‹ Roi de CamargueChapitre 27 sur 27 · XXV

XXV

Livette, transportée depuis bien des jours au Château d’Avignon, ne se relevait pas. Les fièvres, obstinées, revenaient. Rien n’y faisait.

Est-ce que vraiment, mon Dieu! elle était condamnée à mourir! et lui à le voir? Est-ce qu’il allait perdre cet avenir entrevu, de bonheur paisible, d’amour calme, dans le mariage? Cette joie, goûtée si peu de temps, d’avoir à protéger une femme mignonne, faible et chérie comme une enfant?--La douceur d’avoir une famille, cette douceur qu’il ignorait, l’orphelin, à laquelle il avait rêvé souvent comme à une chose de paradis, était-il condamné à ne pas la connaître, pour en avoir oublié le désir un seul jour? Cette image, chère aux gens de campagne, d’une cheminée qui, fumante sur le toit, semble leur dire, du plus loin: «La soupe est chaude, la femme attend, l’enfant appelle,» lui revenait parfois en l’esprit, et il soupirait profondément!

Le châtiment qu’il voyait venir ne lui paraissait pas proportionné à la faute. Il n’y avait pas de justice!

Quel est donc ce mystère, terrible entre tous: l’amour du cœur séparé de l’autre, et l’amour des sens plus puissant, quand bien même on reconnaît le premier comme certain et plus doux?

Entre la chapelle haute et la crypte souterraine de l’église des Saintes-Maries-de-la-Mer, sur le plain-pied de la vie humaine, le miracle vient-il toujours d’en bas? Et, si cela est, en est-ce moins le miracle? Qui de vous a sondé la vie? Qui peut dire: «Elle est injuste», ou: «Elle est inutile», ou bien: «Ce que je ne vois pas n’est point»? Qui dira si les souffrances de Livette ou de Renaud, leurs troubles et leurs efforts d’âme, tous les mouvements invisibles et inexprimables d’eux-mêmes (qui en sont inconscients) ne préparent pas des réalités d’esprit inconcevables à nos esprits? L’_idéal_, ce rêve du mieux, est la condition essentielle du développement _matériel_ des êtres. Aucune force ne se perd; toutes se transforment: «Tout sert! disait le vieux berger Sigaud. Il faut de tout pour faire un monde!»

Livette avait pardonné à Renaud. Renaud ne s’était pas pardonné à lui-même.

Quelquefois il la regardait avec attendrissement et il souffrait en elle, des heures entières. Quelquefois il avait contre elle de subites rages, et comme des accès de méchanceté.... N’était-elle pas l’obstacle? Il se croyait, dans ce moment-là, possédé d’un diable, et près du lit de Livette, il s’agenouillait alors en invoquant les saintes, les femmes de pitié.

--Oh! maintenant, comme elle était amaigrie! Ses yeux semblaient avoir grandi, et, de bleus qu’ils étaient, être devenus noirs, parce que la pupille en était toujours dilatée. Ses longs cheveux blonds ne luisaient plus. Il semblait que l’eau boueuse du marais les eût ternis pour toujours.

Elle tressaillait souvent à des bruits qu’elle croyait entendre.

Elle, qui jadis ne parlait guère, elle ne cessait de conter des choses qu’elle avait rêvées, se fâchant lorsqu’on ne s’en souvenait pas.

Les médecins d’Arles essayèrent de tout. Rien n’y fit.

--Je ne veux plus de leurs remèdes, dit-elle un jour à Renaud. Pour la fièvre du marais, oui, peut-être, ils y pourraient faire, mais il y a autre chose. C’est mon cœur que tu as noyé... Je ne te croirais plus: il vaut mieux que je meure.

Elle n’avait rien expliqué à son père, à la grand’mère.

--Ils t’auraient chassé, disait-elle, et je voulais te voir jusqu’à la fin.

Son voyage au mas d’Icard, sa fuite nocturne, son accident, tout était mis sur le compte d’un accès de fièvre, qui l’aurait fait agir, tandis qu’au contraire son mal venait de tout cela.

Renaud, par un effort désespéré, se ressaisit enfin.... Était-ce pour toujours? Il voulait le croire puisqu’il fallait que cela fût, pour la faire vivre.

Il ne voulait pas penser à l’autre. Il voulait se repentir. Il arrachait à chaque instant de lui, avec sa volonté,--comme une herbe avec la main--quelqu’un de ses souvenirs.... Il contait de gaies histoires, faisant semblant d’en rire le premier.

Il avait donc pour Livette une grande pitié; mais n’importe: il n’aurait pas fallu soulever une pierre bien grosse pour retrouver dans son cœur, à un endroit qu’il savait bien, la vipère endormie.

--Je mourrai, je mourrai! disait souvent Livette, mais je veux revoir la fête des Saintes. Je veux durer jusque-là. Tu me porteras sur les châsses, c’est là que je veux mourir. Et, à mon enterrement, je veux que les gardians, tes camarades, suivent à cheval,--promets-le-moi--avec leurs piques baissées vers la terre, comme des soldats que j’ai vus, en Avignon, un jour, porter ainsi leurs fusils en allant vers le cimetière.

Avec une sorte de gaieté, elle revenait souvent sur cette image de son enterrement, l’embellissait d’un détail, disant de l’air d’un enfant qui joue:

--Il y aura des lis, comme à la procession des Saintes lorsqu’on va bénir la mer; je veux beaucoup de lis!... C’est si joli, les lis blancs, si blancs! Ils sont si fiers sur leurs tiges, ils sentent si bon!

Cependant la saison tournait; les mois revenaient, tout semblables aux mêmes mois du passé, depuis des siècles.

L’été incendia le ciel, la mer et la terre, tirant des marécages jusqu’à la dernière goutte d’humidité, faisant flotter, dans l’air lourd qu’on respire, la malice des miasmes.

Les moissons se firent; puis les vendanges. C’était l’automne. Maintenant le rouge-gorge chantait dans le parc du Château d’Avignon. Les nuits redevenaient longues. Les feuilles tombaient. La tristesse de l’année recommençait.

Les boutons d’or avaient disparu. Le Vaccarès, desséché tout l’été, ne montrait plus au soleil son beau fond de terre gris de souris. C’était, de nouveau, une mer. Le ton léger, citronné, des ciels de septembre, s’était depuis longtemps caché sous les brumes montantes.

Les oiseaux de passage recommençaient à voler sur l’île miroitante, qui leur promettait des proies. L’aiglon accourait des Alpilles faire la guerre aux oiseaux pêcheurs. Et dans les nuits bourdonnantes de pluie et de rafales, les cigognes et les grues, les oies, qui là-haut, dans le noir mouillé, s’avancent en triangles, poussaient des cris pareils à des cris d’alarme.

Les douleurs de Livette s’aigrissaient. Elle passait toutes ses journées assise près de sa fenêtre.

Un soir que Renaud veillait à côté d’elle, en silence (une lampe éclairait faiblement la chambre), pendant que la grand’mère et le père Audiffret dînaient dans la salle basse, Livette, tout à coup, se leva toute droite, puis recula, en criant:

--La voici! la voici! non! non! ne la suis pas! Je ne veux pas! non, non, Jacques!

Renaud, debout lui aussi, regarda Livette d’un œil égaré; puis, ayant suivi la direction de son regard, il se mit à trembler. Dans le cadre de la fenêtre, un spectre pâle, incertain, mais très reconnaissable, la bohémienne... était là!... A peine l’eut-il reconnue, qu’elle disparut, en lui faisant un signe d’intelligence:

«Viens!»

Ce n’était pas une vision de la malade puisque, lui aussi, il avait vu!

En tous deux peut-être l’île fiévreuse avait mis le poison de ses miasmes. La semence de la fièvre fourmillait et fleurissait en eux. Le mal des paluns mettait dans leur cerveau, comme dans un miroir trouble, l’image éternellement répétée des choses plaintives du désert, auxquelles se mêlait la forme de leurs pensées.

--N’y va pas! n’y va pas! mon Jacques!

Sur ses genoux, Livette se traînait à terre, suppliante, secouée de sanglots, s’accrochant des deux mains à la veste du gardian....

Le père et la grand’mère étaient accourus.

Le père sanglote aussi et ne sait que faire. La grand’mère, lente, s’assied au chevet du lit où Renaud, bien doucement, a déposé Livette....

Muette, calme, la vieille, vers le crucifix de cuivre, vers les images des Saintes, accrochées au fond de l’alcôve, lève un long regard, beau de confiance.

Et--sur le lit--Livette poussant ses cris d’oiseau perdu, crispant ses doigts autour d’elle comme pour se rattacher à la vie, aux roseaux du marais où elle croit se noyer encore,--Livette se meurt....

Livette est morte.

Les gardians, à cheval, la pique baissée, l’ont accompagnée au cimetière. Son chien préféré l’a suivie.

Renaud, sur sa tombe, a mis des lis. Elle dort dans le cimetière des Saintes, au pied des dunes, sous les lis cultivés, parmi les asphodèles sauvages, au bord de la mer.

Renaud est retourné au désert, trop pareil à ce taureau qui, blessé dans le cirque, regagne ses horizons, les solitudes du marais, où il pourra lécher ses blessures, se répandre en fureur, meugler aux nuages, et secouer inutilement mais en liberté le fer resté dans la plaie.

On a trouvé un jour, au bord du Vaccarès, le corps sanglant de Rampal, percé de deux coups de corne. Bernard seul a pu voir son duel avec Renaud, un soir, à l’heure où le couchant est tout rouge.... Ils se prirent corps à corps, au milieu même de la manade, et Renaud, soulevant de terre son ennemi, à pleins bras, le coucha de dos, crevé, sur les cornes d’une taure qui arrivait contre eux, et qui, d’un coup de sa tête lourde, rejeta en l’air un cadavre.

Sans un cri, Rampal était mort. Où Rampal tomba, il resta trois jours. Les taureaux noirs, qui neuf jours pleurent lorsque l’un d’eux est tombé mort dans le pâturage, mugirent trois jours durant, autour du corps de Rampal, de loin.

Bernard seul a vu le duel et n’en a rien dit; mais les gens du désert le savent; ils ont deviné.

Renaud, après cela, est devenu, lui aussi, comme un fantôme.

Par tous les temps, été, hiver, pluie et soleil, on l’aperçoit, ici ou là, au bout des horizons camarguais, droit et triste sur son cheval, son trident au poing....

Il regrette Livette. Il aime Zinzara. Il ne pleure que sur lui, le malheureux! Il a perdu le paradis des tendresses entrevues et l’enfer savoureux des amours sauvages qu’il a goûtées. Il n’a rien. Il lui semble que la mort de Livette, qu’il se reproche, le laisse libre de se ruer à sa passion pour l’autre, mais l’autre est absente,--et, absente, elle le torture avec autant d’acharnement que le jour où, attachée aux crins de son cheval, elle le bravait d’insultes, le poignait de désirs, sans qu’il osât la secouer, la fouler à terre, ni la prendre.

Son souvenir est sur lui comme l’œstre obstiné à revenir sur la trace saignante de sa piqûre. Il se secoue en vain: il ne peut pas s’en débarrasser. Renaud aime Zinzara; il la veut sans espérance, et, dominé par ce désir unique, il n’en éprouve plus aucun autre, en sorte que la puissance de sa jeunesse s’accumule en lui et l’affole.

Les maisons amies, les lieux de fête où il accourait autrefois ne l’intéressent plus, parce que le seul être qu’il cherche ne peut pas s’y trouver. Le désert, peuplé jadis pour lui d’espérances, lui est vide maintenant. Les chemins qui s’y croisent ne mènent plus pour lui nulle part.

Il s’est surpris parfois, dans les nuits, à mugir avec ses taureaux, à travers le vent qui les tourmente, vers les horizons perdus. C’est un possédé. Un démon l’habite.

Quand, las d’errer et d’être à cheval, il veut s’étendre enfin un jour et dormir, il gagne la cabane de ses amours, au milieu de la gargate, et là, bien sûr de sa solitude, il se vautre comme une bête dans sa rage d’être seul. Il ressort un matin de sa retraite, plus défait, plus misérable, plus poursuivi de visions que jamais.

Il croit voir par instants, sous les sabots de son cheval, Livette, suppliante, folle, les mains tendues... mais il donne de l’éperon et il passe.... Un cri terrible le suit partout.

Il marche vers un autre spectre qui, là-bas, à l’autre bout de l’horizon, l’appelle.... Il dit, à qui veut l’entendre, qu’il est venu d’Égypte où il était roi, et qu’il y retournera un jour, le roi de Camargue.

Son esprit fou semble maintenant l’esprit même de la lande sauvage. Il croit voler en cercle avec les oiseaux du marais qui pleurent dans la bruine. Le mistral fouette ses ailes. Quand le vent passe dans ses cheveux, il plaint la pauvre herbe de la steppe que le mistral torture.

C’est en lui-même que bourdonnent toutes les lamentations des roseaux, des eaux, des marais, des fleuves, et toute cette grande rumeur gémissante est sans cesse traversée en lui par un cri--oh! si déchirant!--le cri de Livette!

Comme le clocher de l’église des Saintes est plein de hiboux, son cœur est plein de ses remords de chrétien; et la bonté du curé pour lui ne les chasse pas.

Quand il arrive devant la mer, l’envie, bien des fois, lui vient de pousser son cheval, sanglant sous l’éperon, vers le grand large, toujours, toujours, jusqu’à ce qu’il se perde là-bas, du côté de ce pays, vaguement rêvé, d’où viennent les saintes et les bohémiens... mais quelque chose l’arrête; sa destinée le retient; il appartient à son royaume!

S’il a ressenti une heure de paix, ce fut un matin, où parmi les cauchemars habituels que lui inspirait le souvenir de Zinzara, il a vu, dans un bon rêve, Livette, souriante, vêtue de blanc, des lis aux mains, pareille aux saintes des tableaux d’église, et lui disant: «Je t’ai pardonné. Pardonne-toi.»

Le répit n’a pas duré, car il ignore, le bouvier, que l’excès du repentir est un crime, lorsqu’il en arrive à sécher dans l’homme les sources de la volonté, qu’il stérilise les champs d’action, qu’il barre les voies du mieux faire.

Le pardon de soi-même, à l’heure utile, après les justes pénitences, est un des secrets de la sagesse des hommes; puisque, sans cela, la première faute, entraînant le désespoir définitif, dispenserait à tout jamais de tous les courages.

C’est l’avis de M. le curé, que Renaud écoute en confession, sans l’entendre.

Il souffre donc sans cesse, en attendant l’heure d’apaisement. Il est pareil à ces gîtes, abandonnés des pâtres et des troupeaux, à ces «jass» du désert, tout noirs d’un vieil incendie, et entourés de ronces à l’endroit même où fleurissaient quelques rosiers jadis. Il est pareil encore aux agaves qui, après avoir poussé si haut la tige fleurie de leurs amours, pourrissent aussitôt sur place, dans la désolation.

· · ·

Le rêve où Renaud a vu Livette, M. le curé, à plusieurs reprises, le lui a expliqué, mais toujours inutilement.

Comment, du reste, son remords cesserait-il, puisque sa passion dure toujours, et qu’éternellement il recommence, en désirs, la faute d’où est sorti tout le mal?

Il n’y a pourtant, mes amis, qu’une sagesse: «Plante un arbre, bâtis une maison, fais un enfant. Sois patient: tout arrive. Ce qui ne se trouve pas en cent ans, se trouve en six mille.... L’avenir, c’est encore toi!»

· · ·

Lorsque Renaud, dans le songe de sa vie malade, vient à sentir parfois l’amour en lui plus fort que sa passion, il lui semble alors que Livette, de son côté, l’attire dans la mort; mais les êtres de vérité et de bonté n’inspirent jamais la destruction.

Cela, du moins, il le sent bien. Il croit que la mort volontaire ne le ferait pas sortir du cercle des maudits.... Il descendrait, en effet, plus bas, dans le gouffre en spirale des damnés d’amour.

· · ·

On dit que les noyés du Rhône, entraînés sans doute par l’irrésistible courant, qui les rassemble tous aux embouchures, reviennent, à de certains soirs, faire à la surface des eaux, un sabbat de désespérés.

Heureux sont-ils cependant, puisqu’ils sont, alors, réunis!

Mais les noyés des eaux stagnantes, et ceux qui, pour les rejoindre, sont morts volontairement, restent des spectres solitaires. Ils se cherchent sans cesse, et ils ne s’atteindront jamais. Ce sont des âmes damnées. Elles errent dans le désert en s’appelant, sans même se rapprocher ni se voir; et, sans fin, sans fin, dans la nuit, on entend, aux déserts de Crau et de Camargue, des plaintes longues, perdues, inutiles, se croiser à travers les étendues....

· · ·

Ce sont les horizons mêmes qui s’appellent et se répondent en fuyant....

TABLE DES CHAPITRES

Pages.

I. Livette et Zinzara 1

II. En Camargue 10

III. Les gardians 18

IV. Le séden 24

V. Les fiancés 36

VI. Rampal 48

VII. La rencontre 55

VIII. Sur le banc 71

IX. La prière 80

X. La terrasse 87

XI. La cachette 94

XII. Une sorcière 116

XIII. La psylle 139

XIV. Tournoi 162

XV. L’archéologie de M. le curé 175

XVI. Du haut de l’église 204

XVII. La vieille 218

XVIII. Les saintes châsses 231

XIX. La ferrade 248

XX. Le piège 263

XXI. Hérodiade 282

XXII. Au gîte 293

XXIII. La poursuite 304

XXIV. Dans la gargate 325

XXV. Fantôme 334

38369.--Imprimerie LAHURE, 9, rue de Fleurus, à Paris.

NOTES:

[A] Q’aurait dit M. le curé, s’il eut appris qu’un poète contemporain, M. Pierre Gauthiez, a consacré l’erreur trop répandue! Selon lui, une Marie l’Égyptienne vint en Camargue dans la barque des Saintes.... Quand elles eurent abordé, il fallut payer le passage au batelier dévoué qui les avait aidées à faire la traversée prodigieuse. L’une lui donna un brin de romarin qui avait touché les lèvres du Christ; l’autre une boucle de ses blonds cheveux.... Et quant à la troisième....

_L’Égyptienne au doux œil sombre,_ _Debout auprès d’un olivier,_ _Regarda le beau batelier._

_Elle prit son voile de lin,_ _Et découvrit sa chair de vierge,_ _Pure et luisante, ainsi qu’un cierge_ _Sous le soleil à son déclin._ _Elle fut toute nue, et comme_ _Sur le sable roux, le jeune homme_ _S’agenouillait, la lèvre en feu,_ _Tendant ses bras comme vers Dieu,_ _La sainte, sans robe ni voiles,_ _Pareille aux célestes étoiles,_ _Lui dit: «Tu vois, mon batelier,_ _Je n’ai que Moi pour te payer!»_

[B] La _tarasque_ n’est peut-être que la représentation, follement grandie par l’imagination populaire, des crocodiles du Rhône. Celui-ci, le dernier qu’on ait vu en Camargue, dit-on, est aujourd’hui suspendu, avec une inscription qui en constate la provenance, à _l’Hôpital des Antiquailles_ de Lyon. L’inscription ajoute: «Don de M. le curé des Saintes-Maries-de-la-Mer.»

[C] Parmi les chants naïfs qu’adressent aux saintes les pèlerins, souvent éclatent les hymnes, devenus populaires de celui qu’Alphonse Daudet a nommé le Gœthe de la Provence, Frédéric Mistral.