LVI.
C’est cependant (qui le croiroit ?) c’est ce zéro, ce chiffre qui ne compte point, qui ne fait point nombre par lui même ; c’est ce chiffre, pour lequel il n’y a rien à payer, qui cause tant d’alarmes & d’inquiétudes ; qui fait flotter les uns dans une incertitude cruelle, & fait tellement trembler les autres, que certains n’y peuvent penser sans horreur. Le seul nom de la mort les fait frémir. Le passage de quelque chose à rien, de la vie à la mort, de l’être au néant, est-il donc plus inconcevable, que le passage de rien à quelque chose, du néant à l’être, ou à la vie ? Non, il n’est pas moins naturel ; & s’il est plus violent, il est aussi plus nécessaire.
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