§ 2. – Émission du papier de la Société.
La Société fait tout à la fois la commission et la banque.
En couverture des marchandises qui lui sont remises en consignation ou dont elle opère la vente, des effets de commerce qui lui sont présentés à l’escompte, la Société, outre le numéraire dont elle dispose, émet des Bons généraux d’échange,représentatifs de valeurs par elle emmagasinées, réalisées, en portefeuille ou en caisse, et donnant droit à une valeur égale en marchandises, à prendre dans ses magasins au choix du porteur.
Ces bons généraux, à la coupure de 10, 20, 50 et 100 fr., seront la monnaie courante de la Société et reçus par elle en tous paiements de marchandises et remboursements de billets.
Tous les comptes de la Société seront balancés, et ses écritures tenues dans cette monnaie, qui deviendra pour elle insensiblement l’unité de valeur, et représentera le pair du change.
Comme ils auront cours entre les adhérents, correspondants, chalands, etc., de la Société, leur circulation s’étendra naturellement au dehors. Ils seront, en conséquence, remboursables à toute réquisition, en espèces comme en marchandises, aux conditions qui seront déterminées ci-après :
Ces Bons générauxétant, d’après le principe de leur émission, représentatifs de produits, non d’espèces, la Société a le droit de les émettre et de les faire circuler comme bon lui semble ; il ne saurait y avoir de difficulté au point de vue légal que pour le remboursement en espèces. — La Banque de France ayant seule le privilége d’émettre des billets payables à vueau porteur, peut-être y aura-t-il lieu pour la Société de l’Exposition de ne payer les siens qu’à unou plusieursjours de vue ; ce qui, une fois compris du public et passé dans les habitudes, ne causera aucun embarras.
Le papier circulable de la Société, maintenu par elle toujours au pair, grâce à la faculté de remboursement, à toute réquisition, en espèces ou marchandises de la Société, deviendra le grand levier de ses opérations et l’instrument irrésistible de sa puissance. Sans égal dans le monde pour la fixité comme pour la solidité, c’est par lui surtout que la Société commencera cette révolution pacifique dans les habitudes du commerce, les rapports du travail et du capital, l’équilibre de la production et de la consommation, la garantie du travail et du débouché, etc., qui est l’idéal des économistes, le gage du bien-être des masses, de la supériorité morale, politique et économique de la nation, et de la gloire de l’Empire.