L’OASIS DE SYOUAH.
RECUEILLI PAR M. FRÉDÉRIC MÜLLER.
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PAIN. Khobz, Rgif. خبز, رغيف
VIANDE. Aksoum. اكسوم
HARICOTS. Loubieh. لوبيا
VIN. Khamar, Laguebi. خمر, لاقبي
LENTILLES. Ténifé. تنيفه
MOUTON. Hhaoli. حاولي
EAU. Aman. امان
COUTEAU. Tekhouset. تخوصة
PLAT, ASSIETTE. Thaza. طاظا
HOMME. Aogguit. اوقّيت
PIERRE. Adrha. ادغا
PALMIER. Tazoutat. تزوتات
FEU. Temsa. تمسه
FUSIL. Tabandact. تبانداقت
OUI. Eioua. ايوا
NON. Oula. اولا
JOUR. Asfa. اصفا
AUJOURD’HUI. Asfabidous. اصفا بيدو
ENCRE. Lemdad. لمداد
PLUME pour écrire. Laqalam. لاقلم
PLUME d’oiseau. Tericheh. تريشه
Donne-moi de l’encre. Aghat lemdad. اغاة لمداد
HERBE. Lealef. لهالف
BLED. Iarden. ياردن
ORGE. Teumzen. تومذن
DÉSERT, MONTAGNE. Adrhar. ادغار
MAISON. Abgguin. ابغين
TABAC. Tabrha. تبغا
NUIT. Ietaa. يتعا
CHAMEAU (le). Alrhoum. الغوم
ŒUF. Tébétoue. تبتوع
LE MANGER. Atchou. اتشو
LE BOIRE. Tesoua. تسوه
PAILLE. Loum. لوم
LAIT. Akhi. اخي
FÈVES. Yéouawoum[392]. يوواون
TURBAN. Alfaf. الفاف
COUVERTURE DE BÉDOUIN. Ahram. اهرام
PLACE, ENDROIT. Ankan. انكان
FIÈVRE. Tazaqt. طزقت
LONG. Athouïl. اطويل
SOULIERS. Zarabin. زربين
PEU. Ahibba. اهيبّا
BEAUCOUP. Koma. كوما
RASOIR. Terhosat. تغصات
HUILE. Dahan. دهان
OLIVIER. Azemmour. ازمّور
RAISIN. Tezrhaine. تزغاين
BOIS. Sarharhine. سغاغين
DATTES VERTES. Ghaouene. غاوين
DATTES MURES. Tena. تنا
PIED. Thar, pl. Techka. طار طشكا
LIVRE. Tekhtemet. تختمت
TAISEZ-VOUS. Sisem. سسم
ÉCOUTE. Sell. سلّ
TÊTE. Akhfi. اخفي
CHEVAL. Agmar. اقمار
JUMENT. Tegmert. تقمرت
NOUVEAU. Atrar. اترار
POUSSIÈRE. Ejdan. ازدان
NEZ. Tanezert. تنزرت
VOIS, REGARDE. Hommar. حمّار
HABIT. Kebraouêne. كبراوين
BRAS, COUDÉE. Fous. فوس
ŒIL. Thoth, pl. thaouene. طوط طاوين
FEMME. Taltan. تلتان
PÈRE, MÈRE. Abba, Omma. ابَّ امَّ
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[Note 392 : Pour la conformité des deux orthographes, il faudrait remplacer la lettre _m_ par un _n_, ou le ن par un م ; mais nous n’avons rien voulu changer au manuscrit de M. Müller. Si ce _Fragment_ eût été plus étendu, il aurait été l’objet d’un travail semblable à celui que nous devons à M. Agoub sur le _Vocabulaire d’Audjelah_ ; il suffit de dire ici qu’il contient une vingtaine de mots arabes et que le غ y est presque toujours représenté par les lettres _rh_.]
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EXPLICATION DES PLANCHES QUI ACCOMPAGNENT CETTE RELATION.
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_Carte de la Marmarique et de la Cyrénaïque, comprenant les Oasis voisines de ces contrées, dressée par l’auteur, d’après ses observations astronomiques et ses itinéraires, et appuyée en plusieurs points sur les cartes et les observations les plus récentes._
Privé durant son voyage de garde-temps, l’auteur n’a pu déterminer la position des lieux en longitude, qu’en suivant les rumbs de vent de la boussole, et en supputant les heures de marche. Quant à la fixation de la latitude de ces lieux, et relativement à ceux situés dans l’intérieur des terres, il s’est servi d’un octant et d’un horizon artificiel, avec lesquels il a pu faire de fréquentes observations, mais seulement jusqu’au mois de février, c’est-à-dire, jusqu’à ce que la hauteur du soleil n’eût pas dépassé quarante-cinq degrés. Les principaux lieux observés sont :
Noms des lieux. Latitude septentrionale.
Boumnah (ruines d’un château), vallée Maréotide 30° 51′ 35″
Ghattadjiah (ruines de Marée) 30 40 50
Abousir (ruines d’) 30 57 40
Lamaïd (château), fond du golfe des Arabes 30 52 00
Abdermaïn, puits 30 45 57
Dresièh (ruines de la ville de) 30 54 00
Maktaéraï, bourgade troglodyte 30 59 00
Puits d’El-Heyf 31 9 50
Djamernèh (ruines de), bourgs d’Antiphræ 31 6 00
Mahadah (port de) 31 11 57
Zarghah-el-Ghublièh, tombeau 31 7 40
Parætonium (extrémité orientale du port de) 31 18 00
Boun-Adjoubah, ruines de l’ancienne Apis 31 20 35
Chammès, tour d’Alchemmas 31 30 35
Zemlèh, puits au-dessus du plateau de Za’rah 31 38 00
Djédid, ruines dans la vallée des Lauriers 31 45 30
Combous, ruines 31 50 00
Toubrouk (côté septentrional du port de) 32 5 30
Klekah, ruines 32 4 50
Ain-el-Gazal, source située à l’extrémité orientale 32 10 30 du golfe de Bomba
Ersen ou Erasem, source située à l’extrémité 32 31 20 orientale du plateau cyrénéen
Derne 32 47 30
Ghardam, ruines d’Hydrax, ancien village situé sur 32 35 55 les confins méridionaux des terres fertiles
Bou-Hassan, tour 32 37 5
Koubbèh, ruines d’anciens thermes 32 46 10
Maârah, château 32 49 00
Massakhit, ruines d’une ville 32 50 5
Lameloudèh, ruines de Limniade 32 46 15
Natroun, ruines d’Erythron 32 55 00
Village au fond du golfe Naustathmus 32 54 00
Hal-Al, extrémité du promontoire Naustathmus 32 56 20
Boumnah (château de), Cyrénaïque 32 44 20
Lemlez, château 32 50 30
Téreth (Thintis) 32 46 00
El-Hôch, sanctuaire 32 49 20
Ouma-Bneib, ruines d’un village 32 51 50
Zaouani (mausolées de) 32 53 50
Ghernès, ruines d’une ville 32 46 2
Saf-Saf, ruines 32 47 30
Cyrène 32 47 30
Magharenat, magasins souterrains 32 50 00
Apollonie 32 54 25
Ptolémaïs 32 44 00
Teuchira 32 34 00
Ben-Ghazi (Bérénice) 32 8 5
_Carte de la partie orientale de la Pentapole libyque, dressée par l’auteur._
La lisière blanche, qui suit les sinuosités de la côte, doit représenter la petite plaine d’un quart de lieue environ de largeur qu’on y rencontre partout, entre les bords de la mer et les premiers escarpements de la montagne, depuis Derne jusqu’au cap Phycus. Le travail topographique de la partie septentrionale donne une idée de la disposition des terrasses boisées qui s’élèvent en échelons depuis le littoral jusqu’au sommet des montagnes ; et celui de la partie méridionale représente une portion du plateau cyrénéen, ondulé en tous sens de vallées peu profondes.
_Plan des ruines de Cyrène, levé en 1825._
Ce plan a été dessiné et réduit au 8000e, sous la direction de M. le chevalier Lapie, par M. Dufour, que recommandent déja plusieurs importants travaux géographiques. Le dessin répond exactement aux mesures géométriques prises à Cyrène, et explique suffisamment la disposition du petit nombre de débris qui existent encore de cette ville célèbre. Il suffit d’ajouter que la partie inférieure du plan représente le point le plus culminant du plateau cyrénéen, la plaine sur laquelle fut bâtie la ville ; et que la partie supérieure, sillonnée par les eaux de la fontaine d’Apollon, doit figurer un terrain inégal, rocailleux, couvert çà et là de quelques genévriers, qui s’étend au bas de la Nécropolis. Quant à la Nécropolis elle-même, presque totalement taillée dans le revers de la montagne, on a essayé d’en indiquer le gisement et la disposition par des ombres, selon la méthode adoptée pour la cartographie.
PLANCHE I[393].
VUE D’UN TEMPLE ANTIQUE SITUÉ A ABOUSIR.
Ces ruines se trouvent sur une crête rocailleuse, couverte de sables, à quelques pas des bords de la mer, et au nord de l’ancienne ville de Taposiris, dont elles font partie. Les dimensions générales du mur d’enceinte sont de quatre-vingts mètres de chaque côté ; celui qui forme la façade dans le dessin est tourné vers l’orient. Selon toutes les apparences, elles sont les débris d’un temple égypto-grec. MM. de Chabrol, Lanout, Faye et Lepère, qui ont visité ce monument, y ont trouvé dans l’intérieur des chapiteaux d’ordre dorique.
PLANCHE II.
FIG. 1.
_Ruines d’une mosquée située aux environs du lac Maréotis._
Ce petit édifice, construit avec les débris de monuments plus anciens, est situé sur la lisière qui sépare les terres labourables de la vallée Maréotide du désert de sables. D’après une assez grande quantité de ruines parsemées aux environs de cette mosquée, et portant la plupart des signes de réédification, on pourrait croire que ce lieu offre l’emplacement de la ville de Marée, capitale du nome Maréotide.
FIG. 2.
_Vue d’un ancien phare, à Abousir._
Ce monument, vulgairement appelé _Tour des Arabes_, sert aux marins actuels, à défaut d’autre élévation sur cette côte, à reconnaître la position d’Alexandrie. Sa situation sur une petite colline qui domine les ruines de _Taposiris_, plus que sa propre élévation, lui donne cette utilité qui, d’ailleurs, fut sa véritable destination dans l’antiquité. La plaine qui forme le second plan du dessin, peut donner une idée de l’aspect de la vallée Maréotide, en y ajoutant toutefois plus de végétation fruticuleuse que n’en offre la planche.
PLANCHE III.
VUE DU CHATEAU LAMAÏDE.
Ce château est situé sur les bords de la mer, au fond du golfe des Arabes, et auprès d’une dune de sables qui côtoie une grande partie du littoral de la Marmarique. Entre les frises de l’ogive en relief qui décore la façade, on voit une inscription en grands caractères sculptés en relief, par laquelle on apprend que cet édifice fut construit par le sultan Bibars, contemporain de saint Louis. (_Voyez_ la traduction de cette inscription, par M. A. Jaubert, insérée dans la _Relation_, p. 12.)
PLANCHE IV.
FIG. 1.
_Vue d’un édifice antique, à Kassaba-Zarghah el-Baharièh._
Ce mausolée fut construit, ainsi que le dessin l’indique, sur un petit plateau calcaire, éloigné de deux portées de fusil environ des bords de la mer. Le côté septentrional du plateau contient des excavations sépulcrales ; et sa surface, si ce n’est en totalité, du moins en partie, fut pavée en larges blocs de pierres équarris. Ces divers tombeaux faisaient infailliblement partie du cimetière de la petite ville de Zygis, dont les débris sont épars sur la plaine, couverte de flaques d’eau salée, qui sépare ces monuments des bords de la mer, et dont le port, actuellement nommé Mahadah, se retrouve aussi à peu de distance vers l’est.
FIG. 2.
_Vue d’un édifice antique, à Kassaba-Zarghah el-Ghublièh._
Quoique ce petit monument, qui servit comme le précédent de tombeau, en soit éloigné d’une heure vers le sud, sa situation sur le point le plus élevé du canton, et son isolement, portent à croire qu’il fut de même construit par les habitants de Zygis, mais probablement à une époque antérieure, ce que semble attester la diversité du style de leur architecture. Les rangées de pierres disposées en forme elliptique, que l’on voit auprès de cet ancien édifice, donnent une juste idée de l’architecture de la plupart des tombeaux bédouins.
PLANCHE V.
PLANS, COUPES ET DÉTAILS DE DIVERS MONUMENTS DE LA MARMARIQUE.
FIG. 1, 2.
Places de deux grottes sépulcrales du mont Bomboa, décrit par Synésius.
FIG. 3.
Coupe et distribution du fond d’une pièce d’une des précédentes grottes sépulcrales.
FIG. 4.
Place de la mosquée, dite Ghettadjiah, située dans la vallée Maréotide.
FIG. 5.
Coupe de la façade d’un tombeau égypto-grec, nommé Kassaba el-Chammamèh, situé aux environs du golfe des Arabes.
FIG. 6.
Côté intérieur des murs de l’enceinte de la ville de Toubrouk.
PLANCHE VI.
VUE DU CÔTÉ ORIENTAL DE LA VILLE DE DERNE.
Le village qui occupe la majeure partie du dessin est Mansour-el- Tahatâni, un des cinq qui composent collectivement la ville de Derne. C’est sur la plaine qui règne au bas de ce village que se trouve le cimetière général de la ville. Il est remarquable que les habitants choisissent l’opuntia pour orner leurs tombeaux préférablement au cyprès, si commun dans le pays, et que les Orientaux ont l’habitude, comme on sait, de placer auprès de leurs sépultures. Le château, flanqué de quatre tours, qui domine, la ville, fut construit par les Américains durant le court espace de temps qu’ils furent maîtres de Derne.
PLANCHE VII.
GROTTES SÉPULCRALES, DITES KENNISSIÈH, SITUÉES AUPRÈS DE L’ANCIENNE DARNIS.
On parvient à ces grottes par des marches taillées dans les endroits les plus abrupts d’un ravin situé aux bords de la mer. Les grandes niches creusées aux côtés de l’entrée principale, et les emblêmes du christianisme qu’on y trouve dans l’intérieur, justifient le nom d’église que leur donnent les Arabes.
PLANCHE VIII.
VUE D’UN PONT, DANS LE VALLON DE DERNE.
Le principal objet de ce pont est de servir d’aquéduc au ruisseau Bou- Mansour, dont le cours actuel, à travers les petites terrasses cultivées du vallon de Derne, était interrompu par le ravin el-Brouis, représenté dans cette planche. Cet édifice a été élevé, il y a peu d’années, par les ordres et aux frais de Mohammed-el-Gharbi, envoyé des États barbaresques auprès du vice-roi d’Égypte ; ce qui peut donner une idée du goût pour la civilisation et les établissements utiles, que Mohammed Aly communique à ceux qui l’entourent, lors même qu’ils sont indépendants de son pouvoir.
PLANCHE IX.
RUINES DE KOUROUMOUS. — INTÉRIEUR DU CHATEAU EL-HARAMI.
FIG. 1.
Ce monument, situé aux confins méridionaux des terres fertiles de la Cyrénaïque, faisait partie des tombeaux de l’ancien village d’Hydrax.
FIG. 2.
Le nom de ce château sarrasin répond à l’usage auquel il servit pendant long-temps. Situé à dix lieues de Derne, et à l’extrémité des gorges étroites et boisées de Maârah et de Tarakenet qui conduisent à cette ville, il offrait aux bandits un lieu de repaire très-favorable pour dépouiller les voyageurs qui se rendaient à Derne. Les tribus des environs se sont réunies, il y a peu d’années, et en démolissant le château elles ont rendu leur contrée plus praticable.
PLANCHE X.
VUE, COUPE ET PLAN D’ANCIENS THERMES SITUÉS DANS LA VALLÉE DE KOUBBÈH.
Il paraît qu’indépendamment des différentes pièces dont ces thermes étaient subdivisés, ils contenaient un nombre considérable de cuves monolithes qui en faisaient le tour, et étaient situées sur un plan inférieur à celui du reste de l’édifice ; apparemment pour recevoir plus facilement les eaux par des rigoles. Celles de ces cuves qu’on tailla dans le roc même y existent encore à leur place ; et d’autres, formées séparément de blocs détachés, se trouvent dispersées çà et là au milieu des ruines, et servent aux Arabes d’abreuvoirs pour leurs troupeaux.
FIG. 1.
Coupe d’une galerie intérieure des thermes, adossée contre la colline, et se trouvant actuellement à découvert. En confrontant cette élévation avec la vue en perspective, on reconnaîtra les parties qui ont été restaurées.
FIG. 2.
Plan de la même galerie : la grotte que l’on voit dans le massif d’ombres est taillée autour de la source qui alimentait les thermes, et dont les eaux passaient au-dessous de la galerie par un canal souterrain.
PLANCHE XI.
FIG. 1.
Vue de deux hypogées funéraires, situés dans la vallée de Koubbèh : les niches de formes diverses qui en entourent les entrées, indiquent qu’ils ont servi aux chrétiens de la Cyrénaïque.
FIG. 2.
Plans des deux hypogées précédents : leur position sur la planche relativement au dessin de perspective, désigne l’hypogée auquel ils appartiennent.
FIG. 3.
_Plan du château de Chenedirèh._
_a._ Chapelle chrétienne.
_b._ Entrées voûtées du château.
_c._ Mur de revêtement décrivant un talus, et arrondi à chaque angle.
_d._ Communications intérieures par de petites portes carrées.
_e._ Corridor.
_f._ Puits comblé.
FIG. 4.
_Plan des ruines du temple de Vénus, situé auprès de l’ancienne station d’Aphrodisias._
_a._ Entrée du temple, située au sud.
_b._ Grand corridor qui paraît avoir régné tout autour de l’enceinte générale.
_c._ Porte de ce corridor formée de deux pilastres d’ordre dorique.
_d._ Colonnes accompagnées d’un mur d’entre-colonnement.
_e._ Ouverture qui conduit à un réservoir souterrain.
PLANCHE XII.
VUE DES GROTTES SÉPULCRALES DE MASSAKHIT.
Tel est l’aspect qu’offrent un grand nombre de petites Nécropolis des anciens bourgs de la Cyrénaïque : une falaise irrégulière dans laquelle sont creusées en tous sens des grottes sépulcrales. Sur le devant, comme dans celle-ci, s’étend ordinairement un beau tapis de verdure ou un champ de céréales ; et sur le sommet sont épars les débris du bourg. Le grand nombre de niches de toutes formes que l’on voit, soit dans les métopes et les entre-colonnements de la façade, soit isolément sur le mur de la falaise, appartiennent au moyen âge.
PLANCHE XIII.
PLAN ET INTÉRIEUR D’UN HYPOGÉE CHRÉTIEN, A MASSAKHIT.
Ce tombeau fait partie de la même Nécropolis. Les emblèmes chrétiens et le arabesques qu’il contient, confirment évidemment l’opinion émise relativement à l’époque à laquelle on vient d’attribuer les niches qui couvrent la falaise sépulcrale de la planche précédente.
PLANCHE XIV.
VUE D’UN CHATEAU ANTIQUE, SITUÉ DANS LA PLAINE DE CHENEDIRÈH, ENTRE LES ANCIENNES VILLES D’ERYTHRON ET DE LIMNIADE.
Tel est le coup d’œil que présentent constamment, à plus ou moins de conservation près, ces nombreux châteaux romains que l’on trouve sur chaque élévation qui avoisine la moindre bourgade de la Cyrénaïque. Les Arabes les désignent tous indistinctement par le nom de _Sirèh_, mot remarquable qui offre une analogie palpable avec celui de _Cyré_ ou _Cyra_, que les anciens Libyens donnaient à la montagne sur laquelle fut bâtie Cyrène, et qui signifiait peut-être dans leur langage _montagne_ ou _élévation_.
PLANCHE XV.
VUE DU KASSR SENNIOU. — CIMETIÈRE ANTIQUE A SAFFNÈH.
FIG. 1.
Ce château fut construit par les Sarrasins avec les débris d’un ancien monument. Le souterrain dont on aperçoit l’entrée sur la planche, contourne une partie de l’édifice, et fut destiné à contenir des tombeaux. Cette disposition se rencontre souvent dans la Cyrénaïque auprès d’autres ruines semblables à celles-ci, telles que Maârah, Chenedirèh et autres.
FIG. 2.
Ce cimetière, malgré l’ogive des voûtes, appartient à une époque antérieure à l’invasion des Sarrasins dans la Cyrénaïque. On sait d’ailleurs que les monuments sarrasins de cette période contiennent des voûtes en fer à cheval : les ruines de Ladjedabiah (Voy. _Planche_ LXXXIX) nous en offrent des preuves, même dans cette contrée.
PLANCHES XVI, XVII, XVIII.
VUES DES MAUSOLÉES SITUÉS DANS LA PLAINE DE ZAOUANI, AUX ENVIRONS DU GOLFE NAUSTATHMUS.
Ces tombeaux, les plus élégants et les mieux conservés de tous ceux que l’on trouve dans la Cyrénaïque, joints à un grand nombre d’autres en partie détruits et à de belles grottes sépulcrales ornées de façades doriques, formaient la Nécropolis d’une ville très-considérable, inconnue des anciens géographes. Les ruines de cette ville ont même conservé chez les Arabes une désinence grecque : elles sont appelées _Ghertapoulous_ ; on les rencontre à un quart d’heure de distance des tombeaux vers le nord, et au sommet d’un profond ravin qui correspond au fond du golfe Naustathmus. Il faut aussi faire remarquer que, de même que la plupart des ruines des villes et villages de la Cyrénaïque, celles-ci offrent des témoignages marquants du séjour qu’y ont fait les Chrétiens. On est donc en droit d’être surpris que les auteurs de cette dernière période aient, comme ceux de la haute antiquité, négligé de parler de cette ville, qui, d’après sa situation auprès de la plus belle rade de la Cyrénaïque et ses magnifiques débris, dut infailliblement jouer un rôle important dans l’histoire de cette contrée.
PLANCHE XIX.
COUPES, PLANS ET DÉTAILS DES MAUSOLÉES DE ZAOUANI.
FIG. 1.
_Coupe de la façade du mausolée de la_ PLANCHE XVI.
1. _a._ Plan de ce mausolée.
1, _b._ Détail des sculptures de la façade du même monument.
FIG. 2.
_Coupe de la façade du mausolée de la_ PLANCHE XVII.
2. _a._ Plan de ce mausolée.
2, _b._ Détail des sculptures de la façade.
FIG. 3.
_Coupe du Mausolée, formant un carré rectangle, de la_ PLANCHE XVIII.
L’intérieur de cet élégant édifice est subdivisé en trois cloisons, sans ouverture extérieure, et remplies chacune d’ossements d’enfants en bas âge.
PLANCHE XX.
VUE D’UN ÉDIFICE ANTIQUE NOMMÉ GHABOU-DJAUS.
Ces ruines, pittoresquement situées sur le penchant d’une belle colline, faisaient partie d’un monument plus considérable, et un des plus anciens de la Cyrénaïque parmi ceux dont il existe encore des débris, mais dont il serait difficile d’assigner la véritable destination.
PLANCHE XXI.
RUINES DU CHATEAU DIOUNIS, SITUÉ DANS LA PLAINE DE L’ANCIENNE THINTIS.
Ce château offre un exemple du système qui paraît avoir été adopté de tous temps en Cyrénaïque pour la construction des châteaux, consistant dans une double ou triple superposition de pièces voûtées. Le témoignage des ruines actuelles permet de dire que ce système fut établi par les Grecs, adopté par les Romains et imité par les Sarrasins. Les châteaux évidemment grecs de Lemschidi et de Lemlez auprès du golfe Naustathmus ; ceux de Chenedirèh, d’Ay-Thas, de Tebelbèh, de Thaoughat, de Boumnah, de l’époque romaine, caractérisée par les voûtes en plein cintre ; et enfin, ceux de Mouchedachieh, d’El-Harâmi, de Bénéghdem et de Diounis, évidemment sarrasins, offrent des preuves encore existantes de ce système de superposition adopté successivement par les divers peuples qui ont occupé la Cyrénaïque.
PLANCHE XXII.
VUE DES RUINES DE DIABORAH.
Le mur d’enceinte dessiné sur le premier plan de cette planche appartient à un vaste édifice funéraire, le seul de ce genre que l’on trouve dans la Cyrénaïque. Les tombeaux qui l’entourent sont la plupart taillés dans le roc vif, et peuvent donner une idée de l’aspect qu’offrent en Cyrénaïque un grand nombre de petites Nécropolis dépendant des villes ou des villages situés dans les plaines, dépourvues d’élévations suffisantes pour y creuser des grottes sépulcrales.
PLANCHE XXIII.
VUE DE LA PARTIE SEPTENTRIONALE DES RUINES DE GHERNÈS.
Le principal édifice que renferme cette planche paraît être d’anciens thermes, dont les voûtes en plein cintre indiquent l’époque romaine. Les petits soupiraux que l’on voit à la partie supérieure des voûtes, offrent une analogie marquante avec la disposition des bains actuels de l’Orient.
PLANCHE XXIV.
VUE D’UN TOMBEAU CIRCULAIRE, SITUÉ SUR UNE COLLINE AUPRÈS DE GHERNÈS.
Les mausolées de forme circulaire sont très-rares dans la Cyrénaïque ; et il est à remarquer qu’ils furent ordinairement construits sur des élévations et presque toujours isolément, de manière qu’on pût les apercevoir de très-loin. La grande excavation que l’on voit au-dessous de ce mausolée fut destinée à servir également de tombeau : l’avenue taillée dans le roc qui en précède l’entrée se retrouve auprès de toutes les grottes sépulcrales, toutes les fois que les localités l’ont permis.
PLANCHE XXV.
PLANS ET COUPES DE DIVERS MONUMENTS DE LA CYRÉNAÏQUE ET DE L’OASIS D’AUGILES.
FIG. 1.
Plan des bains de Ghernès.
1, _a._ Mur construit par les habitants actuels, qui ont métamorphosé cette partie des bains en tombeaux.
FIG. 2.
Plan du tombeau circulaire situé auprès de Ghernès.
2, _a._ Coupe du même tombeau.
FIG. 3.
Coupe de la porte d’un édifice de la ville de Ghernès.
FIG. 4.
Plan d’un souterrain de la ville de Limniade.
_a._ Entrée et descente par un escalier taillé dans le roc.
_b._ Extrémité comblée du souterrain.
FIG. 5.
Plan d’un réservoir de la ville de Limniade.
FIG. 6.
Monuments trouvés à l’Oasis d’Augiles, et appartenant probablement au culte funéraire des anciens Augilites.
PLANCHE XXVI.
VUE DE MARSAH-SOUZA, ANCIEN PORT DE CYRÈNE.
Le massif de ruines attenant au premier plan de ce dessin est un rocher subdivisé intérieurement en plusieurs salles sépulcrales envahies par la mer ; il se trouve à l’extrémité occidentale du port. Les deux îlots que l’on voit aussi dans cette planche sont couronnés de débris d’anciennes fortifications, et durent, dans l’antiquité, former l’entrée du port de Cyrène.
PLANCHE XXVII.
COLONNES ET CHAPITEAUX DE DIVERS TEMPLES DE LA CYRÉNAÏQUE.
FIG. 1.
Colonne de marbre pentélique faisant partie des ruines d’un temple d’Apollonie.
FIG. 2.
Colonne de marbre blanc appartenant à une église d’Apollonie. Le socle quadrangulaire, orné d’une croix sculptée en relief, qui est placé dans la planche au bas de cette colonne, fait partie des ruines du même édifice.
FIG. 3, 4.
Chapiteaux de marbre blanc trouvés parmi les ruines de Beit-Tamer, ancien temple de Vénus, situé auprès de la station d’Aphrodisias.
FIG. 5.
Chapiteaux faisant partie des ruines du temple de Ptolémaïs.
FIG. 6.
Chapiteau d’un édifice de Teuchira.
NOTA. On a oublié de mettre sur cette planche l’échelle de proportion des monuments qu’elle contient. La colonne de la _fig._ 1 a 6 mètres 2 décimètres de hauteur, y compris la base et le chapiteau ; le diamètre du fût est de 7 décimètres. On peut se servir de cette donnée pour connaître comparativement les dimensions et proportions de l’autre colonne et des divers chapiteaux contenus dans cette planche : ils ont été dessinés sur une échelle commune.
PLANCHE XXVIII.
RUINES DU QUAI D’APOLLONIE.
Ce quai, dont il ne reste à peu près que les trois quarts, fut construit en demi-cercle composé de trente à quarante marches ; il formait par conséquent un vaste et magnifique amphithéâtre, sur les gradins duquel on montait les marchandises pour les introduire dans la ville. La situation d’Apollonie sur des rochers taillés en falaises motiva cette belle construction, qui devait dans l’antiquité présenter un coup d’œil fort agréable. Les édifices, qui entouraient le quai et le quart au moins de ses propres gradins, se sont écroulés à ses pieds et ont comblé le bassin semi-circulaire autrefois occupé par les eaux, dont il ne reste plus que de petites flaques. Les figures placées, dans la planche, au sommet de cet édifice, peuvent servir d’échelle comparative pour en connaître les dimensions.
PLANCHE XXIX.
GROUPE D’HYPOGÉES, SITUÉS ENTRE CYRÈNE ET APOLLONIE.
Cette façade est remarquable en ce qu’elle offre une disposition architectonique qu’on ne retrouve point ailleurs en Cyrénaïque, même parmi la Nécropolis de Cyrène. Cette disposition consiste dans une série de cadres monolithes, ornés de pilastres et d’une frise en triglyphes, placés chacun au-dessus de l’entrée d’un caveau sépulcral, et figurant ensemble un grand entablement. Ces cadres, dont il ne reste qu’un seul debout, étaient destinés à contenir des inscriptions relatives aux personnes ensevelies dans le caveau qu’ils surmontaient ; quelques lettres très-frustes s’aperçoivent encore sur ceux de ces cadres qui sont renversés au-devant du monument.
PLANCHES XXX, XXXII, XXXIII, XXXV, XXXVII, XL, XLII, XLIII.
VUES DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Ces dessins offrent collectivement la réunion des divers styles d’architecture employés successivement par les habitants de Cyrène à orner leurs tombeaux. Le dorique en forme le type principal, et l’imitation de l’architecture égyptienne s’y rencontre souvent, mais toujours dans les détails et jamais dans l’ensemble du monument. Le style propre à chacune des façades dessinées dans ces planches se trouve exactement répété, dans cette belle et vaste Nécropolis, sur une infinité d’autres façades de grottes sépulcrales plus ou moins détruites : il a paru suffisant de dessiner séparément les mieux conservées.
PLANCHES XXXI, XXXIV, XXXVI, XXXVIII, XLI, XLIV.
COUPES ET DÉTAILS DES FAÇADES DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Ces coupes, ainsi que les profils d’architecture qui les accompagnent, correspondent aux dessins en perspective des planches précédentes. Leur titre indique suffisamment celles des grottes auxquelles ils appartiennent, pour rendre toute autre explication superflue.
PLANCHES XXXIX, XLIII.
COUPES DE QUELQUES AUTRES FAÇADES DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Quoique ces façades soient d’un style différent de celles des planches précédentes, et qu’elles en complètent même la série, il a paru suffisant d’en donner un simple dessin au linéament, sans augmenter le nombre des vues en perspective qui offrent entre elles, dans cette Nécropolis, trop de monotonie de situation.
PLANCHE XLV.
VUE D’UN TOMBEAU, SITUÉ A L’EXTRÉMITÉ EST DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Même observation que pour la XXXIXe et la XLVIIe planche.
PLANCHE XLVI.
1. Coupe du tombeau situé à l’extrémité orientale de la Nécropolis de Cyrène.
2. Façade d’un autre tombeau.
PLANCHE XLVII.
Voir à la XXXIXe.
PLANCHE XLVIII.
Plans de diverses grottes de la Nécropolis de Cyrène.
PLANCHE XLIX ET L.
PEINTURE TROUVÉE DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Elle est taillée dans le flanc d’un ravin de la Nécropolis de Cyrène ; elle offre plus de richesses monumentales à elle seule que toutes les autres ensemble. Cette grotte, sans niches ni sarcophages, contient au milieu un puits sépulcral, et ses quatre parois sont couvertes de peintures qui paraissent représenter des jeux funéraires. La mieux conservée, comme la plus remarquable, est celle-ci : elle occupe toute la longueur d’une paroi : elle est composée d’une série de figures dont les unes, revêtues de riches costumes, exécutent une marche solennelle, et les autres, divisées en plusieurs groupes et couvertes d’une simple draperie, donnent l’idée du peuple de Cyrène qui assiste à la cérémonie et s’attroupe auprès des principaux personnages. En tête du tableau est une espèce de meuble, auprès duquel des jeunes gens sont occupés à préparer des mets, emblème sans doute des repas qui suivaient, dans l’antiquité, les fêtes populaires ; une table couverte de couronnes et de palmes le termine. Là se trouvent trois personnages mitrés, debout chacun sur un piédestal. L’un d’entre eux est appuyé sur une massue, l’autre paraît consacrer les palmes et les couronnes, et le troisième, dans l’attitude d’orateur, semble attirer l’attention du peuple groupé auprès de lui.
Tel est l’effet, qu’indépendamment de toute induction scientifique, produit au premier coup d’œil cette peinture intéressante.
PLANCHE LI.
PEINTURE TROUVÉE DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Un berger y est représenté la houlette à la main, entouré d’un troupeau, et portant un mouton sur les épaules. On reconnaît bien là le bon pasteur de la chrétienté, d’autant plus que la roideur des draperies et le mauvais goût du dessin indiquent le moyen âge, époque de la décadence des arts. Mais voici encore autour du tableau des poissons de différentes espèces posés en offrande, intention tellement évidente, qu’ils sont trois fois au moins plus grands que les moutons et le berger, et que l’artiste les a détachés du fond du tableau par une forte ombre, comme s’il avait voulu les y représenter suspendus en _ex-voto_.
PLANCHE LII.
PEINTURES TROUVÉES DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE. 1 Paroi D ; 2 Paroi DX.
Elle représente une chasse et un cirque. La première surprend au premier aspect, à cause du cerf qui en forme le principal sujet, et contre lequel un chasseur anime le soulouc, qu’il retient d’une main par un lien, et de l’autre agite un fouet pour stimuler son ardeur. Or, le cerf, comme Hérodote a pris soin de l’affirmer, et malgré l’erreur commise par les Maronites dans la géographie nubienne, ne se trouve nulle part en Afrique. Il fut donc apporté par les Grecs dans la Pentapole libyque ; cette peinture semble l’attester, de même que la cause de la naturalisation dans cette contrée peut être expliquée par d’autres monuments. Il faut sans contredit l’attribuer au culte de Diane, une des principales divinités des Cyrénéens.
La seconde est fort bizarre, en ce qu’on y voit confondus des animaux féroces, tels que le lion, le léopard s’élançant sur un taureau, avec un bouc, des gazelles et des chiens lévriers, que l’on reconnaît de suite pour les souloucs indigènes de l’Afrique septentrionale.
PLANCHE LIII.
PEINTURES TROUVÉES DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE. 1 Paroi _c_ ; 2 Paroi _a_.
On y remarque une scène représentant la lutte et le pugilat. Certes voilà des formes athlétiques bien prononcées, et exposées dans tout leur jour : pas même une simple feuille de vigne ! D’une part les efforts, et de l’autre l’aplomb, sont assez bien indiqués. Le sang coule des blessures et rougit le sol ; une des malheureuses victimes gît étendue sur l’arène ; du moins c’est là l’intention de l’artiste ; car, bien que l’athlète soit peint au-dessus du tableau comme s’il nageait dans les airs, il est censé placé sur un plan horizontal ; mais cette inexpérience de perspective est trop connue dans les peintures antiques, pour que nous soyons surpris de la retrouver ici. La même réflexion s’applique à la position aérienne de deux vases contenant l’huile et les pinceaux qui servaient à oindre le corps : ces détails n’offrent aussi rien que de très-connu. Il n’en est pas de même d’un scorpion suspendu à une main isolée, et ainsi représenté à côté du tableau. J’ignore si ce reptile dépourvu de venin peut devenir, comme tant d’autres, l’antidote du mal ; mais il est remarquable que les habitants actuels de la Cyrénaïque se servent, disent-ils, du scorpion pour arrêter la putréfaction des blessures.
La paroi suivant celle décrite plus haut était entièrement occupée par un combat de gladiateurs dont il ne reste malheureusement qu’un fragment. Les combattants, couverts de cuirasses, ont la figure garantie par un masque, et la tête ornée de grands panaches de diverses couleurs. Cette dernière particularité est remarquable en ce qu’elle n’existe, que je sache, dans aucun des sujets antiques analogues à celui-ci ; ce qui permet de croire que cet usage était local. Un homme à tête découverte, sans armure, et ayant seulement une baguette à la main, arrête le vainqueur ; tout porte à croire que ce personnage représente un héraut du camp. Quant aux détails de cette peinture relatifs aux diverses parties de l’armure et des gladiateurs, ils n’offrent rien qui ne soit connu par d’autres monuments anciens funéraires de l’antiquité, et notamment par les sculptures du tombeau de Scaurus, découvert aux ruines de Pompéi.
PLANCHE LIV.
PEINTURES TROUVÉES SUR LA FRISE D’UN TOMBEAU, A CYRÈNE.
Ces peintures sont dans une petite salle dont les parois, très-unies et peintes d’un vert tendre, lui donnaient plutôt l’air d’un riant cabinet aérien que d’une excavation sépulcrale. Le fond de cette jolie grotte en rappelle seul la destination ; il est occupé par un sarcophage creusé dans le roc, et couronné d’une frise en triglyphes, contenant dans chaque métope une peinture élégamment miniée, et d’une conservation parfaite. Mais ce qui augmente la surprise, c’est de reconnaître dans la série de ces petits tableaux les principales phases, ou les diverses occupations de la vie d’une esclave noire ; du moins telle est l’induction que j’ai tirée de ces charmantes peintures. J’ai cru y distinguer successivement les entretiens de l’amitié, l’éducation de jeune fille, l’ambition de la parure, les délassements figurés par l’exercice de la balançoire, le bain si nécessaire dans la brûlante Libye, et enfin le triste lit de mort sur lequel la négresse est étendue, les yeux éteints, et paraît être regrettée de son maître, le blanc Cyrénéen, que l’on voit à côté d’elle dans une attitude de douleur.
La coiffure et le costume de ces miniatures ne sont pas moins remarquables, tant par la forme que par la couleur. Les longues robes bleues sans agrafes, et les schalls rouges entrelacés avec les cheveux, ou couvrant la tête en guise de turban, offrent une analogie frappante avec l’habillement des modernes Africaines, et principalement avec celles qui habitent le Fezzan.
PLANCHE LV.
INTÉRIEUR D’UNE GROTTE SÉPULCRALE CHRÉTIENNE : NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Lors même que les peintures qui en couvrent les parois n’offriraient pas le témoignage certain de cette époque religieuse, une inscription cursive, précédée de la croix, la prouverait irrécusablement. Mais il convient de donner auparavant une idée de l’architecture et de la distribution de ce nouvel hypogée. Le fond a un aspect vraiment monumental : un sarcophage s’y trouve creusé avec un art infini dans la paroi ; il est orné de guirlandes et de têtes de bouc, et couronné d’une petite voûte en plein cintre, sculptée en coquille : latéralement au sarcophage sont deux niches décorées chacune d’un vase d’une forme très- élégante. Les autres côtés de l’hypogée qui forment angle droit avec celui du fond, contiennent aussi des sarcophages et des cintres, dont les uns sont couverts de peintures, et les autres offrent les mêmes détails que le précédent. Ces irrégularités qui choquent dans la description, ne déplaisent pas à la vue du monument, puisqu’elles en varient l’aspect, et qu’elles correspondent d’ailleurs symétriquement entre elles. Quant aux peintures qui le bariolent bien plus qu’elles ne l’embellissent, voici quels en sont les emblèmes.
Celui qu’on y a le plus souvent reproduit est la vigne du Seigneur ; mais ce symbole des premières époques de la chrétienté, n’imite pas mal ici, par sa disposition, le thyrse de Bacchus. La voilà avec ses longues lianes, ses grappes pourprées, et ses larges feuilles grimpant autour de longs bâtons placés à côté des sarcophages. Autre part elle couvre des treillages figurés dans l’intérieur des cintres, ou bien elle forme une frise de festons tout autour du monument. Après cet emblème, le paon, accompagné de poissons, est celui qui frappe plusieurs fois les yeux. Dans d’autres grottes de la Nécropolis, je l’ai rencontré quelquefois peint isolément au-dessus de sarcophages, et je le vois ici formant le sujet principal d’un tableau qui occupe toute l’étendue d’un cintre. Il est placé dans un panier à anses, déployant circulairement la queue au milieu de bouquets de fleurs, parmi lesquelles il n’est point superflu de nommer des soucis et des pensées, qu’on aperçoit parmi des touffes de roses. L’oiseau de Cérès est sans doute représenté dans ces lieux funèbres en guise d’offrande ; j’en ignore la cause allégorique.
PLANCHE LVI.
VUE D’UN SARCOPHAGE, DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE A CYRÈNE.
Elle est située à l’ouest de la Nécropolis de Cyrène ; le sarcophage qui s’y trouve est magnifique, il est en marbre blanc avec son couvercle. Cette grotte, dont l’entrée et l’intérieur sont très-détériorés, formait une pièce ayant trois subdivisions, dont deux latérales à l’entrée, et la troisième au fond. Elles contenaient chacune un sarcophage en marbre de styles différents. Celui-ci est le seul conservé ; il a sur sa façade quatre cariatides, dont deux figures de filles et deux de garçons. Ces figures, ainsi que tous les autres dessins, sont sculptées en bas- relief ; elles soutiennent des guirlandes composées de feuilles de différentes espèces, de fleurs et de fruits. Au milieu et entre la guirlande soutenue par les figures de filles, est une tête de grandeur naturelle ; au milieu du cou est un nœud avec deux ganses. Entre les deux autres guirlandes, soutenues de chaque côté par deux cariatides de deux sexes, sont des têtes d’enfant. Les figures sont d’un bon style ; les draperies sont bien ménagées, et nouées à la grecque au-dessous du sein. Des trous ont été pratiqués en différents endroits sur cette façade, par les Arabes, dans le but de connaître ce que contenait le sarcophage avant qu’ils aient pu remuer le couvercle, qui se trouve maintenant un peu détourné. Aux deux côtés qui forment les extrémités du sarcophage est un simple réseau, au milieu d’une guirlande de même nature que celles de la façade, mais le dessin est brut. Il a sept pieds cinq pouces de long sur trois pieds huit pouces de large ; la hauteur de la caisse est de trois pieds trois pouces, et celle du couvercle d’un pied trois pouces.
PLANCHE LVII.
FRAGMENTS DE SARCOPHAGES EN MARBRE.
Dans une chambre voisine de celle où j’ai trouvé le sarcophage décrit plus haut, je fis déblayer différents blocs de marbre ; un beau fragment m’offrit un guerrier armé de sa cuirasse, paraissant prêt à immoler une mère dont le fils est étendu à ses pieds. Ce même fragment, qui est la base mutilée du sarcophage, offre à son grand côté des restes d’une scène de même nature, des chevaux et des chiens pêle-mêle, fuyant précipitamment. Ce bas-relief permet de croire que le sarcophage a dû contenir un guerrier, ou une victime des fureurs de la guerre.
PLANCHE LVIII.
SARCOPHAGE SITUÉ DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE, PRÈS DE LA FONTAINE D’APOLLON, A CYRÈNE.
Il est en marbre blanc, ayant deux griffons sur un des grands côtés en bas-relief. Ils appuient une pate sur une espèce de vase long ou candelabre, d’où sort de la flamme ; les trois autres côtés du même dessin ont une frise en guirlandes, au sommet, suspendue à des têtes de bouc ; à leur base est une autre guirlande, et au fond un dessin en lignes contournées en S.
PLANCHE LIX.
TORSE COLOSSAL EN MARBRE, PARMI LES RUINES DE CYRÈNE.
Il se trouve à soixante et dix mètres, vers l’ouest, du temple de César. Il est d’une grandeur colossale, en marbre blanc, représentant un guerrier. La cuirasse, enrichie de sculptures d’un travail fini, est d’une belle conservation ; on y distingue les emblèmes suivants : au milieu du poitrail une figure de femme ailée, la tête couverte d’un casque, et tenant d’une main un glaive, et de l’autre un bouclier, se tient debout sur une louve : il est presque inutile de dire que c’est là l’emblème de Rome la guerrière, portée par l’animal qui allaita son premier roi. Deux autres figures également ailées, sculptées latéralement à la précédente, paraissent représenter les génies qui présidaient aux destins de la ville héroïque. Les écailles semi- sphériques de la cuirasse, qui couvrent les bandelettes libyennes, contiennent aussi chacune des sculptures en relief, disposées symétriquement, parmi lesquelles on remarque des dauphins, les têtes de Mercure et d’Apollon, les aigles de Rome, et autres symboles qui contribuent à orner ce beau torse sans trop le charger.
Si l’on se rappelle maintenant la situation de ce précieux monument, si l’on observe ses dimensions colossales et le fini du travail, il est hors de doute qu’on ne manquera pas de reconnaître en lui la statue de l’empereur César, que les Barbares, en dépit de son apothéose, ont chassée de la superbe enceinte, et fait rouler dans ce champ avec les colonnes et les voûtes qui en relevaient autrefois l’éclat.
PLANCHE LIX.
(_Portant par erreur le no LIX à double._)
FIG. 1.
_Plan des ruines d’un temple situé à Ptolémaïs._
_a._ Pronaos qui contient encore trois colonnes debout avec leurs chapiteaux (_Voyez_ pl. LXVIII).
_b._ Ouvertures qui communiquent à un souterrain voûté, divisé en neuf corridors, et destiné probablement à contenir de l’eau, usage qu’il offre encore maintenant.
FIG. 2.
_Plan d’une ancienne caserne de la même ville._
_a._ Côté du mur où se trouve le rescrit d’Anastase Ier. _Voyez_ Relat., page 179.
_b._ Pièce contenant encore les anciens fourneaux de la caserne.
_c._ Escalier pratiqué dans l’intérieur du mur et tout le long de l’enceinte.
_d._ Entrées voûtées.
_e._ Soupirail.
FIG. 3.
_Plan d’un château sarrasin, situé sur la route qui conduit de Cyrène à Ptolémaïs._
PLANCHE LX.
BAS-RELIEF ET TÊTES EN MARBRE, PARMI LES RUINES DE CYRÈNE.
Parmi les débris du temple d’Apollon, on trouve ce bas-relief en marbre, représentant une jeune femme nue jusqu’à la ceinture, sans attribut de déesse, et paraissant couronner un buste dont il manque la tête.
Ces deux têtes ont été trouvées parmi les ruines de Cyrène ; elles sont de marbre blanc. L’une est d’une dimension colossale, et l’autre de grandeur naturelle.
PLANCHE LXI.
PLAN D’UN HYPOGÉE, DIT KENNISSÈH (LES ÉGLISES) FAISANT PARTIE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
C’est au fond de cet hypogée que se trouvent les deux grottes de la planche XXXIX. Il est situé à peu près au milieu de la Nécropolis de l’Est, et est le plus remarquable de tous par sa grandeur et ses distributions.
PLANCHES LXII et LXIII.
INSCRIPTIONS TROUVÉES A CYRÈNE.
PLANCHE LXIV.
INSCRIPTIONS TROUVÉES DANS L’INTÉRIEUR D’UN SANCTUAIRE, A CYRÈNE.
PLANCHES LXV et LXVI.
INSCRIPTIONS TROUVÉES A CYRÈNE.
PLANCHE LXVII.
VUE DU CHATEAU DE BÉNÉGDEM, SITUÉ SUR LA ROUTE DE CYRÈNE A PTOLÉMAÏS.
Il est situé à l’ouest de Cyrène, et à une journée de chameau de la mer ; il a vingt-deux mètres et vingt centimètres de longueur, sur quarante-trois mètres quatre-vingt-cinq centimètres de largeur, formant un carré oblong. Sa longueur est de l’Est à l’Ouest. Ses deux grands côtés ont au milieu de leur longueur une tour carrée de six mètres quarante-cinq centimètres de largeur. Ces tours attenantes au mur d’enceinte forment deux ailes au monument, se projetant en dehors ; elles ont chacune une pièce voûtée ; le tout construit en dalles calcaires, liées entre elles par du ciment.
PLANCHE LXVIII.
VUE DES RUINES D’UN TEMPLE A PTOLÉMAÏS.
Le premier plan de cette vue représente le parvis du temple, formé par une espèce de stuc, dans lequel sont enchâssés des cailloux roulés. Plusieurs ouvertures sont pratiquées sur la surface du parvis, qui en quelques endroits conserve encore des restes d’une mosaïque grossière, dont il était généralement revêtu. Les trois colonnes encore debout sont probablement le reste du propylée. On voit sur le massif de construction qui leur sert de base générale, deux inscriptions grecques dont une est renversée.
PLANCHE LXVIII.
(_Portant par erreur le no LXVIII à double._)
VUE DES RUINES DE LA PORTE OCCIDENTALE DE PTOLÉMAÏS.
Deux grands massifs d’une égale dimension, ayant à leur côté Est une ouverture carrée à mi-distance de leur hauteur, portent à croire qu’ils peuvent être les restes de l’ancienne porte de Ptolémaïs, à l’extrémité Ouest de laquelle ils se trouvent. Les ruines du temple, qui est l’objet de la vue précédente, se voient à l’Est.
PLANCHE LXX.
VUE DES MONUMENTS FUNÉRAIRES, SITUÉS A L’OUEST DES RUINES DE PTOLEMAÏS.
Le principal de ces tombeaux est construit sur un rocher taillé carrément. Il est orné à son sommet d’une frise du même style que celles que nous avons observées dans la Nécropolis de Cyrène. Il forme intérieurement une galerie, ayant de chaque côté cinq caisses ou caveaux dont les entrées sont ornées de frises simples, mais d’un bon goût. Au- dessus des caveaux est un second étage divisé en plusieurs pièces. Les autres tombeaux ou masses carrées que l’on aperçoit auprès de celui dont nous venons de parler, sont formés par des rochers isolés, dans l’intérieur desquels on a taillé une ou plusieurs chambres. L’extérieur est taillé à peu près en carré d’une manière assez grossière.
PLANCHE LXXI.
PLAN, COUPE INTÉRIEURE ET DÉTAILS DU GRAND TOMBEAU, SITUÉ A L’OUEST DE PTOLÉMAÏS.
_Voyez_ Relation, pages 180 et 181.
PLANCHE LXXIII.
INSCRIPTION GRAVÉE SUR UNE CASERNE ANTIQUE A PTOLÉMAÏS.
PLANCHES LXXIV, LXXV, LXXVI, LXXVII, LXXVIII.
(_Cette dernière porte par erreur le no LXXIX._)
INSCRIPTIONS DE PTOLÉMAÏS.
PLANCHE LXXIX.
INSCRIPTIONS GRAVÉES SUR LES TOMBEAUX DE PTOLÉMAÏS.
PLANCHES LXXX, LXXXI, LXXXII, LXXXIII, LXXXIV, LXXXV, LXXXVI.
INSCRIPTIONS TROUVÉES A TEUCHIRA.
PLANCHE LXXXVII.
ENCEINTE DE L’ANCIENNE VILLE DE TEUCHIRA.
Les ruines de cette ville sont entourées d’une muraille d’enceinte, formant un carré irrégulier de deux milles environ de circonférence. Cette muraille, d’une belle conservation, et flanquée de tours à ses angles, a été redressée avec des matériaux d’édifices anciens.
_a._ Bassins taillés dans la roche et creusés à leurs parois en grottes sépulcrales.
_b._ Grande tour au centre de laquelle est un puits.
_c._ Tours quadrangulaires qui servaient à défendre la ville.
_d._ Côté de l’enceinte qui côtoie les bords de la mer ; il est presque totalement détruit.
PLANCHE LXXXVIII.
VUE D’UNE GROTTE SÉPULCRALE, APPARTENANT AU MOYEN AGE, ET FAISANT PARTIE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
PLANCHE LXXXIX.
RUINES D’UN GRAND MONUMENT SARRASIN A LADJEDABIAH.
PLANCHE XC.
VUE D’UN CHATEAU SARRASIN A LADJEDABIAH.
On trouve ces ruines à treize lieues du cap Carcora, à trois des bords de la mer. _Voyez_ Relation, pages 268 et 269.
PLANCHE XCI.
VUE D’UN VILLAGE EN BRANCHES DE PALMIERS, A L’OASIS DE MARADÈH.
A peu près au centre de Maradèh proprement dite est un rocher sur lequel sont les ruines d’un village, ayant un mur d’enceinte, et construit en pierres et terre : de ce point, on aperçoit toute l’étendue de l’Oasis au Nord de ces ruines ; derrière une petite chaîne de monticules ou rochers, qui divisent cette Oasis en deux parties, sont les ruines d’un autre hameau construit de la même manière que le précédent, ayant au milieu une espèce de tour carrée, comblée maintenant, et qui a dû servir de lieu de défense aux anciens habitants. Les nomades des environs de la Syrte viennent chaque année y recueillir les dattes ; mais n’osant résider dans les villages ruinés, livrés au pouvoir des esprits, ils se sont construit séparément des habitations en branches de palmiers.
PLANCHE XCII.
VUE DE L’OASIS DE LECHKERRÈH, VOISINE D’AUGILES.
Dans cette Oasis, de même qu’à Maradèh, il n’y a point de village bâti, ce sont des huttes en branches de palmiers, entourées d’une enceinte de même nature. Les Arabes de Barcah y viennent séjourner en été avec leurs bestiaux, y sèment un peu d’orge, et recueillent les dattes, pour lesquelles ils paient un tribut au pacha de Tripoli. Je n’y ai trouvé qu’une dixaine d’hommes qui y sont domiciliés, et dont les ressources consistent en quelques chèvres. Ces habitants sont loin d’offrir l’aspect malheureux de ceux de Maradèh. On voit à Lechkerrèh un grand carré, ou enceinte fermée par un mur peu élevé, construit en pierres et terre, et ayant intérieurement à chaque angle une espèce de tour dont l’entrée est au-dessus du niveau du sol. Cette bâtisse et une autre d’une moins grande dimension qui est à côté, quoique toutes les deux fort ruinées, m’ont paru avoir été faites par les Arabes.
PLANCHE XCIII.
NÉGRESSE DU SOUDAN.
Cette planche représente un groupe de jeunes négresses du Soudan, contrée de l’Afrique intérieure, avec lesquelles j’ai eu l’occasion de traverser des zones de sable : la régularité de leurs traits, la douceur animée de leurs grands yeux noirs, et la svelte souplesse de leur taille sont loin de présenter ces difformités du nez et des lèvres qui caractérisent la plupart des africaines.
PLANCHE XCIV.
DROMADAIRE BICHARIÈH, AVEC SES HARNAIS NUBIENS.
PLANCHE XCV.
_Céraste._
PLANCHE XCVI.
_Geranium uniflorum_ (n. s.).
_Ornithogalum sessile_.
PLANCHE XCVII.
_Senecio orientalis_.
_Echium cyrenaïcum_.
PLANCHE XCVIII.
_Stachis latifolia_.
_Euphrasia cyrenaïca_.
PLANCHE XCIX.
_Ranunculus asiaticus_.
PLANCHE C.
_Nouveau genre de la famille des cyprès ; il croît auprès de la fontaine d’Apollon._
FIN DE L’EXPLICATION DES PLANCHES.
[Note 393 : L’auteur de la Relation n’a d’autre mérite, pour la plupart des planches, que d’avoir pris sur les lieux, aussi fidèlement qu’il lui a été possible, les croquis qui ont servi, sous sa direction, à MM. Courtin et Adam fils à faire les dessins qui composent cet Atlas.]
NOTES SUR LES INSCRIPTIONS DE LA CYRÉNAÏQUE,
=PAR M. LETRONNE.=
· · ·
Parmi les inscriptions rapportées par M. Pacho, il n’en est qu’un petit nombre qui présentent de l’intérêt sous le rapport de l’histoire ou de la langue. Le reste n’offre que des noms propres. Un travail assez étendu sur ces inscriptions, que j’avais remis à M. Pacho, quelque temps avant sa mort, ne s’est point retrouvé. Dans les instans de trouble et d’égarement d’esprit qui ont précédé cette horrible catastrophe, cet infortuné voyageur a brûlé indistinctement, à ce qu’il paraît, un grand nombre de papiers, et mon manuscrit y a passé avec d’autres choses sans doute plus importantes. N’en ayant pas gardé de copie, je devrais le recommencer ; mais le temps me manque. On ne trouvera donc ici que le fragment que j’en avais détaché et publié dans le Journal des Savans, mars et mai 1828, et qui heureusement concerne les plus intéressantes de ces inscriptions. Pour les autres, comme elles ne renferment le plus souvent que des noms propres, on voudra bien se contenter d’une indication sommaire. Il en est même que je passerai tout-à-fait sous silence, parce que les copies de M. Pacho m’ont paru pouvoir suffire au lecteur instruit : on aura donc à peu près tout ce que mon travail pouvait offrir de réellement utile ; on ne perdra que quelques rapprochemens paléographiques ou chronologiques d’un médiocre intérêt.
CYRÈNE.
PL. LXII.
No 1. Cette inscription est la seule qui soit en vers ; c’est une épitaphe en vers élégiaques qui, par son sujet et son mérite, peut enrichir l’anthologie grecque.
En voici le texte restitué et la traduction[394] :