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Chapitre 1

« Je me trouvais avec deux de mes amis, commença Philippe, à la fête de Vincennes… »

Philippe, peut-être importe-t-il ici de connaître celui qui parle, était un étudiant en médecine de troisième année, ce qui indique à peu près son âge. Il se promenait dans les environs, par un temps magnifique, avec un de ses amis, lequel s’appelait Jean, peut-être, et exerçait apparemment le métier de conteur. Philippe prétendait avoir vingt sujets de romans dans la tête, et Jean était tout oreilles. Philippe disait donc :

« Je me trouvais avec deux de mes amis à la fête de Vincennes. C’était l’année dernière, précisément à pareille époque. Nous étions entrés dans vingt endroits sans obtenir qu’on nous servît à manger, tant l’affluence des consommateurs était grande. En revanche, nous nous étions désaltérés plus que de raison. Tout mauvais qu’il fût, le vin m’inspirait de la gaieté, de l’audace et cette brutale conviction qu’il me suffisait d’adresser la parole à une femme pour en faire sur-le-champ une victime. Aussi regardais-je les jeunes filles avec lesquelles nous nous croisions d’un air passablement insolent. J’avais failli plusieurs fois déjà me prendre de querelle avec des maraîchers du pays, que mes airs de don Juan taquinaient et irritaient au plus haut point.

« Dans ces dispositions, je rencontrai, suspendue amoureusement au bras d’un ouvrier endimanché, une jeune femme que j’avais jadis connue, je vous dirai tout à l’heure en quelles circonstances. Ma fatuité ne sut pas se taire à la vue de cette femme qui ne pouvait cependant me rappeler que de doux et honnêtes souvenirs. Je me comportai vis-à-vis d’elle en conquérant mal-appris, et la traitai avec une familiarité hautaine qui ne me seyait nullement. « Tiens, te voilà, ma petite Louise ! » m’écriai-je sans faire attention à l’homme dont elle tenait le bras. « Qu’est-ce que tu deviens ? Où demeures-tu ? Es-tu toujours à Paris ? » Je pris la rougeur qui lui monta au visage pour l’effet de l’impression profonde que je faisais sur elle. « Oui, » balbutia-t-elle d’un air interdit. « Je vous présente mon mari, monsieur Philippe. » Je me crus décidément un personnage. « Ah ! ah ! » fis-je en toisant dédaigneusement l’ouvrier. « C’est vrai, je ne me souvenais plus… Vous avez là, mon brave, » continuai-je en m’adressant au mari, dont les yeux sortaient de la tête à force de colère, « une bien gentille petite femme. » Puis, me tournant vers Louise : « Es-tu heureuse, au moins ? » lui demandai-je d’un ton protecteur. « Oh ! oui, » répliqua la pauvre enfant en se serrant contre son mari avec tendresse. « Allons, tant mieux, tant mieux, » dis-je toujours du même ton. « Au surplus, » ajoutai-je, « si jamais tu avais besoin de moi, tu connais mon adresse… » Et, lui faisant un petit signe de la main, je m’éloignai tout fier de mon importance. En manières et en paroles, j’avais été d’une telle indiscrétion, que mes deux amis ne doutèrent pas un moment que cette jeune femme n’eût été ma maîtresse, et, bien que cela ne fût pas, j’eus la lâcheté de le leur laisser croire. Je dormis paisiblement sur l’une et l’autre oreille, sans même soupçonner que j’avais terni ma journée par une faute énorme, comme je devais l’apprendre bien des mois après, d’une façon vraiment surprenante…

« Vous savez que mon père, avant de venir ici, était marchand de vin en gros à Auxerre. Nous habitions hors de la ville, dans un faubourg. La mère de cette Louise, qu’on appelait communément mère Leclère, demeurait dans le voisinage. Elle venait journellement à la maison, où une seule bonne ne suffisait pas toujours à la besogne. Son souvenir me réjouit encore, tant elle était propre, avenante, joyeuse ; il n’est pas possible que j’oublie jamais sa cotte bleue, rayée de noir, son corsage rouge, dont les manches courtes laissaient à nu de robustes bras, hâlés par le soleil, son fichu blanc à fleurs en quinconce, son petit bonnet blanc de paysanne, sous lequel s’épanouissait son honnête face rougeaude. Elle était notamment chargée de veiller sur moi et de me mener à la promenade. Louise avait mon âge ; ne quittant jamais sa mère, elle était naturellement la compagne inséparable de tous mes amusements. Nous ne nous quittions guère que pour dormir. Je ne suis pas romanesque, il s’en faut de beaucoup, et la réalité a eu peu à faire pour étouffer le grain de poésie qui a pu s’égarer dans mon cerveau. Cependant, je ne puis pas vous dire combien profondément cette époque de ma vie est gravée en moi, et avec quel bonheur je m’en rappelle chaque incident. Je pourrais vous décrire jusqu’au plus petit des sentiers où nous avons couru, et compter le nombre des arbres à l’ombre desquels nous nous sommes reposés. Je vois d’ici l’endroit favori de nos récréations, un chemin à ornières profondes, qu’on appelait la rue Verte, à cause d’un peu de gazon épargné par le pied des chevaux et les roues des voitures. Elle était bordée de fossés, où coassaient des grenouilles et d’exubérantes haies d’églantiers, de prunelliers et de mûriers, sauvages où les oiseaux, au printemps, faisaient leurs nids. Tout entier au plaisir de nous remuer, nous ne songions guère à nous plaindre de la chaleur du soleil qui rayonnait sur nos têtes, et encore moins à jouir du silence délicieux dans lequel se fondait si harmonieusement le bourdonnement des mouches ou le petit cri d’un insecte sous l’herbe. Fouillant les haies avec une implacable curiosité, sans crainte d’égratigner nos doigts ou de déchirer nos vêtements aux épines, si nous trouvions un nid, ou pensions seulement en avoir découvert un, quelle joie ! J’en suffoquais. « Maman Leclère, un nid ! venez vite ! » avais-je coutume de crier d’une voix étouffée par l’émotion. Hélas ! la plupart du temps, ce n’était qu’une motte de terre arrêtée par la bifurcation de deux ou trois branches. D’autres fois, las de ne rien dénicher, je me bornais à cueillir des mûres ou des prunelles, dont j’offrais une part à ma petite amie pour, un moment après, mauvais enfant que j’étais, la taquiner et la faire pleurer. « Maman, » s’écriait-elle alors, « Philippe me fait endêver ! » Et la bonne femme, s’efforçant de se faire la voix rude sans y réussir, ne tardait pas à répliquer : « Attends, attends, Philippe, je vas à toi ! » J’ajouterai qu’à tout cela se mêlent parfois, je ne sais comment, dans ma pensée, le son des cloches, la vue des reposoirs de la Fête-Dieu, des maisons pavoisées de tapisseries, de rideaux ou de loques multicolores, des rues jonchées de verdure, de coquelicots, de bluets, et par-dessus cela, les odeurs enivrantes des feuilles et de la terre après une légère pluie.

« C’est encore dans cette rue Verte que, plus tard, je devais faire clandestinement mon apprentissage de fumeur. La tête me tourne rien que d’y penser. Ah ! soit dit en passant, qu’on affronte de supplices, et qu’on dépense de courage pour contracter une habitude funeste qui doit causer un jour, aux gens sensés, de si cuisants repentirs !

« Tandis qu’on m’envoyait au collège, on plaçait Louise dans un atelier. Pendant des années, je ne la vis plus qu’à de rares intervalles. Sa mère mourut. J’y pris à peine garde, non, je crois, par insensibilité, mais faute de comprendre la mort. En souvenir de la défunte, et aussi par inclination, ma mère se chargea volontiers de Louise. L’orpheline ne tarda pas à faire partie intégrante de la maison, où son intelligence, son activité, sa perpétuelle bonne humeur, la rendirent bientôt indispensable. Elle pouvait avoir quinze ans ; si elle était laide ou jolie, je ne l’avais pas encore remarqué. La vie de collège avait déjà singulièrement entamé mon bon naturel ; un petit monstre d’orgueil gonflait mon habit de collégien. Je savais parfaitement mesurer la distance qui me séparait de la jeune fille, et je commençais à trouver ses tutoiements à mon endroit d’une intolérable impertinence. Je m’appliquai à le lui faire sentir. Je m’efforçai de me donner en sa présence un air froid et hautain, j’affectai de lui dire vous et de l’appeler mademoiselle. Elle n’eut pas l’air de s’en apercevoir. Loin de là, plus le tu me blessait, plus la maudite particule semblait sortir aisément de ses lèvres. J’en fus longtemps désolé et presque malade. Condamné à me rencontrer avec elle chaque dimanche, j’allai jusqu’à me faire priver de sortie pour la voir moins souvent. Je me flattais de l’intimider à la longue, et de l’amener insensiblement à me respecter davantage. A mon grand chagrin, je fus trompé dans mon espoir. La patience m’échappa, je me fâchai. « Pourquoi me tutoyez-vous ? » lui dis-je un jour brutalement. Elle me regarda avec stupeur. « Oh ! monsieur l’orgueilleux ! » fit-elle. Et elle me tutoya plus que jamais. Chose à peine croyable, je me creusais la tête, je me mettais l’esprit à l’envers, je ne cessais de combiner des stratagèmes, uniquement en vue de me soustraire à cette insolente familiarité. Rien n’y fit. L’orgueil l’emporta à la fin sur tout autre sentiment, même sur une vague crainte d’être ridicule. J’allai trouver ma mère et lui dis tout d’une haleine :

« Je ne sais pas pourquoi mademoiselle Louise se permet de me tutoyer. Je ne suis plus un enfant. Si on savait cela au collège, qu’est-ce qu’on dirait ? »

« Ma mère partit d’un grand éclat de rire, et je fus la fable de toute la maison. J’eusse voulu être un géant à mille bras pour anéantir le monde entier et moi avec. Les vacances arrivèrent.

« J’avais pour camarade et confident un mien cousin dont on avait changé le nom de baptême de Jacques en celui de Jacquot. Précisément, à l’instar des perroquets, il avait quelque mémoire et manquait entièrement de jugement. Sa tête, d’ailleurs, n’était pas sans analogie avec celle de cet oiseau désagréable. Au fond, il avait le génie de la patience : c’était un homme à scier les grilles avec un ressort de montre, et à percer un mur de vingt pieds d’épaisseur avec un cure-dents. Il était envieux comme tout parent pauvre. Quand je voyais les fraîches couleurs de ce garçon joufflu, et son gros œil d’émail, je ne me doutais guère qu’il fût sournois et perfide plus que le traître Sinon. Insinuant, flatteur, doué, en outre, d’un air excessivement bête, il était beaucoup aimé de ma mère, et possédait toute ma confiance. On le destinait au commerce.

« Jacques, ou Jacquot, comme je l’appelais de préférence, applaudissait à mon orgueil et trouvait que j’avais admirablement raison de ne pas vouloir être tutoyé, moi, collégien, par une petite fille qui, somme toute, selon lui, n’était que notre domestique. « A ta place, » me disait-il une fois entre autres, « je sais bien ce que je ferais. — Que ferais-tu ? » m’écriai-je. « D’abord, je n’y ferais pas plus attention que si elle n’existait pas, et quand elle me parlerait, je lui tournerais le dos. — Hélas ! mon ami, j’ai usé de ce moyen et de bien d’autres, et j’ai échoué. — Eh bien, je m’enfermerais dans ma chambre, et je mourrais de faim plutôt que de descendre m’asseoir à table à côté d’elle. » Le conseil, dans l’espèce de désespoir où j’étais, ne me déplut pas. J’y réfléchis mûrement, et, le croira-t-on ? je me résolus à le suivre. Une découverte inopinée occasionna une totale révolution dans mes sentiments.

« J’errais de chambre en chambre, à la recherche de mon cousin, lequel me croyait à la ville. Au droit d’une porte derrière laquelle travaillait Louise, des éclats de rire me firent dresser l’oreille. Retenant mon souffle, je m’approchai. Ce que j’entendis figea le sang dans mes veines. Jacquot était là. Il faisait l’aimable auprès de Louise, et, en ricanant, lui racontait d’une voix de clarinette fausse, mes tourments, mon désespoir, sans oublier ma résolution de ne plus manger pour échapper à la honte de m’asseoir à côté d’elle. Imaginez-vous ma stupéfaction ! Quel coup de massue que cette brusque certitude d’être le jouet et la dupe d’un coquin que je tenais pour un franc imbécile ! En un clin d’œil, je fus plus vieux d’une année au moins. J’eus la force de me contenir et de résister à l’envie de faire un éclat. Je me retirai à pas de loup, comme je m’étais approché. La conduite du cousin me donna beaucoup à réfléchir. Évidemment, il avait des vues sur Louise, et projetait de me tenir incessamment à l’écart, par peur sans doute de trouver en moi un rival. Il en résulta que pour la première fois, depuis bien des années, je songeai à regarder Louise. Que ne suis-je peintre ou poëte ! De ma vie, je n’avais vu une fille si fraîche, si jolie, si bien faite, si gracieuse, si coquettement habillée, en un mot, si essentiellement attrayante. Où avais-je donc les yeux ? Quelle folie était la mienne ? D’orgueil, comme vous le pensez bien, il n’en fut plus question. Au contraire, je fus tout à coup assailli par la crainte de ne pas être préféré à Jacquot. Il me semblait actuellement que j’eusse un droit antérieur à celui de tout autre à l’affection de la jeune fille, et qu’on me volât mon bien en touchant à ce droit. Je ne fis pas néanmoins amende honorable sur-le-champ. En cela, je pensais bien moins à ménager mon amour-propre qu’à donner le change au cousin, que maintenant j’avais en grande aversion. Je persistai à bouder Louise ostensiblement, pendant que, dans le particulier, tout en faisant parade d’un peu de mauvaise humeur, je lui montrai graduellement un meilleur visage. Je réussis en effet à tromper tout le monde, excepté elle.

« Mon premier aveu m’échappa en quelque sorte par inadvertance. Un dimanche soir, mon père et ma mère jouaient aux cartes ; j’étais assis à côté de mon père ; Louise me faisait vis-à-vis ; Jacquot feuilletait un volume tout près de nous. D’aventure, le petit pied de Louise heurta le mien sous la table. Je ressentis une commotion qui me causa tant d’aise que je voulus la renouveler à l’instant même. Affectant de m’intéresser vivement au jeu de mon père, et respirant à peine, je marchai, dans l’ombre, avec une lenteur de tortue, à la rencontre du plus mignon pied qui fût au monde. A mon contact, il se replia sur lui-même comme l’escargot, au toucher, fait ses cornes. Je ne me décourageai pas. Après quelques minutes de ce colin-maillard, je saisis enfin la sensitive pantoufle et la tins longtemps embrassée avec passion. Une sorte de magnétisme envahit tout mon être et me combla d’un bonheur indicible. Durant ce temps, la jeune fille et moi évitions avec grand soin de nous regarder et paraissions totalement étrangers l’un à l’autre. Que cette soirée, où je fus loué de ma sagesse, me parut courte, et que j’eus de mal à m’endormir ! Toute la nuit je rêvai de Louise, et, en m’éveillant, ma première pensée fut pour elle. Actuellement, le tu dans sa bouche produisait sur moi l’effet d’une ineffable caresse. J’eus bientôt, de mon côté, ressaisi le privilège d’user, en lui parlant, de la magique syllabe. Je ne sais pas ce que je n’eusse pas fait pour étouffer en elle le souvenir de ma ridicule fierté. Je ne pouvais plus me rassasier de la voir et de l’entendre ; j’épiais, avec une ruse de sauvage, les occasions de me trouver seul avec elle.

« Mais je dois me hâter de dire que sa conduite fut précisément l’inverse de la mienne. A mon cruel désappointement, elle devint chaque jour plus réservée, et discontinua peu à peu de me dire tu. J’en fus horriblement affligé. En fait de badinage entre nous, elle était d’une intolérance outrée. A peine faisais-je mine de la provoquer et de la lutiner, qu’elle me signifiait d’un petit air fâché d’aller jouer avec mes égaux. Je ne puis pas vous dire combien je souffrais. Mon imagination, en grossissant mes torts, ajoutait à mon supplice. J’eusse donné la moitié de ma vie pour reconquérir ses bonnes grâces. Cependant, sa froideur augmentait ; elle usait maintenant du vous respectueux avec une impitoyable fermeté. Les assiduités mieux accueillies de mon cousin achevaient de m’exaspérer. On eût dit qu’elle prit plaisir à irriter ma jalousie, et voulût m’infliger la peine du talion. Elle causait volontiers avec Jacques, et affectait au contraire de m’éviter comme je faisais jadis avec elle. Je ne pouvais plus vivre ainsi.

« Je réussis à la surprendre seule, un matin, à la cuisine. Elle avait les cheveux en désordre, le bonnet et le fichu de travers, la jupe retroussée par un coin ; ses pieds se perdaient dans des sabots grands à la contenir tout entière ; les cordons d’un tablier bleu ceignaient sa taille ; ses bras étaient nus jusqu’aux coudes. Accoutrée ainsi, elle se tenait près de l’évier et savonnait des dentelles. Je m’approchai sur la pointe du pied ; je passai doucement la tête par-dessus son épaule ; puis, je balbutiai d’une voix à peine intelligible, tant le cœur me battait fort : « Louise ! » Sans étonnement, comme si elle m’eût senti venir, mais aussi sans me regarder : « Qu’est-ce que vous me voulez ? » me dit-elle d’une voix non moins mal assurée. « Pourquoi ne me tutoies-tu plus ? continuai-je. — Parce que ça vous fait de la peine, répliqua-t-elle. — A cette heure, repris-je, je veux que tu me tutoies. — Et moi, je ne veux pas, dit-elle. — Pourquoi ? — Parce que — Tu ne m’aimes donc pas ? — Non. » Quel non ! Je m’enhardis jusqu’à poser mes lèvres sur son cou ; puis, je me sauvai.

« A ne point mentir, je ne sais pas si mon inclination eût longtemps encore conservé ce caractère d’innocence. Vu à travers cette aventure, l’avenir n’offrait d’ailleurs que des perspectives fâcheuses. Quoi qu’il arrivât, je ne pouvais que troubler profondément l’existence de Louise, en supposant même que, chez la pauvre fille, la raison restât maîtresse du sentiment. Mais mon honorée mère était une femme d’une perspicacité notable. Je crois bien, au reste, que Jacquot lui avait déjà donné l’éveil. Toujours est-il qu’elle s’aperçut du danger que courait sa pupille et qu’elle y mit ordre sur-le-champ. Avant que j’eusse eu le temps de me reconnaître, dans les quarante-huit heures, j’étais interné dans un collège de Paris »

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