‹ Système d’EpicureChapitre 62 sur 85 · LXVIII.

LXVIII.

Combien tranquille en effet, combien douce est une mort qui vient comme pas à pas, qui ne surprend, ni ne blesse ! Une mort prévue, où l’on n’a que le sentiment qu’il faut avoir, pour en jouir ! Je ne suis point étonné que ces mots-là séduisent par leur flatteuse amorce. Rien de douloureux, rien de violent ne les accompagne ; les vaisseaux ne se bouchent que l’un après l’autre, la vie s’en va peu-à-peu, avec une certaine nonchalance molle : on se sent si doucement tiré d’un côté, qu’à peine daigne-t-on se retourner de l’autre. Il en coûte, il est violent à la nature, de ne pas succomber à la tentation de mourir, quand le dégoût de la vie fait le plaisir de la mort.

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