Chapitre 51 Les beaux-arts
Mais je n’en finirais pas s’il me fallait vous détailler les mille extra-ordinarisms qui composent la stupéfiante Exposition de Chicago.
Deux mots seulement sur les Beaux-Arts.
Pour la peinture, rien de bien spécial. Les Américains seront en cet art, longtemps encore, les tributaires du vieux continent.
Mais, pour la sculpture, quelle innovation !
Et comme nos vieux bustes de marbre, nos groupes de bronze, nos frigides plâtres, nous paraissent surannés et ridicules, au retour de Chicago !
La sculpture américaine, aujourd’hui, c’est la vie, c’est le mouvement !
Plus de marbre, plus de bronze, plus de plâtre ! Place au celluloïd articulé !
Toute la section américaine de sculpture est composée de statues colorées et animées.
Montées sur de délicates armatures d’acier, recelant en leur flanc d’ingénieux moteurs et de subtils phonographes, les statues bougent, frissonnent, palpitent, chantent, comme vous et moi, et peut-être mieux encore.
Les bustes des hommes politiques disent de belles paroles, les ténors roucoulent leurs enchantements, les professionalbeauties arborent, toutes les cinq minutes, d’énigmatiques sourires, et leurs paupières battent.
Il y a là, pour les artistes de la vieille Europe, une source d’enseignements profitables.
La routine a fait son temps, disait dernièrement M. Sarcey. Et comme il avait raison !
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