‹ Scènes de la vie sauvage au MexiqueChapitre 5 sur 12 · IV

IV

Cette mort, pathétique comme le dénoûment d’une tragédie antique, émut vivement l’opinion. La réputation de Gabriel Ferry s’étendit en raison de l’horreur de la catastrophe qui avait terminé ses jours.

La mort est une si grande artiste en renommée!

On rechercha ses ouvrages; les éditions et les reproductions s’en multiplièrent rapidement. La critique jugea et apprécia son talent. George Sand lui consacra des pages émues! Aujourd’hui il a sa place dans la puissante famille de ces écrivains voyageurs, hommes d’action et d’imagination, qui ont tenu le principal rôle dans leurs œuvres.

Gabriel Ferry a le mérite d’avoir marqué le premier parmi nous cette littérature qui emprunte son intérêt aux grandes scènes de la nature d’outre-mer, aux mœurs si pittoresques de ses habitants. Depuis, bien des écrivains se sont essayés dans cette voie. Notre voyageur a gardé la priorité dans le genre qu’il avait révélé, car il réunit au plus haut degré l’intérêt et le style. Il a enveloppé ses œuvres de cette forme parfaite qui rend impérissable ce qu’elle touche; et nul n’a peint avec plus de saisissante vérité les mœurs de ce peuple étrange qui reste toujours le même en dépit de la marche du temps et des progrès de la civilisation.

Dans notre dernière expédition au Mexique un grand nombre d’officiers avaient avec eux les ouvrages de Gabriel Ferry, et les consultaient avec fruit, de même qu’en 1798 les soldats de l’armée d’Égypte n’avaient pas de meilleur guide que le voyage de Volney dans la terre des Ptolémées.

FLAVIUS GIRARD.

SCÈNES

DE

LA VIE SAUVAGE

AU MEXIQUE

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