‹ Sophie, ou le mariage cachéChapitre 18 sur 32 · Scène VII.

Scène VII.

St. AUBIN, DURVAL, SOPHIE.

Durval.

EH ! bien : viens-tu me faire un appel ? Mad. de St. Aubin eſt une terrible femme au moins.

St. Aubin.

Elle n’eſt pas douce, &, dans ſa colère, on a peine à la concevoir ; j’ai pourtant démêlé qu’elle ſe plaint de vous, mon Ami, de Celicour, & ſur-tout de Sophie : Quoi ! ſeroit-il poſſible que vous vous fûſſiez oubliée au point ?…

Durval.

Tais-toi, ne la gronde pas : Ce n’eſt pas ſa faute ; mon neveu eſt un étourdi, ta femme une pie griéche, ſa fille une impertinente ; mais tout celà s’arrangera.

St. Aubin.

J’en doute : elle s’obſtine à rompre abſolument, & vient de m’obliger à lui promettre, de conduire demain Sophie au Couvent.

Sophie.

Quoi ! Monſieur ?

Durval.

N’ayez pas peur, il n’en fera rien : Pauvre homme, tout s’arrangera, te dis-je… premièrement, je te débarraſſe de Sophie, je l’épouſe…

St. Aubin.

Vous l’épouſez ?

Durval.

Eh ! oui, je l’épouſe : n’y conſens-tu pas ?

St. Aubin.

Aſſurément ; mais elle n’a rien.

Durval.

Hé bien, elle m’aura, moi, ma fortune, mon cœur : Celà ne lui ſuffira-t-il pas ? Qu’en dites-vous, Sophie ? Morbleu, répondez donc ?

Sophie.

De grace, Monſieur, de précipitez rien.

St. Aubin.

Comment Mademoiſelle ? Laiſſeriez-vous échapper un bonheur, où vous ne pouviez prétendre ? Acceptez l’honneur que vous fait mon Ami ; ou j’exécute la volonté de ma femme : je veux être tranquille chez moi.

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