la principale condition que devra remplir la restitution de l’une et de l’autre.

Et d’abord, le mot ΚΑΙΣΑΡΟΣ, dans les inscriptions impériales, est toujours suivi du mot ΣΕΒΑΣΤΟΥ, à moins qu’il ne s’agisse d’Auguste, le seul empereur qui ait été désigné par le simple mot ΚΑΙΣΑΡ : or, les lettres ΘΜ qui viennent après prouvent que le mot ΣΕΒΑΣΤΟΣ n’a pu le suivre. Cette dédicace appartient donc certainement au règne d’Auguste.

Il devient vraisemblable que le nom ΑΝΤΩΝΙΑ qu’on lit à la première ligne, désigne _Antonia_, nièce d’Auguste, mère de Germanicus et de Claude, épouse de Drusus l’Ancien. S’il en est ainsi, son nom a dû être suivi de ceux de Claude Drusus, et en effet les lettres ΚΛΑΥ paraissent bien appartenir à ΚΛΑΥ [ΔΙΟΥ], nom qui était suivi de ΝΕΡΩΝΟΣ ΔΡΟΥΣΟΥ..... ΓΥΝΗ ou ΓΥΝΑΙΚΙ. Les noms de ce prince se présentent ordinairement dans un autre ordre (Nero Claudius Drusus) ; mais cette différence ne peut nous arrêter : bien des exemples de ce genre la justifieraient au besoin.

En troisième lieu, les lettres ΕΒΑΣΤΟΣ, qui précèdent et qui proviennent évidemment de ΣΕΒΑΣΤΟΣ, ne peuvent cependant désigner Auguste ; car le nominatif en un tel endroit serait inexplicable. On peut encore regarder comme à peu près certain que c’est le reste du titre de φιλοσέβαστος, titre analogue à celui de φιλορώμαιος, que prennent souvent des particuliers et des villes, comme ceux de Carrhes, sur les médailles, et surtout à ceux de φιλοκαῖσαρ[444], φιλοτιβέριος, φιλοκλαύδιος[445], etc., épithètes de flatterie qui se trouvent sur des monuments écrits de différents genres. Ici φιλοσέβαστος désigne, dans le même sens, le dévouement du peuple de Ptolémaïs envers l’empereur Auguste. Il y avait donc, avant le mot Ἀντωνίᾳ, les mots Πτολεμαιέων ὁ δῆμος ὁ φιλοσέβαστος.

Le mot ΚΑΙΣΑΡΟΣ, de la troisième ligne, doit dépendre de la date exprimée ἔτους ou Γ., selon l’usage : dans ce cas les lettres ΘΜ ne pouvaient être guère autre chose que le commencement d’un des mois égyptiens, les seuls qu’on trouve dans les inscriptions grecques de la Cyrénaïque : ces lettres ne conviennent à aucun autre mieux qu’à ΦΑΜΕΝΩΘ. Ainsi la date était exprimée comme dans ces inscriptions d’Égypte et de Nubie, ἔτους ΛΑ Καίσαρος, Θωϋθ[446], ou bien ἔτους ~ΛΒ~ Καίσαρος, φαωφὶ[447], ou enfin L. ~ΛΑ~ Καίσαρος Παῦνι ΙΒ[448].

Il est impossible de savoir si le quatrième du mois a suivi le nom φαμενὼθ, ce qui importe peu, puisqu’il ne s’agit que d’une seule lettre ou deux au plus. Les mots Καίσαρος φαμενὼθ devant correspondre au milieu de la première ligne, il doit se trouver autant de lettres avant celle qui correspond à la première de Καίσαρος, ou des deux lettres numériques qui ont pu suivre ce mot, c’est-à-dire, après celle qui est au-dessus de la dernière de φαμενὼθ ; or, cette condition importante est exactement remplie par la restitution suivante fondée sur les observations qui précèdent.

· · · · · · · · · · · · · · +--------------------+ · · · · · · · · · · · · ·Πτολεμαιέων ὁ δῆμος ὁ φιλοσ|έβαϛος Ἀντωνίᾳ, Κλαυ|δίου Νέρωνος Δρούσου · · | |Γερμανικοῦ γυναικὶ. L..· · | | · · | Καίσαρος φα|μενὼθ... · · · · · · · · · · · · · · · +--------------------+ · · · · · · · · · · · ·

« Le peuple philosébaste de Ptolémaïs, à Antonia, femme de Claude Néron Drusus Germanicus. L’an... de César, au mois de phaménoth. »

PL. LXXV.

Inscriptions funéraires sans intérêt.

Contentons-nous de citer : Ἰουλία Πρόκλα, ἐπόησεν ἑαυτῇ καὶ τοῖς αὑτῆς.

PL. LXXVI.

Même observation que ci-dessus. On ne peut remarquer que celle-ci.

Γ. Ἰούλιος Στέφανος ἐπόησεν ἐξ ἀρχιδίων τὸν σηκὸν καὶ τὰν ἐξέδραν καὶ τὸν περίβολον ἐξ ἰδιᾶν δαπανᾶν, ἑαυτῷ καὶ τοῖς τέκνοις.

Caius-Julius-Stéphanus a fait construire des fondements ; le sécos, l’exèdre et l’enceinte à ses frais pour lui et ses enfants.

Ἐξ ἀρχιδίων, locution inconnue, doit avoir le sens de ἐξ ἀρχῆς, ἐκ θεμελίων : elle annonce la corruption de la langue.

PL. LXXVII.

Même observation.

PL. LXXIX (_bis_).

Tombeau où l’on distingue les mots L ~ΙΒ~ Φαρμουθὶ ~Δ~ Πραξαγόρα Θεανοῦς. « An XII, 4 de Pharmuti [tombeau] de Praxagoras fils de Théano. »

On remarquera la ligature qui, dans le mot Φαρμουθὶ, représente les deux lettres Φ Α.

Autre tombeau, sur la base duquel on lit cette inscription d’un style qui décèle un très-bas temps.

Κλα. Γαιανῷ καὶ συμβίῳ μου. Ἀπαγορεύω δὲ ἕτερόν τινα μὴ ἀνύξαι, μηδὲ θάψαι, ἐκτὸς εἰ μὴ παιδὶ αὐτοῦ· εἰ δ’ οὐ ἐκτείσει τῷ ταμείῳ ~Χ~ ~Α Φ~.

« A Claude Gaïanus et à mon épouse [ce tombeau appartient] : je fais défense à personne d’ouvrir ce tombeau, ni d’y enterrer quelqu’un, excepté mon fils : si non, il paiera au trésor 1500 deniers. »

Ἀνύξαι, pour ἀνοίξαι. On remarquera la faute ἐκτὸς εἰ μὴ, et le solécisme παιδὶ pour παῖδα. ϹΙΔΟΥΝ ne peut être que εἰ δ’ οὐ : le Ν est une faute du graveur.

No 1. Σήστιος Κάρπος καὶ Σηστία...... υνις ἐποίησαν ἑαυτοῖς καὶ τοῖς ἰδίοις τέκνοις.

« Sestius Carpus et Sestia.... ynis ont fait [ce tombeau] pour eux et leurs enfants. »

No 2. Tombeau d’une jeune fille de deux ans.

. . . . . . . . . . . ἐτῶν δύο ἐνθάδε κεῖται

ταύτης ὁ πατὴρ ἀπαγόρευε ταῦτα λέγων, ὃς ἂν ἀνύξῃ

τὸ λαρνάκιον τοῦ τόπου, καὶ θάψῃ τινὰ, εἰσοίσει τῷ

ἱερωτάτῳ ταμείῳ δηνάρια πεντακόσια· θάρσει

ἡρωΐς ! οὐδεὶς ἀθάνατος.

« . . . . . . . . . . . . . agée de deux ans, repose ici. Son père fait défense à qui que ce soit d’ouvrir la tombelle de cette sépulture, et d’y enterrer quelqu’un, à peine d’une amende de 500 deniers payables au trésor très saint.

Ne t’afflige pas, héroïne : personne n’est immortel. »

ὁ τόπος est le terrain concédé pour la sépulture, et τὸ λαρνάκιον, diminutif de λάρναξ, _la tombe_, comme on dit, le _sarcophage_, où le corps était renfermé. (ce diminutif manque aux lexiques.) ἀνύξη doit être par iotacisme pour ἀνοίξῃ de ἀνοίγειν, _ouvrir_ ; la formule θάρσει...... οὐδεὶς ἀθάνατος, est connue.

No 3. Μ. Οὔλπιος Ἐπίνικος αὑτῷ καὶ τοῖς ἰδίοις· καὶ Ὀλπία Ἀθηναῒς ἑαυτῇ καὶ τοῖς ἰδίοις.

« Μ. Ulpius Epinicus pour lui-même et les siens ; et Ulpia Athénaïs pour elle-même et les siens. »

No 4. ~LΒ~. Παοινὶ ~ΚΒ~. ἐτελεύτησε Κλαύδιος Δράκων. L. Κ Δ μηνῶν ~Γ~ ἁμερᾶν ~ΙΕ~.

L~Ε~ Ἀθὺρ ~ΚΕ~ ἐτελεύτησε Κλαύδιος Ἀχιλλᾶς L. ~ΚΔ~ μηνῶν ~Ι,~ ἁμερᾶν ~Ε.~

« L’an II, le XXII de Payni, est mort Claude Dracon, âgé de 24 ans, 3 mois, 15 jours.

L’an V, le 25 d’Athyr, est mort Claude Achillas, âgé de 24 ans, 10 mois, 5 jours. »

No 5. Δ. Πετρώνιος Ἐπαφρόδιτος ἑαυτῷ καὶ τοῖς ἰδίοις.

« L. Petronius Épaphrodite, pour lui et les siens. »

No 6. Sur le grand tombeau. Τελεσίδοτος Φλαβίου Ἀντωνίου Σύλλας.

« Télésidote Sylla fils de Flavius Antonius (Télésidote.) »

No 7. L’inscription doit se lire : Αὔλου Καττιλίου Καπίτωνος.

« tombeau d’Aulus Cattilius Capiton. »

No 15. Probablement. L ~ΙΕ~ χοιακ ~K~ Γναῖος Σαβεῖνος ἐτῶν ~KB~.

TEUCHIRA OU ARSINOE.

PL. LXXX à LXXXVI.

Les Inscriptions recueillies à Teuchira ne donnent que des noms propres. La seule qui mérite quelque attention est sur la PL. LXXXVI.

C’est un fragment d’un distique funéraire fort mutilé, qu’on pourrait essayer de lire ainsi :

Θευπρόπιος ἐνθάδε κεῖμαι, ὃς ἐν θνητοῖσιν ἄριστος,

ὀκτωκαιδεκέτης, ζῆσεν ἅπαντα σοφός·

Θευπρόπιος pour Θεοπρόπιος, orthographe fréquente dans les inscriptions du pays, reste de dorisme ; nom de trois syllabes par synérése.

Le milieu du vers est bien incertain ; ἐν θνητοῖσιν ou bien ἐν ζωοῖσιν ἄριστος est plus sûr. Dans une adespote on dit d’un jeune homme (ἀκμὴν νέος) qu’il était ἀγαθὸς ἐν ἅπασιν. (no 6956 ou bien _Anthol. Palat._, 11.817.) ὀκτωκαιδεκέτης est certain.

Le reste est problématique ; on pourrait lire ζῆσεν ἅπαντα σοφῶς, dont le sens serait meilleur encore ; ainsi ζήσας ὡς δεῖ ζῆν. (même épigramme.)

FIN.

[Note 394 : Les observations suivantes ont paru dans le Journal des Savans, mars, 1828.]

[Note 395 : CXXV, _Anal._ 1, 38. _Anth. Pal._ VII, 182. Il y en a encore une d’Érinne (no 3), une de Philippe de Thessalonique (no 79), et une de Parménion (no 13), qui ont quelque analogie avec celle-ci.]

[Note 396 : Villois _ad Long._ p. 303.]

[Note 397 : Pollux, III, 39.]

[Note 398 : N. LIV, _Anal._ II, 194. = _Anth. Pal._ tom. II, p. 679.]

[Note 399 : Pollux, III, 37.]

[Note 400 : V. 4.]

[Note 401 : _Adespot._ 703. = _Anth. Pal._ VII, 407.]

[Note 402 : No VI. _Anal._ II, 5. = _Anth. Pal._ VII, 487.]

[Note 403 : _Adesp._ 710, a. = _Anth. Pal. append._ 229. = Jacobs, _ad Anthol._ XII, p. 286.]

[Note 404 : _Anth. Pal._ VII, 567.]

[Note 405 : CXXIV, 6. _Anal._ I, 36. = _Ant. Pal._ VII, 468.]

[Note 406 : LXXVIII. _Anal._ II, 234. = _Anth. Palat._ VII, 554.]

[Note 407 : I, p. 13, l. 20. = III, p. 66, l. 8. Lips.]

[Note 408 : Pouqueville, _Voyage de la Grèce_ ; II, p. 53, 2e édit.]

[Note 409 : _Aves_, 1692.]

[Note 410 : _Alcest._ 925.]

[Note 411 : D’Orvill. _ad Chariton_. p. 258. Lips.]

[Note 412 : _Ap._ Plut. _in Agesil._ § 36. Athen. XV, p. 676, D. Conf. Boettiger’s _Sabina_, I, p. 228. Leipz. 1806.]

[Note 413 : _Mithrid._ § III.]

[Note 414 : _Anal._ I, p. 38 ; et Jacobs, t. VI, p. 139.]

[Note 415 : _Troad._ 544. = _Helen._ 170.]

[Note 416 : _Alcest._ 347. = _Herc. fur._ 684.]

[Note 417 : _Plut._ 528.]

[Note 418 : _Adespot._ 715. = _Anth. palat. app._ no 310. Agathias, à propos d’un enfant mort dans le ventre de sa mère, joue sur cette expression : χούφη σοι τελέθει γαϛὴρ, τέκος, ἀντὶ κονίης (ep. 78).]

[Note 419 : _Adesp._ 722. = _Anth. palat. app._ no 212.]

[Note 420 : _Alcest._ 462.]

[Note 421 : _Helen._ 860.]

[Note 422 : Hermann, _Elem. doctr. metr._ p. 28. = Neue _ad_ Sapph. _fragm._ p. 80, Berol. 1827.]

[Note 423 : _Adespot._ 692.]

[Note 424 : _Troad._ 335-337. Barn. = _Cf._ Seidler ad h. I.]

[Note 425 : I, 13, p. 74, édit. Boden.]

[Note 426 : No XIII, _Anal._ II, p. 203. = _Anth. Palat._ VII, 183.]

[Note 427 : No LXXIX, _Anal._ II, p. 234. = _Anth. Palat._ VII, 186.]

[Note 428 : Xénoph. Ephes. I, 8, p. 13, l. 14 : ἦγον τὴν κόρην εἰς τὸν θάλαμον, μετὰ λαμπάδων, τὸν ὐμέναιον ᾄδοντες.]

[Note 429 : _Adespot._ 703. = _Anth. Pal. app._ 225.]

[Note 430 : _Epigr. suprà laud._]

[Note 431 : _Anth. Palat._ VIII, 229.]

[Note 432 : Euripid. _Alcest._ 925.]

[Note 433 : V. 945.]

[Note 434 : Forme inconnue pour ἱερατεύω : on connaît déjà ἱερείτης et ἱερεῖτης.]

[Note 435 : Thrige, _Res Cyren._ p. 95. Hafn. 1828. — Pacho, _Voyage_, p. 217, 218.]

[Note 436 : _Rech. pour servir à l’hist. de l’Égypte_, etc., pag. 414.]

[Note 437 : Burckhardt, _Trav. in Syria_, pag. 115.]

[Note 438 : _Marm. Oxon._, no IX, l. 2.]

[Note 439 : Ap. Jos. _Ant. Jud._, XIV, 10, 23.]

[Note 440 : Vandale, _Dissert._, p. 627.]

[Note 441 : C’est le _Malchus_ syriaque ; l’autre nom est-il dans le même cas ?]

[Note 442 : Sur la réunion des mots σεβαστός et Αὔγουστος, voyez ce que j’ai dit dans l’analyse des Inscriptions de Vidua, p. 8.]

[Note 443 : Recherches pour servir à l’histoire de l’Égypte, p. 153.]

[Note 444 : Philo _ad Caïum_, p. 772 D, 778 D. — Inscr. dans Koehler, _Mon. de la reine Comosarye_, p. 68, 69.]

[Note 445 : Spanh. _Præst. num._ p. 52, 477, 520, 524.]

[Note 446 : Recherches, etc., p. 162.]

[Note 447 : Les mêmes, p. 164.]

[Note 448 : Les mêmes, p. 166.]

VOYAGE DANS LA MARMARIQUE, LA CYRÉNAÏQUE ET LES OASIS D’AUDJELAH ET DE MARADÈH,

=PAR M. J.-R. PACHO.=

* * * * * Planches. * * * * *

· · ·

PARIS, LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT, PÈRE ET FILS, RUE JACOB, No 24. * * * * * 1828.

[Décoration]

[Illustration :

Voyage de M. Pachò ; Marmarique.

Pl. I.

VUE D’UN TEMPLE ANTIQUE À ABOUSIR.

_Pachò del. Courtin min._

_Adam sculp._]

[Illustration :

Voyage de M. Pachò ; Marmarique.

Pl. II.

1.

RUINES D’UNE MOSQUÉE SITUÉE AUX ENVIRONS DU LAC MARÉOTIS.

2.

VUE D’UN ANCIEN PHARE À ABOUSIR.

_Pachò del. Courtin min._

_Adam sculp._]

[Illustration :

Voyage de M. Pachò ; Marmarique.

Pl. III.

VUE DU CHATEAU LAMAÏD.

_Pachò del. Courtin min._

_Adam sculp._]

[Illustration :

Voyage de M. Pachò ; Marmarique.

Pl. IV.

1.

VUE D’UN ÉDIFICE ANTIQUE À KASSABA ZARGHAH-EL-BAHARIÈH.

2.

VUE D’UN ÉDIFICE ANTIQUE À KASSABA ZARGHAH-EL-GHUBLIÈH.

_Pachò del. Courtin min._

_Adam sculp._]

[Illustration :

Voyage de M. Pachò ; Marmarique.

Pl. V.

PLANS, COUPES ET DÉTAILS DE DIVERS MONUMENTS

_Pachò del._

_Adam sc._]

[Illustration :

Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.

Pl. VI.

VUE DU CÔTÉ ORIENTAL DE LA VILLE DE DERNE.

_Courtin del._

_Adam sc._]

[Illustration :

Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.

Pl. VII.

GROTTES SÉPULCRALES, DITES KÉNNISSIÈH, SITUÉES AUPRÈS DE L’ANCIENNE DARNIS.

_Courtin del._

_Adam sc._]

[Illustration :

Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.

Pl. VIII.

VUE D’UN PONT, DANS LE VALLON DE DERNE.

_Courtin del._

_Adam sc._]

[Illustration :

Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.

Pl. IX.

1.

RUINES D’UN MAUSOLÉE, SITUÉ AUPRÈS DE L’ANCIEN VILLAGE D’HYDRAX.

2.

INTÉRIEUR DU CHÂTEAU EL-HARÂMI, SITUÉ DANS LA VALLÉE DE TARAKENET À