Scène IV.
HENRIETTE, Mad. de St. AUBIN.
Henriette.
MAdame, ce diſcours extravagant pourroit bien renfermer un miſtère … j’ai vû tout le ſoir Niſon aller, venir, elle cherchoit ſûrement à s’approcher de Celicour.
Mad. De St. Aubin.
Vous croyez…
Henriette.
Oui, Madame, je crois que cette perfide Sophie mettra tout en uſage pour ſe ſouſtraire à l’autorité de ſon Tuteur, & que, pouvant choiſir entre Durval & ſon neveu, Celicour obtiendra la préférence ; ſi vous y conſentez, reſtons dans cette ſalle, il faut abſolument y paſſer pour aller chez Sophie…
Mad. De St. Aubin.
Je vous entens… vous avez raiſon, éclairciſſons vos doutes… ils pourroient être fondés ; éteignez les lumieres & ne faiſons point de bruit.
Henriette éteint les lumieres
Je ſuis ſure qu’il ſe trame quelque complot… peut-être ont-ils réſolu de fuir enſemble… où êtes-vous, Madame ?
Mad. De St. Aubin.
Me voici, reſtons de ce côté.
Henriette écoutant, & baiſſant la voix.
Madame, j’entens, je crois, marcher quelqu’un… écoutez…
Mad. De St. Aubin.
Oui, oui, vous ne vous trompez pas, on approche… paix, taiſons-nous.