‹ Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-mêmeChapitre 34 sur 46 · X. X.

X. X.

54.

S., Angleterre. 13 octobre 1909.

Je prends la liberté de vous écrire pour vous raconter la guérison merveilleuse que la chère petite «Fleur de Jésus» a opérée en ma faveur.

Je suis une Pénitente et désirais beaucoup entrer dans la communauté des _Madeleine_, mais je tombai malade. En juillet, une névrite se déclara au bras droit: les douleurs que je souffrais la nuit étaient intolérables, il m'était impossible de dormir. Le docteur me donna des remèdes très énergiques, mais rien ne me soulageait.

Le 4 septembre, j'allai voir la Mère maîtresse des Pénitentes, qui me donna un feuillet de la chère «Petite Fleur» en me disant de lui faire une neuvaine. Je commençai le soir même, cessant tout remède.

Dès le troisième jour je ne ressentis plus aucune douleur; j'étais guérie.

A. C.

55.

Barcelone, Espagne, 14 octobre 1909.

J'étais atteinte depuis douze ans de douleurs à la jambe gauche. Pendant 18 mois, elles furent intolérables, malgré les soins que l'on me prodiguait. Notre Révérende Mère Supérieure me fit conduire alors chez un spécialiste. A la vue de ma jambe qui se desséchait, celui-ci déclara la gravité du mal, ordonna du repos et dit qu'il fallait craindre une paralysie.

J'en étais là, quand une religieuse de notre communauté me prêta une relique de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, m'engageant à la prier avec une confiance absolue. Je lui fis alors une neuvaine et cessai tout traitement, n'attendant de secours que de notre chère sainte. Les sept premiers jours les douleurs augmentèrent; j'étais tentée de me décourager, mais une voix intérieure que je ne saurais rendre me disait: «Tu guériras».

Le huitième jour je me sentis grandement soulagée, mais ma guérison n'était pas encore complète; alors je fis une seconde neuvaine, et la chère petite sainte me prit en pitié.

Depuis un an, non seulement je n'ai donné aucun soin à ma jambe; mais je remplis une charge qui me force à marcher ou à me tenir debout la plus grande partie de la journée, sans prendre jamais une heure de repos. Quelle reconnaissance je garde à Sr Thérèse pour une guérison si inespérée!

Sr J. D.

56.

X., Angleterre, 15 octobre 1909.

Depuis onze ans, Mme D. souffrait de douleurs presque incessantes, causées par le développement d'une tumeur qui poussait de profondes racines visibles jusque sur le dos de la malade.

A mesure que le temps s'écoulait, les douleurs devenaient plus intenses et la tumeur plus volumineuse. Durant les trois dernières années avant la guérison, la malade n'eut pas une heure de répit; elle passait des nuits blanches, rongée par la douleur incessante, ne dormant jamais plus de sept minutes de suite.

En 1909, son médecin lui conseilla de se faire opérer; mais plusieurs chirurgiens l'ayant examinée, la déclarèrent inopérable, la tumeur affectant tous les organes du corps.

A partir de ce moment, elle ne cessa de s'affaiblir; et, durant les dix dernières semaines qui précédèrent sa guérison, elle ne put boire que de l'eau gazeuse, additionnée d'alcool, ou un peu de glace sucrée. Cette alimentation si légère lui causait des crises de vomissements. La tumeur, devenue énorme, pesait sur les organes intérieurs et en paralysait toutes les fonctions.

Sa vie semblait toucher au terme, et on était sur le point de lui administrer de nouveau les derniers sacrements.

Bien des neuvaines avaient été faites pour obtenir sa guérison; mais une de ses amies lui ayant fait connaître Sr Thérèse, «LA PETITE FLEUR DE JÉSUS», une neuvaine fut commencée le dimanche 22 août, en l'honneur de l'angélique sainte.

Durant les trois premiers jours la malade baissa rapidement, et le jeudi on s'attendait à ce qu'elle mourût dans la nuit. Ses douleurs étaient aiguës, ses yeux voilés.

A onze heures du soir elle eut un vomissement qui l'épuisa complètement, puis elle s'endormit et, pour la première fois depuis bien des années, reposa paisiblement jusque vers cinq heures et demie du matin. Elle fut réveillée par un léger attouchement sur les épaules, comme si quelqu'un se penchait sur elle; elle sentit en même temps une douce chaleur, telle qu'une respiration, et comprit qu'il y avait auprès d'elle une présence invisible...

Toute douleur, toute souffrance avait disparu.

Mme D. ne dit rien à personne du miracle dont elle venait d'être favorisée; elle attendait la visite du docteur pour qu'il s'en rendît compte lui-même. Pendant une heure, il l'examina, la palpa et avoua que tous les organes fonctionnaient bien; que l'enflure et la tumeur avaient disparu, ne laissant qu'une petite grosseur sur le côté, telle qu'une petite bille, comme pour prouver que la tumeur avait existé. Il ne restait plus trace de ces racines qu'on avait constatées auparavant jusque sur le dos de la malade.

Quand, à la fin de cet examen, une des filles de Mme D. rentra dans la chambre, elle trouva le docteur--un protestant--la tête dans ses mains, stupéfait: «Après tout, lui dit-il, je crois en Dieu; je sais qu'il peut faire des miracles: certes, en voici un!»