LXXVI.
Il est assez indifférent par quel aiguillon on excite les hommes à la vertu. La religion n’est nécessaire que pour qui n’est pas capable de sentir l’humanité. Il est certain (qui n’en fait pas tous les jours l’observation ou l’expérience ?) qu’elle est inutile au commerce des honnêtes gens. Mais il n’appartient qu’aux ames élevées de sentir cette grande vérité. Pour qui donc est fait ce merveilleux ouvrage de la politique ? Pour des esprits, qui n’auroient peut-être point eu assez des autres freins ; espece, qui malheureusement constitue le plus grand nombre ; espece imbécille, basse, rampante, dont la société a cru ne pouvoir tirer parti, qu’en la captivant par le mobile de tous les esprits, l’intérêt ; celui d’un bonheur chimérique.
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