‹ Œuvres complètes d'Alfred de Musset, tome 4 : Lorenzaccio, Le Chandelier, Il ne faut jurer de rienChapitre 3 sur 53 · L'ORFÈVRE.

L'ORFÈVRE.

Entendez-vous les petits badauds? Je voudrais qu'un de mes apprentis fît un pareil métier!

LE MARCHAND.

Bon, bon! père Mondella, où le plaisir ne coûte rien, la jeunesse n'a rien à perdre. Tous ces grands yeux étonnés de ces petits polissons me réjouissent le coeur.--Voilà comme j'étais, humant l'air et cherchant les nouvelles. Il paraît que la Nasi est une belle gaillarde, et que le Martelli est un heureux garçon. C'est une famille bien florentine, celle-là! Quelle tournure ont tous ces grands seigneurs! J'avoue que ces fêtes-là me font plaisir, à moi. On est dans son lit bien tranquille, avec un coin de ses rideaux retroussé; on regarde de temps en temps les lumières qui vont et viennent dans le palais; on attrape un petit air de danse sans rien payer, et on se dit: Hé! hé! ce sont mes étoffes qui dansent, mes belles étoffes du bon Dieu, sur le cher corps de tous ces braves et loyaux seigneurs.

Page 1