DE SAINT-OMER A NANCY LES DANSES DE SAINT-MIHIEL
Le voyage de Saint-Omer à Nancy fut très agréable. Il était facile de voir la tournure militaire de nos hommes, à l’aplomb de leur marche, que nous sortions d’une école un peu rude (le camp de Saint-Omer), mais favorable à la discipline, à la tenue et au développement des forces physiques. Partis de Saint-Omer, le 28 septembre, nous passâmes par Arras, Cambrai, Landrecies, Avesnes, Hirson, Charleville. A Sedan, je dînai chez la sœur d’un de mes meilleurs amis, Mme de Montagnac, (la mère du brave et infortuné, lieutenant-colonel du 15ème léger qui, plus tard, en Afrique, victime d’une infâme trahison, devait succomber avec tous les hommes qu’il commandait.) Le 15 octobre, ayant dépassé Verdun, nous arrivions à Saint-Mihiel.
La soirée de ce jour, qui se trouvait un dimanche, étant fort belle et illuminée par un admirable clair de lune, toute la population dansante de la ville était réunie sur les places et carrefours pour rondier.Il y avait, dans ces bals improvisés en plein air, tant de gaieté et d’entrain, et dans les airs qu’on y chantait quelque chose de si mélodieux, que je pris un plaisir infini à les regarder. La joie de cette bonne jeunesse me réjouissait l’âme, et me faisait me rappeler que, moi aussi, j’avais été jeune. Si je ne dansai pas, du moins je partageai le bonheur de ceux qui me causaient d’aussi douces émotions. Je ne me retirai qu’après que les chants eurent cessé.
Le surlendemain, 17 octobre, nous arrivâmes à Nancy, où j’étais déjà passé le 5 février 1806, en revenant d’Austerlitz.
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