III
LA LUMIÈRE QUI MONTE
Christiane Dallène en fut sans doute persuadée, car elle renvoya l’Arménien, puis elle s’étendit sur son lit de camp, situé en face du mien, assez loin d’ailleurs, puisqu’il touchait l’autre versant de la tente. La jeune fille ne retira rien de ses vêtements, elle ne rabattit même pas les plis de la moustiquaire.
Comme l’Arménien était reparti avec sa lanterne, l’épaisse nuit du dehors avait de nouveau envahi notre abri de toile. La lune montait peut-être dans le ciel, mais sa lumière ne traversait pas le rideau des palmes et des ricins.
Williams et moi, nous restions sur place. Je crois que nous avions surtout le souci de simuler, pour Christiane attentive, un sommeil sans à-coup, avec une respiration régulière, comme il se doit, tout en restant sur le qui-vive.
L’obscurité, sous la tente, nous avait permis d’ouvrir les yeux, et nous regardions le filet de nuit extérieure qui marquait la mince ouverture de la toile retombante sur la porte d’entrée. C’était par là que les événements qui ne pouvaient manquer de se produire allaient pénétrer jusque chez nous.
Or, voici que dans le silence des feuillages de palmiers, agités comme des tigettes de zinc, par une brise insoupçonnable, la porte de la tente fut soulevée, d’une façon imperceptible, et quelque chose ou quelqu’un glissa.
Je sais que je ne pus retenir un mouvement, à ce moment-là, car je voulus me rendre compte tout de suite, si l’ombre qui venait de passer était entrée ou sortie... Le bras de Williams me retint sur place, et tous deux, mon ami et moi, nous restâmes encore un long instant immobiles. Puis, Williams se décida:
--Il me semble que l’on est entré ici... ou bien que quelqu’un est parti, la toile est mal refermée.
--Il... me... semble, balbutiai-je.
--C’est peut-être Christiane, prononça Williams de sa voix la plus naturelle. Pourvu qu’elle ne soit pas malade.
Or, la main de Williams me serrait fortement le bras, et je compris que je ne devais rien répondre de compromettant. Nous avions l’impression, ainsi couchés, que nous étions surveillés par quelqu’un qui se tenait caché. Aucune preuve; mais cependant la certitude absolue que l’on nous guettait, derrière ce rempart de toile, quelque part... Je cherchais à tâtons, sans bruit, près de moi, la crosse de mon revolver, et j’étais sûr que Williams avait déjà pris son arme sous ses couvertures.
Tout haut, pour l’indiscret qui nous espionnait, mon ami parla:
--Où peut-elle bien être?
Mais je ne me sentais plus la force de rester immobile. Je me penchai vers Williams.
--Nous ne pouvons pas laisser s’accomplir ce guet-apens contre Lucien Lemans.
Sur le même mode confidentiel, il répliqua:
--Que décides-tu?
--Partir à sa recherche, le mettre au courant, l’aider surtout...
--Il y a quelques minutes, c’était là mon avis. Maintenant, non. J’ai réfléchi.
--Tu as peur?
--Pas cette fois-ci, observa Williams sans élever la voix. Mais ce M. de Henne parlait un peu trop haut, tout à l’heure. Il pensait à nous: il savait que nous étions ici et que nous pouvions l’entendre. Donc, il s’adressait indirectement à nous. Voilà pourquoi je n’irai pas au rendez-vous qu’il nous a donné cette nuit: c’est un guet-apens. Quant à Christiane, elle est venue voir si nous dormions. Elle est repartie à présent, persuadée que nous n’avions pas écouté sa conversation avec Henne. Si nous sortions, nous les rencontrerions, elle et lui, de retour de leur expédition inutile. Et alors, que dirions-nous?
--Nous ne leur devons pas de comptes. Et nous avons bien le droit, il me semble, de faire des rondes autour du camp lorsque nous entendons des bruits suspects.
--Non, il vaut mieux attendre encore. Christiane va revenir. Elle ne peut pas être loin.
A ma grande surprise, Williams avait parlé à haute voix.
--Elle revient même... Tiens, entends ces chiens qui se répondent.
Cependant Williams s’était levé. Il me conseilla de l’imiter, et, à tâtons, nous sortîmes dans la noire profondeur d’une opaque nuit. Quelques tisons, sous la cendre du foyer, fumaient encore... Le camp dormait. Du reste, Rives-Ribière et Sartigues seuls devaient être couchés; Lucien Lemans, Prénonne, Christiane et Henne étaient partis on ne savait où...
Nous avancions lentement. Nos pieds enfonçaient dans le sable de l’oasis, et nous n’osions pas nous aventurer dans les endroits que l’on présumait boisés parce qu’on n’y voyait rien. Nous fîmes ainsi le tour du camp, puis, ayant gagné un chemin goudronné, nous marchâmes quelque temps. Des aboiements de chiens, au loin, des branches secouées par le vol d’un oiseau de nuit, au-dessus de nous et, soudain, la fuite de quelque chacal dans les fourrés.
Mais comme nous avions ralenti, nous entendîmes distinctement quelqu’un qui s’avançait à nos côtés. Williams dirigea sur l’homme aux souliers cloutés la lumière de sa lampe de poche et, dans le trou de clarté ouvert sur la nuit, il nous fut possible de reconnaître M. de Prénonne, qui, ébloui par le jet électrique, s’était arrêté et ne pouvait nous voir.
--Que me voulez-vous? demanda-t-il à tout hasard.
--Nous faisons une ronde. Nous avons entendu des bruits...
--Ah! c’est vous, monsieur Williams... Moi aussi, j’avais entendu, et même, ajouta-t-il en se rapprochant de nous, j’ai vu une lumière qui s’enfonçait dans l’oasis; j’ai voulu la rejoindre... Je l’ai suivie un moment. J’y voyais assez pour me diriger.
--Vous êtes seul? interrompit Williams.
--Non. Je me trouvais avec Lemans. Il n’est pas venu avec moi, d’ailleurs. Il m’a annoncé qu’il préférait rentrer. Quand Lemans a été parti, je suis tombé par terre, je ne sais comment, et lorsque je me suis relevé, la lumière avait disparu. Vous êtes arrivés à ce moment. Mais vous n’avez pas allumé de lanterne?
--Non, dit Williams.
--Je ne comprends pas. Ne serait-ce pas quelqu’un du campement?
--C’est possible. Il n’y a plus personne sous les tentes, en dehors de Rives-Ribière et de Sartigues.
--Comment? M. de Henne est également sorti?
--Il y a longtemps que nous n’avons pas vu M. de Henne, murmura Williams... Lemans a dû rejoindre le camp. Nous devrions rentrer.
Il en fut ainsi décidé, mais Williams et moi, dès cette minute-là, étions intimement persuadés que Henne, par le moyen de Christiane, inconsciente sans doute du rôle qu’on lui faisait jouer, avait essayé de nous attirer dans quelque embuscade.
La nuit était si profonde que nous aperçûmes les tentes du campement lorsque nous fûmes arrivés dans les piquets des cordes... Christiane était là qui nous attendait peut-être, et ses questions témoignèrent tout de suite son affolement.
--Vous n’avez rien remarqué? Vous avez vu quelque chose?
--Des choses étranges, oui... Et vous?
--Je n’ai rien aperçu.
Williams se demandait alors, comme il me l’avoua plus tard, pourquoi la jeune fille se trouvait au camp, pleine d’une inquiétude qu’elle ne parvenait pas à dissimuler? Et Christiane pressentit sans doute la question que l’on se posait; elle y répondit, en se tournant vers moi, car j’étais le seul en qui elle devinait, avec son instinct si sûr parfois, un défenseur possible.
--Je me suis réveillée tout à l’heure, j’ai eu peur du silence; alors je vous ai cherchés, j’ai appelé... Tout le monde était parti. Je n’ai trouvé personne...
Mais je savais bien qu’elle ne disait pas la vérité. Et Williams aussi le savait. Si Christiane avait appelé, elle aurait réveillé Rives-Ribière et Sartigues qui n’étaient point sortis du camp. Si elle nous avait cherchés, elle aurait vu les deux couchettes de Rives-Ribière et de Sartigues occupées. Et à quel moment plaçait-elle son réveil, puisqu’elle avait simulé le sommeil pendant cinq minutes seulement et que nous avions quitté le camp un quart d’heure après elle... Mais tout le monde ne possède pas une excellente mémoire.
--Et maintenant, que faisons-nous?
C’était Prénonne, toujours indécis, qui, privé de son conseiller ordinaire--M. de Henne--nous interrogeait. Williams surveillait Christiane. Il me fit part de ses réflexions:
--C’est bizarre, dit-il. Elle court un grand danger, ou bien elle redoute quelque catastrophe pour quelqu’un... Annonce-lui donc que nous devons aller à la recherche de Lemans.
Je fis ce que Williams me conseillait, et Christiane me jeta un regard de colère. Williams se mit à rire.
--Cette parole-là, elle n’est pas prête à te la pardonner.
Puis, se tournant vers Prénonne qui attendait notre décision:
--Lemans n’est pas encore revenu. Et Henne non plus. Maintenant que nous sommes en nombre, nous pourrions repartir, armés sérieusement, avec fusils, revolvers, etc... Et nos lampes électriques.
--Il n’y en a que trois! observa étourdiment Christiane.
--Où sont les deux autres?
Quand on chercha les lampes de poche, on n’en découvrit plus que trois en effet; les deux meilleures avaient disparu. Williams possédait toujours la sienne.
--Vous venez avec nous?
--Ce monsieur est bien assez grand pour trouver seul son chemin, annonça Christiane, en haussant les épaules.
Mais quand nous partîmes, elle nous suivit. Ainsi se termina ce singulier conseil que nous avions tenu, près d’un feu de bivouac, sur lequel on jetait quelquefois des écorces sèches de palmiers qui nous éclairaient brusquement, de bas en haut.
Nous allions les uns derrière les autres, Williams en tête, puis Prénonne, puis Christiane. Je marchais sur le même plan que Prénonne, mais à une distance de deux ou trois mètres. Le temps était plutôt humide que froid; cependant nous étions sensibles à la fraîcheur de l’oasis, dans le matin qui commençait, parce que nous avions passé une nuit presque blanche. Williams parfois faisait jouer le ressort de sa lampe pour éclairer la piste, devant nous, mais nous nous guidions surtout avec les mains, nous évitions les colonnes des palmiers et, lorsqu’un jet de clarté surgissait, nous avions l’air d’aveugles qui s’avancent à tâtons... Cette randonnée nouvelle ne m’enchantait guère et je pensais, avec quelque amertume, à Rives-Ribière et à Sartigues, qui, eux, avaient eu la bonne inspiration de ne pas abandonner leurs couchettes. S’ils s’étaient levés, Prénonne les aurait entraînés dans cette expédition.
--Une lumière, là-bas, qu’on agite!
Je regardais cette lueur que j’avais déjà remarquée, avant Williams qui la signalait comme une chose extraordinaire, et je puis bien avouer que je n’y avais pas attaché d’importance. Nous nous étions arrêtés, et il devint évident que la lumière bougeait. Quand je me déplaçais moi-même, je ne m’étais pas aperçu de cette étrangeté. La clarté, on eût dit d’une lanterne de voiture, montait et descendait, disparaissait soudain, puis surgissait encore dans la profondeur de l’oasis, assez lentement, jamais très haut ni très bas. Un homme, assurément, devait la balancer ainsi, à bout de bras.
Nous nous regardions, cherchant en nous-mêmes une explication convenable. A ce moment-là, je ne pouvais pas voir le visage de Christiane, mais je fus certain qu’il était très pâle... Comme je cherchais à l’observer davantage, Williams dut avoir la même pensée que moi, peut-être parce que mon manège ne lui avait point échappé, et, sous prétexte d’éclairer le chemin, il dirigea quelques secondes le jet de sa lampe sur Christiane.
Celle-ci, les yeux fixes, s’appuyait, sans bouger, près d’un palmier.
--C’est trop fort! articula Prénonne.
--Il faut aller se rendre compte, émit Williams.
--Un signal convenu, mais avec qui? Si vous y répondiez, M. Lecharier, en répétant autant que possible... C’est peut-être Lemans.
--Nous sommes trop loin. Il ne verrait pas la lumière de ma petite lampe.
Nous marchâmes encore, prudemment, le revolver à la main, prêts à toute surprise, mais, comme nous pensions nous être rapprochés de l’endroit où la lumière montait et descendait, nous ne vîmes subitement plus rien. Tout avait disparu. Déconcertés, nous hésitions à poursuivre notre route. C’est alors que Prénonne conseilla à Williams d’élever sa lanterne.
Ce ne fut pas long.
A peine la lampe électrique eut-elle brillé au-dessus de nous, que des balles claquèrent dans l’oasis, tirées dans notre direction.
Nous nous étions couchés aussitôt, et à plat ventre, dans le sable qui glissait sous notre poids, nous attendîmes la fin de l’attaque, ou plutôt de cet étrange guet-apens.
Tout d’abord, comme les coups avaient été rapides et successifs, nous avions cru à une rencontre d’éclaireurs. Il n’est pas rare, en effet, que les tribus nomades de ce coin de Mésopotamie, toujours en rivalité, se livrent à des razzias par surprises et même à des combats. Peut-être étions-nous tombés sur quelques cavaliers envoyés en reconnaissance ou sur un parti de maraudeurs Haoufs... Le mieux, dès lors, était de ne point faire usage de nos armes, jusqu’à ce que nos assaillants fussent à portée de nos revolvers.
Mais comme nous ne bougions pas, nous eûmes le temps de remarquer que les coups de feu, assez espacés, devaient être tirés par un seul homme,--peut-être deux,--qui déchargeaient un pistolet de gros calibre, probablement, au hasard... on entendait parfois des cris et nous pensions que c’étaient des ordres--ou des injures--en arabe...
--Nous sommes entourés de fanatiques, souffla Prénonne en étendant la main, devant lui, sur le sable humide.
--Nous sommes très mal entourés, appuya Christiane.
--Qui peut être cet imbécile? grognait Prénonne, mécontent d’avoir perdu son casque de liège au moment où il s’agenouillait.
--Ne serait-ce point, par hasard, ce monsieur qui est venu de Suez jusqu’ici avec nous?
--Guère probable, répondit Williams.
--Et qui, se croyant attaqué, se défendrait.
--En criant des injures en arabe? demanda encore Williams.
--Pour mieux donner le change.
Ces mots échappèrent presque à Christiane. Elle s’en rendit compte, du reste, aussitôt qu’elle les eut prononcés. Mais c’était trop tard. Williams les retournait déjà:
--De quel monsieur parlez-vous? Du docteur Neikuls?
--Précisément, assura la jeune fille.
--Alors, il y a erreur, «madame», coupa sèchement une voix, près de nous, et que je reconnus aussitôt. Christiane aussi la reconnut, car elle se recula brusquement, et l’on entendit le bruit de sa retraite sur le sable qu’elle déplaçait en se traînant, tandis que le docteur Neikuls, Lucien Lemans pour mieux dire, nous expliquait qu’il s’était perdu dans l’oasis et nous cherchait depuis longtemps.
--Votre lumière tout à l’heure m’a bien servi. Et lorsqu’on vous a tiré dessus, j’ai pensé que vous ne deviez plus bouger. Cependant, je n’osais approcher trop vite.
--Et vous nous avez écoutés.
--Le temps de vous reconnaître... et je me suis déclaré...
--Juste à point pour éviter une erreur judiciaire... Il me semble que nous sommes au complet, poursuivit Williams. Nous pourrions rentrer.
--Et Constantin de Henne? remarqua Prénonne.
--Je ne suis pas inquiet pour lui. C’est le seul qui manque, du reste.
--Pardon, il y a encore MM. Rives-Ribière et Sartigues, corrigea Christiane.
--Ils étaient au camp quand nous sommes partis.
--Pourquoi ne sont-ils pas venus avec nous?
--Parce qu’ils dormaient, dis-je.
--Et vous trouvez que c’est une excuse? repartit Christiane en se retournant de mon côté.
--Je n’ai pas à apprécier.
--Vous serez toujours le même.
Mais Williams songeait que Christiane défendait trop bien Henne pour ne pas en savoir plus qu’elle ne voulait en dire.
Les coups de feu avaient cessé pendant cette discussion, et c’est à peine si nous nous en étions aperçus. Nous repartîmes, Williams toujours en tête, et parfois, pour nous retrouver, nous faisions fonctionner nos petites lampes électriques.
Au camp, tout le monde dormait, y compris l’Arménien. Cependant, le lendemain, Rives-Ribière confia à Williams que Sartigues et lui avaient entendu des coups de feu cette nuit-là.
Sur le moment, ils n’y prêtèrent pas grande attention, mais, un peu plus tard, quelques instants avant que nous rentrions au camp, ils avaient cru percevoir du bruit dans la tente occupée par Prénonne et Constantin de Henne. Puis, comme le calme était revenu, Sartigues et lui se rendormirent.
Prénonne, ce matin-là, au moment où nous allions nous coucher, souleva la porte de notre tente et nous annonça:
--L’expédition est au complet. Henne dort comme un innocent.
--Comme un innocent, reprit Williams, écho fidèle.
--Voulez-vous le voir?
--Non, merci.
Cependant Prénonne ne s’en allait point. Il restait là, à l’entrée de notre tente, affectant cet air faussement méditatif qui lui était si coutumier au point qu’il faisait partie de son naturel. Prénonne donnait toujours l’impression de poser devant un appareil enregistreur.
--C’est incroyable, murmurait Williams, ce que l’imitation faussement conçue de Napoléon a pu induire de pauvres bougres dans tout un engrenage de catastrophes héroï-comiques.
Prénonne parlait peu; nous le savions. Il était sujet, comme beaucoup de ses pareils, à des crises d’isolement, de solitude mélancolique, puis ses rêves d’impérialisme reprenaient le dessus. Enfin, il se décida:
--Dormez bien.
Et sa voix résonnait solennelle:
--Si vous entendez du bruit, ne vous alarmez pas. Ali-Rhem nous rejoint ce matin avec des mulets et des chevaux. Je viens de l’apprendre par un éclaireur.
Tous ces préparatifs pour nous annoncer ce secret! Prénonne se résumait là tout entier.
--Alors, bonne nuit, messieurs.
Nous lui souhaitâmes bonne nuit, puisque cette équipée nocturne marquait tout au moins la reprise des relations polies. Sitôt que Prénonne fut parti, Williams m’expliqua:
--Je suis certain «qu’il» est rentré pendant que vous parliez, Lemans et toi, «il» s’est glissé tout équipé sous ses couvertures, sans avoir pris le temps d’enlever ses bottes de chasse.
--Si nous allions nous en assurer.
A ce moment, la tête de Christiane apparut dans le pan de toile soulevée. Elle s’approcha de son lit de camp, puis elle nous regarda l’un après l’autre, avec un air de visible triomphe.
--Nous éclaircirons tout cela demain, décida Williams.
Mais je ne doutais pas que sa religion ne fût entièrement édifiée, car il souriait en arrangeant son lit.