L'OFFICIER.
J'y vais et je le ramène.
Il sort.
PREMIÈRE DAME.
Il est bête à faire plaisir, ton officier; que peux-tu faire de cela?
DEUXIÈME DAME.
Tu sauras qu'il n'y a rien de mieux que cet homme-là.
Elles s'éloignent.--Entre le prieur de Capoue.
LE PRIEUR.
Donnez-moi un verre de limonade, brave homme.
Il s'assoit.
UN DES BOURGEOIS.
Voilà le prieur de Capoue; c'est là un patriote!
Les deux bourgeois se rassoient.
LE PRIEUR.
Vous venez de l'église, messieurs? que dites-vous du sermon?
LE BOURGEOIS.
Il était beau, seigneur prieur.
DEUXIÈME BOURGEOIS, à l'orfèvre.
Cette noblesse des Strozzi est chère au peuple, parce qu'elle n'est pas fière. N'est-il pas agréable de voir un grand seigneur adresser librement la parole à ses voisins d'une manière affable? Tout cela fait plus qu'on ne pense.
LE PRIEUR.
S'il faut parler franchement, j'ai trouvé le sermon trop beau; j'ai prêché quelquefois, et je n'ai jamais tiré grande gloire du tremblement des vitres; mais une petite larme sur la joue d'un brave homme m'a toujours été d'un grand prix.
Entre Salviati.
SALVIATI.
On m'a dit qu'il y avait ici des femmes qui me demandaient tout à l'heure; mais je ne vois de robe ici que la vôtre, prieur. Est-ce que je me trompe?
LE MARCHAND.
Excellence, on ne vous a pas trompé. Elles se sont éloignées; mais je pense qu'elles vont revenir. Voilà dix aunes d'étoffes et quatre paires de bas pour elles.
SALVIATI, s'asseyant.
Voilà une jolie femme qui passe.--Où diable l'ai-je donc vue?--Ah! parbleu! c'est dans mon lit.
LE PRIEUR, au bourgeois.
Je crois avoir vu votre signature sur une lettre adressée au duc.
LE BOURGEOIS.
Je le dis tout haut: c'est la supplique adressée par les bannis.
LE PRIEUR.
En avez-vous dans votre famille?
LE BOURGEOIS.
Deux, Excellence: mon père et mon oncle; il n'y a plus que moi d'homme à la maison.
LE DEUXIÈME BOURGEOIS, à l'orfèvre.
Comme ce Salviati a une méchante langue!