‹ Scènes de la vie Hollandaise, par HildebrandChapitre 12 sur 25 · I

I

Les angoisses de l'étudiant.

La bonne ville de Leyde renferme, dans l'enceinte de ses murailles, en partie encore debout et en partie transformées en promenades, deux, beautés territoriales qu'on ne peut assez vanter, savoir: la Brêestraat qui, d'après d'antiques documents et d'après les adresses des lettres de tous les temps a dû s'appeler jadis Breedestraat[1], et le Rapenburg, si célèbre par la catastrophe de l'an vu[2] et lequel offre, selon Orlers, «le long d'une large rue un large et beau canal planté sur les deux rives et comme encadré de beaux grands tilleuls sous lesquels il est très-agréable de se promener pendant l'été.» Le Rapenburg est parfaitement bâti des deux côtés et l'on y trouve de belles maisons qui font honneur à la fortune de nos aïeux et à leur goût pour les constructions colossales. Cette circonstance n'empêche pas toutefois qu'on n'y remarque quelques édifices très-vilains et tout difformes; parmi ceux-ci se distinguent surtout le Muséum royal d'histoire naturelle, la Bibliothèque de l'université et l'Université elle-même, carie conseil communal et l'Etat semblent avoir généreusement résolu d'abandonner désormais le soin d'embellir et d'orner la ville au goût des habitants, tout comme le gouvernement laisse la charge de récompenser ceux qui sauvent la vie à leurs semblables, à la société tot Nut van t'Algemeen [3]. Le dernier édifice que nous avons nommé, situé au coin de la ruelle des Nonnes, offre l'aspect qui n'est pas sans charme d'un vieux convent avec des fenêtres modernes, fermé par une grille de nouveau modèle, et sur le toit duquel apparaît un assemblage non moins gracieux de pigeonniers et de poivrières qui portent le nom pompeux de tours et d'observatoire. Dans le fait, la partie supérieure du bâtiment éveille l'orgueilleuse pensée de la marche progressive des arts et des sciences et du développement indéfini de l'esprit humain, tandis que les murailles et les voûtes épaisses du rez-de-chaussée gardent religieusement le chaste souvenir des nonnes blanches. Quelle frappante révolution le cours des temps a amenée en ces lieux! A cette même place où de timides novices, encore indécises sur la grande résolution à prendre, venaient prier devant l'autel au pied duquel elles devaient un jour dire, le cœur joyeux et calme, adieu au monde et à ses pompes; à cette même place devaient s'asseoir plus tard d'infortunés verts [4] désespérant d'atteindre jamais aux grandeurs de la terre. Là où le vénérable chœur des religieuses couvertes de leur long voile et précédées de leur abbesse, élevait jadis vers Dieu un chant solennel, devait s'asseoir plus tard une réunion de savants en robe noire, tandis qu'un futur docteur y soutiendrait, de par l'autorité du recteur magnifique et contre le monde entier, cette audacieuse thèse que l'article cent et autant du code n'est pas absolument en contradiction avec l'article cent et autant;--ou bien que c'est à tort qu'on attribuerait sans distinction toutes les maladies des enfants aux dangers de la dentition; ou encore qu'un témoin oculaire est plus capable d'écrire l'histoire que celui qui ne connaît les faits que par ouï-dire;--et parfois aussi qu'il faut connaître l'hébreu pour savoir découvrir et juger les hébraïsmes du Nouveau Testament. Je pourrais continuer longtemps à signaler des contrastes entre le temps passé et l'époque présente, si je ne craignais de commettre des inexactitudes que nombre d'antiquaires de Leyde ne me pardonneraient jamais. Disons en un mot que tout ce qu'on voyait et entendait autrefois en ces lieux est changé et renouvelé, à l'exception du latin qui a plutôt vieilli et qui, ramené au vrai ton de Cicéron, continue et continuera jusqu'au dernier des jours, de prêter, avec une étonnante souplesse, ses formes les plus classiques à toute science quelconque, soit que les Romains en aient eu ou non quelque notion.

Lorsqu'on a franchi la grille de fer et la cour qui occupe un espace d'une dizaine de pas devant le vénérable édifice, on entre, par une grande porte dont les panneaux sont placardés de nombreux avis, dans une large allée où l'on ne rencontre personne à l'heure de silence où commence cette histoire, c'est-à-dire à deux heures après midi. Si, au bout de cette allée, on gravit un grand escalier tournant en pierre, et si, parvenu à l'étage, on prend à gauche, puis droit devant soi, on arrive à une élévation de deux marches: si l'on franchit aussi ces marches et si l'on ouvre la porte qui est en face, on se trouve dans une petite chambre aux murs blanchis à la chaux et planchéiée, chambre où l'on voit une table, une couple de chaises et un poêle rouillé.

Cette place peu avenante porte le prosaïque nom de Cabinet des sueurs, et à coup sûr, ce n'est pas à tort. C'est là en effet une sorte de purgatoire où quiconque aspire à savourer les douceurs d'un examen ou d'une promotion, doit attendre pendant quelque temps avant d'être admis à la jouissance de cette céleste joie. Solennel réduit! Dans cette petite chambre, ô mes lecteurs, tons les grands hommes qui, grâce à un zèle infatigable et à une application ininterrompue, ont jamais conquis le bonnet de docteur à l'université de Leyde, pour étonner et charmer ensuite le monde par leur supériorité scientifique, tous, dis-je, incredibile dictu, se sont, pendant quelques instants, trouvés petits dans cette humble chambrette. Oui, là l'habile défenseur de vos droits qui aujourd'hui, sans pâlir ni rougir, terrasse votre adversaire en accumulant énergiquement phrases sur phrases, là, il a senti un instant le cœur lui battre violemment à l'idée que tel ou tel professeur ne lui avait pas pardonné d'avoir si mal fréquenté son cours et s'en vengerait en lui posant des questions captieuses. Là, le médecin, qui aujourd'hui sonde, si intrépidement votre poitrine et vos entrailles, a sué bien des gouttes en songeant que ses professeurs en savaient tant plus que lui. Là, ce gros recteur auquel voire fils ainé ne présente qu'en tremblant son thème rempli de fautes et de demi-fautes, ce recteur lui-même a frémi un jour dans la crainte que l'examinateur n'ouvrît un autre dialogue de Platon que celui qu'il savait le mieux. Là enfin Hildebrand aussi, votre humble serviteur, a senti un frisson glacial lui parcourir les reins, alors que son imagination s'égarait dans le dédale des questions pouvaient lui être adressées.

Le propre de ce cabinet c'est que le patient y entre avec une cravate blanche, une figure blanche, tout vêtu de noir et suivi par quelques amis en négligé, avec des paletots, des cannes, des casquettes et des chiens. Le patient s'assied sur la table et les amis vont et viennent. Le patient chuchote, ses amis ont le verbe haut. Le patient assure qu'il est mal à l'aise et ses amis assurent qu'il est fou. Le patient désire être introduit sur-le-champ dans le sanctuaire, mais il soutient qu'il espère rester longtemps encore dehors. Les amis parient qu'il obtiendra le plus haut grade, et lui parie qu'il n'aura que le second. Le patient éprouve en ce moment un respect sans bornes pour quiconque porte le titre de professeur, et il considère la faculté comme un conseil de dieux; les amis assurent que ce sont des hommes ordinaires. Le patient tient pour certain qu'ils partent du principe fatal de ne pas profaner les grades académiques on les conférant à des indignes, et les amis soutiennent qu'ils sont au monde uniquement pour embêter les jeunes gens. Le patient se rappelle à part lui mille histoires effrayantes d'infortunés qui ont été victimes de leur trouble ou de la rancune, des examinateurs, et ses amis répètent toutes les anecdotes possibles sur les fins renards[5] qui ont jeté de la poudre aux yeux de leurs examinateurs ou dit une drôlerie en recevant leur diplôme simpliciter[6]. Bref, le patient acquiert toutes les connaissances possibles qui lui viendront à propos quand, le lendemain, le surlendemain ou un mois plus tard, il lui faudra assister quelque nouveau patient dans les heures d'angoisse, et ses amis débitent une foule de choses qu'ils auront complètement oubliées, quand, à leur tour, ils seront appelés à passer dans le cabinet des sueurs les instants les plus perplexes de leur vie.

Toutefois le personnage que je veux présenter à mes lecteurs ne remplissait pas toutes les formalités habituelles en ce lieu de torture, où il entra accompagné d'un unique confident. Il avait eu la singulière force d'âme de ne révéler le secret du son examen à personne autre qu'à ce confident; il avait prié l'appariteur de ne pas placarder ad valvas academicas[7] l'affiche dénonciatrice; enfin il avait trompé sur l'heure de l'examen ceux qui étaient parvenus à savoir qu'il avait fait la veille sa démonstration pratique; il étudiait la médecine.

C'était un jeune homme d'un extérieur assez agréable bien qu'on ne pût dire absolument qu'il fût beau garçon, et l'on ne pouvait dire davantage que la cravate blanche et la triste disposition d'esprit où l'avait mis la circonstance présente, fussent de nature à le flatter. Il était de taille ordinaire, mais l'ami qui l'accompagnait pouvait être estimé petit, désavantage naturel qui ne l'empêchait pas en ce moment d'avoir beaucoup meilleur air que le récipiendaire. Ses yeux bruns lançaient un regard plein de malice, et l'expression joyeuse de sa physionomie, comme aussi la vivacité de ses mouvements, contrastait singulièrement avec le sérieux mélancolique de celui qui était venu attendre l'appel, si agaçant pour les nerfs, de la sonnette de l'examen.

Selon l'antique et légale coutume, le récipiendaire s'assit sur la table et consulta sa montre. La porte était toute large ouverte et il put jouir pleinement de la vue de la salle où allait s'assembler la faculté de médecine.

--Deux heures et quatre minutes. Il est encore trop tôt, dit-il, d'un ton abattu.

--Il est assurément trop tôt, dit le petit, mais aussi tu n'as pas suivi mon conseil.

--Quel était donc ton conseil? demanda l'autre avec distraction et en regardant vers l'escalier; car il y entendait du bruit et était curieux de voir si ce serait le professeur S...., ou le professeur M...., qui apparaîtrait le premier.

--Mon conseil, bon Dieu? C'est que tu aurais dû rester au lit jusqu'à nue heure et ne plus ouvrir un seul bouquin.

--Non, c'eût été une folie! dit l'autre qui paraissait avoir sur ce point une opinion décidée, résultat sans doute de l'expérience qu'il avait faite en ce jour solennel; avec l'angoisse du désespoir, il avait passé la matinée à feuilleter telle leçon, puis telle autre, à relire l'introduction d'un livre, à parcourir une fois encore la table d'un autre.

--Après quoi tu aurais dû déjeuner, mais tout à ton aise, sais-tu? poursuivit l'autre.

--Et boire un verre de madère?

--Non, je n'en sais trop rien; cela aurait pu te faire déraisonner ...

--Déraisonner peut quelquefois être bon.

--Oui, cela peut arriver... Il ne faut pas oublier qu'il s'agit de latin[8].

--Heureusement! reprit l'étudiant à la cravate blanche; je ne voudrais pas que la chose se fît en hollandais; une stupidité dite en hollandais est doublement stupide.

--C'est vrai, répliqua le confident, mais alors il faut d'abord savoir le latin, et, quant à moi, je me suis occupé davantage de ma langue maternelle, sais-tu. Pour toi, tu possèdes un petit latin qui n'est pas mal cicéronien, cela est certain! Mais ce que je voulais dire, c'est que tu n'aurais pas dû t'habiller avant deux heures.

--Voilà déjà Macquelin! dit le patient.

--Tu voudrais bien que Broers eût une opération à faire, n'est-ce pas? dit le consolateur.

--Monsieur Broers est entré depuis longtemps, dit l'appariteur, et le brave homme exhiba une quittance des cours.

--Gerrit, mon cher Gerrit, comme te voilà dedans! poursuivit l'officieux ami.

--Un peu! un peu! répondit l'intéressé.

--Non pas un peu, continua le persécuteur, mais énormément, mon brave! Et si tu me demandes s'il t'est possible d'avoir assez peur, je dois te répondre: Non, mon gaillard! car tu as bien mal suivi les cours, sais-tu; et puis tu as dit un jour que l'ostéologie est une science très-sèche! Ne penses-tu pas que cela ait été rapporté aux professeurs?

La victime s'efforça de sourire, mais de mauvaise grâce.

--Ensuite, poursuivit Jean qui rit, et c'est là le pire, il est suffisamment connu que tu es un imbécile.

--Tu te moques de moi! dit Jean qui pleure, mais, à parler vrai, j'en sais moins que tu ne penses ... mais j'entends la sonnette!

Au même instant, la victime sauta au bas de la table, suivit l'appariteur qui lui ouvrit la porte de la faculté de médecine, entra d'un pas modeste et fit une salutation à ses bourreaux; son camarade, au contraire, le suivit d'un pas délibéré et se plaça sur le banc si dur réservé aux auditeurs, où il se trouva néanmoins beaucoup plus à l'aise que la victime sur le fauteuil de cuir luisant des récipiendaires.

Trois quarts d'heure après, on sonna de nouveau, et le patient dut se retirer. Il sortit de la salle avec son satellite, d'un pas calme et posé, mais aussitôt que l'appariteur eut refermé la porte derrière lui, il fit un bond d'un pied de haut et serra la main de son ami avec une expansion effrénée. C'était un autre homme: ses yeux rayonnaient, la joie étincelait sur son visage.

--Comment cela a-t-il été? demanda-t-il à son confident.

--Tout doucement! dit l'autre.

--Vilain plaisant! s'écria l'examiné en lui pinçant le bras.

--J'ai perdu ma fine bouteille! reprit l'auditeur; si tu as le second grade ce sera très-joli.

--Je voudrais déjà l'avoir! s'écria le récipiendaire, et ses traits s'obscurcirent de nouveau.

La sonnette retentit derechef. L'appariteur entra gravement dans la salle et en sortit aussi gravement. Le patient alla écouter sa sentence.

--Ne te fais pas d'illusion! lui chuchota l'autre à l'oreille.

L'examiné attendit le prononcé de l'arrêt avec une physionomie très-calme en apparence. Le doyen débita plusieurs phrases latines, mais lui les entendit sans les comprendre; il n'attendait qu'un mot et ce mot vint: Summâ cum laude.

--Ne te l'avais-je pas dit? dit l'ami qui lui avait conseillé de ne pas se faire d'illusions, tandis qu'ils descendaient l'escalier comme un ouragan et avec un tout autre élan qu'ils ne l'avaient gravi peu auparavant.

--J'espérais à part moi, dit celui qui avait parié une fine bouteille, qu'il aurait le second grade.

--Je vois bien que cela s'est bien passé! dit l'hôtesse lorsque le candidat rentra chez lui et franchit en courant l'escalier, pour s'aller déshabiller et écrire à son père. Je vois bien que cela s'est bien passé! dit-elle à l'ami qui l'attendait en bas pour le conduire ensuite triomphalement à la société des étudiants; j'ai pensé pendant toute la semaine que monsieur avait certainement un examen à faire... Et Monsieur a sans doute simma cum laudis?

--Oui, Madame, vous en étiez sure sans doute, bien que Monsieur n'ait jamais été bien rassuré sur ce point.

--N'est-ce pas, dit la dame. C'est un excellent Monsieur et très-bien aussi de toute manière; mais savez-vous ce que c'est? Il n'a pas de confiance en lui-même, et quand un examen approche il devient si mélancolique! C'est justement comme monsieur Possel, que vous avez sans doute connu, ce petit, vous savez! C'était tout à fait la même chose. Quand il devait faire un examen, mon mari et moi nous nous disions souvent qu'on le mettrait dans un trou de souris; il savait bien son affaire, ce n'était pas l'embarras; mais il avait des scrupules, voyez-vous. C'est égal, je suis toujours contente quand vous venez voir Monsieur, car, en autre temps, il est toujours gai, juste comme vous; mais quand il a un examen il perd la tête.

Le candidat descendit et fut amplement félicité par l'hôtesse. Après quoi les deux amis se rendirent à la société, où ce fut aussi une pluie de félicitations, car le candidat était très-aimé de ses condisciples; seulement son bonheur fut troublé par deux étudiants qui étaient aussi sous le coup d'un examen et qui le fatiguèrent de questions sur la façon d'interroger de tel et tel, et en s'informant si les examinateurs voulaient qu'on sût telle chose et insistaient sur telle autre, à tout quoi le candidat se borna à répondre qu'ils réussiraient comme lui.

Puis, le candidat régala de vin les convives de sa table; après le dîner un drowski parut et le candidat se rendit avec son confident et un autre ami au Deyl[9], où ils prirent du thé, c'était en février. Le soir, le candidat réunit dans sa chambre, outre ses deux compagnons déjà nommés, deux autres amis; on s'attabla autour d'une douzaine de bouteilles de Cantemerle, et, les fenêtres ouvertes au large (c'était bien en février), on fuma une quantité de cigares et l'on causa sur une multitude de sujets. A une heure du matin, les bouchons de champagne sautèrent. Deux des amis raisonnaient gravement sur la meilleure forme de gouvernement; deux autres étaient engagés dans une comparaison entre la philosophie de Kant et celle de Hegel, dont aucun d'eux ne connaissait rien, et le cinquième portait un toast à l'union des facultés.

A deux heures, les amis étaient partis, sauf l'ami du cabinet des sueurs, qui écoutait, avec de petits yeux, un récit que lui faisait le candidat avec beaucoup de mystère et tout confidentiellement. Il racontait comment il était passionnément amoureux d'une jeune fille qu'il avait vue, l'année précédente, dans un voyage pédestre en Gueldre, sur la terrasse d'une petite maison de campagne et avec un pigeon blanc sur la tête: il expliquait ensuite comme quoi il avait vu par hasard chez madame Schrender[10] un portrait de femme qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau; il avait acheté ce portrait sur-le-champ et il demanda à son ami comment il le trouvait. Sur quoi l'ami lui jura qu'il ne parlerait de cette affaire à personne, de crainte de compromettre toutes les jeunes filles de la Gueldre, qui avaient de petites maisons de campagne et élevaient des pigeons blancs. Mais il prit ensuite la chose sur un ton sérieux, et porta un toast à la bien aimée, toast que le candidat but, les larmes aux yeux.

L'ami raconta à son tour que lui aussi était amoureux fou, mais qu'il était malheureux en amour et que c'était sa troisième passion. La première avait pour objet une jeune pensionnaire qu'il voyait tous les dimanches à l'église française; la seconde, une jeune fille déjà fiancée en secret à un autre, et la troisième, la fille d'un colonel pensionné, lequel était furieux contre lui et ne pouvait le souffrir ni le voir.

A trois heures, l'ami ferma derrière lui la porte de l'hôtel du candidat, et le lendemain à huit heures, le susdit candidat s'éveilla avec la bienheureuse idée qu'il n'avait plus d'examen à subir ce jour-là.

[1] Rue large.

[2] Dans la soirée du 12 janvier 1807, un bateau chargé de soixante-dix barils de poudre fit explosion dans l'intérieur de Leyde; plusieurs centaines de personnes furent ensevelies sous les ruines de rues entières; huit cents maisons s'écroulèrent ou durent être abattues. Aujourd'hui on voit à droite et à gauche du Rapenburg, dans le voisinage de l'université, deux vastes places plantées d'arbres, qui servent de champ d'exercice et occupent l'emplacement des rues détruites; elles portent le nom de Ruines. (Note du traducteur.)

[3] Société pour le bien être général, célèbre association philanthropique de la Hollande.

[4] On désigne, en Hollande, parle nom de verts les étudiants récemment entrés à l'université.

[5] Les renards sont les étudiants émérites.

[6] Le diplôme est conféré, en Hollande, avec quatre formules différentes, selon le mérite du récipiendaire, savoir: Summâ cum laude; magnâ cum laude; cum laude; simpliciter.

[7] Lieux où s'affichent les décisions et les avis émanant de l'autorité académique ou des professeurs.

[8] Tous les examens se subissent en latin dans les universités hollandaises.

[9] Guinguette aux environs de Leyde.

[10] Marchande de gravures à Leyde.

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