‹ Œuvres complètes de Gustave Flaubert, tome 6: Trois contes, suivis de mélanges inéditsChapitre 23 sur 36 · II

II

Quand les vagues montent, que le vent crie, que le ciel éclate en sanglots et que l'océan, comme un fou, se met en colère, alors, quand tout tourbillonne et hurle, je m'étends sur ses flots écumeux et la tempête me berce mollement comme une reine dans son hamac. L'eau de la mer rafraîchit pour quelques jours mes pieds brûlés par les larmes des générations passées qui s'y sont cramponnées pour m'arrêter.

Et puis, quand je veux que tout cesse, quand cette colère commence à m'endormir comme des chants, d'un coup de tête je l'apaise et la tempête si superbe, si grande, n'est plus! comme les hommes, les flottes et les armées qu'elle remuait sur son sein.

Qu'ai-je aimé de tout ce que j'ai vu, trônes, peuples, amours, gloires, deuils et vertus? Rien que mon linceul qui me couvre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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