Chapitre 4
Une bonne affaire ! Pendant quinze ans, Pascal avait entendu sa mère parler de ces affaires d’or qui doivent donner la fortune, et qui finalement donnent la ruine et le désespoir.
Pendant quinze ans, il avait entendu parler de la nature enthousiaste de son père, de ses rêves, de ses inventions, de ses déceptions et de ses douleurs.
Combien de fois ne lui avait-elle pas dit en l’embrassant :
— Pourvu que tu ne ressembles pas à ton père !
Combien de fois ne lui avait-elle pas expliqué qu’en demandant la séparation, elle avait eu surtout pour but d’empêcher l’influence paternelle de peser sur son éducation !
À son lit de mort elle était encore revenue sur ce sujet, et ses dernières paroles avaient été des recommandations de prudence et de défiance.
Dans ces conditions, il était assez naturel que Pascal ne fût pas disposé à accueillir avec enthousiasme cette prétendue bonne affaire. Aussi, malgré tout son désir de quitter Condé, se tenait-il sur ses gardes quand le lendemain son père l’appela près de son lit pour continuer l’entretien au point où il avait été interrompu la veille.
— Par ta mère, dit Cerrulas, tu as dû apprendre comment j’ai été amené à abandonner les ponts-et-chaussées. Dès l’école, j’avais travaillé la chimie avec intérêt ; envoyé en disgrâce à Pontivy, comme tu as toi-même été envoyé en disgrâce à Lombez et à Condé, je me remis au travail pour tuer le temps ; mais ce qui avait été distraction devint bien vite passion : c’est là un des malheurs de mon organisation de ne rien faire avec mesure. À cette époque, on s’occupait de chercher des procédés de dorure qui missent les ouvriers à l’abri de l’empoisonnement causé par les émanations mercurielles, et, après les améliorations proposées par Darcet, était venue l’invention de la dorure par voie humide, qui était un énorme progrès. Cependant le dernier mot n’était pas dit, car la dorure par voie humide ne remplaçait pas dans toutes ses applications la dorure par le mercure. La question restait posée, je l’étudiai : le grief le plus sérieux contre la dorure par voie humide consistait en ceci, qu’elle ne pouvait arriver, même dans les cas les plus favorables, qu’au degré d’épaisseur que la plus mauvaise dorure par le mercure atteignait. Après trois années de recherches et de travaux, je trouvai les moyens pratiques de corriger cet inconvénient. Tu es assez du métier pour comprendre quelles conséquences industrielles cela pouvait avoir. Je donnai ma démission et partis pour Paris, décidé à exploiter ou à vendre mon procédé. Dans mes expériences j’avais employé une grande partie du capital de ta mère ; je tenais à lui rendre une fortune plus belle que celle dont j’avais disposé.
J’avais la simplicité de tous les débutants qui se figurent que le monde attend avec impatience leur invention ; il fallut en rabattre. Mon histoire fut celle de tant d’autres : on m’accueillit un jour pour me repousser le lendemain ; on m’exalta par des éloges et l’on m’injuria ; ma vie s’épuisa en démarches, en espérances et en déceptions. Ta mère, naturellement, n’avait pas ma foi robuste ; elle se lassa la première.
Pascal avait écouté avec attention ce récit qui allait lui apprendre enfin à connaître son père ; mais, à ce mot, il fit un geste pour interrompre.
— Tu ne veux pas être pris pour un juge entre nous deux, continua Cerrulas qui comprit ce geste ; je ne le veux pas davantage. Si ta mère a eu des torts envers moi, je les ai oubliés, tandis que je me rappelle les miens. Tu peux donc être sans crainte, je ne dirai pas un seul mot contre elle ; d’ailleurs, je n’en ai pas d’autre à dire que celui-là : « elle se lassa », et encore faut-il que je reconnaisse qu’elle avait pour cela de bonnes raisons : la petite fortune qu’elle m’avait apportée en mariage paraissait engloutie, puisque je ne pouvais pas mettre mon procédé à flot, et je n’étais pas pour elle ce que j’aurais dû être. Elle demanda sa séparation, qui fut prononcée, – justement prononcée. Si j’avais rencontré des difficultés alors que j’offrais les garanties d’une certaine fortune, j’en rencontrai bien d’autres lorsque je n’eus plus rien que des dettes. Mais c’est une puissante force que la persévérance. Après trois années de luttes et d’efforts, j’arrivai enfin à constituer une société pour l’exploitation de mon procédé. Malheureusement j’avais perdu un temps précieux. Spencer et Jacobi avaient trouvé la galvanoplastie, et, après eux, Elkington en Angleterre, en France un de mes anciens camarades d’école, le comte de Ruolz, avaient découvert la dorure galvanique : mon invention devenait inutile. C’était à recommencer : je recommençai. Mes manipulations chimiques pour la dorure et l’argenture m’avaient fait voir combien le cyanure de potassium était difficile à fabriquer, et plus difficile encore à conserver ; indispensable pour la nouvelle invention de mes rivaux, je m’occupai d’améliorer sa fabrication ; je réussis. Il coûtait alors 500 fr. le kilogramme, il coûte aujourd’hui 10 ou 12 francs.
Ce fut mon premier succès. Misérable, poursuivi par mes créanciers, n’ayant rien à moi, mangeant, couchant au hasard, je n’avais pas eu le temps d’être père, et ne m’étais pas occupé de toi. Lorsque la fortune parut vouloir me sourire, je cherchai ta mère ; j’avais à cœur de lui restituer ce que je lui devais : puisque nous n’étions plus mariés, sa fortune n’était plus la mienne ; j’avais à cœur surtout de te voir. Je ne vous trouvai point, et j’appris à Pontivy que ta mère, prévoyant mes recherches, avait voulu les rendre vaines en disparaissant et en se cachant si bien que je ne pourrais jamais la découvrir. J’ai dit que je ne voulais pas l’accuser ; passons. D’ailleurs, si justes que puissent être mes plaintes, je n’ai pas le droit d’être sévère envers les autres. Nous voici arrivés dans ma vie à un point sur lequel je te dois la vérité, ou, plus justement, une confession entière.
Cerrulas s’arrêta et se renversa sur son oreiller ; puis, après quelques instants de repos, il reprit :
— Je n’ai jamais été ce qu’on appelle un homme sensible ; mais, tout comme un autre, j’ai eu de ces heures de faiblesse où le cœur, meurtri par les duretés de la vie, a besoin de sympathie et d’expansion. Or, la vérité est que la vie ne m’était pas douce. Dans un moment d’abattement je trouvai chez une femme aimante des consolations qui me relevèrent. De cette liaison naquit une fille qui, en venant au monde, tua sa mère. On t’a peut-être dit que j’étais une âme dure et égoïste, incapable de tendresse pour un enfant ; cependant je gardai cette enfant près de moi. Les hasards de la fortune me permettaient de faire ce que je voulais ; je pris une nourrice et j’élevai moi-même ma petite fille. Ce fut mon bon temps ; il me rappelait celui où avec ta chemise courte, qui descendait aux cuisses et laissait nues tes jambes potelées, tu essayais tes premiers pas avant qu’on te couchât. Il ne dura pas toujours. La roue tourna. Je dus renvoyer la nourrice dans son pays, faute de pouvoir la payer. Ma fille a grandi près de moi sans jamais me quitter, unie à ma bonne comme à ma mauvaise fortune, plus souvent à la mauvaise, hélas ! Aujourd’hui Abeille a dix-sept ans, et je te demande ton amitié pour elle : tu la verras quand tu viendras à Paris, et si, comme je le crois, tu acceptes les propositions que je veux te faire, tu auras souvent occasion de te trouver avec elle ; traite-la comme ta sœur ; c’est une bonne et courageuse enfant qui plus d’une fois m’est venue en aide par son travail ; elle donne des leçons de musique. Demain tu voudras bien lui écrire pour moi et la rassurer ; heureusement je lui avais annoncé un voyage d’une quinzaine ; mais, sans lettre depuis mon départ, elle doit me croire mort. Ceci dit, parce qu’il fallait le dire, j’arrive à l’affaire que je veux te proposer. Je te demande seulement auparavant quelques minutes pour me remettre.
Si la confession d’un fils à son père est quelquefois douloureuse, celle d’un père à son fils l’est toujours davantage : d’avance les circonstances atténuantes sont acquises à l’enfant, et d’avance aussi les circonstances aggravantes pèsent sur le père qui n’est presque jamais écouté avec indulgence. Cerrulas sentait les embarras de sa position, et l’émotion, pendant son récit, l’avait plus d’une fois serré à la gorge. Ce qui touchait à sa fille étant terminé, il continua plus librement :
— Ce qui m’a amené à Condé, c’est une affaire qui devait m’assurer un beau revenu et qui, je le crains, n’aura eu pour résultat que de me donner une attaque d’apoplexie. Tu connais le procédé Bessemer, qui a produit une révolution dans l’industrie métallurgique, en permettant de transformer sans dépense la fonte en acier. Jusqu’à présent ce procédé, bien qu’il soit très largement applicable, n’était pas bon pour les fontes trop sulfureuses. J’ai trouvé un moyen de désulfurer ces fontes et par là de les rendre propres à être travaillées utilement par le procédé Bessemer. Ce moyen, fort simple, consiste à faire passer un courant d’air comprimé à travers le coke porté à une certaine température. Dégoûté des affaires industrielles qui m’ont si peu réussi, occupé d’ailleurs d’une découverte autrement importante que celle-là, j’ai cédé mon moyen à un riche propriétaire de Condé, le baron Ybert, qui possède des forges importantes dans le Berry : cette cession a été faite moyennant une part proportionnelle dans les bénéfices. C’est pour toucher ces bénéfices, qui, selon mes calculs, devaient être considérables, que je suis venu à Condé, et c’est en apprenant du baron qu’au lieu de bénéfices, il y avait des pertes, c’est en me voyant indignement volé, que, dans un mouvement de colère, j’ai été frappé d’apoplexie. Mais je ne regrette pas cette attaque, puisque c’est à elle que je dois de t’avoir retrouvé et d’avoir pu t’apprécier. Je ne sais si ce récit t’a permis de te faire une idée de ce que je suis moi-même. En tout cas, il y a une chose qu’il a dû t’indiquer, c’est que si je suis un homme de travail, un savant en chambre, comme disent ceux qui ne m’aiment guère, je ne suis nullement un homme d’affaires : je n’ai pas d’esprit de suite, pas d’ordre, pas d’aplomb. Si toi, au contraire, tu as ces qualités qui me manquent absolument, si tu as hérité de la volonté de ta mère et de ses aptitudes aux choses d’argent, tu peux faire une belle fortune, une fortune immense en exploitant le procédé dont j’ai à te parler.
— Je n’ai jamais eu 500 fr. devant moi, interrompit Pascal en souriant, je ne connais donc pas mes aptitudes financières ; tout ce que je sais, c’est que j’ai une horrible peur des dettes.
— Eh bien ! c’est quelque chose : si j’avais eu ta timidité, je serais probablement millionnaire aujourd’hui. Enfin, écoute toujours ma proposition, et nous verrons après quel parti tu peux en tirer ; si tu ne veux pas exploiter mon brevet, tu pourras le vendre. Tu sais, n’est-ce pas, que dans le raffinage du sucre on se sert, pour la clarification et la filtration, de noir animal. Autrefois la filtration décolorante coûtait assez cher par suite de la quantité de charbon qu’elle consommait ; aujourd’hui il n’en est plus ainsi, attendu que par des procédés de revivification on a trouvé moyen de faire servir le noir animal un grand nombre de fois, vingt ou vingt-cinq ; cependant la dépense se chiffre encore par de grosses sommes. Ainsi, rien qu’à Paris on consomme par jour 12 000 kilogrammes de noir animal ; or, ce produit coûtant 20 c. le kilogramme, c’est une dépense par jour de 2400 francs, ou, par an, de près d’un million. Dans ces conditions, celui qui trouverait un agent remplaçant le noir animal et coûtant moitié moins cher serait donc certain de le faire universellement employer. Eh bien, cet agent, je l’ai trouvé dans un mélange d’argile et de bitume auquel j’ajoute des matières carburantes à bas prix, telles que le goudron, et que je chauffe à 260 degrés environ. Comment le goudron et le bitume mélangés avec de l’argile et calcinés dans des fours analogues à ceux qui servent pour les os donnent-ils un noir décolorant ? C’est que la calcination du goudron et du bitume, – matières hydrocarburées, – laisse un dépôt de charbon exactement comme l’osséine ou la gélatine des os ; et que le goudron et le bitume contiennent du charbon combiné avec de l’hydrogène comme de la gélatine. Comment ce charbon est-il décolorant ? C’est qu’il se trouve disséminé dans l’argile naturellement poreuse et que les gaz qui se dégagent pendant la calcination ont d’ailleurs, après leur passage, laissé des cavités sans nombre extrêmement fines.
— Je crois comprendre, interrompit Pascal ; mais un agent ainsi préparé ne doit pas enlever la chaux qui se trouve en excès dans les sucres.
— L’objection est juste, et je suis bien aise que tu me la fasses ; elle est d’un esprit attentif ; mais rassure-toi, j’ajoute à mon composé du phosphate de chaux, et tu vois que l’inconvénient que tu signales est évité. Ainsi, au premier abord et en théorie, tu vois, n’est-ce pas ? que mon procédé n’est pas absurde ; dans la pratique, il est extrêmement simple et facile à mettre en œuvre. J’ai fait de nombreuses expériences, et elles ont toutes fourni les résultats identiques à ceux obtenus avec le noir animal. Les deux noirs se valent, et l’un peut remplacer l’autre au choix de l’ouvrier. Or, en industrie, ce qui décide le choix, c’est le prix de la matière : la mienne, coûtant moitié moins cher que celle précédemment employée, doit donc lui être préférée. À quel prix me revient mon noir décolorant, vas-tu me demander ; l’écart entre le prix de revient et le prix de vente donne mon bénéfice ; il me coûte à peu près 50 francs la tonne, je le vends 100 francs, je gagne donc 50 francs ; 50 francs multipliés par 12 tonnes, chiffre de la consommation journalière de Paris, donnent un bénéfice de 600 francs par jour, soit 18 000 francs par mois ou 200 000 francs par an en somme ronde. Cela est quelque chose, n’est-ce pas ? cependant ce n’est pas tout, car je ne fais entrer que Paris dans mon calcul, et il nous reste la France et le monde entier où l’on fabrique du sucre. Seulement, maintenant donne-moi un crayon ; il y a un mois j’aurais fait ces calculs facilement, mais je n’ai plus la tête bien forte et les idées m’échappent.
Lorsque Pascal lui eut donné un crayon et du papier, Cerrulas continua :
— Je n’ai pas exactement dans la mémoire les chiffres de la statistique, je ne peux donc te donner que des à-peu-près, mais c’en est assez pour établir des calculs que tu pourras préciser plus tard. Si la fabrication du sucre, en France, est de 400 000 tonnes par an, la quantité de noir animal employée est de 12 000 tonnes, attendu que la proportion employée est de 3 de noir pour 100 de sucre ; mon noir décolorant remplaçant le charbon, c’est donc 12 000 tonnes que j’ai à fournir, ce qui nous donne un bénéfice net et annuel de 600 000 francs. Les Anglais, les Allemands, les Américains consomment du sucre, et cette consommation s’élève à 2 millions 500 000 tonnes. Mettons 2 millions, afin de ne pas exagérer, et nous trouvons qu’il nous faut 60 000 tonnes de charbon, coûtant 6 millions et donnant 3 millions de bénéfices ; 3 millions de bénéfices pendant quinze années de brevet, c’est 45 millions. Combien valent ces 45 millions pour l’inventeur ? 10 millions, est-ce trop ? Mettons 5, mettons 2, mettons 1. C’est ce million que je t’offre. Au lieu d’une chose aléatoire, j’aurais voulu t’en donner une certaine et tangible, mais je n’ai rien, mon cher enfant, je suis arrivé à soixante ans plus pauvre que lorsque je suis entré dans la vie ; je n’ai que quelques idées, je t’offre ce que j’ai ; aujourd’hui celle-ci, si elle te plaît, demain une autre, dix autres : de ce côté, je crois que je suis riche. Si mon père est si riche, te dis-tu sans doute, pourquoi n’exploite-t-il pas lui-même une de ses idées ? Pour bien des raisons. La première, je te l’ai déjà indiquée : si je vaux quelque chose comme chercheur, je suis complètement incapable comme industriel. Et puis vieux, usé, misérable, je n’inspire aucune confiance ; j’apporterais à des capitalistes le moyen de gagner 100 millions avec 100 000 francs, qu’ils me pousseraient à la porte sans même m’écouter ; un jeune homme n’est pas dans les mêmes conditions. Enfin, j’ai à poursuivre mieux que la fortune ; toutes ces idées qui aboutissent à une petite invention plus ou moins utile m’ont entraîné autrefois, aujourd’hui elles n’agissent plus sur moi : j’en trouve encore parce que c’est ma fonction d’en trouver comme la fonction d’un poirier est de donner des poires, mais sans aucun plaisir. Qu’importe l’argent à un homme qui vit très largement avec 40 sous par jour ? Non, j’ai mieux que cela à faire, mieux à chercher au moins. Mon esprit s’est élargi en vieillissant ; j’ai vu plus loin, j’ai vu plus haut que quand j’étais jeune et ne pensais qu’à la satisfaction immédiate de mes désirs. Aujourd’hui j’ai une idée qui me tourmente et qui est le but unique de toutes mes pensées, de tous mes efforts : je cherche le moyen d’utiliser la chaleur solaire. Pour toi, savant, ce mot dit tout. Trouverai-je ? je le crois ; mais enfin si je meurs à la peine, j’aurai au moins l’honneur d’avoir cherché, – l’honneur, quand on aura trouvé, bien entendu, car jusque-là j’ai, aux yeux de bien des gens, le ridicule et la honte d’un fou qui poursuit l’impossible. Avec un pareil but donné à ma vie, tu dois comprendre que je ne peux pas prendre grand intérêt à mes anciennes découvertes ; c’est dans l’avenir que je vis, non dans le passé ; que m’importe ce dont je suis sûr ! dans la science comme dans l’amour, c’est l’incertitude qui passionne, et l’enthousiasme naît de l’espérance, non de la possession. Toi qui n’es pas tourmenté par de pareilles chimères, fais fortune puisque l’occasion s’en présente. Seulement, avant de te lancer dans les hasards de la vie industrielle, sache ce qu’elle est : d’un côté l’inventeur est exposé aux dédains, aux humiliations, à la négation, aux procès quand il réussit, à la haine, à tous les tourments de l’injustice bien souvent, presque toujours à la faillite et à la misère ; d’un autre cependant, il arrive aussi qu’un inventeur qui a trouvé un fermoir de porte-monnaie gagne 2 millions et qu’un brevet pour une pâte imitant l’écaille donne 50 000 francs de rente ; – en un mot, c’est une loterie, c’est là sa puissance et sa faiblesse. Pèse bien tout cela avant de répondre à ma proposition ; examine mes chiffres ; évoque l’esprit sage et prudent de ta mère, demande conseil à son souvenir et ne te décide que dans quelques jours, quand tu pourras le faire en toute connaissance de cause. Aujourd’hui et pour l’heure présente, ce que je te demande c’est un verre d’eau, car j’ai longtemps causé et je meurs de soif.
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