L’ENFANT.
Allons! petit lion! ouvre ta gueule! Je veux compter tes dents.
PREMIÈRE RELIGIEUSE.
Vilain! veux-tu le laisser tranquille! Tu sais bien que les petits des bêtes de l’ermitage sont nos enfants! Mais tu as besoin de batailler: les solitaires ont eu bien raison de t’appeler Grand-dompteur.
LE ROI.
C’est étrange!... A la vue de cet enfant qui ne m’appartient pas, je me sens au cœur des tendresses de père... Ah! c’est que je n’ai pas d’enfants!
SECONDE RELIGIEUSE.
La lionne te mangera, si tu ne lâches pas son petit!
L’ENFANT, riant.
Ah! que j’ai peur! (_Il lui fait une grimace._)
LE ROI, _avec étonnement_.
L’héroïsme est en lui comme dans sa semence: Cet enfant merveilleux me semble un feu dormant. A la braise qui couve apportez l’aliment: Elle fera bientôt jaillir la flamme immense!
PREMIÈRE RELIGIEUSE.
Allons! lâche le petit lion!... Je te donnerai un autre jouet.