‹ Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-mêmeChapitre 33 sur 46 · C***** DE W.

C***** DE W.

47.

Porto-Novo (Dahomey), 15 juillet 1909.

Depuis un mois, une de nos chrétiennes ressentait une douleur insignifiante dans toute la jambe gauche; cela ne l'empêchait pas de vaquer à ses occupations. Un samedi, cette jambe enfle horriblement, causant la plus vive douleur, puis il se forme un gros bouton, genre abcès. On sait que c'est le ver de Guinée, voulant sortir.

Ce ver a la grosseur du vermicelle et une longueur d'au moins 75 centimètres. On l'absorbe avec l'eau, il se répand dans l'organisme; ordinairement il sort par les jambes. Les médecins européens ont trouvé des remèdes pour s'en défaire assez promptement: mais avec les traitements indigènes, l'extraction de ce ver est très longue. Jamais il ne se montre avant trois jours, et alors on se contente de le fixer au dehors avec un fil, sans exercer de traction, car celles-ci font beaucoup souffrir. Ce n'est que dans les cas extrêmes que les noirs ont recours aux procédés chirurgicaux. Avec ce genre de soins, il survient souvent de graves ulcères qui peuvent devenir mortels.

Ce matin, samedi, je rencontre le mari de la malade: il m'annonce qu'il l'a confiée aux soins du médecin indigène. Le lendemain dimanche, je reçois une image de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. La pensée me vient de demander une faveur au Cœur eucharistique de Jésus par l'intercession de sa chère petite épouse. Comme prêtre-adorateur, je vais faire mon heure de garde de 4 à 5 heures, et pendant ce temps je présente ma requête.

Le jeudi suivant, je vais visiter la malade. Quel n'est pas mon étonnement de la voir dans le jardin, venir à pas pressés, tenant son bébé dans ses bras!

--«Mais ce ver de Guinée?--Il est parti, et tout le monde est très étonné.--Mais, vous ne souffrez plus?--Non, mon Père (et elle me montre une profonde cicatrice); ce matin, j'étais à la Messe (elle habite à près d'un kilomètre de l'église), et hier, je suis allée au marché (2 kilomètres); c'est la neuvaine qui m'a guérie!--Mais, à quel moment exact ce ver est-il sorti?--Dimanche soir, quand on tintait la cloche pour la bénédiction (exactement 4 h. 1/3).--Avez-vous souffert?--Point du tout! Quand le ver a commencé à sortir, j'ai tire dessus, mais il s'est cassé.--Avez-vous alors souffert? (le ver ainsi cassé cause ordinairement de très vives douleurs; il ne meurt pas et l'état du malade empire).--Point du tout; mais il est sorti de l'eau épaisse et ma jambe a désenflé tout de suite.»

Ainsi c'était à l'instant même où je commençais la neuvaine que l'intervention d'en haut se manifestait... Trois mois se sont passés depuis, et la protégée de Sr Thérèse a continué à se porter parfaitement.

R. P. B.

48.

Chine, 20 juillet 1909.

Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus m'a aidé auprès d'une païenne dont je désirais plus spécialement la conversion. Pendant son sommeil, elle vit un être ravissant et mystérieux qui lui montrait le ciel sans proférer une parole; elle me parla longuement de son costume, et je fus frappé en reconnaissant, dans sa description, l'habit de carmélite, absolument inconnu au Sutchuen. A la fin, je lui montrai une image de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, devant laquelle elle s'écria, comme en présence d'une découverte: «Mais c'est cela, mais c'est bien cela! je la reconnais!»

Elle va donc se faire instruire; déjà ses deux enfants étudient chez moi depuis une semaine.

R. Père A.

49.

Monastère de la Visitation de Caen (Calvados), 25 juillet 1909.

Vers le mois de décembre 1908, je commençai à souffrir de l'estomac; je pus cependant encore continuer les travaux de nos sœurs converses jusqu'au mois de février. Mais au commencement de ce mois, je fus prise de douleurs si aiguës qu'il me semblait qu'une bête me dévorait l'estomac. Quand ces douleurs me prenaient, je ne pouvais plus marcher, et lorsqu'il me fallait prendre un peu de nourriture, elles augmentaient encore.

Le docteur, ayant reconnu un ulcère, me condamna au repos complet et me fit suivre un régime qui consistait à ne prendre que du lait coupé d'eau de Vals. Mais bientôt les vomissements reprirent et devinrent plus fréquents; quatre à cinq fois par jour, je rejetais le peu de lait que je prenais, et chaque vomissement était mêlé de sang.

Me voyant dans ce triste état, je fus inspirée de faire une neuvaine à S' Thérèse de l'Enfant-Jésus. Nous la commençâmes le jeudi 24 juin; nos sœurs la firent avec moi. Pendant la neuvaine, les souffrances ne firent qu'augmenter; malgré cela ma confiance était inébranlable.

Le dernier jour de la neuvaine, vers midi, j'eus une crise très forte; il me semblait que l'on m'arrachait l'estomac, la douleur était la même dans le dos; cela dura un quart d'heure à peu près.

A 1 heure, sœur Françoise-Thérèse (LÉONIE), sœur de la bien-aimée petite Thérèse de l'Enfant-Jésus, me donna à boire un peu d'eau dans laquelle elle avait mis un pétale de rose dont Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus s'était servie pour caresser son crucifix, et, en même temps, notre Mère, pleine de foi en la puissante intercession de la petite sainte, se mit à genoux et dit un _Laudate_ et un _Gloria Patri_. Sa confiance ne fut pas déçue... Aussitôt que j'eus pris cette eau miraculeuse, je sentis quelque chose de très doux qui cicatrisait la plaie.

A partir de ce moment, je ne ressentis plus aucune douleur, mais une faim dévorante. Je bus aussitôt une tasse de lait qui passa très bien, puis, jusqu'au soir, j'en bus un litre et j'avais encore faim.

Le lendemain, au déjeuner, on me servit comme la communauté: je mangeai de l'omelette, des pois, de la salade... Enfin, je me trouve aujourd'hui dans un état de santé des meilleurs. J'ai fait une neuvaine d'action de grâces pour remercier ma chère bienfaitrice, mais mon cœur aura pour elle une éternelle reconnaissance.

SR MARIE-BÉNIGNE.

Suit le certificat du docteur.

50.

New-York, 12 août 1909.

A la gloire de Dieu tout-puissant et de sa servante Thérèse, la petite Fleur de Jésus, je raconterai la grande faveur reçue par l'intercession de la sainte carmélite.

Cette grâce obtenue est la guérison extraordinaire de ma sœur mortellement blessée. Cette chère sœur marchait dans les rues de New-York le matin du 30 juillet 1909, quand un cheval indompté se précipita sur elle et la piétina. Sa figure fut horriblement contusionnée et sa tête reçut un tel coup qu'elle était tout en sang. Bien plus, les côtes brisées percèrent le poumon; le cœur fut également blessé et comprimé; en un mot elle offrait l'aspect le plus pitoyable.

Dans son intense agonie, elle ne perdit pas cependant connaissance et put se confesser dans la rue, au prêtre accouru de l'église la plus proche.

Le docteur de l'ambulance de New-York ne pensait pas qu'il lui fût possible d'arriver vivante à l'hôpital et, pour tout espoir, dit seulement qu'une personne sur mille pouvait en réchapper après de si terribles brisements.

Tout le jour, la pauvre jeune fille resta suspendue entre la vie et la mort et, vers minuit, tout espoir de guérison était abandonné. Chaque respiration semblait être la dernière. Elle resta dans cette agonie jusqu'au 3 août. Le médecin la croyait si bien perdue que, pour lui redonner un peu de respiration, il osa lui faire une piqûre qui devait infailliblement amener la mort par l'empoisonnement.

Le 3 août, tandis que le médecin attendait sa mort, une religieuse très dévote à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus nous conseilla de placer en elle toute notre espérance et de lui commencer une neuvaine. Je donnai à ma sœur une image-relique de la petite sainte; elle l'appliqua, avec la plus grande confiance, sur son corps broyé. Aussitôt une amélioration se produisit, et le dernier jour de la neuvaine, la malade était sauvée.

6 septembre 1909.

Je pensais que du moins ma chère sœur resterait un peu délicate des poumons; mais il n'en a rien été; elle jouit maintenant d'une santé aussi forte qu'avant son accident.

Sr M. A.

51.

X. (Loiret), 31 août 1909.

Il m'est venu un mal au bras à la suite d'un coup. Je le fis voir au médecin qui me dit que j'avais un très mauvais mal. Et, en effet, je ne dormais plus et je souffrais horriblement. Alors j'eus la pensée d'appliquer sur mon bras une relique de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Quelques heures après que la relique l'eut touché, je sentis un mieux extraordinaire; je passai une très bonne nuit, et le lendemain j'étais complètement guérie.

En reconnaissance je veux faire connaître ma bienfaitrice et la prier tous les jours de ma vie.

M. D.

52.

Communauté de G. (Eure-et-Loir), 15 septembre 1909.

Depuis quelques mois j'avais un larmoiement perpétuel et douloureux de l'œil gauche; la glande lacrymale s'était enflammée et rendait de l'humeur.

Notre Mère m'envoya alors chez l'oculiste qui me dit que souvent cette inflammation amenait un flegmon, et commença à me soigner en m'enfonçant une sonde qui me fit très mal. Sur ma demande s'il aurait à y revenir, il me répondit: «C'est toujours très long; il faut parler au moins de 14 ou 15 fois, en venant trois fois par semaine.»

Je me résignai et retournai le surlendemain; il prit une sonde un peu plus grosse et, après avoir examiné mon œil qui me faisait beaucoup souffrir, il parla de 20 sondages. C'était jeudi dernier, 9 septembre.

Le vendredi l'écoulement continuait et la douleur aussi; c'est alors que j'ai eu la pensée de m'adresser à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus et que je vous ai écrit pour demander des prières. Mais, ma Révérende Mère, votre petite sainte ne les a pas attendues pour m'exaucer car, à partir du moment où j'ai fait cette démarche, je n'ai plus souffert et je n'ai plus eu à l'œil le plus petit suintement. Dès le lendemain, samedi, je retournai chez l'oculiste; il m'examina et parut positivement stupéfait de me voir si bien et si rapidement guérie contre toutes ses prévisions.

Sr X.

53.

Piacenza, Italie, 25 septembre 1909.

Notre petite Henriette, âgée de 11 ans, était depuis deux ans malade d'entérite aiguë opiniâtre. Tous les remèdes employés avaient été impuissants à la guérir, même à l'améliorer.

Elle demeura un mois à l'hôpital, soumise aux traitements des médecins les plus distingués, mais le mal ne faisait qu'empirer. Nul aliment ne pouvait s'arrêter dans l'intestin et la pauvre petite malade en était venue à un affaiblissement extrême. Emaciée, décolorée, elle n'avait qu'à fermer les yeux au sommeil de la mort. On lui prescrivit les bains de mer, les bains de _salsemaggiore_; rien ne lui profita. Le médecin frappait du pied en voyant l'insuccès de la science.

Affligés, découragés, nous ne songions plus désormais ni à médecins, ni à remèdes. Ce fut alors qu'on nous remit providentiellement un objet ayant appartenu à une religieuse carmélite: Thérèse de l'Enfant-Jésus. Une neuvaine fut commencée, et le dernier jour la guérison était parfaite.

Aujourd'hui, après deux mois, notre petite Henriette se porte aussi bien que si elle n'avait jamais été malade; pas de rechute, pas de menaces de rechute. C'est un miracle pour nous, car la longue durée et la gravité du mal, la guérison soudaine au moment où la maladie semblait s'aggraver, c'est là un fait que nous ne saurions expliquer par notre courte raison humaine.