‹ Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04, comprenant ses mémoires publiés par Thomas MooreChapitre 10 sur 112 · X.

X.

A. M. S. G.

1. Quand je rêve que vous m'aimez, vous me le pardonnez sans doute, et vous n'étendez pas votre colère jusque sur mon sommeil; car ce n'est que dans mes songes qu'existe votre amour: je me lève, et il ne me reste qu'à pleurer.

2. O Morphée! empare-toi donc vite de mes facultés; répands sur moi ta bienfaisante langueur; si je dois avoir un songe semblable à celui de la nuit dernière, quelle divine extase m'est réservée!

3. On nous dit que le Sommeil, frère de la Mort, est l'image de notre sort futur: oh! comme je désire rendre à la Parque le frêle souffle qui m'anime, si c'est là un avant-goût des célestes félicités!

4. Ah! cessez, douce dame, de froncer votre aimable sourcil, et ne me croyez point en cela trop heureux; si je pèche dans mon rêve, j'expie mon péché maintenant, condamné que je suis à voir le bonheur sans l'atteindre.

5. Quoique dans mes songes, douce dame, vous puissiez quelquefois sourire, ne croyez pas ma pénitence insuffisante: quand votre présence imaginaire abuse mon esprit qui sommeille, le réveil seul sera un assez grand supplice.

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