III.]
[30: Une fois même, soixante-douze heures dans son cabinet, à la préfecture de Lyon, pendant les Cent-Jours.]
[31: Sur les divers voyages de l'_Inconstant_, Pons avait eu des notes de l'enseigne Sarri.]
[32: _Biographie des hommes du jour_, par Germain Sarrut et B. Saint-Edme, Paris, Henri Krabbe, 1836; extrait avec le titre «Pons de l'Hérault», Paris, imprimerie de Béthune et Plon, 1837; «troisième édition, continuant jusqu'à ce jour la seconde édition de 1836», imprimerie d'Ad. Blondeau, 1848, in-4° de 106 p.]
[33: La famille de Pons de l'Hérault a aujourd'hui pour chef son petit-neveu, M. Masson, employé de la Compagnie P.-L.-M., à Cette. Citons, entre autres souvenirs conservés par lui, un médaillon en cire envoyé à son frère aîné par Pons pendant qu'il combattait à l'armée d'Italie. Ce curieux portrait n'a jamais été reproduit.]
[34: Voir ce qu'il en dit ci-dessous, page 221.]
[35: Il critique assez vivement celle-ci dans son _Mémoire aux puissances alliées_.]
[36: Voici ce qu'il dit, dans un fragment inédit, de ses trois devanciers:
«Il y a cependant un _Voyage à l'île d'Elbe_, par Arsenne Thiébaut, publié à Paris en 1808, et ce voyage peut être bon à consulter. Mais M. Arsenne Thiébaut a écrit vite, bien vite, et quoiqu'il n'ait passé que trois jours dans l'île, il tranche sur tout, et son langage n'est pas toujours vrai.
«Lambardi, de Porto-Ferrajo, publia, en 1791, un mémoire sur l'île d'Elbe, et les Elbois ont considéré cet ouvrage comme une sornette. Il y a eu quelques autres sornettes.
«Ninci, qui, comme Lambardi, est de Porto-Ferrajo, a écrit, en 1815, une _Histoire de l'île d'Elbe_, et il l'a dédiée «à Sa Majesté sacrée l'empereur Napoléon le Grand». Ninci a peut-être été plus hardi dans sa dédicace que savant dans son travail. Cette histoire est d'ailleurs d'une diffusion telle qu'on a souvent peine à comprendre ce que l'auteur a voulu dire. Ninci a autant puisé dans la fable que dans la vérité, dans l'inconnu que dans le connu, et ses opinions ne font pas toujours preuve d'un génie transcendant. Lui-même en convient. Il me l'a dit avec une bonhomie charmante. Toutefois, l'ensemble de son travail est un véritable service rendu à l'île d'Elbe. Un jour l'empereur Napoléon me demanda «si je croyais que Ninci était capable d'écrire une histoire», et je dus lui répondre, ce qui était vrai, que je ne savais même pas qu'il fût écrivain. J'appris à l'Empereur que Ninci avait été moine. Alors, l'Empereur ajouta à la demande qu'il m'avait adressée: «Moine! cela nous vaudra une chronique.» J'ignorais complètement que Ninci fût auteur. Il peut se faire que j'aie recours à lui, c'est-à-dire que j'aie besoin de son ouvrage, et j'y puiserai sans scrupule, si j'y trouve des choses essentielles qui aient échappé à mes recherches.» ]
[37: Publié dans la _Revue rétrospective_.]
[38: Inédite.]
[39: Il semble d'ailleurs, à son insistance même, qu'il n'a pas obtenu satisfaction sur ce point. Peyrusse n'avait pas d'ailleurs, à proprement parler, de journal. Pons demandait probablement les livres de comptabilité du trésorier. Mais Peyrusse lui donna d'autres renseignements.]
[40: Les uns et les autres n'ont été publiés que tout récemment dans la _Revue hebdomadaire_ et dans la _Revue bleue_.]
[41: M. Marcellin Pellet l'a déjà dit. M. Capelletti a bien voulu s'en assurer de nouveau pour moi.]
[42: Mon ami M. Casanova, archiviste à l'_Archivio di Stato_, de Florence, y a cependant fait pour moi quelques recherches dont le résultat, quant à ce contrôle, a été négatif. À Trieste, mon confrère et ami M. Madelin s'est également assuré que les archives de la police ne conservent aucune trace de Pons.]
[43: Cette, Archives municipales. Il ne reste que quelques volumes épars et fragmentaires de ces registres. M. Mouret, archiviste à Cette, a bien voulu m'en extraire de précieux renseignements.]
[44: Il y a des différences dans les noms propres. Pons appelle Rohan-Mignac la même dame que Mariotti appelle Renard de Polignac; il écrit Borri ou Bourri le nom que Mariotti écrit Baury, et Roule celui de l'officier casseur et tapageur Ruhl. La liste des officiers de la garde ne paraît pas exempte d'erreurs et de répétitions. Les noms des gens du service intérieur sont aussi défigurés.]
[45: On ne trouvera ici qu'une allusion à ce fait, qui est raconté tout au long dans l'_Ile d'Elbe pendant la Révolution et l'Empire_.]
[46: Quoique ami du colonel Vincent, Pons s'exprime sur lui avec la plus âpre sévérité: «L'Empereur eut le malheur de trouver à Porto-Ferrajo un homme que la nature avait fait l'ennemi des hommes, et dont chaque parole était une sorte d'anathème contre l'espèce humaine. C'était le colonel qui, depuis plusieurs années, commandait le génie militaire en Toscane et que les événements de la guerre avait forcé de se réfugier sur l'île où son commandement s'étendait. L'Empereur le connaissait bien. Sa Majesté avait plusieurs fois refusé de lui donner de l'avancement. D'ailleurs, la police ne lui avait pas laissé ignorer que cet officier était son antagoniste décidé. Tout devait donc le lui rendre suspect.
À propos du départ du colonel, il dit encore: «Le colonel du génie partit également. Ses adieux furent marqués par une foule de traits satiriques contre l'Empereur; il blâmait la trop grande dépense de Sa Majesté; ensuite, il feignait de craindre la circulation d'une monnaie de mauvais aloi.»]
[47: Il refusa toujours de porter le titre de comte de Rio que Napoléon lui avait donné à Paris en 1815 avant de l'envoyer administrer ses chers Lyonnais].
[48: Le dernier historien de Cambronne, M. Brunschwig, ne les a pas tous connus].
[49: Pons en trace dans le fragment suivant un assez long tableau: «L'organisation générale, civile et militaire était accomplie, et tous les Impériaux Elbois devaient s'y soumettre. Mais l'Empereur se moquait des règles qu'il avait établies, des hiérarchies qu'il avait fixées, et il ne prêchait pas d'exemple. Tous les moyens de donner des ordres lui étaient également bons. Il dictait à la première personne de ses alentours qui lui tombait sous la main. N'importe que cette personne fût ou ne fût pas au courant de ce dont il était question, qu'elle eût ou qu'elle n'eût pas autorité sur ceux à qui elle écrivait. Néanmoins tout allait. D'ailleurs, lorsque la chose en valait la peine, les ordres se succédaient, les instructions les suivaient, et il n'y avait jamais sujet de désobéir pour cause d'ignorance. Ce n'étaient que les susceptibilités qui, parfois, se trouvaient blessées.»]
[50: Pons a fait deux fois le tableau des relations de Napoléon avec ces princesses. On n'a pas à attendre de lui de confidences sur la vie privée de Pauline Borghèse; il ne croyait pas, du reste, au mauvais état de santé de la princesse.]
[51: Mais il fait ici une restriction notable: «Napoléon ne demandait jamais deux fois la même chose, lorsque, après une première demande, on s'était mis à même d'obéir sans pourtant pouvoir exécuter. Mais alors qu'on lui répondait de suite que ce qu'il voulait n'était pas faisable, il s'irritait comme si on l'avait accusé de manquer de raison ou de jugement, et cette irritation s'exhalait quelquefois par un mot d'impatience et de mécontentement.» _(Fragment inédit.)_]
[52: Pons fait retomber sur le colonel Vincent une partie de ces choix malheureux: «Sa Majesté, dit-il, le prit pour son principal conseil; ce qui le conduisit à quelques choix qui auraient pu être plus dignes... Toutefois, ces quelques choix peu convenables n'appartenaient qu'aux fonctions d'apparat, au servage plus ou moins brodé des affaires privées du palais, et ce n'était que par l'intrigue qu'ils pouvaient influer sur les actes du gouvernement. L'Empereur savait que l'étoffe de la domesticité couvre mal un fonctionnaire public.»]
[53: Henri HOUSSAYE, _1815_, p. 144 et suivantes.]
[54: «L'idée d'avoir l'Impératrice avec lui à l'île d'Elbe n'était sans doute pas pour l'Empereur une idée de stabilité indéfinie, et il serait ridicule de le penser aveuglément. Mais cette idée de stabilité, sinon indéfinie, du moins prolongée, dans les combinaisons de l'Empereur, aura encore une plus grande probabilité, si l'Empereur traîne à sa suite une quantité d'équipages somptueux qui ne pourraient être qu'un embarras fastidieux et une dépense exagérée pour un établissement précaire.» Ces lignes se trouvent dans un chapitre sur les écuries impériales à l'île d'Elbe que j'ai jugé inutile de reproduire, Pons s'étant borné à y transcrire les mémoires du sellier Vincent que j'ai publiés dans la _Revue rétrospective_.]
[55: «Je m'empare de tout ce qui peut tendre à prouver moralement que les méfaits de la Sainte-Alliance ont fait partir l'Empereur de l'île d'Elbe bien plus tôt qu'il ne voulait en partir, si tant est qu'il voulût d'abord en partir.» (_Même chapitre_.)]
[56: Rien ne confirme la fameuse invention des fromages évidés dans l'intérieur desquels auraient circulé, de Marseille à Porto-Ferrajo, des lettres de Masséna à Pons ou autres. Je n'ai trouvé la preuve de cette imagination saugrenue nulle part, pas même dans l'enquête de police dirigée contre Masséna en 1816 par Decazes et le commissaire Caire, lesquels pourtant ont accueilli nombre d'inepties passionnées.]
[57: Il faut cependant observer qu'il dit le dimanche 6 février, et que le 6 février de l'année 1815 n'était pas un dimanche, mais un lundi. Y a-t-il erreur sur le jour ou sur le quantième? Cette date, dimanche 6 février, ne peut-elle pas être fausse tout entière? N'a-t-elle pas été suggérée à Pons par la date vraie du _dimanche 26 février_? Et alors comment conclure, et que croire?]
[58: Comme nous l'avons déjà dit, Sa Majesté avait déjà décidé que le drapeau serait blanc, traversé diagonalement d'une bande rouge qui le diviserait en deux triangles égaux, et que cette bande rouge serait parsemée de trois abeilles en or. Napoléon hésita pour adopter les trois abeilles jaunes: il les voulait bleues. Mais après avoir réfléchi, il dit: «Avec les abeilles bleues, nous aurions le drapeau tricolore, ce qui pourrait bien nous occasionner des désagréments.» Et les abeilles jaunes l'emportèrent.]
[59: Plusieurs de ces embarcations étaient remplies de musiciens qui jouaient des airs analogues à la circonstance. On remarquait aussi quelques improvisateurs qui chantaient _Apollon exilé du ciel et réfugié en Thessalie_.]
[60: Comme le prouve entre autres choses la lettre que je transcris ici. J'avais dû faire deux rapports financiers à l'Empereur. J'avais prié M. Peyrusse de les remettre. Il m'écrivit immédiatement:
«Mon cher Pons, vous avez toujours l'air en colère; votre premier rapport est trop sec, et le second est d'un style acerbe. On a déjà observé qu'il y avait trop de raideur dans votre caractère. Votre diction s'en ressent. Voilà, mon ami, ma manière de voir, et je vous la témoigne, parce que je voudrais que vous plussiez en tout point, etc.» ]
[61: M. Vauthier, employé à Florence dans l'administration militaire, sous les ordres de l'ordonnateur Mazade, se rendit à l'île d'Elbe en quittant la Toscane, et l'Empereur le plaça auprès de l'ordonnateur Boinod. Ce M. Vauthier fut ensuite nommé adjoint aux commissaires des guerres.]
[62: Il y avait quelque chose tout à la fois d'admirable et d'incompréhensible dans les discussions que l'Empereur soulevait; il allait jusqu'aux entrailles des questions les plus opposées et auxquelles on le croyait le plus étranger: il les tournait et les retournait; il les prenait sous toutes les formes et de toutes les façons; il ne les quittait que lorsque tous les raisonnements étaient épuisés. L'Empereur souffrait très bien la controverse, il soutenait son opinion, il cherchait à la faire prévaloir; mais il s'arrêtait dès qu'on l'avait convaincu. Un léger mouvement des épaules était l'indice le plus ordinaire de son mécontentement. Après ce mouvement on pouvait tout dire. Le mécontentement de l'Empereur dans les discussions d'affaires, quand on parlait de bonne foi, n'avait pas d'autre durée que celle d'un instant.]
[63: Le jour du départ de l'île d'Elbe, M. Noisot était commissaire pour le bal qui devait avoir lieu chez l'Empereur le jour même du départ. M. Franconnin était aussi l'un des commissaires.]
[64: Le capitaine Mompez voulait quitter l'île et avait déjà pris congé de ses camarades, par la raison que l'Empereur n'avait pas voulu admettre au cercle de la Cour une dame avec laquelle cet officier vivait. La réflexion fit que ledit officier changea de dispositions.]
[65: Ces paroles de l'Empereur lui étaient dictées par les prétentions d'un grand nombre des officiers ou des personnages corses qui se faisaient présenter à lui et qui, presque tous, croyaient ou prétendaient avoir des affinités de famille avec Sa Majesté. Ce qui faisait souvent dire à Napoléon: «Il n'en serait pas de même si je n'étais qu'un simple et pauvre vétéran.»]